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Examen national du baccalauréat — Session normale 2019
Mathématiques — Filière : Sciences Expérimentales (les deux parcours) — option française
Code NS 22F — Durée : 3 h — Coefficient : 7
INSTRUCTIOS GENERALES
L’utilisation de la calculatrice non programmable est autorisée
Le candidat peut traiter les exercices de l’épreuve suivant l’ordre qui lui convient
L’utilisation de la couleur rouge lors de la rédaction des solutions est à éviter
COMPOSANTES DU SUJET
L’épreuve est composée de trois exercices et un problème indépendants entre eux et répartis suivant les domaines comme suit :
Domaine
Barème
Exercice 1
Géométrie dans l’espace
3 points
Exercice 2
Nombres complexes
3 points
Exercice 3
Calcul des probabilités
3 points
Problème
Etude des fonctions, suites numériques et calcul intégral
11 points
Exercice 1 — Géométrie dans l’espace (3 points)
Dans l’espace rapporté à un repère orthonormé direct (O;i,j,k), on considère les points A(1;−1;−1), B(0;−2;1) et C(1;−2;0).
1) a)(0.75 pt) Montrer que AB∧AC=i+j+k.
Voir la solution
AB=(−1;−1;2) et AC=(0;−1;1).
AB∧AC=i−10j−1−1k21=i((−1)⋅1−2⋅(−1))−j((−1)⋅1−2⋅0)+k((−1)⋅(−1)−(−1)⋅0)=i+j+k.
b)(0.5 pt) En déduire que x+y+z+1=0 est une équation cartésienne du plan (ABC).
Voir la solution
AB∧AC=i+j+k est un vecteur normal au plan (ABC). Une équation est donc de la forme x+y+z+d=0.
Comme A(1;−1;−1) appartient au plan : 1−1−1+d=0, soit d=1.
Donc x+y+z+1=0 est une équation cartésienne du plan (ABC).
2)(0.75 pt) Soit (S) la sphère d’équation : x2+y2+z2−4x+2y−2z+1=0.
Montrer que le centre de la sphère (S) est Ω(2;−1;1) et que son rayon est R=5.
Voir la solution
\begin{align*}
x^{2}-4x+y^{2}+2y+z^{2}-2z+1&=0\
(x-2)^{2}-4+(y+1)^{2}-1+(z-1)^{2}-1+1&=0\
(x-2)^{2}+(y+1)^{2}+(z-1)^{2}&=5.
\end{align*}
Le centre est Ω(2;−1;1) et le rayon est R=5.
3) a)(0.5 pt) Calculer d(Ω,(ABC)) la distance du point Ω au plan (ABC).
Voir la solution
d(Ω,(ABC))=12+12+12∣2+(−1)+1+1∣=33=3.
b)(0.5 pt) En déduire que le plan (ABC) coupe la sphère (S) selon un cercle (Γ).
(la détermination du centre et du rayon de (Γ) n’est pas Demandée)
Voir la solution
On a d(Ω,(ABC))=3 et R=5. Comme 0<3<5, le plan coupe la sphère selon un cercle (Γ).
Exercice 2 — Nombres complexes (3 points)
1)(0.75 pt) Résoudre dans l’ensemble C des nombres complexes l’équation :
z2−2z+4=0.
Voir la solution
Δ=4−16=−12=12i2. Les solutions sont
z=22±2i3=1±i3.
Donc S={1+i3;1−i3}.
2) Dans le plan complexe rapporté à un repère orthonormé direct (O;u,v), on considère les points A, B, C et D d’affixes respectives :
a=1−i3,b=2+2i,c=3+ietd=−2+23.
a)(0.5 pt) Vérifier que : a−d=−3(c−d).
Voir la solution
\begin{align*}
a-d&=1-i\sqrt{3}-(-2+2\sqrt{3})=3-2\sqrt{3}-i\sqrt{3},\
c-d&=\sqrt{3}+i-(-2+2\sqrt{3})=2-\sqrt{3}+i,\
-\sqrt{3},(c-d)&=-\sqrt{3}(2-\sqrt{3})-i\sqrt{3}=-2\sqrt{3}+3-i\sqrt{3}=3-2\sqrt{3}-i\sqrt{3}.
\end{align*}
Donc a−d=−3(c−d).
b)(0.25 pt) En déduire que les points A, C et D sont alignés.
Voir la solution
a−d=−3(c−d) signifie DA=−3DC : les vecteurs DA et DC sont colinéaires, donc les points A, C et D sont alignés.
3)(0.5 pt) On considère z l’affixe d’un point M et z′ l’affixe de M′ image de M par la rotation R de centre O et d’angle −3π.
Vérifier que : z′=21az.
Voir la solution
M′=R(M)⟺z′=e−i3πz. Or
e−i3π=cos(−3π)+isin(−3π)=21−i23=2a.
