Plan du chapitre. I. Divisibilité dans Z — II. Division euclidienne — III. Congruences modulo n — IV. Nombres premiers — V. PGCD et PPCM — VI. L’ensemble Z/nZ — Résumé.
Prérequis. Ensembles N et Z, raisonnement par récurrence, par contraposée et par l’absurde (Ch. 01), dénombrement (Ch. 13) pour compter les diviseurs. Notation : on écrit « a divise b » en toutes lettres.
I. Divisibilité dans Z
1) Définition
Définition 1
Soient a,b∈Z. On dit que adiviseb (ou que b est un multiple de a) s’il existe k∈Z tel que b=ka. L’ensemble des multiples de a est noté aZ.
Exemple 1
Montrer que 3 divise −12. Que dire de 0, de 1 et de −1 vis-à-vis de la divisibilité ?
Voir la solution
3 divise −12 car −12=(−4)×3 ; 0 est multiple de tout entier ; 1 et −1 divisent tout entier.
2) Propriétés
Propriété 1
Soient a,b,c∈Z.
a divise a ; si a divise b et b divise c, alors a divise c (transitivité).
Si a divise b et b divise a, alors ∣a∣=∣b∣.
Si a divise b et a divise c, alors pour tous u,v∈Z, a divise ub+vc (combinaison linéaire).
Si a divise b et b=0, alors ∣a∣≤∣b∣.
Voir la solution
Preuve de la combinaison linéaire (raisonnement direct).a divise b et a divise c⟹ il existe k,k′∈Z tels que b=ka et c=k′a⟹ub+vc=(uk+vk′)a avec uk+vk′∈Z⟹a divise ub+vc.
Exemple 2
Déterminer les entiers n∈Z tels que n+2 divise 3n+1.
Voir la solution
Soit n∈Z tel que n+2 divise 3n+1. Comme n+2 divise 3(n+2), il divise 3(n+2)−(3n+1)=5 : donc n+2∈{−5;−1;1;5}, soit n∈{−7;−3;−1;3} (on vérifie que ces valeurs conviennent).
II. Division euclidienne
1) Théorème
Théorème 1 (admis)
Soient a∈Z et b∈N∗. Il existe un unique couple (q;r)∈Z×N tel que a=bq+r et 0≤r<b. q est le quotient et r le reste de la division euclidienne de a par b.
Exemple 3
Déterminer le quotient et le reste de la division euclidienne de −23 par 5.
Voir la solution
−23=5×(−5)+2 : le quotient de −23 par 5 est −5 et le reste 2 (et non −3, car il faut 0≤r<5).
2) Conséquence
Propriété 2
Soit b∈N∗. Tout entier a s’écrit sous l’une des formes bk, bk+1, …, bk+(b−1) avec k∈Z. En particulier tout entier est de la forme 2k ou 2k+1, et de la forme 3k, 3k+1 ou 3k+2.
Exemple 4
Montrer que, pour tout n∈Z, n(n+1)(n+2) est divisible par 3.
Voir la solution
Pour tout n∈Z, n(n+1)(n+2) est divisible par 3 : on traite les trois cas n=3k, n=3k+1, n=3k+2 ; dans chaque cas l’un des trois facteurs est multiple de 3.
III. Congruences modulo n
1) Définition
Définition 2
Soient n∈N∗ et a,b∈Z. On dit que a est congru à b modulo n, et on note a≡b[n], si n divise a−b. Cela équivaut à : a et b ont le même reste dans la division euclidienne par n.
Propriété 3
Si r est le reste de la division euclidienne de a par n, alors a≡r[n] et 0≤r<n. Réciproquement, si a≡r[n] et 0≤r<n, alors r est ce reste.
2) Compatibilité avec les opérations
Propriété 4
Soient n∈N∗ et a,b,c,d∈Z tels que a≡b[n] et c≡d[n]. Alors :
a+c≡b+d[n] et a−c≡b−d[n] ;
ac≡bd[n] ;
pour tout k∈N : ak≡bk[n] ;
la relation ≡ est réflexive, symétrique et transitive.
Voir la solution
Preuve de ak≡bk[n] (raisonnement par récurrence sur k). Initialisation : pour k=0, on a a0=1≡1=b0[n]. Hérédité : soit k∈N, on suppose ak≡bk[n] ; comme a≡b[n], la compatibilité avec le produit donne ak+1=aka≡bkb=bk+1[n]. Conclusion : d’après le principe du raisonnement par récurrence, ak≡bk[n] pour tout k∈N.
