Accueil › 1BAC SM › Chapitre 1 — Notions de logique

Chapitre 1 — Notions de logique

Semestre 1

Chargement du PDF…

Cours

Plan du chapitre. I. Propositions, fonctions propositionnelles et quantificateurs — II. Négation d’une proposition — III. Opérations sur deux propositions — IV. Lois logiques — V. Raisonnements mathématiques (contre-exemple, direct, contraposée, équivalence, disjonction des cas, absurde, récurrence).

Notations. La négation d’une proposition PP est notée P‾\non{P} (lire « non PP »). V signifie « vrai » et F « faux ». R\R, Q\Q, D\D, Z\Z, N\N désignent les ensembles usuels de nombres ; N∗=N∖{0}\N^*=\N\setminus\{0\}.

I. Propositions, fonctions propositionnelles et quantificateurs

1. Proposition

Définition 1 : Proposition

On appelle proposition (ou assertion) tout énoncé mathématique qui a un sens et qui est soit vrai, soit faux, jamais les deux à la fois.

Remarque

  1. La valeur de vérité d’une proposition vraie est notée V (ou 1) ; celle d’une proposition fausse est notée F (ou 0).
  2. On note les propositions par des lettres majuscules : PP, QQ, RR, …
  3. Le tableau de vérité d’une proposition PP donne ses deux valeurs possibles :
PP
V
F

Exemple 1

Déterminer la valeur de vérité de chacune des propositions suivantes.

  • P1P_1 : « 36+64=100\sqrt{36}+\sqrt{64}=\sqrt{100} ».
  • P2P_2 : « −3-3 est un entier naturel ».
  • P3P_3 : « 74\dfrac{7}{4} est un nombre décimal ».
  • P4P_4 : « Tout losange est un parallélogramme ».
  • P5P_5 : « 9191 est un nombre premier ».
Voir la solution
  • 36+64=6+8=14\sqrt{36}+\sqrt{64}=6+8=14 et 100=10\sqrt{100}=10 ; or 14≠1014\neq 10, donc P1P_1 est fausse.
  • −3<0-3<0, donc −3∉N-3\notin\N : P2P_2 est fausse.
  • 74=1,75=175102\dfrac74=1{,}75=\dfrac{175}{10^2}, donc 74∈D\dfrac74\in\D : P3P_3 est vraie.
  • Un losange a ses côtés opposés parallèles : P4P_4 est vraie.
  • 91=7×1391=7\times 13 : P5P_5 est fausse.

2. Fonction propositionnelle

Définition 2 : Fonction propositionnelle

On appelle fonction propositionnelle tout énoncé contenant une ou plusieurs variables, chacune appartenant à un ensemble donné, et qui devient une proposition dès qu’on remplace chaque variable par un élément de son ensemble.

Selon le nombre de variables, on la note P(x)P(x), Q(x;y)Q(x;y), R(x;y;z)R(x;y;z), …

Exemple 2

Préciser si chacun des énoncés suivants est une proposition ou une fonction propositionnelle.

PP : « π<227\pi<\dfrac{22}{7} » ; Q\quad Q : « (5−2)(5+2)∈N(\sqrt5-\sqrt2)(\sqrt5+\sqrt2)\in\N » ; A(x)\quad A(x) : « x∈R, x2≥2xx\in\R,\ x^2\ge 2x » ;

RR : « 3∈Q\sqrt3\in\Q » ; C(n)\quad C(n) : « n∈N, n2+n+41n\in\N,\ n^2+n+41 est premier » ; D(n;m)\quad D(n;m) : « (n;m)∈N2, n+2m=7(n;m)\in\N^2,\ n+2m=7 ».

Voir la solution
  • PP, QQ et RR ne contiennent aucune variable : ce sont des propositions (PP est vraie car π≈3,1416<3,1428≈227\pi\approx 3{,}1416<3{,}1428\approx\frac{22}{7} ; QQ est vraie car (5−2)(5+2)=5−2=3(\sqrt5-\sqrt2)(\sqrt5+\sqrt2)=5-2=3 ; RR est fausse).
  • A(x)A(x), C(n)C(n) et D(n;m)D(n;m) contiennent des variables : ce sont des fonctions propositionnelles. Par exemple, A(3)A(3) : « 9≥69\ge 6 » est vraie et A(1)A(1) : « 1≥21\ge 2 » est fausse ; D(1;3)D(1;3) : « 1+6=71+6=7 » est vraie.

3. Les quantificateurs

Exemple 3 (activité)

  1. Résoudre dans R\R l’inéquation x2−2x−8<0x^2-2x-8<0.
  2. En déduire la valeur de vérité de : P1P_1 : « Pour tout xx de ]−1;3[]-1;3[, on a x2−2x−8<0x^2-2x-8<0 » ;  P2\ P_2 : « Il existe au moins un réel xx tel que x2−2x−8<0x^2-2x-8<0 » ;  P3\ P_3 : « Pour tout réel xx, x2−2x−8<0x^2-2x-8<0 » ;  P4\ P_4 : « Il existe un unique réel xx tel que x2−2x−8=0x^2-2x-8=0 ».
Voir la solution
  1. Pour tout x∈Rx\in\R : x2−2x−8=(x−4)(x+2)x^2-2x-8=(x-4)(x+2). Ce produit est strictement négatif si et seulement si ses facteurs sont de signes contraires, c’est-à-dire −2<x<4-2<x<4. Donc S= ]−2;4[S=\,]-2;4[.
  2. ]−1;3[ ⊂ ]−2;4[]-1;3[\,\subset\,]-2;4[, donc P1P_1 est vraie. 0∈ ]−2;4[0\in\,]-2;4[, donc P2P_2 est vraie. Pour x=5x=5 : 25−10−8=7≥025-10-8=7\ge 0, donc P3P_3 est fausse. L’équation (x−4)(x+2)=0(x-4)(x+2)=0 admet deux solutions −2-2 et 44, donc P4P_4 est fausse.

Définition 3 : Quantificateurs

  1. Le quantificateur universel, noté ∀\forall, se lit « pour tout » ou « quel que soit ».
  2. Le quantificateur existentiel, noté ∃\exists, se lit « il existe au moins un ».
  3. Le symbole ∃!\exists! se lit « il existe un unique ».
  4. Lorsque toutes les variables d’une fonction propositionnelle sont liées par des quantificateurs, on obtient une proposition.

Exemple 4

Lire puis donner la valeur de vérité de :  P:(∃!x∈R) x3=8\ P:(\exists!x\in\R)\ x^3=8 ;  Q:(∀x∈R) x2−4x+5>0\ Q:(\forall x\in\R)\ x^2-4x+5>0 ;  R:(∃x∈R) x2+2x+3=0\ R:(\exists x\in\R)\ x^2+2x+3=0 ;  S:(∀x∈R) 1≤x≤2\ S:(\forall x\in\R)\ 1\le x\le 2.

Voir la solution
  • PP : « il existe un unique réel dont le cube vaut 88 » : vraie (x=2x=2 est le seul, car pour x<2x<2, x3<8x^3<8 et pour x>2x>2, x3>8x^3>8).
  • QQ : pour tout x∈Rx\in\R, x2−4x+5=(x−2)2+1≥1>0x^2-4x+5=(x-2)^2+1\ge 1>0 : vraie.
  • RR : x2+2x+3=(x+1)2+2≥2>0x^2+2x+3=(x+1)^2+2\ge 2>0, l’équation n’a pas de solution réelle : fausse.
  • SS : pour x=0x=0, 1≤01\le 0 est faux : fausse.

Exemple 5

Écrire à l’aide des quantificateurs, puis donner la valeur de vérité :

  • PP : « L’équation x2−5x+6=0x^2-5x+6=0 admet au moins une solution réelle. »
  • QQ : « Le carré de tout entier relatif est un entier naturel. »
  • RR : « Certains réels ne sont pas des décimaux. »
  • SS : « L’équation 3x−2=03x-2=0 admet une unique solution réelle. »
  • TT : « Pour tous entiers naturels nn et mm, on a n=m+1n=m+1. »
  • UU : « Pour tout réel xx, il existe un réel yy tel que y<xy<x. »
  • VV : « Il existe un réel yy tel que, pour tout réel xx, y<xy<x. »
Voir la solution
  • P:(∃x∈R) x2−5x+6=0P:(\exists x\in\R)\ x^2-5x+6=0 : vraie (x=2x=2).
  • Q:(∀n∈Z) n2∈NQ:(\forall n\in\Z)\ n^2\in\N : vraie.
  • R:(∃x∈R) x∉DR:(\exists x\in\R)\ x\notin\D : vraie (13∉D\frac13\notin\D).
  • S:(∃!x∈R) 3x−2=0S:(\exists! x\in\R)\ 3x-2=0 : vraie (3x−2=0  ⟺  x=233x-2=0\iff x=\frac23).
  • T:(∀n∈N)(∀m∈N) n=m+1T:(\forall n\in\N)(\forall m\in\N)\ n=m+1 : fausse (n=m=0n=m=0).
  • U:(∀x∈R)(∃y∈R) y<xU:(\forall x\in\R)(\exists y\in\R)\ y<x : vraie (on prend y=x−1y=x-1, qui dépend de xx).
  • V:(∃y∈R)(∀x∈R) y<xV:(\exists y\in\R)(\forall x\in\R)\ y<x : fausse (pour x=yx=y, on aurait y<yy<y).

Remarque

  1. On peut permuter deux quantificateurs consécutifs de même nature : (∀x)(∀y)  ⟺  (∀y)(∀x)(\forall x)(\forall y)\iff(\forall y)(\forall x) et (∃x)(∃y)  ⟺  (∃y)(∃x)(\exists x)(\exists y)\iff(\exists y)(\exists x).
  2. En général, on ne peut pas permuter deux quantificateurs de natures différentes sans changer le sens (comparer UU et VV ci-dessus).
  3. Dans (∃x∈E)(∀y∈F) P(x;y)(\exists x\in E)(\forall y\in F)\ P(x;y), le même xx convient pour tous les yy : xx ne dépend pas de yy. Dans (∀y∈F)(∃x∈E) P(x;y)(\forall y\in F)(\exists x\in E)\ P(x;y), xx est choisi après yy et peut en dépendre. Illustration : « chaque élève de la classe a une place assise » ne signifie pas « il existe une place sur laquelle sont assis tous les élèves ».
  4. On admet (et on démontrera au paragraphe V) que 2∉Q\sqrt2\notin\Q.
  5. Tout rationnel s’écrit ab\frac ab avec PGCD⁡(a;b)=1\pgcd(a;b)=1 : x∈Q  ⟺  (∃(a;b)∈Z×N∗) (x=ab  et  PGCD⁡(a;b)=1)x\in\Q\iff(\exists(a;b)\in\Z\times\N^*)\ \Big(x=\dfrac ab\ \text{ et }\ \pgcd(a;b)=1\Big).

Exemple 6

Valeur de vérité de : P1:(∃!x∈R) x2=9P_1:(\exists!x\in\R)\ x^2=9 ; P2:(∀x∈R) x2−x+1>0P_2:(\forall x\in\R)\ x^2-x+1>0 ; P3:(∃n∈N) 2n+1=0P_3:(\exists n\in\N)\ 2n+1=0 ; P4:(∀x∈R) x2=xP_4:(\forall x\in\R)\ \sqrt{x^2}=x ; P5:(∃n∈N)(∃m∈N) n−m=5P_5:(\exists n\in\N)(\exists m\in\N)\ n-m=5 ; P6:(∀n∈N)(∀m∈N) n−m=5P_6:(\forall n\in\N)(\forall m\in\N)\ n-m=5 ; P7:(∀n∈N)(∃m∈N) n+m=5P_7:(\forall n\in\N)(\exists m\in\N)\ n+m=5 ; P8:(∃n∈N)(∀m∈N) n≤mP_8:(\exists n\in\N)(\forall m\in\N)\ n\le m.

Voir la solution

P1P_1 fausse (33 et −3-3) ; P2P_2 vraie (x2−x+1=(x−12)2+34>0x^2-x+1=(x-\frac12)^2+\frac34>0) ; P3P_3 fausse (2n+1≥12n+1\ge 1) ; P4P_4 fausse ((−2)2=2≠−2\sqrt{(-2)^2}=2\neq-2) ; P5P_5 vraie (n=5n=5, m=0m=0) ; P6P_6 fausse (n=m=0n=m=0) ; P7P_7 fausse (pour n=6n=6, m=−1∉Nm=-1\notin\N) ; P8P_8 vraie (n=0n=0 convient pour tout m∈Nm\in\N).

Application 1

Écrire à l’aide de quantificateurs : (a) « Tout réel positif est le carré d’un réel » ; (b) « Il existe un entier naturel pair et premier » ; (c) « Le produit de deux réels non nuls est non nul ».

Voir la solution

(a) (∀x∈R+)(∃y∈R) x=y2(\forall x\in\R_+)(\exists y\in\R)\ x=y^2 (vraie : y=xy=\sqrt x). (b) (∃n∈N) (n pair et n premier)(\exists n\in\N)\ (n \text{ pair et } n \text{ premier}) (vraie : n=2n=2). (c) (∀(a;b)∈(R∗)2) ab≠0(\forall (a;b)\in(\R^*)^2)\ ab\neq 0 (vraie).

II. Négation d’une proposition

Définition 4 : Négation

La négation d’une proposition PP est la proposition notée P‾\non{P}, qui est vraie lorsque PP est fausse et fausse lorsque PP est vraie.

PPP‾\non{P}
VF
FV

Propriété

Négation des symboles usuels :

Symbole∀\forall∃\exists==∈\in≤\le≥\ge<<>>etou
Négation∃\exists∀\forall≠\neq∉\notin>><<≥\ge≤\leouet

Négation d’une proposition quantifiée. Soit P(x)P(x) une fonction propositionnelle, xx appartenant à un ensemble non vide EE : (∀x∈E) P(x)‾  est  (∃x∈E) P(x)‾et(∃x∈E) P(x)‾  est  (∀x∈E) P(x)‾.\overline{(\forall x\in E)\ P(x)}\ \text{ est }\ (\exists x\in E)\ \overline{P(x)}\qquad\text{et}\qquad\overline{(\exists x\in E)\ P(x)}\ \text{ est }\ (\forall x\in E)\ \overline{P(x)}. L’ensemble EE ne change pas ; seuls le quantificateur et la propriété sont niés.

Exemple 7

Écrire la négation et donner la valeur de vérité : P1P_1 : 9+16=7\sqrt{9+16}=7 ; P2P_2 : π<3,15\pi<3{,}15 ; P3P_3 : 7∈[2;3]\sqrt7\in[2;3] ; P4:(∃x∈R) x2=49P_4:(\exists x\in\R)\ x^2=49 ; P5:(∀x∈R) x3≥xP_5:(\forall x\in\R)\ x^3\ge x.