Donc z′=21az.
4) Soient H l’image du point B par la rotation R, h son affixe et P le point d’affixe p tel que p=a−c.
b)(0.5 pt) Montrer que le triangle OHP est rectangle et isocèle en O.
Voir la solution
h=ip implique argph=arg(i)=2π (modulo 2π) : (OP,OH)=2π, donc OHP est rectangle en O.
De plus ∣h∣=∣ip∣=∣i∣∣p∣=∣p∣, soit OH=OP : le triangle est isocèle en O.
Donc le triangle OHP est rectangle et isocèle en O.
Exercice 3 — Calcul des probabilités (3 points)
Une urne contient dix boules : trois boules vertes, six boules rouges et une boule noire indiscernables au toucher.
On tire au hasard et simultanément trois boules de l’urne.
On considère les événements suivants :
A : « Obtenir trois boules vertes »
B : « Obtenir trois boules de même couleur »
C : « Obtenir au moins deux boules de même couleur »
1)(2 pts) Montrer que p(A)=1201 et p(B)=407.
Voir la solution
Le nombre de tirages possibles est (310)=120.
A : trois boules vertes : (33)=1 issue favorable. Donc p(A)=1201.
B : trois vertes ou trois rouges (impossible d’avoir trois noires) :
card(B)=(33)+(36)=1+20=21,p(B)=12021=407.
2)(1 pt) Calculer p(C).
Voir la solution
Le contraire de C est « obtenir trois boules de couleurs toutes différentes », c’est-à-dire une verte, une rouge et la noire :
card(C)=(13)(16)(11)=18,p(C)=12018=203.
Donc p(C)=1−203=2017.
Exercice 4 — Problème (11 points)
Première partie :
Soit f la fonction numérique définie sur ]0;+∞[ par :
f(x)=x+21−lnx+21(lnx)2
et soit (C) sa courbe représentative dans un repère orthonormé (O;i,j) (unité : 1 cm).
1)(0.5 pt) Calculer x→0x>0limf(x) puis interpréter le résultat géométriquement.
Voir la solution
Quand x→0+ : x+21→21, −lnx→+∞ et 21(lnx)2→+∞.
Donc x→0+limf(x)=+∞ : la courbe (C) admet la droite x=0 comme asymptote verticale.
2) a)(0.25 pt) Vérifier que pour tout x de ]0;+∞[,
f(x)=x+21+(21lnx−1)lnx.
Voir la solution
(21lnx−1)lnx=21(lnx)2−lnx,
donc
x+21+(21lnx−1)lnx=x+21−lnx+21(lnx)2=f(x).
b)(0.5 pt) En déduire que x→+∞limf(x)=+∞.
Voir la solution
Quand x→+∞ : x+21→+∞ et (21lnx−1)lnx→+∞.
Donc x→+∞limf(x)=+∞.
c)(0.5 pt) Montrer que pour tout x de ]0;+∞[,
x(lnx)2=4(xlnx)2,
puis en déduire que x→+∞limx(lnx)2=0.
Voir la solution
Comme lnx=2lnx :
x(lnx)2=(x)24(lnx)2=4(xlnx)2.
Posons t=x. Quand x→+∞, t→+∞ et tlnt→0, donc
limx→+∞x(lnx)2=limt→+∞4(tlnt)2=0.
d)(0.75 pt) Montrer que (C) admet au voisinage de +∞ une branche parabolique de direction asymptotique la droite (Δ) d’équation y=x.
Voir la solution
f(x)−x=21−lnx+21(lnx)2.
En particulier xf(x)−x=2x1−xlnx+21x(lnx)2.
D’après c) et le fait que tlnt→0 quand t→+∞ (avec t=x) : x(lnx)2→0 et xlnx→0.
Donc x→+∞limxf(x)−x=0, soit x→+∞limxf(x)=1.
De plus x→+∞lim(f(x)−x) : posons t=lnx→+∞, alors 21−t+21t2→+∞.
Ainsi x→+∞lim(f(x)−x)=+∞ et x→+∞limxf(x)=1 : (C) admet une branche parabolique de direction asymptotique la droite (Δ):y=x.
3) a)(0.5 pt) Vérifier que pour tout x de ]0;1] on a : (x−1)+lnx≤0 et que pour tout x de [1;+∞[ on a : (x−1)+lnx≥0.
Voir la solution
Soit φ(x)=x−1+lnx sur ]0;+∞[. Alors φ′(x)=1+x1>0 : φ est strictement croissante.
Comme φ(1)=0 : φ(x)≤0 sur ]0;1] et φ(x)≥0 sur [1;+∞[.
b)(1 pt) Montrer que pour tout x de ]0;+∞[, f′(x)=xx−1+lnx.