Exemple 5
Déterminer le reste de 22027 dans la division par 7.
Voir la solution
Reste de 22027 dans la division par 7 : 23=8≡1[7] et 2027=3×675+2, donc 22027=(23)675×22≡1×4=4[7]. Le reste est 4.
IV. Nombres premiers
1) Définition et critère
Définition 3
Un entier naturel p est premier s’il admet exactement deux diviseurs dans N : 1 et p. (1 n’est pas premier.)
Propriété 5
Tout entier naturel n≥2 admet au moins un diviseur premier.
Si n≥2 n’est pas premier, il admet un diviseur premier p tel que p2≤n. Donc si aucun nombre premier p tel que p2≤n ne divise n, alors n est premier.
L’ensemble des nombres premiers est infini.
Voir la solution
Preuve du dernier point (raisonnement par l’absurde). Supposons qu’il n’y ait qu’un nombre fini de nombres premiers p1,…,pk et posons N=p1p2⋯pk+1≥2. N admet un diviseur premier, donc un pi divise N ; comme pi divise aussi p1⋯pk, il divise la différence 1 : contradiction avec pi≥2.
2) Décomposition en facteurs premiers
Théorème 2 (admis)
Tout entier n≥2 s’écrit de façon unique (à l’ordre près) n=p1α1p2α2⋯pkαk où p1<⋯<pk sont premiers et αi∈N∗.
Propriété 6 : nombre de diviseurs
Avec la décomposition ci-dessus, les diviseurs positifs de n sont les p1β1⋯pkβk avec 0≤βi≤αi ; leur nombre est (principe multiplicatif, Ch. 13) (α1+1)(α2+1)⋯(αk+1).
Exemple 6
Combien 360 possède-t-il de diviseurs positifs ?
Voir la solution
360=23×32×5 possède 4×3×2=24 diviseurs positifs.
Propriété 7 (lemme d’Euclide, admis)
Si un nombre premier p divise un produit ab (a,b∈Z), alors p divise a ou p divise b.
V. PGCD et PPCM
1) Définitions
Définition 4
Soient a,b∈Z non tous deux nuls. Le PGCD de a et b, noté PGCD(a;b) ou a∧b, est le plus grand diviseur commun de a et b. Pour a,b∈Z∗, le PPCM, noté PPCM(a;b) ou a∨b, est le plus petit multiple commun strictement positif. On dit que a et b sont premiers entre eux si a∧b=1.
2) Propriétés et algorithme d’Euclide
Propriété 8
Soient a,b∈Z∗.
Pour tout k∈Z : a∧b=b∧(a−kb). En particulier, si a=bq+r (division euclidienne), a∧b=b∧r.
Algorithme d’Euclide : on effectue des divisions successives ; le PGCD est le dernier reste non nul.
Les diviseurs communs à a et b sont exactement les diviseurs de a∧b ; les multiples communs sont les multiples de a∨b.
(a∧b)×(a∨b)=∣ab∣ ; pour k∈N∗ : (ka)∧(kb)=k(a∧b).
Si d=a∧b, alors a=da′ et b=db′ avec a′∧b′=1.
Avec les décompositions en facteurs premiers : a∧b (resp. a∨b) est le produit des facteurs premiers communs (resp. de tous les facteurs) affectés du plus petit (resp. plus grand) exposant.
Exemple 7
Calculer PGCD(1071;462) par l’algorithme d’Euclide, puis 1071∨462.
Voir la solution
PGCD(1071;462) : 1071=462×2+147, 462=147×3+21, 147=21×7+0 : 1071∧462=21 et 1071∨462=211071×462=23562.
VI. L’ensemble Z/nZ
1) Classes d’équivalence
Définition 5
Soit n∈N∗, n≥2. La classe de a∈Z modulo n est a={b∈Z/b≡a[n]}=a+nZ. On a a=b⟺a≡b[n]. L’ensemble des classes est Z/nZ={0;1;…;n−1} ; il a n éléments.
2) Opérations
Propriété 9
On définit a+b=a+b et a×b=ab (ces définitions ne dépendent pas des représentants choisis, d’après la propriété 4). On résout une équation dans Z/nZ en testant les n classes, à l’aide d’une table d’addition ou de multiplication.
Exemple 8
Résoudre dans Z/5Z l’équation 3×x=2.