Voir la solution
  • P1‾\non{P_1} : 9+16≠7\sqrt{9+16}\neq 7 ; vraie car 25=5\sqrt{25}=5. Donc P1P_1 est fausse.
  • P2‾\non{P_2} : π≥3,15\pi\ge 3{,}15 ; P2P_2 est vraie (π≈3,1416\pi\approx3{,}1416), donc P2‾\non{P_2} est fausse.
  • P3‾\non{P_3} : 7∉[2;3]\sqrt7\notin[2;3] ; comme 4≤7≤94\le 7\le 9, 2≤7≤32\le\sqrt7\le 3 : P3P_3 vraie.
  • P4‾:(∀x∈R) x2≠49\non{P_4}:(\forall x\in\R)\ x^2\neq 49 ; P4P_4 est vraie (x=7x=7), P4‾\non{P_4} fausse.
  • P5‾:(∃x∈R) x3<x\non{P_5}:(\exists x\in\R)\ x^3<x ; pour x=12x=\frac12 : 18<12\frac18<\frac12, donc P5‾\non{P_5} est vraie et P5P_5 est fausse.

Exemple 8

Valeur de vérité et négation de : P1:(∀n∈N)(∃m∈N) m=3nP_1:(\forall n\in\N)(\exists m\in\N)\ m=3n ; P2:(∀n∈N)(∃m∈N) n=3mP_2:(\forall n\in\N)(\exists m\in\N)\ n=3m ; P3:(∀x∈R+)(∃y∈R+) y2=xP_3:(\forall x\in\R_+)(\exists y\in\R_+)\ y^2=x ; P4:(∃n∈N)(∀m∈N) m≥nP_4:(\exists n\in\N)(\forall m\in\N)\ m\ge n.

Voir la solution
  • P1‾:(∃n∈N)(∀m∈N) m≠3n\non{P_1}:(\exists n\in\N)(\forall m\in\N)\ m\neq 3n. P1P_1 est vraie : pour n∈Nn\in\N, m=3n∈Nm=3n\in\N convient.
  • P2‾:(∃n∈N)(∀m∈N) n≠3m\non{P_2}:(\exists n\in\N)(\forall m\in\N)\ n\neq 3m. Pour n=1n=1 : 3m=1  ⟺  m=13∉N3m=1\iff m=\frac13\notin\N, donc P2‾\non{P_2} est vraie et P2P_2 fausse.
  • P3‾:(∃x∈R+)(∀y∈R+) y2≠x\non{P_3}:(\exists x\in\R_+)(\forall y\in\R_+)\ y^2\neq x. P3P_3 est vraie (y=xy=\sqrt x).
  • P4‾:(∀n∈N)(∃m∈N) m<n\non{P_4}:(\forall n\in\N)(\exists m\in\N)\ m<n. P4P_4 est vraie (n=0n=0) ; d’ailleurs P4‾\non{P_4} est fausse pour n=0n=0.

Application 2

Écrire la négation de : AA : « Tous les élèves de la classe ont la moyenne » ; B:(∀x∈R)(∃n∈N) n>xB:(\forall x\in\R)(\exists n\in\N)\ n>x ; C:(∃M∈R)(∀n∈N) n≤MC:(\exists M\in\R)(\forall n\in\N)\ n\le M. Préciser la valeur de vérité de BB et CC.

Voir la solution

A‾\non{A} : « Au moins un élève de la classe n’a pas la moyenne ». B‾:(∃x∈R)(∀n∈N) n≤x\non{B}:(\exists x\in\R)(\forall n\in\N)\ n\le x ; BB est vraie (tout réel est strictement inférieur à au moins un entier naturel : propriété admise, dite d’Archimède). C‾:(∀M∈R)(∃n∈N) n>M\non{C}:(\forall M\in\R)(\exists n\in\N)\ n>M ; c’est exactement BB (à la lettre près), donc C‾\non{C} est vraie et CC est fausse.

III. Opérations sur deux propositions

Définition 5 : Connecteurs logiques

Soient PP et QQ deux propositions.

  1. La conjonction « PP et QQ » (notée aussi P∧QP\wedge Q) est vraie si et seulement si PP et QQ sont toutes deux vraies.
  2. La disjonction « PP ou QQ » (notée aussi P∨QP\vee Q) est vraie si et seulement si au moins l’une des deux est vraie (« ou » inclusif).
  3. L’implication P⟹QP\Longrightarrow Q est la proposition « P‾\non{P} ou QQ ». Elle est fausse uniquement lorsque PP est vraie et QQ fausse.
  4. L’équivalence P  ⟺  QP\iff Q est vraie si et seulement si PP et QQ ont la même valeur de vérité.
PPQQPP et QQPP ou QQP⟹QP\Longrightarrow QP  ⟺  QP\iff Q
VVVVVV
VFFVFF
FVFVVF
FFFFVV

Exemple 9

Déterminer la valeur de vérité de : (1) « 3<83<8 et 12=612=6 » ; (2) « 3<83<8 ou 12=612=6 » ; (3) « 2∈Q⟹2>5\sqrt2\in\Q\Longrightarrow 2>5 » ; (4) « 2=3⟹5=72=3\Longrightarrow 5=7 » ; (5) « 77 est premier ⟹(∀x∈R) x2+1>0\Longrightarrow(\forall x\in\R)\ x^2+1>0 » ; (6) « ∣−6∣=6  ⟺  2≥9|-6|=6\iff 2\ge 9 » ; (7) « (5)2+4=9  ⟺  18=2×32(\sqrt5)^2+4=9\iff 18=2\times 3^2 ».

Voir la solution

(1) F (car « 12=612=6 » est fausse) ; (2) V ; (3) V (la prémisse est fausse) ; (4) V (F ⟹\Longrightarrow F est vraie) ; (5) V (V ⟹\Longrightarrow V) ; (6) F (V et F) ; (7) V (les deux sont vraies : 5+4=95+4=9 et 2×9=182\times9=18).

Remarque

  1. P⟹QP\Longrightarrow Q se lit : « PP implique QQ », « si PP alors QQ », « PP est une condition suffisante pour QQ », « QQ est une condition nécessaire pour PP ».
  2. P⟹QP\Longrightarrow Q et Q⟹PQ\Longrightarrow P n’ont pas la même table (ligne 2 et ligne 3) : l’implication n’est pas commutative.
  3. Q⟹PQ\Longrightarrow P s’appelle l’implication réciproque de P⟹QP\Longrightarrow Q.
  4. P  ⟺  QP\iff Q se lit « PP équivaut à QQ », « PP si et seulement si QQ » ; elle signifie « P⟹QP\Longrightarrow Q et Q⟹PQ\Longrightarrow P ». L’équivalence est commutative.

Exemple 10

Valeur de vérité de : (1) « (∃x∈R) x−3=0(\exists x\in\R)\ x-3=0 et (∃x∈R) x+5=0(\exists x\in\R)\ x+5=0 » ; (2) « (∃x∈R) (x−3=0(\exists x\in\R)\ (x-3=0 et x+5=0)x+5=0) » ; (3) « (∀x∈R) x≥1(\forall x\in\R)\ x\ge 1 ou (∀x∈R) x<1(\forall x\in\R)\ x<1 » ; (4) « (∀x∈R) (x≥1(\forall x\in\R)\ (x\ge 1 ou x<1)x<1) ».

Voir la solution

(1) V (x=3x=3 pour la première, x=−5x=-5 pour la seconde). (2) F (un même réel ne peut valoir 33 et −5-5). (3) F (les deux propositions sont fausses : x=0x=0, puis x=2x=2). (4) V (tout réel vérifie l’une des deux inégalités).

Remarque

  1. Deux propositions sont dites équivalentes si elles ont la même valeur de vérité.
  2. « et » et « ou » sont commutatifs et associatifs : (P et Q)  ⟺  (Q et P)(P\text{ et }Q)\iff(Q\text{ et }P), [(P ou Q) ou R]  ⟺  [P ou (Q ou R)]\big[(P\text{ ou }Q)\text{ ou }R\big]\iff\big[P\text{ ou }(Q\text{ ou }R)\big], etc.
  3. Pour deux fonctions propositionnelles P(x)P(x) et Q(x)Q(x) sur EE non vide :
    • (∀x∈E) (P(x) et Q(x))  ⟺  [(∀x∈E) P(x)] et [(∀x∈E) Q(x)](\forall x\in E)\ \big(P(x)\text{ et }Q(x)\big)\iff\big[(\forall x\in E)\ P(x)\big]\text{ et }\big[(\forall x\in E)\ Q(x)\big] ;
    • (∃x∈E) (P(x) ou Q(x))  ⟺  [(∃x∈E) P(x)] ou [(∃x∈E) Q(x)](\exists x\in E)\ \big(P(x)\text{ ou }Q(x)\big)\iff\big[(\exists x\in E)\ P(x)\big]\text{ ou }\big[(\exists x\in E)\ Q(x)\big] ;
    • mais « ∀\forall / ou » et « ∃\exists / et » ne se distribuent pas en général (exemple 10).

IV. Lois logiques

Exemple 11 (activité)

Compléter le tableau de vérité de la proposition (P et Q)⟹P(P\text{ et }Q)\Longrightarrow P.

Voir la solution
PPQQPP et QQ(P(P et Q)⟹PQ)\Longrightarrow P
VVVV
VFFV
FVFV
FFFV

La proposition est vraie dans tous les cas.

Définition 6 : Loi logique

Une loi logique (ou tautologie) est une proposition composée à l’aide de connecteurs logiques qui est vraie quelles que soient les valeurs de vérité des propositions qui la composent.

Méthode

Pour montrer qu’une proposition est une loi logique, il suffit de dresser son tableau de vérité et de constater que sa dernière colonne ne contient que des V. On peut aussi utiliser des lois logiques déjà établies.

Exemple 12

Montrer que les propositions suivantes sont des lois logiques : (1) (P et P‾)⟹Q(P\text{ et }\non{P})\Longrightarrow Q ; (2) [P et (Q ou R)]  ⟺  [(P et Q) ou (P et R)]\big[P\text{ et }(Q\text{ ou }R)\big]\iff\big[(P\text{ et }Q)\text{ ou }(P\text{ et }R)\big].

Voir la solution

(1) « PP et P‾\non{P} » est toujours fausse (si PP est V, P‾\non{P} est F et inversement), donc l’implication « F ⟹Q\Longrightarrow Q » est toujours vraie : c’est une loi logique.

(2) Notons LL le membre de gauche et MM celui de droite :

PPQQRRQQ ou RRLLPP et QQPP et RRMML  ⟺  ML\iff M
VVVVVVVVV
VVFVVVFVV
VFVVVFVVV
VFFFFFFFV
FVVVFFFFV
FVFVFFFFV
FFVVFFFFV
FFFFFFFFV

Les colonnes LL et MM sont identiques, donc L  ⟺  ML\iff M est toujours vraie : c’est une loi logique.

Propriété : négation des connecteurs

Quelles que soient les propositions PP et QQ, les propositions suivantes sont des lois logiques :

  • Lois de Morgan :  P et Q‾  ⟺  (P‾ ou Q‾) \ \overline{P\text{ et }Q}\iff(\non{P}\text{ ou }\non{Q})\ et  P ou Q‾  ⟺  (P‾ et Q‾)\ \overline{P\text{ ou }Q}\iff(\non{P}\text{ et }\non{Q}).
  • Négation de l’implication :  P⟹Q‾  ⟺  (P et Q‾)\ \overline{P\Longrightarrow Q}\iff(P\text{ et }\non{Q}).
  • Négation de l’équivalence :  P  ⟺  Q‾  ⟺  (P‾  ⟺  Q)  ⟺  (P  ⟺  Q‾)  ⟺  [(P et Q‾) ou (P‾ et Q)]\ \overline{P\iff Q}\iff(\non{P}\iff Q)\iff(P\iff\non{Q})\iff\big[(P\text{ et }\non{Q})\text{ ou }(\non{P}\text{ et }Q)\big].
Voir la solution

Justification de la négation de l’implication. Par définition P⟹QP\Longrightarrow Q est « P‾\non{P} ou QQ » ; d’après Morgan, sa négation est « P‾‾\overline{\non{P}} et Q‾\non{Q} », c’est-à-dire « PP et Q‾\non{Q} » (car P‾‾  ⟺  P\overline{\non{P}}\iff P).

Exemple 13

Soient a,b,c,x∈Ra,b,c,x\in\R. Écrire la négation de :
PP : « x≥3⟹x<7x\ge 3\Longrightarrow x<7 » ;
QQ : « a=ba=b ou a=ca=c » ;
RR : « x∈Z  ⟺  x2∈Zx\in\Z\iff x^2\in\Z » ;
SS : « a≤ba\le b et b≤cb\le c ».

Voir la solution

P‾\non{P} : « x≥3x\ge 3 et x≥7x\ge 7 » ; Q‾\non{Q} : « a≠ba\neq b et a≠ca\neq c » ; R‾\non{R} : « (x∈Z(x\in\Z et x2∉Z)x^2\notin\Z) ou (x∉Z(x\notin\Z et x2∈Z)x^2\in\Z) » ; S‾\non{S} : « a>ba>b ou b>cb>c ».

Remarque : négation de ∃!\exists!

(∃!x∈E) P(x)(\exists!x\in E)\ P(x) signifie : [(∃x∈E) P(x)]\big[(\exists x\in E)\ P(x)\big] et [(∀(x;y)∈E2) (P(x) et P(y))⟹x=y]\big[(\forall (x;y)\in E^2)\ (P(x)\text{ et }P(y))\Longrightarrow x=y\big]. Sa négation est donc : [(∀x∈E) P(x)‾]  ou  [(∃(x;y)∈E2) P(x) et P(y) et x≠y]\big[(\forall x\in E)\ \overline{P(x)}\big]\ \text{ ou }\ \big[(\exists (x;y)\in E^2)\ P(x)\text{ et }P(y)\text{ et }x\neq y\big] (« aucun élément ne convient, ou au moins deux éléments distincts conviennent »).

Propriété : lois logiques usuelles

Pour toutes propositions PP, QQ, RR :

  1. P‾‾  ⟺  P\overline{\non{P}}\iff P ;  (P ou P‾)\ (P\text{ ou }\non{P}) (tiers exclu) ;  (P⟹Q)  ⟺  (P‾ ou Q)\ (P\Longrightarrow Q)\iff(\non{P}\text{ ou }Q) ;  (P  ⟺  Q)  ⟺  [(P⟹Q) et (Q⟹P)]\ (P\iff Q)\iff\big[(P\Longrightarrow Q)\text{ et }(Q\Longrightarrow P)\big] ;  (P  ⟺  Q)  ⟺  (P‾  ⟺  Q‾)\ (P\iff Q)\iff(\non{P}\iff\non{Q}).
  2. Commutativité : (P et Q)  ⟺  (Q et P)(P\text{ et }Q)\iff(Q\text{ et }P) ; (P ou Q)  ⟺  (Q ou P)(P\text{ ou }Q)\iff(Q\text{ ou }P) ; (P  ⟺  Q)  ⟺  (Q  ⟺  P)(P\iff Q)\iff(Q\iff P).
  3. Associativité : [(P et Q) et R]  ⟺  [P et (Q et R)]\big[(P\text{ et }Q)\text{ et }R\big]\iff\big[P\text{ et }(Q\text{ et }R)\big] ; [(P ou Q) ou R]  ⟺  [P ou (Q ou R)]\big[(P\text{ ou }Q)\text{ ou }R\big]\iff\big[P\text{ ou }(Q\text{ ou }R)\big].
  4. Distributivité : [P et (Q ou R)]  ⟺  [(P et Q) ou (P et R)]\big[P\text{ et }(Q\text{ ou }R)\big]\iff\big[(P\text{ et }Q)\text{ ou }(P\text{ et }R)\big] ; [P ou (Q et R)]  ⟺  [(P ou Q) et (P ou R)]\big[P\text{ ou }(Q\text{ et }R)\big]\iff\big[(P\text{ ou }Q)\text{ et }(P\text{ ou }R)\big].
  5. Transitivité : [(P⟹Q) et (Q⟹R)]⟹(P⟹R)\big[(P\Longrightarrow Q)\text{ et }(Q\Longrightarrow R)\big]\Longrightarrow(P\Longrightarrow R).