Voir la solution
f′(x)=1−x1+21⋅2lnx⋅x1=1−x1+xlnx=xx−1+lnx.
c)(0.5 pt) Dresser le tableau de variation de la fonction f.
Voir la solution
D’après 3.a) et 3.b) : f′(x)≤0 sur ]0;1] et f′(x)≥0 sur [1;+∞[, avec f′(1)=0.
f(1)=1+21−0+0=23.
xf′(x)f(x)0+∞−↘1023+↗+∞+∞
4) a)(0.5 pt) Montrer que pour tout x de ]0;+∞[, f′′(x)=x22−lnx.
b)(0.5 pt) En déduire que (C) admet un point d’inflexion dont on déterminera les coordonnées.
Voir la solution
f′′(x)=0⟺lnx=2⟺x=e2 (et f′′ change de signe).
f(e2)=e2+21−2+21⋅4=e2+21.
Donc (C) admet un point d’inflexion de coordonnées (e2;e2+21).
5) a)(0.5 pt) Montrer que pour tout x de ]0;+∞[, f(x)−x=21(lnx−1)2 et en déduire la position relative de (C) et (Δ).
Voir la solution
f(x)−x=21−lnx+21(lnx)2=21(1−2lnx+(lnx)2)=21(lnx−1)2.
Or 21(lnx−1)2≥0 pour tout x>0, avec égalité si et seulement si lnx=1 soit x=e.
Donc (C) est au-dessus de (Δ), et elles se touchent au point (e;e).
b)(1 pt) Construire (Δ) et (C) dans le même repère (O;i,j).
Voir la solution
On place : l’asymptote verticale x=0, le minimum (1;23), le point de contact (e;e) avec (Δ), le point d’inflexion (e2;e2+21), et la branche parabolique de direction y=x en +∞.
6) a)(0.5 pt) Montrer que la fonction H:x↦xlnx−x est une primitive de la fonction h:x↦lnx sur ]0;+∞[.
Voir la solution
H′(x)=lnx+x⋅x1−1=lnx+1−1=lnx=h(x).
Donc H est une primitive de h sur ]0;+∞[.
b)(0.75 pt) À l’aide d’une intégration par parties, montrer que ∫1e(lnx)2dx=e−2.
c)(0.5 pt) Calculer en cm2 l’aire du domaine plan limité par (C) et (Δ) et les droites d’équations x=1 et x=e.
Voir la solution
D’après 5.a), f(x)−x=21(lnx−1)2≥0 sur [1,e]. L’aire en cm2 (unité 1 cm) est
\begin{align*}
\mathcal{A}&=\int_{1}^{e}\bigl(f(x)-x\bigr),dx=\dfrac{1}{2}\int_{1}^{e}(\ln x-1)^{2},dx
=\dfrac{1}{2}\int_{1}^{e}\bigl((\ln x)^{2}-2\ln x+1\bigr),dx\
&=\dfrac{1}{2}\Biggl(\int_{1}^{e}(\ln x)^{2},dx-2\bigl[x\ln x-x\bigr]{1}^{e}+\bigl[x\bigr]{1}^{e}\Biggr)\
&=\dfrac{1}{2}\bigl((e-2)-2(0+1)+(e-1)\bigr)=\dfrac{1}{2}(e-2-2+e-1)=\dfrac{1}{2}(2e-5)=e-\dfrac{5}{2}.
\end{align*}
Deuxième partie :
Soit (un) la suite numérique définie par : u0=1 et un+1=f(un) pour tout n de N.
1) a)(0.5 pt) Montrer par récurrence que 1≤un≤e pour tout n de N.
Voir la solution
Initialisation.u0=1 et 1≤1≤e : vrai au rang 0.
Hérédité. Soit n∈N. Supposons 1≤un≤e. Sur [1,e], f est croissante (tableau de 3.c) et f(1)=23, f(e)=e. Donc
1≤23=f(1)≤f(un)≤f(e)=e,
soit 1≤un+1≤e.
Conclusion. D’après le principe du raisonnement par récurrence, pour tout n∈N : 1≤un≤e.
b)(0.5 pt) Montrer que la suite (un) est croissante.
Voir la solution
Soit n∈N. Comme un∈[1,e], d’après 5.a) :
un+1−un=f(un)−un=21(lnun−1)2≥0.
Donc (un) est croissante.
c)(0.5 pt) En déduire que la suite (un) est convergente.
Voir la solution
(un) est croissante et majorée par e, donc convergente.
2)(0.75 pt) Calculer la limite de la suite (un).
Voir la solution
Soit ℓ=limun. Par continuité de f : ℓ=f(ℓ), soit f(ℓ)−ℓ=0, c’est-à-dire 21(lnℓ−1)2=0, d’où ℓ=e.