Voir la solution
Dans Z/5Z : 3×x=2. Les produits 3×0,…,3×4 valent 0,3,1,4,2 : l’unique solution est x=4.
Résumé
Remarque — l’essentiel
a divise b⟺∃k∈Z, b=ka ; un diviseur commun divise toute combinaison linéaire.
Z/nZ={0;…;n−1}, opérations sur les représentants.
Série d’exercices
Remarque — méthodes utilisées
Raisonnement direct : chaîne d’implications ⟹ ; un diviseur commun de deux entiers divise toute combinaison linéaire de ces entiers.
Restes de puissances : on cherche une petite puissance congrue à 1 (ou −1), puis on écrit la D.E. de l’exposant.
Disjonction de cas : on examine tous les restes possibles modulo n (Cas 1, Cas 2, …).
Récurrence en trois étapes : Initialisation, Hérédité, Conclusion.
Tous les résultats ont été contrôlés par Python/sympy (build/verif_lot3.py).
Cadre. Toute réponse doit être justifiée. On écrit « a divise b » en toutes lettres ; « D.E. » abrège « division euclidienne ». Pour chaque raisonnement, on annoncera son type (direct, par disjonction de cas, par récurrence, par contraposée, par l’absurde). Difficulté : de ★ à ★★★★★.
Exercice 1 — Diviseurs Facile★☆☆☆☆
Déterminer et dénombrer les diviseurs positifs de 156.
Déterminer tous les diviseurs de −8 dans Z.
Voir la solution
1.156=22×3×13, donc 156 a (2+1)(1+1)(1+1)=12 diviseurs positifs : 1,2,3,4,6,12,13,26,39,52,78,156.
2. Les diviseurs positifs de 8=23 sont 1,2,4,8 ; les diviseurs de −8 dans Z sont donc ±1,±2,±4,±8 (huit diviseurs).
Exercice 2 — Combinaisons linéaires Facile★★☆☆☆
Soient a,b,c,x,y∈Z. Montrer que :
a. si a divise 2b+c et a divise b+c, alors a divise c ;
b. si a divise 2b+3c et a divise b+c, alors a divise c ;
c. si a divise x−y et a divise b−c, alors a divise xb−cy.
Soient a,n∈Z tels que a divise 12n+1 et a divise −2n+3. Montrer que a divise 19.
Soient d,n∈Z tels que d divise n2+3 et d divise 2n−1. Montrer que d divise 13.
Voir la solution
Raisonnement direct, par combinaisons linéaires.
1. a.a divise 2b+c et a divise b+c⟹a divise 2(b+c)−(2b+c)=c.
1. b.a divise 2b+3c et a divise b+c⟹a divise (2b+3c)−2(b+c)=c.
1. c. On remarque que xb−cy=x(b−c)+c(x−y). Donc a divise b−c et a divise x−y⟹a divise x(b−c)+c(x−y)=xb−cy.
2.a divise 12n+1 et a divise −2n+3⟹a divise (12n+1)+6(−2n+3)=19.
3.d divise n2+3 et d divise 2n−1⟹d divise 4(n2+3) et d divise (2n−1)(2n+1)=4n2−1⟹d divise 4(n2+3)−(4n2−1)=13.
Exercice 3 — Combinaisons linéaires Facile★☆☆☆☆
Soient a,x∈Z. Montrer que si a divise 5x+7 et a divise 2x−3, alors a divise 29.
Voir la solution
a divise 5x+7 et a divise 2x−3⟹a divise 2(5x+7)−5(2x−3)=14+15=29.
Exercice 4 — Récurrence et divisibilité Facile★★☆☆☆
Montrer que pour tout n∈N, 3 divise 4n−1.
Voir la solution
Raisonnement par récurrence. Pour n∈N, notons P(n) : « 3 divise 4n−1 ».
Initialisation. Pour n=0, on a 40−1=0=3×0 : 3 divise 0, donc P(0) est vraie.
Hérédité. Soit n∈N, on suppose que 3 divise 4n−1 : il existe k∈N tel que 4n−1=3k, soit 4n=3k+1. Alors 4n+1−1=4(3k+1)−1=12k+3=3(4k+1) avec 4k+1∈N : 3 divise 4n+1−1.
Conclusion. D’après le principe du raisonnement par récurrence, 3 divise 4n−1 pour tout n∈N.
Exercice 5 — Recherche d’entiers Facile★★☆☆☆
Déterminer les entiers relatifs n, n=1, tels que n−1 divise 2n+7.