Application 3

  1. Montrer, par un tableau de vérité, que [(P⟹Q) et (Q⟹R)]⟹(P⟹R)\big[(P\Longrightarrow Q)\text{ et }(Q\Longrightarrow R)\big]\Longrightarrow(P\Longrightarrow R) est une loi logique.
  2. Sans tableau, montrer que (P⟹Q)  ⟺  (Q‾⟹P‾)(P\Longrightarrow Q)\iff(\non{Q}\Longrightarrow\non{P}) est une loi logique.
Voir la solution
  1. Notons TT : « (P⇒Q)(P\Rightarrow Q) et (Q⇒R)(Q\Rightarrow R) ».
PPQQRRP⇒QP\Rightarrow QQ⇒RQ\Rightarrow RTTP⇒RP\Rightarrow RT⇒(P⇒R)T\Rightarrow(P\Rightarrow R)
VVVVVVVV
VVFVFFFV
VFVFVFVV
VFFFVFFV
FVVVVVVV
FVFVFFVV
FFVVVVVV
FFFVVVVV

La dernière colonne ne contient que des V : c’est une loi logique.

  1. (Q‾⟹P‾)  ⟺  (Q‾‾ ou P‾)  ⟺  (Q ou P‾)  ⟺  (P‾ ou Q)  ⟺  (P⟹Q)(\non{Q}\Longrightarrow\non{P})\iff(\overline{\non{Q}}\text{ ou }\non{P})\iff(Q\text{ ou }\non{P})\iff(\non{P}\text{ ou }Q)\iff(P\Longrightarrow Q), en utilisant successivement la définition de l’implication, Q‾‾  ⟺  Q\overline{\non{Q}}\iff Q, la commutativité de « ou » et de nouveau la définition. Chaque étape étant une loi logique, l’équivalence est une loi logique.

V. Raisonnements mathématiques

Chaque type de raisonnement repose sur une loi logique : c’est elle qui garantit que la démonstration est correcte.

1. Raisonnement par contre-exemple

Loi logique (contre-exemple)

(∀x∈E) P(x)‾  ⟺  (∃x∈E) P(x)‾\overline{(\forall x\in E)\ P(x)}\iff(\exists x\in E)\ \overline{P(x)} Pour montrer qu’une proposition de la forme (∀x∈E) P(x)(\forall x\in E)\ P(x) est fausse, il suffit d’exhiber un élément x0∈Ex_0\in E tel que P(x0)P(x_0) soit fausse. x0x_0 s’appelle un contre-exemple.

Exemple 14

Montrer que les propositions suivantes sont fausses : (1) (∀x∈R) x2−3x+2=0(\forall x\in\R)\ x^2-3x+2=0 ; (2) (∀(x;y)∈R2) 2x−y=1(\forall(x;y)\in\R^2)\ 2x-y=1 ; (3) (∀n∈N) n2+n+11(\forall n\in\N)\ n^2+n+11 est premier ; (4) (∀x∈R)(∃y∈R) 2xy1+y2>1(\forall x\in\R)(\exists y\in\R)\ \dfrac{2xy}{1+y^2}>1.

Voir la solution

(1) Pour x=0x=0 : 0−0+2=2≠00-0+2=2\neq 0. (2) Pour (x;y)=(0;0)(x;y)=(0;0) : 0≠10\neq 1. (3) Pour n=10n=10 : 100+10+11=121=112100+10+11=121=11^2, qui n’est pas premier. (4) La négation est (∃x∈R)(∀y∈R) 2xy1+y2≤1(\exists x\in\R)(\forall y\in\R)\ \frac{2xy}{1+y^2}\le 1 ; pour x=0x=0, 01+y2=0≤1\frac{0}{1+y^2}=0\le1 pour tout y∈Ry\in\R : la négation est vraie, donc la proposition est fausse.

Application 4

Montrer que les propositions suivantes sont fausses : A:(∀(a;b)∈R2) a2+b2=a+bA:(\forall (a;b)\in\R^2)\ \sqrt{a^2+b^2}=a+b ; B:(∀x∈R) ∣x−1∣=x−1B:(\forall x\in\R)\ |x-1|=x-1.

Voir la solution

AA : pour (a;b)=(1;1)(a;b)=(1;1), 2≠2\sqrt2\neq 2. BB : pour x=0x=0, ∣0−1∣=1≠−1|0-1|=1\neq-1.

2. Raisonnement direct (déductif)

Loi logique (raisonnement direct)

[(P⟹R) et (R⟹Q)]⟹(P⟹Q)\big[(P\Longrightarrow R)\text{ et }(R\Longrightarrow Q)\big]\Longrightarrow(P\Longrightarrow Q) Pour démontrer P⟹QP\Longrightarrow Q, on suppose PP vraie et, par une chaîne d’implications P⟹R1⟹R2⟹⋯⟹QP\Longrightarrow R_1\Longrightarrow R_2\Longrightarrow\cdots\Longrightarrow Q justifiées par des propriétés connues, on établit que QQ est vraie.

Exemple 15

  1. Montrer que (∀x∈R)  ∣x−1∣≤2⟹∣2x+3∣≤9(\forall x\in\R)\ \ |x-1|\le 2\Longrightarrow|2x+3|\le 9.
  2. Montrer que (∀(a;b)∈(R+∗)2)  ab+ba≥2(\forall (a;b)\in(\R_+^*)^2)\ \ \dfrac ab+\dfrac ba\ge 2.
Voir la solution
  1. Soit x∈Rx\in\R tel que ∣x−1∣≤2|x-1|\le 2. Alors −2≤x−1≤2-2\le x-1\le 2, donc −1≤x≤3-1\le x\le 3, donc −2≤2x≤6-2\le 2x\le 6, donc 1≤2x+3≤91\le 2x+3\le 9. Ainsi −9≤2x+3≤9-9\le 2x+3\le 9, c’est-à-dire ∣2x+3∣≤9|2x+3|\le 9.
  2. Soient a>0a>0 et b>0b>0. On a ab+ba−2=a2+b2−2abab=(a−b)2ab\dfrac ab+\dfrac ba-2=\dfrac{a^2+b^2-2ab}{ab}=\dfrac{(a-b)^2}{ab}. Or (a−b)2≥0(a-b)^2\ge0 et ab>0ab>0, donc ab+ba−2≥0\dfrac ab+\dfrac ba-2\ge 0.

Application 5

Montrer que (∀x∈R)  x≥2⟹x2−x−2≥0(\forall x\in\R)\ \ x\ge 2\Longrightarrow x^2-x-2\ge 0.

Voir la solution

Soit x≥2x\ge 2. On a x2−x−2=(x−2)(x+1)x^2-x-2=(x-2)(x+1) ; or x−2≥0x-2\ge 0 et x+1≥3>0x+1\ge 3>0, donc le produit est positif : x2−x−2≥0x^2-x-2\ge 0.

3. Raisonnement par contraposée

Loi logique (contraposée)

(P⟹Q)  ⟺  (Q‾⟹P‾)(P\Longrightarrow Q)\iff(\non{Q}\Longrightarrow\non{P}) Pour démontrer P⟹QP\Longrightarrow Q, on peut démontrer sa contraposée Q‾⟹P‾\non{Q}\Longrightarrow\non{P} : c’est le raisonnement par contraposée. Il est particulièrement adapté lorsque PP et QQ contiennent le symbole ≠\neq.

Exemple 16

  1. Soit n∈Nn\in\N. Montrer que si n2n^2 est impair, alors nn est impair.
  2. Soient x,y∈Rx,y\in\R. Montrer que (x≠y(x\neq y et x+y≠3)⟹x2−3x≠y2−3yx+y\neq 3)\Longrightarrow x^2-3x\neq y^2-3y.
  3. Soit x∈R∖{−1}x\in\R\setminus\{-1\}. Montrer que x≠1⟹2xx+1≠1x\neq 1\Longrightarrow\dfrac{2x}{x+1}\neq 1.
Voir la solution
  1. Contraposée : « nn pair ⟹n2\Longrightarrow n^2 pair ». Si nn est pair, il existe k∈Nk\in\N tel que n=2kn=2k, donc n2=4k2=2(2k2)n^2=4k^2=2(2k^2) avec 2k2∈N2k^2\in\N : n2n^2 est pair.
  2. Contraposée : x2−3x=y2−3y⟹(x=yx^2-3x=y^2-3y\Longrightarrow(x=y ou x+y=3)x+y=3). Supposons x2−3x=y2−3yx^2-3x=y^2-3y. Alors x2−y2−3(x−y)=0x^2-y^2-3(x-y)=0, soit (x−y)(x+y−3)=0(x-y)(x+y-3)=0, donc x−y=0x-y=0 ou x+y−3=0x+y-3=0, c’est-à-dire x=yx=y ou x+y=3x+y=3.
  3. Contraposée : 2xx+1=1⟹x=1\dfrac{2x}{x+1}=1\Longrightarrow x=1. Si 2xx+1=1\dfrac{2x}{x+1}=1, comme x+1≠0x+1\neq 0, on a 2x=x+12x=x+1, donc x=1x=1.

Remarque

Il ne faut pas confondre, pour l’implication P⟹QP\Longrightarrow Q :

NégationRéciproqueContraposée
PP et Q‾\non{Q}Q⟹PQ\Longrightarrow PQ‾⟹P‾\non{Q}\Longrightarrow\non{P}

Seule la contraposée est équivalente à l’implication de départ. Conséquence de l’exemple 16 : pour tout n∈Nn\in\N, n2n^2 pair ⟹n\Longrightarrow n pair (contraposée de « nn impair ⟹n2\Longrightarrow n^2 impair »), donc nn et n2n^2 ont la même parité.

Application 6

Soient a,b∈R+a,b\in\R_+. Montrer que a≠b⟹a1+a≠b1+ba\neq b\Longrightarrow\dfrac{a}{1+a}\neq\dfrac{b}{1+b}.

Voir la solution

Contraposée : a1+a=b1+b⟹a=b\dfrac{a}{1+a}=\dfrac{b}{1+b}\Longrightarrow a=b. Si a1+a=b1+b\frac{a}{1+a}=\frac{b}{1+b}, comme 1+a>01+a>0 et 1+b>01+b>0, on obtient a(1+b)=b(1+a)a(1+b)=b(1+a), soit a+ab=b+aba+ab=b+ab, donc a=ba=b.

4. Raisonnement par équivalences successives

Loi logique (équivalences successives)

[(P  ⟺  R) et (R  ⟺  Q)]⟹(P  ⟺  Q)\big[(P\iff R)\text{ et }(R\iff Q)\big]\Longrightarrow(P\iff Q) Pour démontrer P  ⟺  QP\iff Q, on écrit P  ⟺  R1  ⟺  R2  ⟺  ⋯  ⟺  QP\iff R_1\iff R_2\iff\cdots\iff Q, chaque équivalence étant justifiée dans les deux sens. Pour démontrer qu’une proposition PP est vraie, il suffit de trouver une proposition QQ vraie telle que P  ⟺  QP\iff Q.

Attention

On n’écrit   ⟺  \iff que si l’étape est réversible. Exemples : multiplier par un nombre non nul, ajouter un même nombre, passer à l’inverse de deux nombres de même signe strict, élever au carré deux nombres positifs. Sinon, on écrit ⟹\Longrightarrow.

Exemple 17

  1. Montrer que (∀x∈R)  ∣x−2∣<13  ⟺  310<1x+1<38(\forall x\in\R)\ \ |x-2|<\dfrac13\iff\dfrac{3}{10}<\dfrac{1}{x+1}<\dfrac38.
  2. Montrer que (∀x∈R+)  x+1≤1+x2(\forall x\in\R_+)\ \ \sqrt{x+1}\le 1+\dfrac x2.
Voir la solution
  1. Soit x∈Rx\in\R. ∣x−2∣<13  ⟺  53<x<73  ⟺  83<x+1<103|x-2|<\frac13\iff\frac53<x<\frac73\iff\frac83<x+1<\frac{10}{3}. Les trois membres étant strictement positifs, le passage à l’inverse est réversible et renverse l’ordre : 83<x+1<103  ⟺  310<1x+1<38\frac83<x+1<\frac{10}3\iff\frac{3}{10}<\frac1{x+1}<\frac38.
  2. Soit x≥0x\ge 0. Les nombres x+1\sqrt{x+1} et 1+x21+\frac x2 sont positifs, donc x+1≤1+x2  ⟺  x+1≤(1+x2)2  ⟺  x+1≤1+x+x24  ⟺  0≤x24\sqrt{x+1}\le1+\frac x2\iff x+1\le\left(1+\frac x2\right)^2\iff x+1\le 1+x+\frac{x^2}4\iff 0\le\frac{x^2}{4}. La dernière proposition est vraie, donc la première l’est aussi.

Remarque : raisonnement par double implication

(P  ⟺  Q)  ⟺  [(P⟹Q) et (Q⟹P)](P\iff Q)\iff\big[(P\Longrightarrow Q)\text{ et }(Q\Longrightarrow P)\big] Pour démontrer P  ⟺  QP\iff Q, on peut démontrer séparément P⟹QP\Longrightarrow Q puis Q⟹PQ\Longrightarrow P.

Exemple 18

  1. Montrer que (∀(x;y)∈R2)  (x−1)2+∣y+2∣=0  ⟺  (x=1 et y=−2)(\forall(x;y)\in\R^2)\ \ (x-1)^2+|y+2|=0\iff(x=1\text{ et }y=-2).
  2. Montrer que pour tous x∈[2;+∞[x\in[2;+\infty[ et y∈[1;+∞[y\in[1;+\infty[ :  x+y+2=2x−2+4y−1  ⟺  (x=3 et y=5)\ x+y+2=2\sqrt{x-2}+4\sqrt{y-1}\iff(x=3\text{ et }y=5).
Voir la solution
  1. (⟸\Longleftarrow) Si x=1x=1 et y=−2y=-2 : 0+0=00+0=0. (⟹\Longrightarrow) Si (x−1)2+∣y+2∣=0(x-1)^2+|y+2|=0 : comme (x−1)2≥0(x-1)^2\ge0 et ∣y+2∣≥0|y+2|\ge 0, on a 0≤(x−1)2=−∣y+2∣≤00\le(x-1)^2=-|y+2|\le 0, donc (x−1)2=0(x-1)^2=0, puis ∣y+2∣=0|y+2|=0 ; d’où x=1x=1 et y=−2y=-2.
  2. Pour x≥2x\ge2, y≥1y\ge1 : (x−2−1)2+(y−1−2)2=(x−1−2x−2)+(y+3−4y−1)=x+y+2−2x−2−4y−1\big(\sqrt{x-2}-1\big)^2+\big(\sqrt{y-1}-2\big)^2=(x-1-2\sqrt{x-2})+(y+3-4\sqrt{y-1})=x+y+2-2\sqrt{x-2}-4\sqrt{y-1}. (⟹\Longrightarrow) Si x+y+2=2x−2+4y−1x+y+2=2\sqrt{x-2}+4\sqrt{y-1}, la somme des deux carrés est nulle, donc chacun est nul : x−2=1\sqrt{x-2}=1 et y−1=2\sqrt{y-1}=2, d’où x=3x=3 et y=5y=5. (⟸\Longleftarrow) Pour x=3x=3, y=5y=5 : 3+5+2=103+5+2=10 et 21+44=102\sqrt1+4\sqrt4=10.

