Versions interactives à solutions cachées — leurs boutons « Voir la solution » ne fonctionnent que dans Adobe Acrobat Reader (calques PDF non pris en charge par les navigateurs et le lecteur ci-dessus). Le lecteur affiche donc les versions classiques.
📥 Version à corrections cachées (Adobe Acrobat Reader)Télécharger
Examen national du baccalauréat — Session normale 2021
Mathématiques — Filière : Sciences Expérimentales (les deux parcours) — option française
Code NS 22F — Durée : 3 h — Coefficient : 7
INSTRUCTIOS GENERALES
L’utilisation de la calculatrice non programmable est autorisée
Le candidat peut traiter les exercices de l’épreuve suivant l’ordre qui lui convient
L’utilisation de la couleur rouge lors de la rédaction des solutions est à éviter
COMPOSANTES DU SUJET
L’épreuve est composée de trois exercices et un problème indépendants entre eux et répartis suivants les domaines comme suit :
Domaine
Barème
Exercice 1
Analyse
2 points
Exercice 2
Suites numériques
4 points
Exercice 3
Nombres complexes
5 points
Problème
Etude des fonctions et calcul intégral
9 points
Exercice 1 — Analyse (2 points)
1.a.(0.5 pt) Résoudre dans R, l’équation : e2x−4ex+3=0
Voir la solution
On pose X=ex (avec X>0). L’équation devient X2−4X+3=0, soit (X−1)(X−3)=0, donc X=1 ou X=3 (deux valeurs strictement positives).
ex=1⟺x=0 ;
ex=3⟺x=ln3.
Donc S={0;ln3}.
1.b.(0.5 pt) Résoudre dans R, l’inéquation : e2x−4ex+3≤0
Voir la solution
D’après 1.a : e2x−4ex+3=(ex−1)(ex−3).
(ex−1)(ex−3)≤0⟺1≤ex≤3⟺0≤x≤ln3.
Donc S=[0;ln3].
1.c.(0.5 pt) Calculer x→0lime2x−1e2x−4ex+3
Voir la solution
Pour x=0 : e2x−1=(ex−1)(ex+1) et ex−1=0, donc
e2x−1e2x−4ex+3=(ex−1)(ex+1)(ex−1)(ex−3)=ex+1ex−3.
Donc x→0lime2x−1e2x−4ex+3=1+11−3=−1.
2.(0.5 pt) Montrer que l’équation e2x+ex+4x=0 admet une solution dans l’intervalle [−1,0]
Voir la solution
Soit φ(x)=e2x+ex+4x. La fonction φ est continue sur [−1,0] (somme de fonctions continues).
φ(−1)=e−2+e−1−4<0 (car e−2<1 et e−1<1) ;
φ(0)=1+1+0=2>0.
Donc φ(−1)×φ(0)<0 et, d’après le théorème des valeurs intermédiaires, l’équation φ(x)=0, c’est-à-dire e2x+ex+4x=0, admet au moins une solution dans [−1,0].
Remarque :φ′(x)=2e2x+ex+4>0, donc cette solution est unique.
Exercice 2 — Suites numériques (4 points)
Soit (un) la suite numérique définie par : u0=21 et un+1=3−2unun pour tout n de N
1.(0.25 pt) Calculer u1
Voir la solution
u1=3−2u0u0=3−121=41.
2.(0.5 pt) Montrer par récurrence que pour tout n de N, 0<un≤21
Voir la solution
Initialisation.u0=21 et 0<21≤21 : la propriété est vraie pour n=0.
Hérédité. Soit n∈N ; supposons 0<un≤21. Alors −1≤−2un<0, donc 2≤3−2un<3 ; en particulier 3−2un>0.
un>0 et 3−2un>0, donc un+1=3−2unun>0 ;
un≤21 et 3−2un1≤21, donc un+1≤21×21=41≤21.
Donc 0<un+1≤21.
D’après le principe du raisonnement par récurrence, pour tout n∈N : 0<un≤21.
3.a.(0.5 pt) Montrer que pour tout n de N, unun+1≤21
Voir la solution
Soit n∈N. Comme un>0 :
unun+1=3−2un1.
Or un≤21, donc 3−2un≥2>0, d’où 3−2un1≤21.
Donc unun+1≤21.
3.b.(0.5 pt) En déduire la monotonie de la suite (un)
Voir la solution
Pour tout n∈N, un>0, donc d’après 3.a : un+1≤21un<un.
Donc la suite (un) est strictement décroissante.
4.a.(0.75 pt) Montrer que tout n de N, 0<un≤(21)n+1, puis calculer la limite de la suite (un)
Voir la solution
Remarque : coquille de l’énoncé officiel, il faut lire « Montrer que pour tout n de N ».
On a déjà un>0 (question 2). Montrons par récurrence que un≤(21)n+1.
Pour n=0 : u0=21=(21)1 : vrai.
Soit n∈N ; supposons un≤(21)n+1. D’après 3.a, un+1≤21un≤21(21)n+1=(21)n+2.