Voir la solution
n−1 divise 2n+7⟺n−1 divise (2n+7)−2(n−1)=9 (car n−1 divise 2(n−1) ; l’équivalence vient de ce que 2n+7=2(n−1)+9) ⟺n−1∈{−9;−3;−1;1;3;9}⟺n∈{−8;−2;0;2;4;10}.
Exercice 6 — Fraction entière Moyen★★★☆☆
Déterminer les entiers relatifs n, n=−4, tels que n+4n3+8 soit un entier relatif.
Voir la solution
Par division : n3+8=(n+4)(n2−4n+16)−56. Donc n+4n3+8=n2−4n+16−n+456 et
n+4n3+8∈Z⟺n+4 divise 56.
Les diviseurs de 56=23×7 sont ±1,±2,±4,±7,±8,±14,±28,±56. Donc n=d−4 avec d l’un de ces diviseurs :
n∈{−60;−32;−18;−12;−11;−8;−6;−5;−3;−2;0;3;4;10;24;52} (seize valeurs).
Exercice 7 — Équations dans N2Moyen★★★☆☆
Résoudre dans N2 les équations suivantes, d’inconnue (x;y) :
x2−y2=32 avec x>y ;
2xy+2x+y=99.
Voir la solution
1.x2−y2=32⟺(x−y)(x+y)=32, avec 0<x−y<x+y (car x>y≥0). De plus x−y et x+y ont la même parité (leur somme 2x est paire) ; leur produit étant pair, ils sont tous deux pairs. Les factorisations 32=2×16=4×8 donnent :
{x−y=2x+y=16⟺(x;y)=(9;7) et {x−y=4x+y=8⟺(x;y)=(6;2). S={(9;7);(6;2)}.
2.2xy+2x+y=99⟺2x(y+1)+(y+1)=100⟺(2x+1)(y+1)=100. 2x+1 est un diviseur impair de 100 : 1, 5 ou 25.
Cas 1 : 2x+1=1, y+1=100 : (0;99). Cas 2 : 2x+1=5, y+1=20 : (2;19). Cas 3 : 2x+1=25, y+1=4 : (12;3). S={(0;99);(2;19);(12;3)}.
Exercice 8 — Restes modulo 9 Facile★★☆☆☆
Déterminer le reste de la D.E. par 9 de chacun des nombres 23451100 et 10023451+23451100.
Voir la solution
23451 a pour somme des chiffres 15, donc 23451≡15≡6[9]. Or 62=36≡0[9], donc 23451100≡6100=(62)50≡0[9] : le reste est 0.
100≡1[9] donc 10023451≡1[9] et 10023451+23451100≡1+0=1[9] : le reste est 1.
Exercice 9 — Puissances de 5 modulo 17 Facile★★☆☆☆
Montrer que 58≡−1[17].
Déterminer les restes de la D.E. par 17 des nombres 516 et 5500.
Déterminer, suivant les valeurs de n∈N, le reste de la D.E. de 3n par 7.
En déduire le reste de la D.E. de 20192019 par 7.
Voir la solution
1.31≡3, 32≡2, 33≡6, 34≡4, 35≡5, 36≡1[7]. Soit n=6k+r (k∈N, 0≤r≤5) : 3n=(36)k3r≡3r[7]. Le reste vaut 1,3,2,6,4,5 selon que r=0,1,2,3,4,5.
2.2019=7×288+3 : 2019≡3[7] donc 20192019≡32019[7] ; 2019=6×336+3, donc r=3 et le reste est 6.
Exercice 16 — Équations dans Z/4ZFacile★★☆☆☆
Résoudre dans Z/4Z les équations suivantes, d’inconnue x :
2x=3 ;
x2+3x=0 ;
2013x3+2x=k, en discutant suivant k∈Z/4Z.
Voir la solution
Dans Z/4Z={0;1;2;3}, on teste les quatre classes (disjonction de cas).
1.2x prend les valeurs 0,2,0,2 : jamais 3. S=∅.
2.x2+3x vaut 0,0,10=2,18=2 pour x=0,1,2,3. S={0;1}.
3.2013=1 (car 2013=4×503+1). x3+2x vaut 0,3,12=0,33=1. D’où : si k=0, S={0;2} ; si k=1, S={3} ; si k=2, S=∅ ; si k=3, S={1}.
Exercice 17 — Équation dans (Z/5Z)2Facile★★☆☆☆
Résoudre dans (Z/5Z)2 l’équation x+3y=1, d’inconnue (x;y).