Application 7

Montrer que (∀(a;b)∈R2)  a2+b2=2ab  ⟺  a=b(\forall (a;b)\in\R^2)\ \ a^2+b^2=2ab\iff a=b.

Voir la solution

Soient a,b∈Ra,b\in\R. a2+b2=2ab  ⟺  a2−2ab+b2=0  ⟺  (a−b)2=0  ⟺  a−b=0  ⟺  a=ba^2+b^2=2ab\iff a^2-2ab+b^2=0\iff(a-b)^2=0\iff a-b=0\iff a=b (chaque étape est réversible : on ajoute −2ab-2ab, on factorise, et un carré est nul si et seulement si le nombre est nul).

5. Raisonnement par disjonction des cas

Loi logique (disjonction des cas)

[(R⟹P) et (Q⟹P)]⟹[(R ou Q)⟹P]\big[(R\Longrightarrow P)\text{ et }(Q\Longrightarrow P)\big]\Longrightarrow\big[(R\text{ ou }Q)\Longrightarrow P\big] Pour démontrer (∀x∈E) P(x)(\forall x\in E)\ P(x), on partage EE en cas qui couvrent toutes les valeurs possibles de xx et on démontre P(x)P(x) dans chaque cas. Méthode adaptée aux valeurs absolues, à la parité, aux signes.

Exemple 19

  1. Montrer que (∀x∈R)  x2+x+1≥∣x+1∣(\forall x\in\R)\ \ x^2+x+1\ge|x+1|.
  2. Montrer que (∀n∈N)  n(n+3)(\forall n\in\N)\ \ n(n+3) est pair.
Voir la solution
  1. Soit x∈Rx\in\R. Cas 1 : x≥−1x\ge-1. Alors ∣x+1∣=x+1|x+1|=x+1 et x2+x+1−(x+1)=x2≥0x^2+x+1-(x+1)=x^2\ge0. Cas 2 : x<−1x<-1. Alors ∣x+1∣=−x−1|x+1|=-x-1 et x2+x+1−(−x−1)=x2+2x+2=(x+1)2+1>0x^2+x+1-(-x-1)=x^2+2x+2=(x+1)^2+1>0. Dans les deux cas, x2+x+1≥∣x+1∣x^2+x+1\ge|x+1|.
  2. Soit n∈Nn\in\N. Cas 1 : nn pair, n=2kn=2k (k∈Nk\in\N) : n(n+3)=2 k(2k+3)n(n+3)=2\,k(2k+3) est pair. Cas 2 : nn impair, n=2k+1n=2k+1 : n+3=2(k+2)n+3=2(k+2), donc n(n+3)=2(2k+1)(k+2)n(n+3)=2(2k+1)(k+2) est pair.

Application 8

Résoudre dans R\R l’équation ∣x−3∣=2x|x-3|=2x.

Voir la solution

Cas 1 : x≥3x\ge3. L’équation devient x−3=2xx-3=2x, soit x=−3x=-3, qui ne vérifie pas x≥3x\ge3 : pas de solution. Cas 2 : x<3x<3. L’équation devient 3−x=2x3-x=2x, soit x=1x=1, qui vérifie x<3x<3. Donc S={1}S=\{1\} (vérification : ∣1−3∣=2=2×1|1-3|=2=2\times1).

6. Raisonnement par l’absurde

Loi logique (absurde)

[(P‾⟹Q) et (P‾⟹Q‾)]⟹P\big[(\non{P}\Longrightarrow Q)\text{ et }(\non{P}\Longrightarrow\non{Q})\big]\Longrightarrow P Pour démontrer PP, on suppose P‾\non{P} vraie et on en déduit une contradiction (une proposition et sa négation). Méthode adaptée aux énoncés « n’est pas », « n’appartient pas », « n’admet pas », « ≠\neq ».

Exemple 20

  1. Montrer que 2∉Q\sqrt2\notin\Q.
  2. Soit n∈Nn\in\N. Montrer que n+2n+4≠1\dfrac{n+2}{n+4}\neq 1.
  3. Soit a>0a>0 et ABCABC un triangle tel que AB=4aAB=4a, BC=5aBC=5a et CA=7aCA=7a. Montrer que ABCABC n’est pas rectangle.
Voir la solution
  1. Supposons 2∈Q\sqrt2\in\Q. Comme 2>0\sqrt2>0, on peut écrire 2=ab\sqrt2=\dfrac ab avec a,b∈N∗a,b\in\N^* et PGCD⁡(a;b)=1\pgcd(a;b)=1. Alors a2=2b2a^2=2b^2, donc a2a^2 est pair, donc aa est pair (remarque du §3) : a=2ka=2k, k∈N∗k\in\N^*. Il vient 4k2=2b24k^2=2b^2, soit b2=2k2b^2=2k^2 : b2b^2 est pair, donc bb est pair. Alors 22 divise aa et bb, ce qui contredit PGCD⁡(a;b)=1\pgcd(a;b)=1. Donc 2∉Q\sqrt2\notin\Q.
  2. Supposons n+2n+4=1\dfrac{n+2}{n+4}=1. Comme n+4≠0n+4\neq0, on obtient n+2=n+4n+2=n+4, soit 2=42=4 : contradiction. Donc n+2n+4≠1\dfrac{n+2}{n+4}\neq1.
  3. Supposons ABCABC rectangle. Son hypoténuse serait le plus grand côté [CA][CA], et d’après Pythagore CA2=AB2+BC2CA^2=AB^2+BC^2, soit 49a2=16a2+25a2=41a249a^2=16a^2+25a^2=41a^2, donc 8a2=08a^2=0 et a=0a=0, ce qui contredit a>0a>0. Donc ABCABC n’est pas rectangle.

Application 9

Montrer que, pour tout n∈N∗n\in\N^*, n2+1∉N\sqrt{n^2+1}\notin\N.

Voir la solution

Soit n∈N∗n\in\N^* et supposons n2+1=m\sqrt{n^2+1}=m avec m∈Nm\in\N. Alors m2=n2+1m^2=n^2+1, donc n2<m2n^2<m^2 ; comme n,m≥0n,m\ge0, n<mn<m, donc m≥n+1m\ge n+1 et m2≥n2+2n+1>n2+1m^2\ge n^2+2n+1>n^2+1 (car n≥1n\ge1). Contradiction avec m2=n2+1m^2=n^2+1. Donc n2+1∉N\sqrt{n^2+1}\notin\N.

7. Raisonnement par récurrence

Loi logique : principe de récurrence

Soit P(n)P(n) une fonction propositionnelle définie sur N\N et n0∈Nn_0\in\N : [P(n0)  et  (∀n≥n0) (P(n)⟹P(n+1))]⟹(∀n≥n0) P(n).\Big[P(n_0)\ \text{ et }\ (\forall n\ge n_0)\ \big(P(n)\Longrightarrow P(n+1)\big)\Big]\Longrightarrow(\forall n\ge n_0)\ P(n). Initialisation : on vérifie que P(n0)P(n_0) est vraie. Hérédité : on fixe un entier n≥n0n\ge n_0, on suppose P(n)P(n) vraie (hypothèse de récurrence) et on démontre P(n+1)P(n+1). Conclusion : d’après le principe de récurrence, P(n)P(n) est vraie pour tout n≥n0n\ge n_0.

Exemple 21

  1. Montrer que (∀n∈N∗)  1+3+5+⋯+(2n−1)=n2(\forall n\in\N^*)\ \ 1+3+5+\cdots+(2n-1)=n^2.
  2. Montrer que (∀n∈N, n≥4)  2n≥n2(\forall n\in\N,\ n\ge4)\ \ 2^n\ge n^2.
  3. Montrer que (∀n∈N)  7(\forall n\in\N)\ \ 7 divise 32n+1+2n+23^{2n+1}+2^{n+2}.
Voir la solution
  1. Notons P(n)P(n) : « 1+3+⋯+(2n−1)=n21+3+\cdots+(2n-1)=n^2 ». Initialisation : pour n=1n=1, 1=121=1^2. Hérédité : soit n∈N∗n\in\N^* tel que P(n)P(n). Alors 1+3+⋯+(2n−1)+(2n+1)=n2+2n+1=(n+1)21+3+\cdots+(2n-1)+(2n+1)=n^2+2n+1=(n+1)^2 : P(n+1)P(n+1) est vraie. Conclusion : P(n)P(n) est vraie pour tout n∈N∗n\in\N^*.
  2. Initialisation : 24=16=422^4=16=4^2. Hérédité : soit n≥4n\ge4 tel que 2n≥n22^n\ge n^2. Alors 2n+1=2⋅2n≥2n22^{n+1}=2\cdot 2^n\ge 2n^2. Or 2n2−(n+1)2=n2−2n−1=(n−1)2−2≥9−2>02n^2-(n+1)^2=n^2-2n-1=(n-1)^2-2\ge 9-2>0 car n−1≥3n-1\ge3. Donc 2n+1≥2n2>(n+1)22^{n+1}\ge 2n^2>(n+1)^2. Conclusion : (∀n≥4) 2n≥n2(\forall n\ge 4)\ 2^n\ge n^2.
  3. Posons un=32n+1+2n+2u_n=3^{2n+1}+2^{n+2}. Initialisation : u0=3+4=7u_0=3+4=7. Hérédité : supposons un=7ku_n=7k avec k∈Nk\in\N. Alors un+1=32n+3+2n+3=9⋅32n+1+2⋅2n+2=9 un−7⋅2n+2=7 (9k−2n+2)u_{n+1}=3^{2n+3}+2^{n+3}=9\cdot3^{2n+1}+2\cdot2^{n+2}=9\,u_n-7\cdot2^{n+2}=7\,(9k-2^{n+2}), avec 9k−2n+2∈Z9k-2^{n+2}\in\Z ; donc 7∣un+17\mid u_{n+1}. Conclusion : 7∣un7\mid u_n pour tout n∈Nn\in\N.

Remarque : symboles ∑\sum et ∏\prod

Pour écrire une somme ou un produit de façon compacte : a1+a2+⋯+an=∑k=1naketa1×a2×⋯×an=∏k=1nak.a_1+a_2+\cdots+a_n=\sum_{k=1}^{n}a_k\qquad\text{et}\qquad a_1\times a_2\times\cdots\times a_n=\prod_{k=1}^{n}a_k. Exemples : 1+2+⋯+n=∑k=1nk\displaystyle 1+2+\cdots+n=\sum_{k=1}^{n}k ; 1×2×⋯×n=∏k=1nk\displaystyle 1\times2\times\cdots\times n=\prod_{k=1}^{n}k ; 1+3+⋯+(2n+1)=∑k=0n(2k+1)\displaystyle 1+3+\cdots+(2n+1)=\sum_{k=0}^{n}(2k+1).

Règles : ∑k=0n+1ak=(∑k=0nak)+an+1\displaystyle\sum_{k=0}^{n+1}a_k=\Big(\sum_{k=0}^{n}a_k\Big)+a_{n+1} ; ∑k=0nak=a0+∑k=1nak\displaystyle\sum_{k=0}^{n}a_k=a_0+\sum_{k=1}^{n}a_k ; si α\alpha ne dépend pas de kk, ∑k=0nαak=α∑k=0nak\displaystyle\sum_{k=0}^{n}\alpha a_k=\alpha\sum_{k=0}^{n}a_k et ∑k=1nα=nα\displaystyle\sum_{k=1}^{n}\alpha=n\alpha.

Application 10

Montrer que (∀n∈N)  ∑k=0n2k=2n+1−1(\forall n\in\N)\ \ \displaystyle\sum_{k=0}^{n}2^k=2^{n+1}-1.

Voir la solution

Initialisation : pour n=0n=0, ∑k=002k=1=21−1\sum_{k=0}^{0}2^k=1=2^1-1. Hérédité : soit n∈Nn\in\N tel que ∑k=0n2k=2n+1−1\sum_{k=0}^{n}2^k=2^{n+1}-1. Alors ∑k=0n+12k=2n+1−1+2n+1=2⋅2n+1−1=2n+2−1\sum_{k=0}^{n+1}2^k=2^{n+1}-1+2^{n+1}=2\cdot2^{n+1}-1=2^{n+2}-1. Conclusion : la formule est vraie pour tout n∈Nn\in\N.

Synthèse : quel raisonnement choisir ?

ObjectifRaisonnement conseilléLoi logique
Montrer que (∀x∈E) P(x)(\forall x\in E)\ P(x) est fausseContre-exemple(∀x)P(x)‾  ⟺  (∃x)P(x)‾\overline{(\forall x)P(x)}\iff(\exists x)\overline{P(x)}
Montrer P⟹QP\Longrightarrow Q (sans ≠\neq)Direct[(P⇒R) et (R⇒Q)]⇒(P⇒Q)[(P\Rightarrow R)\text{ et }(R\Rightarrow Q)]\Rightarrow(P\Rightarrow Q)
Montrer P⟹QP\Longrightarrow Q (avec ≠\neq)Contraposée(P⇒Q)  ⟺  (Q‾⇒P‾)(P\Rightarrow Q)\iff(\overline{Q}\Rightarrow\overline{P})
Montrer P  ⟺  QP\iff QÉquivalences ou double implication(P⇔Q)  ⟺  [(P⇒Q) et (Q⇒P)](P\Leftrightarrow Q)\iff[(P\Rightarrow Q)\text{ et }(Q\Rightarrow P)]
Valeurs absolues, parité, signeDisjonction des cas[(R⇒P) et (Q⇒P)]⇒[(R ou Q)⇒P][(R\Rightarrow P)\text{ et }(Q\Rightarrow P)]\Rightarrow[(R\text{ ou }Q)\Rightarrow P]
« n’est pas », « ∉\notin », « ≠\neq »Absurde[(P‾⇒Q) et (P‾⇒Q‾)]⇒P[(\overline{P}\Rightarrow Q)\text{ et }(\overline{P}\Rightarrow\overline{Q})]\Rightarrow P
Montrer (∀n≥n0) P(n)(\forall n\ge n_0)\ P(n)RécurrencePrincipe de récurrence

Série d’exercices

Remarque — règles de rédaction utilisées

  • La négation de PP est notée P‾\non{P} ; (∀x∈E) P(x)‾\overline{(\forall x\in E)\,P(x)} est (∃x∈E) P(x)‾(\exists x\in E)\,\overline{P(x)} et (∃x∈E) P(x)‾\overline{(\exists x\in E)\,P(x)} est (∀x∈E) P(x)‾(\forall x\in E)\,\overline{P(x)} (l’ensemble EE ne change pas).
  • On écrit A  ⟺  BA\iff B seulement si chaque étape est réversible (et on le justifie : multiplication par un réel non nul, carrés de deux réels positifs, inverses de deux réels de même signe strict…). Sinon on écrit A⟹BA\Longrightarrow B et on vérifie la réciproque ou les solutions obtenues.
  • V = vrai, F = faux.