D’après le principe du raisonnement par récurrence, pour tout n∈N : un≤(21)n+1. Avec la question 2, pour tout n∈N : 0<un≤(21)n+1.
Comme −1<21<1, n→+∞lim(21)n+1=0 ; par encadrement, n→+∞limun=0.
4.b.(0.5 pt) On pose vnln(3−2un) pour tout n de N, calculer n→+∞limvn.
Voir la solution
Remarque : coquille de l’énoncé officiel, le signe « = » manque ; il faut lire vn=ln(3−2un).
On a n→+∞limun=0, donc n→+∞lim(3−2un)=3, d’où n→+∞limvn=ln3.
5.a.(0.5 pt) Vérifier que tout n de N, un+11−1=3(un1−1)
Voir la solution
Soit n∈N (un=0 et un+1=0) :
un+11−1=un3−2un−1=un3−2−1=un3−3=3(un1−1).
5.b.(0.5 pt) En déduire un en fonction de n pour tout n de N
Voir la solution
Posons wn=un1−1. D’après 5.a, wn+1=3wn : (wn) est une suite géométrique de raison 3 et de premier terme w0=211−1=1.
Donc wn=1×3n=3n, puis un1=1+3n, d’où :
un=1+3n1pour tout n∈N.
Exercice 3 — Nombres complexes (5 points)
1.(0.75 pt) Résoudre dans l’ensemble C des nombres complexes, l’équation : z2−3z+1=0
Voir la solution
Δ=(−3)2−4×1×1=3−4=−1=i2<0.
L’équation admet deux solutions complexes conjuguées :
z1=23+i=23+21ietz2=23−i=23−21i.
Donc S={23+21i;23−21i}.
2. Soient les nombres complexes a=ei6π et b=23+i23.
2.a.(0.25 pt) Ecrire a sous forme algébrique.
Voir la solution
a=cos6π+isin6π=23+21i.
2.b.(0.5 pt) Vérifier que ab=3
Voir la solution
a=23−21i, donc
ab=(23−21i)(23+23i)=433+43i−43i−43i2=433+43=3.
Dans le plan complexe rapporté à un repère orthonormé (O;u,v), on considère les Points A, B et C d’affixes respectives a, b et a.
3.(0.5 pt) Montrer que le point B est l’image du point A par une homothétie h de centre O dont on déterminera le rapport.
Voir la solution
∣a∣=1, donc aa=1. En multipliant l’égalité ab=3 par a : b=3a, c’est-à-dire b−0=3(a−0).
Donc OB=3OA : B est l’image de A par l’homothétie h de centre O et de rapport 3.
4. Soient z l’affixe d’un point M du plan et z′ l’affixe du point M′ image de M par la rotation R de centre A et d’angle 2π.
4.a.(0.5 pt) Ecrire z′ en fonction de z et a.
Voir la solution
R(M)=M′⟺z′−a=ei2π(z−a)⟺z′=i(z−a)+a.
Donc z′=iz+(1−i)a.
4.b.(0.25 pt) Soit d l’affixe du point D image de C par la rotation R, montrer que d=a+1.
Voir la solution
d=i(a−a)+a. Or a−a=−2iIm(a)=−2i×21=−i.
Donc d=i×(−i)+a=1+a, soit d=a+1.
4.c.(0.5 pt) Soit I le point d’affixe le nombre 1, montrer que ADIO est un losange.
Voir la solution
d−a=1=1−0, donc AD=OI : le quadrilatère ADIO est un parallélogramme.
De plus OA=∣a∣=1 et OI=∣1∣=1 : deux côtés consécutifs ont la même longueur.
Donc ADIO est un losange.
5.a.(0.75 pt) Vérifier que d−b=23−1(1−i) ; en déduire un argument du nombre Complexe d−b
Voir la solution
d=a+1=(23+1)+21i, donc
d−b=(23+1−23)+(21−23)i=23−1−23−1i=23−1(1−i).
Or 1−i=2(cos(−4π)+isin(−4π)) et 23−1>0, donc
d−b=22(3−1)(cos(−4π)+isin(−4π))etarg(d−b)≡−4π[2π].
5.b.(0.5 pt) Ecrire le nombre 1−b sous forme trigonométrique.
Soit f la fonction définie sur [0,+∞[ par : f(0)=0 et f(x)=2xlnx−2x, si x>0
Et (C) sa courbe représentative dans un repère orthonormé (O;i,j) (unité : 1cm)
1.(0.5 pt) Montrer que f est continue à droite au point 0.
Voir la solution
On sait que x→0+limxlnx=0, donc
limx→0+f(x)=limx→0+(2xlnx−2x)=0−0=0=f(0).
Donc f est continue à droite au point 0.
2.a.(0.5 pt) Calculer x→+∞limf(x)
Voir la solution
f(x)=2x(lnx−1) ; or x→+∞lim2x=+∞ et x→+∞lim(lnx−1)=+∞.