Voir la solution
x+3y=1⟺x=1−3y. Pour chaque y, x est unique : S={(1;0);(3;1);(0;2);(2;3);(4;4)} (cinq couples).
Exercice 18 — Système dans (Z/5Z)2Moyen★★★☆☆
Résoudre dans (Z/5Z)2 le système {3x+2y=12x+4y=3.
Voir la solution
Raisonnement par équivalences. On multiplie la 2e équation par 3 (inverse de 2 car 2×3=1) : 2x+4y=3⟺x+12y=9⟺x+2y=4⟺x=4−2y=4+3y.
En reportant dans la 1re : 3(4+3y)+2y=1⟺12+11y=1⟺2+y=1⟺y=4, puis x=4+12=16=1.
S={(1;4)}. Vérification : 3+8=11=1 et 2+16=18=3.
Exercice 19 — Modulo 10 Moyen★★★☆☆
Déterminer, suivant les valeurs de n∈N, le reste de la D.E. de 3n par 10.
En déduire le chiffre des unités du nombre 20292020.
Déterminer les entiers n∈N tels que 3n+5n+2≡0[10].
Voir la solution
1.30≡1, 31≡3, 32≡9, 33≡7, 34≡1[10]. Pour n=4k+r (0≤r≤3) : 3n≡3r[10] ; le reste vaut 1,3,9,7 pour r=0,1,2,3.
2.2029≡9≡−1[10] et 2020 est pair : 20292020≡1[10]. Le chiffre des unités est 1.
3. Disjonction de cas suivant n modulo 4 (on a 5n≡0[10] si n pair, 5n≡5[10] si n impair).
Cas 1 : n=4k : 1+0+2=3≡0. Cas 2 : n=4k+1 : 3+5+2=10≡0 : convient. Cas 3 : n=4k+2 : 9+0+2=11≡0. Cas 4 : n=4k+3 : 7+5+2=14≡0.
Les solutions sont les n∈N tels que n≡1[4].
Exercice 20 — Chiffre des unités Facile★★☆☆☆
Déterminer le chiffre des unités du nombre 245372018.
Exercice 21 — Congruence à deux périodes Difficile★★★★☆
Déterminer tous les entiers naturels n tels que 2n≡n2[9].
Voir la solution
26=64≡1[9] : 2n[9] ne dépend que de n modulo 6 ; n2[9] ne dépend que de n modulo 9. On étudie donc n modulo 18=PPCM(6;9) : pour n=18k+r, 2n≡2r et n2≡r2[9]. On teste r∈{0;…;17} : les restes de 2r sont 1,2,4,8,7,5 (période 6) et ceux de r2 sont 0,1,4,0,7,7,0,4,1 (période 9). L’égalité n’a lieu que pour r=2 (4=4) et r=4 (7=7).
Les solutions sont les n∈N tels que n≡2[18] ou n≡4[18].
Exercice 22 — Congruence à deux périodes Moyen★★★☆☆
Résoudre dans N l’équation 3n+5n+1≡0[8].
Voir la solution
32=9≡1[8]. Disjonction de cas.
Cas 1 : n pair : 3n≡1[8], l’équation devient 5n+2≡0[8]⟺5n≡6[8]⟺25n≡30[8]⟺n≡6[8] (car 25≡1 et 30≡6), ce qui est compatible avec n pair.
Cas 2 : n impair : 3n≡3[8] et 5n+4≡0[8]⟺n≡20≡4[8] : n serait pair, contradiction ; pas de solution.
S={n∈N/n≡6[8]}.
Exercice 23 — Restes Facile★☆☆☆☆
Déterminer le reste de la D.E. de 2233×3322 par 5.
Voir la solution
D’après l’exercice 14 : 2233≡2 et 3322≡4[5] ; le produit est ≡8≡3[5] : reste 3.
Exercice 24 — Restes Facile★☆☆☆☆
Déterminer le reste de la D.E. de 32019 par 2 et par 13.
Voir la solution
32019 est impair : reste 1 par 2. 33≡1[13] et 2019=3×673 : 32019≡1[13], reste 1.
Exercice 25 — Récurrence Moyen★★★☆☆
Montrer que pour tout n∈N∗, 22n+6n−1 est divisible par 9.
En déduire que pour tout n∈N∗, 4n≡3n+1[9].