Consignes. Sauf mention contraire, a,b,c,x,y,za,b,c,x,y,z désignent des réels et nn, mm des entiers naturels ; l’ensemble de chaque variable est précisé dans l’énoncé. La négation de PP est notée P‾\non{P}. Difficulté : de ★\bigstar (application directe) à ★★★★★\bigstar\bigstar\bigstar\bigstar\bigstar (niveau olympiade). Les exercices 1 à 17 suivent l’ordre du cours ; les exercices 18 à 30 sont des exercices de synthèse de haut niveau.

Exercice 1 — Quantificateurs Facile ★☆☆☆☆

Écrire les propositions suivantes à l’aide des quantificateurs et des connecteurs logiques :

  • PP : « Pour tout entier naturel nn, il existe un entier naturel mm tel que m−n=4m-n=4. »
  • QQ : « Il existe un réel mm tel que, pour tout réel xx, on ait x≥mx\ge m. »
  • RR : « Il existe un entier relatif dont le carré vaut 33. »
  • SS : « L’équation x2=3x^2=3 n’admet aucune solution rationnelle. »
  • TT : « Entre deux réels distincts, il existe toujours un nombre décimal. »
Voir la solution
  • P:(∀n∈N)(∃m∈N)  m−n=4P:(\forall n\in\N)(\exists m\in\N)\ \ m-n=4 (vraie : m=n+4m=n+4).
  • Q:(∃m∈R)(∀x∈R)  x≥mQ:(\exists m\in\R)(\forall x\in\R)\ \ x\ge m (fausse : pour tout mm, x=m−1x=m-1 ne convient pas).
  • R:(∃n∈Z)  n2=3R:(\exists n\in\Z)\ \ n^2=3 (fausse).
  • S:(∀x∈Q)  x2≠3S:(\forall x\in\Q)\ \ x^2\neq 3, c’est-à-dire (∃x∈Q) x2=3‾\overline{(\exists x\in\Q)\ x^2=3}.
  • T:(∀(x;y)∈R2)  x<y⟹(∃d∈D)  x<d<yT:(\forall (x;y)\in\R^2)\ \ x<y\Longrightarrow(\exists d\in\D)\ \ x<d<y.

Exercice 2 — Négation Facile ★★☆☆☆

Pour chacune des propositions suivantes, écrire sa négation puis préciser si la proposition initiale est vraie ou fausse (justifier) :

P1:(∀x∈R) (x−1)2=x−1P_1:(\forall x\in\R)\ \sqrt{(x-1)^2}=x-1 ; P2:(∀x∈R+) x2−2x−3≤0\quad P_2:(\forall x\in\R_+)\ x^2-2x-3\le 0 ; P3:(∃x∈R)(∀y∈R) y>x+1\quad P_3:(\exists x\in\R)(\forall y\in\R)\ y>x+1 ;

P4:(∀x∈R)(∃y∈R) y>x+1P_4:(\forall x\in\R)(\exists y\in\R)\ y>x+1 ; P5:(∀x∈R∗)(∀y∈R∗) x2+y2≠2\quad P_5:(\forall x\in\R^*)(\forall y\in\R^*)\ x^2+y^2\neq 2 ; P6:(∃y∈R)(∀x∈R) y≠cos⁡(x)\quad P_6:(\exists y\in\R)(\forall x\in\R)\ y\neq\cos(x).

Voir la solution

P1P_1. P1‾:(∃x∈R) (x−1)2≠x−1\non{P_1}:(\exists x\in\R)\ \sqrt{(x-1)^2}\neq x-1. Pour x=0x=0 : 1=1≠−1\sqrt{1}=1\neq-1. Donc P1‾\non{P_1} est vraie et P1P_1 est fausse (en fait (x−1)2=∣x−1∣\sqrt{(x-1)^2}=|x-1|).

P2P_2. P2‾:(∃x∈R+) x2−2x−3>0\non{P_2}:(\exists x\in\R_+)\ x^2-2x-3>0. Pour x=4∈R+x=4\in\R_+ : 16−8−3=5>016-8-3=5>0. P2P_2 est fausse.

P3P_3. P3‾:(∀x∈R)(∃y∈R) y≤x+1\non{P_3}:(\forall x\in\R)(\exists y\in\R)\ y\le x+1. Soit x∈Rx\in\R ; y=x+1y=x+1 convient. Donc P3‾\non{P_3} est vraie, P3P_3 est fausse.

P4P_4. P4‾:(∃x∈R)(∀y∈R) y≤x+1\non{P_4}:(\exists x\in\R)(\forall y\in\R)\ y\le x+1. Soit x∈Rx\in\R ; y=x+2y=x+2 vérifie y>x+1y>x+1. P4P_4 est vraie. (P3P_3 et P4P_4 ne diffèrent que par l’ordre des quantificateurs.)

P5P_5. P5‾:(∃x∈R∗)(∃y∈R∗) x2+y2=2\non{P_5}:(\exists x\in\R^*)(\exists y\in\R^*)\ x^2+y^2=2. Pour x=y=1x=y=1 : 1+1=21+1=2. P5P_5 est fausse.

P6P_6. P6‾:(∀y∈R)(∃x∈R) y=cos⁡(x)\non{P_6}:(\forall y\in\R)(\exists x\in\R)\ y=\cos(x). Pour y=3y=3 : pour tout xx, cos⁡(x)≤1<3\cos(x)\le 1<3, donc cos⁡(x)≠3\cos(x)\neq 3. P6P_6 est vraie.

P1P_1P2P_2P3P_3P4P_4P5P_5P6P_6
ValeurFFFVFV

Exercice 3 — Négation d’un énoncé Facile ★☆☆☆☆

Écrire en français la négation de chacune des propositions suivantes :

  • PP : « Tous les élèves de la classe ont rendu leur devoir. »
  • QQ : « Certains nombres réels sont négatifs. »
  • RR : « Tout entier naturel divisible par 44 est divisible par 88. »
Voir la solution
  • P‾\non{P} : « Au moins un élève de la classe n’a pas rendu son devoir. »
  • Q:(∃x∈R) x<0Q:(\exists x\in\R)\ x<0 ;  Q‾\ \non{Q} : « Aucun réel n’est négatif », c’est-à-dire (∀x∈R) x≥0(\forall x\in\R)\ x\ge 0.
  • R:(∀n∈N) (4∣n⟹8∣n)R:(\forall n\in\N)\ (4\mid n\Longrightarrow 8\mid n) ;  R‾:(∃n∈N) (4∣n et 8∤n)\ \non{R}:(\exists n\in\N)\ (4\mid n\text{ et }8\nmid n) : « Il existe un entier naturel divisible par 44 et non divisible par 88 » (vraie : n=4n=4).

Exercice 4 — Négation Facile ★★☆☆☆

Déterminer la négation de chacune des propositions suivantes :

  • P:(∀x∈R) (x=1  ou  x>20)P:(\forall x\in\R)\ (x=1\ \text{ ou }\ x>20) ;
  • Q:(∃x∈R) (x2<30  et  x∈N)Q:(\exists x\in\R)\ (x^2<30\ \text{ et }\ x\in\N) ;
  • R:(∀y∈R)(∃x∈R) [x>y+2  ⟺  (x−y)2≥x2+y2]R:(\forall y\in\R)(\exists x\in\R)\ \big[x>y+2\iff(x-y)^2\ge x^2+y^2\big] ;
  • SS : « a<b⟹a≥ca<b\Longrightarrow a\ge c », où a,b,c∈Ra,b,c\in\R.
Voir la solution
  • P‾:(∃x∈R) (x≠1 et x≤20)\non{P}:(\exists x\in\R)\ (x\neq 1\text{ et }x\le 20).
  • Q‾:(∀x∈R) (x2≥30 ou x∉N)\non{Q}:(\forall x\in\R)\ (x^2\ge 30\text{ ou }x\notin\N).
  • Avec A  ⟺  B‾  ⟺  [(A et B‾) ou (A‾ et B)]\overline{A\iff B}\iff\big[(A\text{ et }\non{B})\text{ ou }(\non{A}\text{ et }B)\big] : R‾:(∃y∈R)(∀x∈R) [(x>y+2 et (x−y)2<x2+y2) ou (x≤y+2 et (x−y)2≥x2+y2)].\non{R}:(\exists y\in\R)(\forall x\in\R)\ \Big[\big(x>y+2\text{ et }(x-y)^2<x^2+y^2\big)\text{ ou }\big(x\le y+2\text{ et }(x-y)^2\ge x^2+y^2\big)\Big].
  • Avec A⟹B‾  ⟺  (A et B‾)\overline{A\Longrightarrow B}\iff(A\text{ et }\non{B}) :  S‾\ \non{S} : « a<ba<b et a<ca<c ».

Exercice 5 — Lois logiques Facile ★★☆☆☆

Soient PP, QQ et RR trois propositions. Dresser le tableau de vérité de chacune des propositions suivantes, puis montrer que ce sont des lois logiques :

  1. P et Q‾  ⟺  (P‾ ou Q‾)\overline{P\text{ et }Q}\iff(\non{P}\text{ ou }\non{Q})
  2. P ou Q‾  ⟺  (P‾ et Q‾)\overline{P\text{ ou }Q}\iff(\non{P}\text{ et }\non{Q})
  3. P⟹Q‾  ⟺  (P et Q‾)\overline{P\Longrightarrow Q}\iff(P\text{ et }\non{Q})
  4. (P  ⟺  Q)  ⟺  (P‾  ⟺  Q‾)(P\iff Q)\iff(\non{P}\iff\non{Q})
  5. P  ⟺  Q‾  ⟺  (P‾  ⟺  Q)\overline{P\iff Q}\iff(\non{P}\iff Q)
  6. [(P⟹Q) et Q‾]⟹P‾\big[(P\Longrightarrow Q)\text{ et }\non{Q}\big]\Longrightarrow\non{P}
  7. [(P⟹Q) et (P⟹R)]  ⟺  [P⟹(Q et R)]\big[(P\Longrightarrow Q)\text{ et }(P\Longrightarrow R)\big]\iff\big[P\Longrightarrow(Q\text{ et }R)\big]
Voir la solution

On note LL et MM les deux membres ; on montre que les colonnes LL et MM coïncident (donc L  ⟺  ML\iff M est toujours vraie), ou que la dernière colonne ne contient que des V.

1) et 2) Lois de Morgan.

PPQQP et Q‾\overline{P\text{ et }Q}P‾ ou Q‾\non{P}\text{ ou }\non{Q}P ou Q‾\overline{P\text{ ou }Q}P‾ et Q‾\non{P}\text{ et }\non{Q}
VVFFFF
VFVVFF
FVVVFF
FFVVVV

Les colonnes 3 et 4 sont identiques, ainsi que les colonnes 5 et 6 : 1) et 2) sont des lois logiques.

3) et 4) et 5).

PPQQP⇒Q‾\overline{P\Rightarrow Q}P et Q‾P\text{ et }\non{Q}P⇔QP\Leftrightarrow QP‾⇔Q‾\non{P}\Leftrightarrow\non{Q}P⇔Q‾\overline{P\Leftrightarrow Q}P‾⇔Q\non{P}\Leftrightarrow Q
VVFFVVFF
VFVVFFVV
FVFFFFVV
FFFFVVFF

Les colonnes (3 ; 4), (5 ; 6) et (7 ; 8) sont deux à deux identiques : 3), 4) et 5) sont des lois logiques.

6) Notons TT : « (P⇒Q)(P\Rightarrow Q) et Q‾\non{Q} ».

PPQQP⇒QP\Rightarrow QQ‾\non{Q}TTP‾\non{P}T⇒P‾T\Rightarrow\non{P}
VVVFFFV
VFFVFFV
FVVFFVV
FFVVVVV

7) LL : « (P⇒Q)(P\Rightarrow Q) et (P⇒R)(P\Rightarrow R) », MM : « P⇒(Q et R)P\Rightarrow(Q\text{ et }R) ».

PPQQRRP⇒QP\Rightarrow QP⇒RP\Rightarrow RLLQ et RQ\text{ et }RMM
VVVVVVVV
VVFVFFFF
VFVFVFFF
VFFFFFFF
FVVVVVVV
FVFVVVFV
FFVVVVFV
FFFVVVFV

Les colonnes LL et MM sont identiques : 7) est une loi logique.

Exercice 6 — Négation Facile ★★☆☆☆

Soient aa, bb et cc des réels. Donner la négation de chacune des propositions suivantes :

  • R1R_1 : a≤b⟹a>ca\le b\Longrightarrow a>c ;
  • R2R_2 : a=b=ca=b=c ;
  • R3R_3 : a<b≤ca<b\le c ;
  • R4:(∀(x;y)∈R2)  0≤x−y≤3⟹∣x−y∣≤3R_4:(\forall (x;y)\in\R^2)\ \ 0\le x-y\le 3\Longrightarrow|x-y|\le 3 ;
  • R5:(∀x∈R∗)(∀y∈R∗)  x+y=2  ⟺  y<1R_5:(\forall x\in\R^*)(\forall y\in\R^*)\ \ x+y=2\iff y<1 ;
  • R6:(∀x∈R)  x≥1  ou  x≤1R_6:(\forall x\in\R)\ \ x\ge 1\ \text{ ou }\ x\le 1 ;
  • R7:(∀(a;b)∈R2∖{(0;0)})(∃x∈R)  cos⁡(x)=aa2+b2  et  sin⁡(x)=ba2+b2R_7:(\forall (a;b)\in\R^2\setminus\{(0;0)\})(\exists x\in\R)\ \ \cos(x)=\dfrac{a}{\sqrt{a^2+b^2}}\ \text{ et }\ \sin(x)=\dfrac{b}{\sqrt{a^2+b^2}}.
Voir la solution
  • R1‾\non{R_1} : a≤ba\le b et a≤ca\le c.
  • R2R_2 signifie « a=ba=b et b=cb=c », donc R2‾\non{R_2} : a≠ba\neq b ou b≠cb\neq c.
  • R3R_3 signifie « a<ba<b et b≤cb\le c », donc R3‾\non{R_3} : a≥ba\ge b ou b>cb>c.
  • R4‾:(∃(x;y)∈R2)  0≤x−y≤3  et  ∣x−y∣>3\non{R_4}:(\exists(x;y)\in\R^2)\ \ 0\le x-y\le 3\ \text{ et }\ |x-y|>3.
  • R5‾:(∃x∈R∗)(∃y∈R∗)  (x+y=2 et y≥1) ou (x+y≠2 et y<1)\non{R_5}:(\exists x\in\R^*)(\exists y\in\R^*)\ \ \big(x+y=2\text{ et }y\ge 1\big)\text{ ou }\big(x+y\neq 2\text{ et }y<1\big).
  • R6‾:(∃x∈R)  x<1 et x>1\non{R_6}:(\exists x\in\R)\ \ x<1\text{ et }x>1 (qui est fausse : R6R_6 est vraie).
  • R7‾:(∃(a;b)∈R2∖{(0;0)})(∀x∈R)  cos⁡(x)≠aa2+b2  ou  sin⁡(x)≠ba2+b2\non{R_7}:(\exists(a;b)\in\R^2\setminus\{(0;0)\})(\forall x\in\R)\ \ \cos(x)\neq\dfrac{a}{\sqrt{a^2+b^2}}\ \text{ ou }\ \sin(x)\neq\dfrac{b}{\sqrt{a^2+b^2}}.