Donc x→+∞limf(x)=+∞.
2.b.(0.5 pt) Calculer x→+∞limxf(x) puis interpréter géométriquement le résultat
Voir la solution
limx→+∞xf(x)=limx→+∞(2lnx−2)=+∞.
Comme x→+∞limf(x)=+∞ et x→+∞limxf(x)=+∞, la courbe (C) admet une branche parabolique de direction l’axe des ordonnées au voisinage de +∞.
3.a.(0.75 pt) Calculer x→0+limxf(x) et interpréter géométriquement le résultat.
Voir la solution
limx→0+xf(x)=limx→0+(2lnx−2)=−∞.
Comme f(0)=0, xf(x)=x−0f(x)−f(0) : f n’est pas dérivable à droite en 0, et la courbe (C) admet au point O une demi-tangente verticale (dirigée vers le bas).
3.b.(0.5 pt) Calculer f′(x) pour tout x de ]0,+∞[
Voir la solution
f est dérivable sur ]0,+∞[ et pour tout x>0 :
f′(x)=2lnx+2x×x1−2=2lnx.
3.c.(0.5 pt) Dresser le tableau de variations de la fonction f sur [0,+∞[.
Voir la solution
f′(x)=2lnx : f′(x)<0 sur ]0,1[, f′(1)=0 et f′(x)>0 sur ]1,+∞[. f(1)=2ln1−2=−2.
xf′(x)f(x)00−↘10−2+↗+∞+∞
f est strictement décroissante sur [0,1] et strictement croissante sur [1,+∞[.
4.a.(0.5 pt) Résoudre dans l’intervalle [0,+∞[ les équations f(x)=0 et f(x)=x
Voir la solution
f(0)=0 : x=0 est solution des deux équations.
Pour x>0 : f(x)=0⟺2x(lnx−1)=0⟺lnx=1⟺x=e.
Pour x>0 : f(x)=x⟺x(2lnx−3)=0⟺lnx=23⟺x=e23.
Donc f(x)=0⟺x∈{0;e} et f(x)=x⟺x∈{0;e23}.
(C) coupe l’axe des abscisses en O et en A(e,0), et la droite (Δ):y=x en O et en B(e23,e23).
4.b.(1 pt) Construire (C) la courbe dans le repère (O;i,j) (On prendra e23≃4,5)
Voir la solution
On place : la demi-tangente verticale en O, le minimum (1,−2) (tangente horizontale), A(e,0), B(4,5;4,5) et la branche parabolique verticale.
5.a.(0.5 pt) En utilisant une intégration par parties, montrer que ∫1exlnxdx=41+e2
Voir la solution
On pose u(x)=lnx, v′(x)=x ; alors u′(x)=x1, v(x)=2x2 (u et v sont dérivables à dérivées continues sur [1,e]).
∫1exlnxdx=[2x2lnx]1e−∫1e2xdx=2e2−[4x2]1e=2e2−4e2−1=41+e2.
5.b.(0.5 pt) En déduire la valeur de l’intégrale ∫1ef(x)dx
6.a.(0.25 pt) Déterminer le minimum de f sur ]0,+∞[
Voir la solution
D’après le tableau de variations, f est décroissante sur ]0,1] et croissante sur [1,+∞[ : le minimum de f sur ]0,+∞[ est f(1)=−2.
6.b.(0.5 pt) En déduire que pour tout x de ]0,+∞[, lnx≥xx−1
Voir la solution
Pour tout x>0 : f(x)≥−2, soit 2xlnx−2x≥−2, d’où xlnx≥x−1.
En divisant par x>0 : lnx≥xx−1.
7. Soit g la restriction de la fonction f à l’intervalle [1,+∞[.
7.a.(0.5 pt) Montrer que la fonction g admet une fonction réciproque g−1 définie sur un intervalle J qu’on déterminera.
Voir la solution
g est continue et strictement croissante sur [1,+∞[, donc elle admet une fonction réciproque g−1 définie sur
J=g([1,+∞[)=[g(1),limx→+∞g(x)[=[−2,+∞[.
7.b.(0.75 pt) Construire dans le même repère (O;i,j) la courbe représentative de g−1.
Voir la solution
La courbe de g−1 est la symétrique de la partie de (C) correspondant à [1,+∞[ par rapport à la droite (Δ):y=x. Elle part du point (−2,1) (tangente verticale) et passe par (0,e) et B.
8. On considère la fonction h définie sur R par : {h(x)=x3+3xh(x)=2xlnx−2x;x≤0;x>0
8.a.(0.5 pt) Etudier la continuité de la fonction h au point 0
Voir la solution
h(0)=03+3×0=0.
x→0−limh(x)=x→0−lim(x3+3x)=0=h(0) ;
x→0+limh(x)=x→0+limf(x)=0=h(0) (question 1).
Donc h est continue au point 0.
8.b.(0.5 pt) Etudier la dérivabilité de la fonction h à gauche au point 0, puis interpréter géométriquement le résultat.