Voir la solution
1. Raisonnement par récurrence.
Initialisation. Pour n=1, on a 22+6−1=9 : 9 divise 9.
Hérédité. Soit n∈N∗, on suppose que 9 divise 22n+6n−1 : il existe k∈N tel que 22n+6n−1=9k, soit 22n=9k−6n+1. Alors 22(n+1)+6(n+1)−1=4×22n+6n+5=4(9k−6n+1)+6n+5=36k−18n+9=9(4k−2n+1) avec 4k−2n+1∈Z (et même dans N puisque le nombre est positif) : 9 divise 22(n+1)+6(n+1)−1.
Conclusion. D’après le principe du raisonnement par récurrence, 9 divise 22n+6n−1 pour tout n∈N∗.
2. Soit n∈N∗ : 4n+6n−1≡0[9]⟹4n≡1−6n[9]⟹4n≡1−6n+9n=3n+1[9].
Exercice 26 — Restes modulo 11 Facile★★☆☆☆
Déterminer le reste de la D.E. par 11 du nombre 1653351+43137.
Voir la solution
1653=11×150+3, donc 1653≡3[11] ; 35=243=11×22+1≡1[11] et 351=5×70+1 : 1653351≡3[11]. 43≡−1[11] et 137 est impair : 43137≡−1[11]. Somme : 3−1=2 ; reste 2.
Exercice 27 — Somme de puissances Moyen★★★☆☆
Montrer que 7 divise 12019+22019+32019+42019+52019+62019.
Voir la solution
Pour k∈{1;2;3} : 7−k≡−k[7] et 2019 est impair, donc (7−k)2019≡(−k)2019=−k2019[7]. En groupant 1 avec 6, 2 avec 5, 3 avec 4 : la somme est ≡0[7], donc 7 la divise.
Exercice 28 — Entiers consécutifs Facile★☆☆☆☆
Montrer que pour tout n∈Z, PGCD(n;n+1)=1.
Voir la solution
Raisonnement direct. Soit d=PGCD(n;n+1) : d divise n et d divise n+1⟹d divise (n+1)−n=1⟹d=1 (car d≥1).
Exercice 29 — Suite et divisibilité Moyen★★★☆☆
Pour n∈N, on pose Un=4n−3n−1.
Montrer que pour tout n∈N, Un+1=4Un+9n.
En déduire que pour tout n∈N, 9 divise 4n−3n−1.
Voir la solution
1. Soit n∈N : 4Un+9n=4n+1−12n−4+9n=4n+1−3(n+1)−1=Un+1.
2. Raisonnement par récurrence.
Initialisation. Pour n=0, on a 40−0−1=0 et 9 divise 0.
Hérédité. Soit n∈N, on suppose que 9 divise 4n−3n−1 : il existe k∈N tel que 4n−3n−1=9k. D’après 1., 4n+1−3(n+1)−1=4×9k+9n=9(4k+n) avec 4k+n∈N.
Conclusion. D’après le principe du raisonnement par récurrence, 9 divise 4n−3n−1 pour tout n∈N.
Exercice 30 — Nombre non premier Moyen★★★☆☆
Pour n∈N, on pose αn=n4−n2+16.
Montrer que n2+3n+4 et n2−3n+4 sont des entiers naturels pairs, et que αn=(n2+3n+4)(n2−3n+4).
En déduire que αn n’est pas premier.
Voir la solution
1.n2+3n=n(n+3) : l’un des facteurs n, n+3 est pair (ils sont de parités différentes), donc n2+3n+4 est pair ; de même n2−3n=n(n−3) est pair. Ce sont des entiers naturels car n2−3n+4=(n−23)2+47>0. Enfin (n2+4)2−(3n)2=n4+8n2+16−9n2=αn.
2. Raisonnement direct. Les deux facteurs sont pairs et non nuls, donc chacun est ≥2 et le produit αn est divisible par 4 ; comme αn≥16>4 (car n4−n2=n2(n2−1)≥0), 4 est un diviseur de αn différent de 1 et de αn : αn n’est pas premier.
Exercice 31 — PGCD et fraction Moyen★★★☆☆
Pour n∈N, on considère A=n2+3 et B=n+2.
Montrer que PGCD(A;B)=PGCD(n+2;7).
Déterminer l’entier naturel n tel que n+2n2+3∈N.
Voir la solution
1.n2+3=(n+2)(n−2)+7, donc PGCD(n2+3;n+2)=PGCD(n+2;7) (propriété a∧b=b∧(a−kb)).