Exercice 7 — Rais. par contre-exemple Facile ★★☆☆☆

Déterminer la valeur de vérité de chacune des propositions suivantes, en justifiant :

  1. Tout nombre premier impair s’écrit sous la forme 4k+14k+1, avec k∈Nk\in\N.
  2. Tout entier naturel dont l’écriture décimale se termine par 77 est premier.
  3. Pour tout n∈Nn\in\N, l’entier n2−n+17n^2-n+17 est premier.
  4. (∀(x;y)∈R2)  2x−3y=5(\forall (x;y)\in\R^2)\ \ 2x-3y=5
  5. (∀(x;y)∈R2)  ∣x−y∣=∣x∣−∣y∣(\forall (x;y)\in\R^2)\ \ |x-y|=|x|-|y|
  6. (∀(x;y)∈R2)  cos⁡(x−y)=cos⁡(x)−cos⁡(y)(\forall (x;y)\in\R^2)\ \ \cos(x-y)=\cos(x)-\cos(y)
  7. (∀(x;y)∈R2)  sin⁡(x−y)=sin⁡(x)−sin⁡(y)(\forall (x;y)\in\R^2)\ \ \sin(x-y)=\sin(x)-\sin(y)
  8. (∀x∈R)(∃y∈R)  x2+2xy+2y2=0(\forall x\in\R)(\exists y\in\R)\ \ x^2+2xy+2y^2=0
Voir la solution

Pour montrer qu’une proposition « pour tout… » est fausse, il suffit d’un contre-exemple.

  1. Fausse : 33 est premier impair et 3=4k+1  ⟺  k=12∉N3=4k+1\iff k=\frac12\notin\N.
  2. Fausse : 2727 se termine par 77 et 27=3×927=3\times 9.
  3. Fausse : pour n=17n=17 : 172−17+17=289=17217^2-17+17=289=17^2 n’est pas premier.
  4. Fausse : pour (x;y)=(0;0)(x;y)=(0;0) : 0≠50\neq 5.
  5. Fausse : pour (x;y)=(0;1)(x;y)=(0;1) : ∣0−1∣=1|0-1|=1 et ∣0∣−∣1∣=−1|0|-|1|=-1.
  6. Fausse : pour x=y=0x=y=0 : cos⁡0=1\cos 0=1 et cos⁡0−cos⁡0=0\cos0-\cos0=0.
  7. Fausse : pour x=π2x=\frac\pi2, y=−π2y=-\frac\pi2 : sin⁡(π)=0\sin(\pi)=0 et sin⁡π2−sin⁡(−π2)=1+1=2\sin\frac\pi2-\sin\left(-\frac\pi2\right)=1+1=2.
  8. Fausse. Sa négation est (∃x∈R)(∀y∈R) x2+2xy+2y2≠0(\exists x\in\R)(\forall y\in\R)\ x^2+2xy+2y^2\neq 0. Pour x=1x=1 : 2y2+2y+1=02y^2+2y+1=0 a pour discriminant 4−8=−4<04-8=-4<0, donc aucun réel yy ne convient : la négation est vraie.

Exercice 8 — Rais. direct Facile ★★☆☆☆

Démontrer les implications suivantes par un raisonnement direct :

  1. (∀x∈R)  ∣x∣≤1⟹∣2x−3∣≤5(\forall x\in\R)\ \ |x|\le 1\Longrightarrow|2x-3|\le 5
  2. (∀x∈R)  x>0⟹x+4x≥4(\forall x\in\R)\ \ x>0\Longrightarrow x+\dfrac4x\ge 4
  3. (∀x∈R)  x>2⟹x2−x−2>0(\forall x\in\R)\ \ x>2\Longrightarrow x^2-x-2>0
  4. (∀(x;y)∈R2)  xy+2=2x+y⟹(x=1  ou  y=2)(\forall (x;y)\in\R^2)\ \ xy+2=2x+y\Longrightarrow(x=1\ \text{ ou }\ y=2)
  5. (∀(a;b)∈R2)  (a∈Q  et  b∈Q)⟹ab∈Q(\forall (a;b)\in\R^2)\ \ (a\in\Q\ \text{ et }\ b\in\Q)\Longrightarrow ab\in\Q
  6. (∀a∈R∗)(∀(b;c)∈R2)  ac<0⟹(\forall a\in\R^*)(\forall (b;c)\in\R^2)\ \ ac<0\Longrightarrow l’équation ax2+bx+c=0ax^2+bx+c=0 admet deux solutions réelles distinctes.
Voir la solution
  1. Soit x∈Rx\in\R tel que ∣x∣≤1|x|\le 1. Alors −1≤x≤1-1\le x\le 1, donc −2≤2x≤2-2\le 2x\le 2, donc −5≤2x−3≤−1-5\le 2x-3\le -1. Ainsi −5≤2x−3≤5-5\le 2x-3\le 5, c’est-à-dire ∣2x−3∣≤5|2x-3|\le 5.
  2. Soit x>0x>0. x+4x−4=x2−4x+4x=(x−2)2x≥0x+\dfrac4x-4=\dfrac{x^2-4x+4}{x}=\dfrac{(x-2)^2}{x}\ge 0 car (x−2)2≥0(x-2)^2\ge0 et x>0x>0. Donc x+4x≥4x+\dfrac4x\ge 4.
  3. Soit x>2x>2. x2−x−2=(x−2)(x+1)x^2-x-2=(x-2)(x+1) avec x−2>0x-2>0 et x+1>3>0x+1>3>0, donc x2−x−2>0x^2-x-2>0.
  4. Soient x,y∈Rx,y\in\R tels que xy+2=2x+yxy+2=2x+y. Alors xy−2x−y+2=0xy-2x-y+2=0, soit x(y−2)−(y−2)=0x(y-2)-(y-2)=0, c’est-à-dire (x−1)(y−2)=0(x-1)(y-2)=0. Donc x−1=0x-1=0 ou y−2=0y-2=0 : x=1x=1 ou y=2y=2.
  5. Soient a,b∈Qa,b\in\Q : a=pqa=\frac pq et b=rsb=\frac rs avec p,r∈Zp,r\in\Z, q,s∈N∗q,s\in\N^*. Alors ab=prqsab=\frac{pr}{qs} avec pr∈Zpr\in\Z et qs∈N∗qs\in\N^*, donc ab∈Qab\in\Q.
  6. Soient a∈R∗a\in\R^* et b,c∈Rb,c\in\R tels que ac<0ac<0. Le discriminant est Δ=b2−4ac\Delta=b^2-4ac ; or b2≥0b^2\ge 0 et −4ac>0-4ac>0, donc Δ>0\Delta>0 : l’équation admet deux solutions réelles distinctes.

Exercice 9 — Rais. par contraposée Moyen ★★★☆☆

Démontrer les implications suivantes par contraposée :

  1. (∀(x;y)∈R2)  x≠y⟹(x+2)(y−2)≠(x−2)(y+2)(\forall (x;y)\in\R^2)\ \ x\neq y\Longrightarrow(x+2)(y-2)\neq(x-2)(y+2)
  2. (∀x∈R+)  x≠0⟹1+2x≠1+x(\forall x\in\R_+)\ \ x\neq 0\Longrightarrow\sqrt{1+2x}\neq 1+x
  3. (∀(x;y)∈R+2)  x≠y⟹x−1x+1≠y−1y+1(\forall (x;y)\in\R_+^2)\ \ x\neq y\Longrightarrow\dfrac{x-1}{x+1}\neq\dfrac{y-1}{y+1}
  4. (∀(x;y)∈R2)  (x≠y  et  xy≠1)⟹xx2+1≠yy2+1(\forall (x;y)\in\R^2)\ \ (x\neq y\ \text{ et }\ xy\neq 1)\Longrightarrow\dfrac{x}{x^2+1}\neq\dfrac{y}{y^2+1}
  5. (∀x∈R)  x2−3x+2<0⟹x<2(\forall x\in\R)\ \ x^2-3x+2<0\Longrightarrow x<2
  6. (∀n∈N)  n3(\forall n\in\N)\ \ n^3 est impair ⟹n\Longrightarrow n est impair
  7. (∀(x;y)∈R2)  (x≠y  et  x+y≠−4)⟹x2+4x≠y2+4y(\forall (x;y)\in\R^2)\ \ (x\neq y\ \text{ et }\ x+y\neq -4)\Longrightarrow x^2+4x\neq y^2+4y
  8. (∀(x;y;z)∈R3)  x+2y≤3z⟹(x≤z  ou  y≤z)(\forall (x;y;z)\in\R^3)\ \ x+2y\le 3z\Longrightarrow(x\le z\ \text{ ou }\ y\le z)
Voir la solution

Pour chaque implication, on démontre la contraposée Q‾⟹P‾\non{Q}\Longrightarrow\non{P}.

  1. Contraposée : (x+2)(y−2)=(x−2)(y+2)⟹x=y(x+2)(y-2)=(x-2)(y+2)\Longrightarrow x=y. On a (x+2)(y−2)−(x−2)(y+2)=(xy−2x+2y−4)−(xy+2x−2y−4)=4(y−x)(x+2)(y-2)-(x-2)(y+2)=(xy-2x+2y-4)-(xy+2x-2y-4)=4(y-x). Si les deux produits sont égaux, 4(y−x)=04(y-x)=0, donc x=yx=y.
  2. Contraposée : 1+2x=1+x⟹x=0\sqrt{1+2x}=1+x\Longrightarrow x=0 (pour x≥0x\ge0). Si 1+2x=1+x\sqrt{1+2x}=1+x, en élevant au carré : 1+2x=1+2x+x21+2x=1+2x+x^2, donc x2=0x^2=0, d’où x=0x=0.
  3. Contraposée : x−1x+1=y−1y+1⟹x=y\dfrac{x-1}{x+1}=\dfrac{y-1}{y+1}\Longrightarrow x=y (avec x+1>0x+1>0, y+1>0y+1>0). Si l’égalité a lieu : (x−1)(y+1)=(y−1)(x+1)(x-1)(y+1)=(y-1)(x+1), soit xy+x−y−1=xy+y−x−1xy+x-y-1=xy+y-x-1, donc 2x=2y2x=2y et x=yx=y.
  4. Contraposée : xx2+1=yy2+1⟹(x=y ou xy=1)\dfrac{x}{x^2+1}=\dfrac{y}{y^2+1}\Longrightarrow(x=y\text{ ou }xy=1). Si l’égalité a lieu (dénominateurs >0>0) : x(y2+1)=y(x2+1)x(y^2+1)=y(x^2+1), soit xy2−x2y+x−y=0xy^2-x^2y+x-y=0, c’est-à-dire −xy(x−y)+(x−y)=0-xy(x-y)+(x-y)=0, d’où (x−y)(1−xy)=0(x-y)(1-xy)=0 : x=yx=y ou xy=1xy=1.
  5. Contraposée : x≥2⟹x2−3x+2≥0x\ge 2\Longrightarrow x^2-3x+2\ge 0. Si x≥2x\ge 2 : x2−3x+2=(x−1)(x−2)x^2-3x+2=(x-1)(x-2) avec x−1≥1>0x-1\ge1>0 et x−2≥0x-2\ge 0, donc le produit est positif.
  6. Contraposée : nn pair ⟹n3\Longrightarrow n^3 pair. Si n=2kn=2k (k∈Nk\in\N), alors n3=8k3=2(4k3)n^3=8k^3=2(4k^3) est pair.
  7. Contraposée : x2+4x=y2+4y⟹(x=y ou x+y=−4)x^2+4x=y^2+4y\Longrightarrow(x=y\text{ ou }x+y=-4). Si x2+4x=y2+4yx^2+4x=y^2+4y : (x2−y2)+4(x−y)=0(x^2-y^2)+4(x-y)=0, soit (x−y)(x+y+4)=0(x-y)(x+y+4)=0, donc x=yx=y ou x+y=−4x+y=-4.
  8. Contraposée : (x>z et y>z)⟹x+2y>3z(x>z\text{ et }y>z)\Longrightarrow x+2y>3z. Si x>zx>z et y>zy>z, alors 2y>2z2y>2z et, en additionnant, x+2y>3zx+2y>3z.

Exercice 10 — Rais. par équivalences Moyen ★★★☆☆

  1. Montrer que, pour tout x∈R+x\in\R_+ :  x+5=1+x  ⟺  x=4\ \sqrt{x+5}=1+\sqrt{x}\iff x=4.
  2. Montrer que, pour tout x∈[2;+∞[x\in[2;+\infty[ :  x−2x≤24\ \dfrac{\sqrt{x-2}}{x}\le\dfrac{\sqrt2}{4}.
  3. Montrer que, pour tous x,y∈Rx,y\in\R :  ∣x−y∣=∣x∣+∣y∣  ⟺  xy≤0\ |x-y|=|x|+|y|\iff xy\le 0.
  4. Montrer que, pour tout x∈[−3;3]x\in[-3;3] :  9−x2≤x+32\ \sqrt{9-x^2}\le x+3\sqrt2.
Voir la solution
  1. Soit x∈R+x\in\R_+. Les deux membres x+5\sqrt{x+5} et 1+x1+\sqrt x sont positifs, donc x+5=1+x  ⟺  x+5=1+2x+x  ⟺  2x=4  ⟺  x=2  ⟺  x=4\sqrt{x+5}=1+\sqrt x\iff x+5=1+2\sqrt x+x\iff 2\sqrt x=4\iff\sqrt x=2\iff x=4 (la dernière équivalence car x≥0\sqrt x\ge0 et 2≥02\ge 0).
  2. Soit x≥2x\ge 2 (donc x>0x>0). x−2x≤24  ⟺  4x−2≤2 x\dfrac{\sqrt{x-2}}{x}\le\dfrac{\sqrt2}{4}\iff 4\sqrt{x-2}\le\sqrt2\,x (multiplication par 4x>04x>0). Les deux membres étant positifs :   ⟺  16(x−2)≤2x2  ⟺  2x2−16x+32≥0  ⟺  2(x−4)2≥0\iff 16(x-2)\le 2x^2\iff 2x^2-16x+32\ge 0\iff 2(x-4)^2\ge 0, ce qui est vrai. Donc l’inégalité est vraie pour tout x≥2x\ge2.
  3. Soient x,y∈Rx,y\in\R. Les deux membres étant positifs : ∣x−y∣=∣x∣+∣y∣  ⟺  (x−y)2=(∣x∣+∣y∣)2  ⟺  x2−2xy+y2=x2+2∣xy∣+y2  ⟺  −xy=∣xy∣  ⟺  xy≤0|x-y|=|x|+|y|\iff(x-y)^2=(|x|+|y|)^2\iff x^2-2xy+y^2=x^2+2|xy|+y^2\iff -xy=|xy|\iff xy\le 0 (car ∣u∣=−u  ⟺  u≤0|u|=-u\iff u\le0).
  4. Soit x∈[−3;3]x\in[-3;3]. On a x+32≥−3+32>0x+3\sqrt2\ge -3+3\sqrt2>0 (car 2>1\sqrt2>1) et 9−x2≥0\sqrt{9-x^2}\ge0. Donc 9−x2≤x+32  ⟺  9−x2≤x2+62 x+18  ⟺  0≤2x2+62 x+9  ⟺  0≤(2 x+3)2\sqrt{9-x^2}\le x+3\sqrt2\iff 9-x^2\le x^2+6\sqrt2\,x+18\iff 0\le 2x^2+6\sqrt2\,x+9\iff 0\le(\sqrt2\,x+3)^2, ce qui est vrai.