Soient a,b∈N∗ tels que PGCD(a;b)=2 et ab=12. Déterminer PPCM(a;b), puis les couples (a;b) possibles.
Voir la solution
PGCD(a;b)×PPCM(a;b)=ab donc PPCM(a;b)=212=6. On écrit a=2a′, b=2b′ avec PGCD(a′;b′)=1 : 4a′b′=12, a′b′=3, d’où (a;b)∈{(2;6);(6;2)}.
Exercice 38 — Quotients successifs Difficile★★★★☆
Soient n∈N et a,b∈N∗. Montrer que si q est le quotient de la D.E. de n par a et q′ celui de la D.E. de q par b, alors q′ est aussi le quotient de la D.E. de n par ab.
Voir la solution
Raisonnement direct. n=aq+r avec 0≤r≤a−1 et q=bq′+r′ avec 0≤r′≤b−1. Alors n=abq′+(ar′+r) et 0≤ar′+r≤a(b−1)+a−1=ab−1<ab. Par unicité de la D.E. de n par ab, le quotient est q′ (et le reste ar′+r).
Exercice 39 — Restes Facile★★☆☆☆
Déterminer le reste de la D.E. de 1941×2352 par 7.
Voir la solution
19≡−2 et 23≡2[7] : 1941≡−241=−(23)1322≡−4[7] et 2352≡252≡2[7]. Produit : −8≡−1≡6[7] ; reste 6.
Exercice 40 — Congruences Facile★★☆☆☆
Montrer que pour tout n∈N∗, (n+1)2019−1≡0[n].
Montrer que pour tout n∈N, 42n+2≡1[15].
Voir la solution
1. Soit n∈N∗ : n+1≡1[n]⟹(n+1)2019≡1[n]⟹(n+1)2019−1≡0[n].
2. Soit n∈N : 42=16≡1[15]⟹42n+2=(42)n+1≡1[15].
Exercice 41 — Équation dans Z/5ZFacile★★☆☆☆
Résoudre dans Z/5Z l’équation x2−x−2=0.
Voir la solution
On teste les cinq classes : x2−x−2 vaut −2=3, 3, 0, 4, 10=0 pour x=0,…,4. S={2;4}.
Exercice 42 — PGCD Facile★★☆☆☆
Soient a,b,c,d∈Z, avec b=0, tels que a=bc+d.
Montrer que PGCD(a;b)=PGCD(b;d).
En déduire que PGCD(a;b)=PGCD(b;a−bc).
Voir la solution
1. Raisonnement par double inclusion des diviseurs communs. Si δ divise a et b, alors δ divise a−bc=d ; si δ divise b et d, alors δ divise bc+d=a. Les couples (a;b) et (b;d) ont les mêmes diviseurs communs, donc le même plus grand : PGCD(a;b)=PGCD(b;d).
2. On applique 1. avec d=a−bc.
Exercice 43 — PGCD Moyen★★★☆☆
Soit a∈N. On considère A=35a+57 et B=45a+76. Montrer que PGCD(A;B)=1 ou PGCD(A;B)=19.
Voir la solution
Soit δ=PGCD(A;B) : δ divise A et B⟹δ divise 7B−9A=(315a+532)−(315a+513)=19. Comme 19 est premier, δ∈{1;19}.
Exercice 44 — PGCD avec paramètre Difficile★★★★☆
Soient x,y∈N∗, a=9x+4y et b=2x+y. Montrer que PGCD(x;y)=PGCD(a;b).
Soit n∈N ; on pose a=n2+5n+13 et b=n+3.
a. Montrer que PGCD(a;b)=PGCD(b;7).
b. En déduire les valeurs possibles de PGCD(a;b).
c. Montrer que n≡4[7]⟺PGCD(a;b)=7.
d. En déduire les valeurs de n telles que PGCD(a;b)=1.
Voir la solution
1.a−4b=x et 9b−2a=y. Tout diviseur commun de x,y divise a=9x+4y et b=2x+y ; tout diviseur commun de a,b divise x=a−4b et y=9b−2a. Mêmes diviseurs communs, donc PGCD(x;y)=PGCD(a;b).
2. a.n2+5n+13=(n+3)(n+2)+7, donc PGCD(a;b)=PGCD(b;7).
2. b.PGCD(b;7) divise 7, premier : PGCD(a;b)∈{1;7}.
2. c.PGCD(a;b)=7⟺7 divise n+3⟺n≡−3[7]⟺n≡4[7].
2. d. D’après b. et c. : PGCD(a;b)=1⟺n≡4[7], c’est-à-dire n∈N et n=7k+4 pour tout k∈N.
Exercice 45 — PGCD avec paramètre Moyen★★★☆☆
Soit n∈N ; on pose dn=PGCD(2n+8;3n+15).
Montrer que dn divise 6.
Déterminer les entiers naturels n tels que dn=6.
Voir la solution
1.dn divise 2n+8 et 3n+15⟹dn divise 2(3n+15)−3(2n+8)=6.
2.dn=6⟺6 divise 2n+8 et 6 divise 3n+15.
6 divise 2n+8⟺3 divise n+4⟺n≡2[3] ; 6 divise 3n+15⟺2 divise n+5⟺n impair. Donc dn=6⟺n≡2[3] et n≡1[2]⟺n≡5[6].
Exercice 46 — PGCD de nombres de Mersenne Difficile★★★★★
Soient a,b∈N∗ avec a≥3 et a impair. On pose d=PGCD(2a−1;2b+1).
Montrer que 2ab≡1[d].
Montrer que 2ab≡−1[d].
En déduire que d∈{1;2}.
Montrer que d=1.
Voir la solution
1.d divise 2a−1, donc 2a≡1[d] et 2ab=(2a)b≡1[d].
2.d divise 2b+1, donc 2b≡−1[d] et 2ab=(2b)a≡(−1)a=−1[d] (a impair).
3. Par transitivité 1≡−1[d] : d divise 2, donc d∈{1;2}.
4. Raisonnement par l’absurde. Supposons d=2 : alors 2 divise 2a−1, qui est impair (a≥1) : contradiction. Donc d=1.
Exercice 47 — Tour de puissances Difficile★★★★☆
Montrer que pour tout n∈N, 24n+1+5≡0[21].
Voir la solution
26=64=63+1≡1[21]. Montrons d’abord que 4m≡4[6] pour tout m∈N∗ (raisonnement par récurrence) :
Initialisation. Pour m=1, on a 41=4≡4[6].
Hérédité. Soit m∈N∗, on suppose 4m≡4[6] : il existe k∈N tel que 4m=6k+4. Alors 4m+1=24k+16=6(4k+2)+4≡4[6].
Conclusion. D’après le principe du raisonnement par récurrence, 4m≡4[6] pour tout m∈N∗.
Soit n∈N : il existe k∈N tel que 4n+1=6k+4, d’où 24n+1=(26)k×24≡16[21] et 24n+1+5≡21≡0[21].
Exercice 48 — Quotient et reste liés Moyen★★★☆☆
Déterminer les entiers naturels n tels que, dans la D.E. de n par 25, le quotient soit un entier p∈N et le reste p2.
Voir la solution
n=25p+p2 avec 0≤p2<25, donc p∈{0;1;2;3;4} et n∈{0;26;54;84;116} (réciproquement ces valeurs conviennent par unicité de la D.E.).
Exercice 49 — Quotient Difficile★★★★☆
Soient b∈N∗ et a∈Z. On note q le quotient de la D.E. de a−1 par b. Déterminer le quotient de la D.E. de ab9−1 par b10.
Voir la solution
a−1=bq+r avec 0≤r≤b−1. Alors ab9−1=(bq+r+1)b9−1=qb10+[(r+1)b9−1] et 0≤b9−1≤(r+1)b9−1≤b⋅b9−1<b10. Par unicité, le quotient est q (et le reste (r+1)b9−1).
Exercice 50 — Binôme et congruences Difficile★★★★★
Montrer que pour tout n∈N∗, (n+2)n+2−2n+2(n+1)≡0[n2].
Montrer que 7777≡3[10].
Voir la solution
1. Binôme (Ch. 13) : (n+2)n+2=∑k=0n+2Cn+2knk2n+2−k. Pour k≥2, n2 divise nk ; donc (n+2)n+2≡2n+2+(n+2)n2n+1[n2]. Or (n+2)n2n+1=n22n+1+n2n+2≡n2n+2[n2]. D’où (n+2)n+2≡2n+2(1+n)[n2], ce qu’il fallait démontrer.
2.74=2401≡1[10]. Posons E=777. Comme 7≡−1[4] et 77 est impair, E≡(−1)77=−1≡3[4] : E=4k+3 avec k∈N. Donc 7E=(74)k73≡343≡3[10].