Exercice 11 — Rais. par disjonction des cas Moyen ★★★☆☆

  1. Résoudre dans R\R l’équation :  −x2+∣x−2∣+4=0\ -x^2+|x-2|+4=0.
  2. Montrer que, pour tout x∈Rx\in\R :  x2+4+x>0\ \sqrt{x^2+4}+x>0.
  3. Montrer que, pour tout n∈Nn\in\N, l’entier n(5n+3)n(5n+3) est pair.
  4. Résoudre dans R\R l’inéquation :  x2−3x+2>x+1\ \sqrt{x^2-3x+2}>x+1.
  5. Soit m∈R∗m\in\R^*. Résoudre dans R\R l’équation :  mx2−2(m−1)x+m−3=0\ mx^2-2(m-1)x+m-3=0.
  6. Soit n∈Nn\in\N. Montrer que n(n2+2)n(n^2+2) est divisible par 33.
Voir la solution

1) Cas x≥2x\ge 2 : ∣x−2∣=x−2|x-2|=x-2 et l’équation devient −x2+x+2=0  ⟺  (x−2)(x+1)=0  ⟺  x∈{2;−1}-x^2+x+2=0\iff(x-2)(x+1)=0\iff x\in\{2;-1\} ; seul 22 vérifie x≥2x\ge2. Cas x<2x<2 : ∣x−2∣=2−x|x-2|=2-x et l’équation devient −x2−x+6=0  ⟺  (x−2)(x+3)=0  ⟺  x∈{2;−3}-x^2-x+6=0\iff(x-2)(x+3)=0\iff x\in\{2;-3\} ; seul −3-3 vérifie x<2x<2. Donc S={−3;2}S=\{-3;2\}.

2) Soit x∈Rx\in\R. Cas x≥0x\ge 0 : x2+4≥2>0\sqrt{x^2+4}\ge 2>0 et x≥0x\ge 0, donc la somme est >0>0. Cas x<0x<0 : x2+4>x2x^2+4>x^2 donc x2+4>x2=∣x∣=−x\sqrt{x^2+4}>\sqrt{x^2}=|x|=-x, d’où x2+4+x>0\sqrt{x^2+4}+x>0.

3) Cas nn pair : n=2kn=2k, n(5n+3)=2 k(10k+3)n(5n+3)=2\,k(10k+3) est pair. Cas nn impair : n=2k+1n=2k+1, 5n+3=10k+8=2(5k+4)5n+3=10k+8=2(5k+4), donc n(5n+3)=2(2k+1)(5k+4)n(5n+3)=2(2k+1)(5k+4) est pair.

4) Domaine : x2−3x+2=(x−1)(x−2)≥0  ⟺  x∈D= ]−∞;1]∪[2;+∞[x^2-3x+2=(x-1)(x-2)\ge 0\iff x\in D=\,]-\infty;1]\cup[2;+\infty[. Cas x∈Dx\in D et x<−1x<-1 : x+1<0≤x2−3x+2x+1<0\le\sqrt{x^2-3x+2} : tout x<−1x<-1 est solution. Cas x∈Dx\in D et x≥−1x\ge-1 : les deux membres sont positifs, donc x2−3x+2>x+1  ⟺  x2−3x+2>x2+2x+1  ⟺  x<15\sqrt{x^2-3x+2}>x+1\iff x^2-3x+2>x^2+2x+1\iff x<\frac15. Avec x≥−1x\ge -1 et x∈Dx\in D : x∈[−1;15[x\in\left[-1;\frac15\right[. Donc S= ]−∞;−1[ ∪[−1;15[ = ]−∞;15[S=\,]-\infty;-1[\,\cup\left[-1;\frac15\right[\,=\,\left]-\infty;\frac15\right[.

5) m≠0m\neq0 : équation du second degré, de discriminant réduit Δ′=(m−1)2−m(m−3)=m+1\Delta'=(m-1)^2-m(m-3)=m+1.

  • Si m<−1m<-1 : Δ′<0\Delta'<0, S=∅S=\varnothing.
  • Si m=−1m=-1 : Δ′=0\Delta'=0, une solution double x=m−1m=2x=\dfrac{m-1}{m}=2 ; S={2}S=\{2\}.
  • Si m>−1m>-1 et m≠0m\neq0 : Δ′>0\Delta'>0, S={m−1−m+1m ; m−1+m+1m}S=\left\{\dfrac{m-1-\sqrt{m+1}}{m}\ ;\ \dfrac{m-1+\sqrt{m+1}}{m}\right\}.

6) Tout entier nn s’écrit 3k3k, 3k+13k+1 ou 3k+23k+2 (k∈Nk\in\N). n=3kn=3k : n(n2+2)=3 k(n2+2)n(n^2+2)=3\,k(n^2+2). n=3k+1n=3k+1 : n2+2=9k2+6k+3=3(3k2+2k+1)n^2+2=9k^2+6k+3=3(3k^2+2k+1). n=3k+2n=3k+2 : n2+2=9k2+12k+6=3(3k2+4k+2)n^2+2=9k^2+12k+6=3(3k^2+4k+2). Dans tous les cas, 3∣n(n2+2)3\mid n(n^2+2).

Exercice 12 — Rais. par l’absurde Moyen ★★★☆☆

  1. Soit a>0a>0 et soit ABCABC un triangle tel que AB=5aAB=5a, BC=6aBC=6a et CA=8aCA=8a. Montrer que ABCABC n’est pas rectangle.
  2. Soient a,b∈R+∗a,b\in\R_+^* tels que ab=4ab=4. Montrer que a≤2a\le 2 ou b≤2b\le 2.
  3. Soient a,b∈Qa,b\in\Q tels que 2a+3b2=02a+3b\sqrt2=0. Montrer que a=0a=0 et b=0b=0.
  4. Montrer que, pour tout n∈Nn\in\N, n+1n+2∉Q\sqrt{\dfrac{n+1}{n+2}}\notin\Q. On admet que : si PGCD⁡(p;q)=1\pgcd(p;q)=1, alors PGCD⁡(p2;q2)=1\pgcd(p^2;q^2)=1 ; si p∣qrp\mid qr et PGCD⁡(p;q)=1\pgcd(p;q)=1, alors p∣rp\mid r ; et PGCD⁡(n+1;n+2)=1\pgcd(n+1;n+2)=1.
Voir la solution
  1. Supposons ABCABC rectangle. L’hypoténuse est le plus grand côté [CA][CA], donc CA2=AB2+BC2CA^2=AB^2+BC^2 : 64a2=25a2+36a2=61a264a^2=25a^2+36a^2=61a^2, d’où 3a2=03a^2=0 et a=0a=0, ce qui contredit a>0a>0. Donc ABCABC n’est pas rectangle.
  2. Supposons a>2a>2 et b>2b>2. Comme a,b>0a,b>0, on obtient ab>2×2=4ab>2\times2=4, ce qui contredit ab=4ab=4. Donc a≤2a\le2 ou b≤2b\le 2.
  3. Supposons b≠0b\neq 0. Alors 2=−2a3b∈Q\sqrt2=-\dfrac{2a}{3b}\in\Q (quotient de rationnels, 3b≠03b\neq0), ce qui contredit 2∉Q\sqrt2\notin\Q. Donc b=0b=0, puis 2a=02a=0, soit a=0a=0.
  4. Soit n∈Nn\in\N et supposons n+1n+2=ab\sqrt{\frac{n+1}{n+2}}=\frac ab avec a,b∈N∗a,b\in\N^*, PGCD⁡(a;b)=1\pgcd(a;b)=1. Alors (n+1)b2=(n+2)a2(n+1)b^2=(n+2)a^2. Comme PGCD⁡(a2;b2)=1\pgcd(a^2;b^2)=1 et a2∣(n+1)b2a^2\mid(n+1)b^2, on a a2∣n+1a^2\mid n+1 ; de même b2∣n+2b^2\mid n+2. Écrivons n+1=pa2n+1=pa^2 ; en reportant, pa2b2=(n+2)a2pa^2b^2=(n+2)a^2, donc n+2=pb2n+2=pb^2. Ainsi pp divise n+1n+1 et n+2n+2, donc p∣PGCD⁡(n+1;n+2)=1p\mid\pgcd(n+1;n+2)=1 et p=1p=1 : n+1=a2n+1=a^2 et n+2=b2n+2=b^2. Alors b2−a2=1b^2-a^2=1, soit (b−a)(b+a)=1(b-a)(b+a)=1 avec b+a≥2b+a\ge 2 : contradiction. Donc n+1n+2∉Q\sqrt{\frac{n+1}{n+2}}\notin\Q.

Exercice 13 — Rais. par récurrence Moyen ★★★☆☆

Démontrer par récurrence les propriétés suivantes :

  1. (∀n∈N∗)  ∑k=1n(2k−1)2=n(2n−1)(2n+1)3(\forall n\in\N^*)\ \ \displaystyle\sum_{k=1}^{n}(2k-1)^2=\frac{n(2n-1)(2n+1)}{3}
  2. (∀n∈N)  ∑k=0n5k=5n+1−14(\forall n\in\N)\ \ \displaystyle\sum_{k=0}^{n}5^k=\frac{5^{n+1}-1}{4}
  3. (∀n∈N∗)  ∑k=1n(2k−1)3=n2(2n2−1)(\forall n\in\N^*)\ \ \displaystyle\sum_{k=1}^{n}(2k-1)^3=n^2(2n^2-1)
  4. (∀n∈N)  ∑k=0n(4k+1)=(n+1)(2n+1)(\forall n\in\N)\ \ \displaystyle\sum_{k=0}^{n}(4k+1)=(n+1)(2n+1)
  5. (∀n∈N)  3n>2n(\forall n\in\N)\ \ 3^n>2n
  6. (∀n∈N∗)  4n≥3n+1(\forall n\in\N^*)\ \ 4^n\ge 3n+1
  7. (∀n∈N∗)  ∑k=1n1(2k−1)(2k+1)=n2n+1(\forall n\in\N^*)\ \ \displaystyle\sum_{k=1}^{n}\frac{1}{(2k-1)(2k+1)}=\frac{n}{2n+1}. Donner aussi une démonstration sans récurrence.
  8. (∀n∈N)  ∑k=0n(−12)k=23+(−1)n3×2n(\forall n\in\N)\ \ \displaystyle\sum_{k=0}^{n}\Big(-\frac12\Big)^k=\frac23+\frac{(-1)^n}{3\times 2^n}
  9. (∀n∈N∗)  ∑k=1nk(k+2)=n(n+1)(2n+7)6(\forall n\in\N^*)\ \ \displaystyle\sum_{k=1}^{n}k(k+2)=\frac{n(n+1)(2n+7)}{6}
  10. (∀n∈N)  (43)n≥1+n3(\forall n\in\N)\ \ \Big(\dfrac43\Big)^n\ge 1+\dfrac n3
  11. Pour tout n∈Nn\in\N, l’entier 7n−17^n-1 est divisible par 66.
Voir la solution

Dans chaque cas : initialisation, puis hérédité (on suppose la propriété vraie au rang nn et on la démontre au rang n+1n+1), puis conclusion par le principe de récurrence.

1) n=1n=1 : 1=1⋅1⋅331=\frac{1\cdot1\cdot3}{3}. Hérédité : ∑k=1n+1(2k−1)2=n(2n−1)(2n+1)3+(2n+1)2=(2n+1)(2n2−n+6n+3)3=(2n+1)(2n2+5n+3)3=(n+1)(2n+1)(2n+3)3\displaystyle\sum_{k=1}^{n+1}(2k-1)^2=\frac{n(2n-1)(2n+1)}{3}+(2n+1)^2=\frac{(2n+1)\big(2n^2-n+6n+3\big)}{3}=\frac{(2n+1)(2n^2+5n+3)}{3}=\frac{(n+1)(2n+1)(2n+3)}{3}, qui est la formule au rang n+1n+1.

2) n=0n=0 : 1=5−141=\frac{5-1}{4}. Hérédité : ∑k=0n+15k=5n+1−14+5n+1=5⋅5n+1−14=5n+2−14\displaystyle\sum_{k=0}^{n+1}5^k=\frac{5^{n+1}-1}{4}+5^{n+1}=\frac{5\cdot5^{n+1}-1}{4}=\frac{5^{n+2}-1}{4}.

3) n=1n=1 : 1=1⋅(2−1)1=1\cdot(2-1). Hérédité : n2(2n2−1)+(2n+1)3=2n4+8n3+11n2+6n+1n^2(2n^2-1)+(2n+1)^3=2n^4+8n^3+11n^2+6n+1 et (n+1)2(2(n+1)2−1)=(n2+2n+1)(2n2+4n+1)=2n4+8n3+11n2+6n+1(n+1)^2\big(2(n+1)^2-1\big)=(n^2+2n+1)(2n^2+4n+1)=2n^4+8n^3+11n^2+6n+1. Égalité.

4) n=0n=0 : 1=1×11=1\times1. Hérédité : (n+1)(2n+1)+(4n+5)=2n2+7n+6=(n+2)(2n+3)(n+1)(2n+1)+(4n+5)=2n^2+7n+6=(n+2)(2n+3), formule au rang n+1n+1.

5) n=0n=0 : 1>01>0. Hérédité : si 3n>2n3^n>2n, alors 3n+1=3⋅3n>6n≥2n+23^{n+1}=3\cdot3^n>6n\ge 2n+2 dès que n≥12n\ge\frac12, i.e. n≥1n\ge1 ; pour n=0n=0 : 31=3>23^1=3>2. Donc 3n+1>2(n+1)3^{n+1}>2(n+1).

6) n=1n=1 : 4≥44\ge4. Hérédité : si 4n≥3n+14^n\ge 3n+1, alors 4n+1≥12n+4=3(n+1)+1+9n≥3(n+1)+14^{n+1}\ge 12n+4=3(n+1)+1+9n\ge 3(n+1)+1.

7) n=1n=1 : 13=13\frac13=\frac{1}{3}. Hérédité : n2n+1+1(2n+1)(2n+3)=2n2+3n+1(2n+1)(2n+3)=(n+1)(2n+1)(2n+1)(2n+3)=n+12n+3.\frac{n}{2n+1}+\frac{1}{(2n+1)(2n+3)}=\frac{2n^2+3n+1}{(2n+1)(2n+3)}=\frac{(n+1)(2n+1)}{(2n+1)(2n+3)}=\frac{n+1}{2n+3}. Sans récurrence : pour tout k≥1k\ge 1, 1(2k−1)(2k+1)=12(12k−1−12k+1)\dfrac{1}{(2k-1)(2k+1)}=\dfrac12\Big(\dfrac{1}{2k-1}-\dfrac{1}{2k+1}\Big), donc la somme est télescopique : 12(1−12n+1)=n2n+1\dfrac12\Big(1-\dfrac{1}{2n+1}\Big)=\dfrac{n}{2n+1}.

8) n=0n=0 : 1=23+131=\frac23+\frac13. Hérédité : 23+(−1)n3⋅2n+(−12)n+1=23+(−1)n3⋅2n−(−1)n2n+1=23+(−1)n(2−3)3⋅2n+1=23+(−1)n+13⋅2n+1\dfrac23+\dfrac{(-1)^n}{3\cdot2^n}+\Big(-\dfrac12\Big)^{n+1}=\dfrac23+\dfrac{(-1)^n}{3\cdot 2^{n}}-\dfrac{(-1)^{n}}{2^{n+1}}=\dfrac23+\dfrac{(-1)^n(2-3)}{3\cdot2^{n+1}}=\dfrac23+\dfrac{(-1)^{n+1}}{3\cdot2^{n+1}}.

9) n=1n=1 : 3=1⋅2⋅963=\frac{1\cdot2\cdot9}{6}. Hérédité : n(n+1)(2n+7)6+(n+1)(n+3)=(n+1)(2n2+13n+18)6=(n+1)(n+2)(2n+9)6,\frac{n(n+1)(2n+7)}{6}+(n+1)(n+3)=\frac{(n+1)(2n^2+13n+18)}{6}=\frac{(n+1)(n+2)(2n+9)}{6}, formule au rang n+1n+1.

10) n=0n=0 : 1≥11\ge1. Hérédité : si (43)n≥1+n3\left(\frac43\right)^n\ge1+\frac n3, alors (43)n+1≥43(1+n3)=1+n+13+4n9≥1+n+13\left(\frac43\right)^{n+1}\ge\frac43\Big(1+\frac n3\Big)=1+\frac{n+1}{3}+\frac{4n}{9}\ge 1+\frac{n+1}{3}.

11) n=0n=0 : 70−1=0=6×07^0-1=0=6\times0. Hérédité : si 7n−1=6q7^n-1=6q (q∈Nq\in\N), alors 7n+1−1=7(7n−1)+6=6(7q+1)7^{n+1}-1=7(7^n-1)+6=6(7q+1).

Exercice 14 — Absurde / contraposée Moyen ★★★☆☆

  1. Montrer que le polynôme P(x)=x3+x2+x+3P(x)=x^3+x^2+x+3 n’admet aucune racine dans Z\Z.
  2. Montrer que, pour tout x∈R∗x\in\R^* :  4+x2≠2+x24\ \sqrt{4+x^2}\neq 2+\dfrac{x^2}{4}.
  3. Soient x,y,z∈Rx,y,z\in\R tels que x+y+z>32x+y+z>\dfrac32. Montrer que x>12x>\dfrac12 ou y>12y>\dfrac12 ou z>12z>\dfrac12.
  4. Soient x,y∈R+∗x,y\in\R_+^*. Montrer que :  ∣xy−yx∣≠2⟹xy+yx≠22\ \left|\sqrt{\dfrac xy}-\sqrt{\dfrac yx}\right|\neq 2\Longrightarrow\sqrt{\dfrac xy}+\sqrt{\dfrac yx}\neq 2\sqrt2.
  5. Sachant que 15∉Q\sqrt{15}\notin\Q, montrer que 3+5∉Q\sqrt3+\sqrt5\notin\Q.
Voir la solution
  1. Supposons qu’il existe n∈Zn\in\Z tel que P(n)=0P(n)=0. Alors n(n2+n+1)=−3n(n^2+n+1)=-3, donc nn divise 33 : n∈{−3;−1;1;3}n\in\{-3;-1;1;3\}. Or P(1)=6P(1)=6, P(−1)=2P(-1)=2, P(3)=42P(3)=42, P(−3)=−18P(-3)=-18 : aucune n’est nulle. Contradiction : PP n’a pas de racine entière.
  2. Contraposée : 4+x2=2+x24⟹x=0\sqrt{4+x^2}=2+\dfrac{x^2}4\Longrightarrow x=0. En élevant au carré : 4+x2=4+x2+x4164+x^2=4+x^2+\dfrac{x^4}{16}, donc x4=0x^4=0 et x=0x=0.
  3. Par l’absurde : si x≤12x\le\frac12, y≤12y\le\frac12 et z≤12z\le\frac12, alors x+y+z≤32x+y+z\le\frac32, ce qui contredit l’hypothèse.
  4. Posons u=xy+yxu=\sqrt{\frac xy}+\sqrt{\frac yx} et v=xy−yxv=\sqrt{\frac xy}-\sqrt{\frac yx} ; on a u2−v2=4xyyx=4u^2-v^2=4\sqrt{\frac xy}\sqrt{\frac yx}=4. Contraposée : si u=22u=2\sqrt2, alors v2=u2−4=4v^2=u^2-4=4, donc ∣v∣=2|v|=2.
  5. Supposons r=3+5∈Qr=\sqrt3+\sqrt5\in\Q. Alors r2=8+215r^2=8+2\sqrt{15}, donc 15=r2−82∈Q\sqrt{15}=\dfrac{r^2-8}{2}\in\Q : contradiction. Donc 3+5∉Q\sqrt3+\sqrt5\notin\Q.

Exercice 15 — Raisonnements variés Moyen ★★★☆☆

  1. Montrer que la proposition (∀x∈R∗)  x+4x≥4(\forall x\in\R^*)\ \ x+\dfrac4x\ge 4 est fausse.
  2. Soient aa et bb deux réels positifs ou nuls. a. Montrer que aa2+4<bb2+4  ⟺  a<b\dfrac{a}{\sqrt{a^2+4}}<\dfrac{b}{\sqrt{b^2+4}}\iff a<b. b. Montrer que aa2+4=bb2+4  ⟺  a=ba\sqrt{a^2+4}=b\sqrt{b^2+4}\iff a=b.
  3. Montrer que, pour tous x,y∈Rx,y\in\R :  ∣x2+3xy+2y2∣≤4⟹(∣x+y∣≤2  ou  ∣x+2y∣≤2)\ |x^2+3xy+2y^2|\le 4\Longrightarrow\big(|x+y|\le 2\ \text{ ou }\ |x+2y|\le 2\big).
  4. a. Montrer que tout entier naturel nn non divisible par 33 s’écrit n=3k+1n=3k+1 ou n=3k+2n=3k+2, avec k∈Nk\in\N. b. En déduire que, si l’entier n2−1n^2-1 n’est pas divisible par 33, alors nn est divisible par 33.
  5. Montrer que, pour tout n∈N∗n\in\N^* :  n2+4n∉N\ \sqrt{n^2+4n}\notin\N et nn+4∉Q\sqrt{\dfrac{n}{n+4}}\notin\Q. On admet que si ab\dfrac ab est irréductible, alors a2b2\dfrac{a^2}{b^2} est irréductible.
Voir la solution

1) Contre-exemple : x=−1∈R∗x=-1\in\R^* donne −1−4=−5<4-1-4=-5<4.

2) a) Les deux quotients sont positifs, donc (carrés de réels positifs, puis multiplication par (a2+4)(b2+4)>0(a^2+4)(b^2+4)>0) : aa2+4<bb2+4  ⟺  a2a2+4<b2b2+4  ⟺  a2(b2+4)<b2(a2+4)  ⟺  4a2<4b2  ⟺  a<b\dfrac{a}{\sqrt{a^2+4}}<\dfrac{b}{\sqrt{b^2+4}}\iff\dfrac{a^2}{a^2+4}<\dfrac{b^2}{b^2+4}\iff a^2(b^2+4)<b^2(a^2+4)\iff 4a^2<4b^2\iff a<b (car a,b≥0a,b\ge 0).

2) b) Les deux membres sont positifs : aa2+4=bb2+4  ⟺  a2(a2+4)=b2(b2+4)  ⟺  (a2−b2)(a2+b2+4)=0  ⟺  a2=b2a\sqrt{a^2+4}=b\sqrt{b^2+4}\iff a^2(a^2+4)=b^2(b^2+4)\iff(a^2-b^2)(a^2+b^2+4)=0\iff a^2=b^2 (car a2+b2+4>0a^2+b^2+4>0)   ⟺  a=b\iff a=b (car a,b≥0a,b\ge0).

3) On a x2+3xy+2y2=(x+y)(x+2y)x^2+3xy+2y^2=(x+y)(x+2y). Contraposée : si ∣x+y∣>2|x+y|>2 et ∣x+2y∣>2|x+2y|>2, alors ∣x2+3xy+2y2∣=∣x+y∣⋅∣x+2y∣>4|x^2+3xy+2y^2|=|x+y|\cdot|x+2y|>4.

4) a) La division euclidienne de nn par 33 donne n=3k+rn=3k+r avec r∈{0;1;2}r\in\{0;1;2\} ; si 3∤n3\nmid n, r≠0r\neq0, donc n=3k+1n=3k+1 ou n=3k+2n=3k+2.

4) b) Contraposée : si 3∤n3\nmid n, alors 3∣n2−13\mid n^2-1. Si n=3k+1n=3k+1 : n2−1=9k2+6k=3(3k2+2k)n^2-1=9k^2+6k=3(3k^2+2k) ; si n=3k+2n=3k+2 : n2−1=9k2+12k+3=3(3k2+4k+1)n^2-1=9k^2+12k+3=3(3k^2+4k+1).

5) Pour n≥1n\ge1 : (n+1)2=n2+2n+1<n2+4n(n+1)^2=n^2+2n+1<n^2+4n (car 2n>12n>1) et n2+4n<n2+4n+4=(n+2)2n^2+4n<n^2+4n+4=(n+2)^2. Si n2+4n=m∈N\sqrt{n^2+4n}=m\in\N, alors n+1<m<n+2n+1<m<n+2 : impossible. Donc n2+4n∉N\sqrt{n^2+4n}\notin\N. Supposons nn+4=ab∈Q\sqrt{\frac{n}{n+4}}=\frac ab\in\Q, ab\frac ab avec PGCD⁡(a;b)=1\pgcd(a;b)=1, a,b∈N∗a,b\in\N^*. Alors n2+4n=(n+4)ab\sqrt{n^2+4n}=(n+4)\frac ab est rationnel ; écrivons-le pq\frac pq avec PGCD⁡(p;q)=1\pgcd(p;q)=1 (p,q∈N∗p,q\in\N^*). Alors n2+4n=p2q2n^2+4n=\frac{p^2}{q^2} et PGCD⁡(p2;q2)=1\pgcd(p^2;q^2)=1 (admis) ; comme c’est un entier, q2=1q^2=1, donc n2+4n=p∈N\sqrt{n^2+4n}=p\in\N : contradiction avec ce qui précède.

Exercice 16 — Raisonnements variés Difficile ★★★★☆

  1. Montrer que, pour tout n∈Nn\in\N, l’entier 32n+2+26n+13^{2n+2}+2^{6n+1} est divisible par 1111.
  2. a. Montrer que, pour tout n∈Nn\in\N :  5∣n2⟹5∣n\ 5\mid n^2\Longrightarrow 5\mid n. b. En déduire que 5∉Q\sqrt5\notin\Q.
  3. Soient a,b∈Ra,b\in\R tels que a2+b2=2a^2+b^2=2. Montrer que ∣a+b∣≤2|a+b|\le 2.
  4. Soient aa et bb des réels. a. Montrer que a2+b2+1≥ab+a+ba^2+b^2+1\ge ab+a+b. b. Montrer que a3+2a=b3+2b  ⟺  a=ba^3+2a=b^3+2b\iff a=b.
  5. Soient aa et bb deux réels tels que (∀ε∈R+∗)  a≤b+ε(\forall\varepsilon\in\R_+^*)\ \ a\le b+\varepsilon. Montrer par l’absurde que a≤ba\le b.
Voir la solution

1) Posons un=32n+2+26n+1u_n=3^{2n+2}+2^{6n+1}. u0=9+2=11u_0=9+2=11. Si un=11qu_n=11q : un+1=9⋅32n+2+64⋅26n+1=9un+55⋅26n+1=11(9q+5⋅26n+1)u_{n+1}=9\cdot3^{2n+2}+64\cdot2^{6n+1}=9u_n+55\cdot2^{6n+1}=11\big(9q+5\cdot2^{6n+1}\big). Par récurrence, 11∣un11\mid u_n pour tout n∈Nn\in\N.

2) a) Contraposée : 5∤n⟹5∤n25\nmid n\Longrightarrow 5\nmid n^2. Si 5∤n5\nmid n, n=5k+rn=5k+r avec r∈{1;2;3;4}r\in\{1;2;3;4\} et n2=5(5k2+2kr)+r2n^2=5(5k^2+2kr)+r^2, avec r2∈{1;4;9;16}r^2\in\{1;4;9;16\}, soit r2=5q′+sr^2=5q'+s avec s∈{1;4;4;1}s\in\{1;4;4;1\}. Le reste de n2n^2 par 55 vaut 11 ou 44 : 5∤n25\nmid n^2.

2) b) Supposons 5=ab\sqrt5=\frac ab, a,b∈N∗a,b\in\N^*, PGCD⁡(a;b)=1\pgcd(a;b)=1. Alors a2=5b2a^2=5b^2, donc 5∣a25\mid a^2, donc 5∣a5\mid a : a=5ca=5c. Alors 25c2=5b225c^2=5b^2, b2=5c2b^2=5c^2, donc 5∣b5\mid b. Contradiction avec PGCD⁡(a;b)=1\pgcd(a;b)=1.

3) (a+b)2=a2+b2+2ab≤a2+b2+(a2+b2)=4(a+b)^2=a^2+b^2+2ab\le a^2+b^2+(a^2+b^2)=4 car 2ab≤a2+b2  ⟺  (a−b)2≥02ab\le a^2+b^2\iff(a-b)^2\ge0. Donc ∣a+b∣=(a+b)2≤2|a+b|=\sqrt{(a+b)^2}\le 2.

4) a) a2+b2+1−ab−a−b=12[(a−b)2+(a−1)2+(b−1)2]≥0a^2+b^2+1-ab-a-b=\frac12\big[(a-b)^2+(a-1)^2+(b-1)^2\big]\ge 0.

4) b) (⟸\Longleftarrow) évident. (⟹\Longrightarrow) a3+2a=b3+2b⟹(a−b)(a2+ab+b2+2)=0a^3+2a=b^3+2b\Longrightarrow(a-b)(a^2+ab+b^2+2)=0. Or a2+ab+b2=(a+b2)2+3b24≥0a^2+ab+b^2=\left(a+\frac b2\right)^2+\frac{3b^2}{4}\ge0, donc a2+ab+b2+2>0a^2+ab+b^2+2>0, d’où a−b=0a-b=0.

5) Supposons a>ba>b et posons ε=a−b2>0\varepsilon=\dfrac{a-b}{2}>0. L’hypothèse donne a≤b+a−b2a\le b+\frac{a-b}{2}, soit a−b2≤0\frac{a-b}{2}\le 0, donc a≤ba\le b : contradiction. Donc a≤ba\le b.

Exercice 17 — Loi logique sans tableau Moyen ★★★☆☆

Sans utiliser de tableau de vérité, montrer que la proposition [(P ou Q)⟹R]  ⟺  [(P⟹R) et (Q⟹R)]\big[(P\text{ ou }Q)\Longrightarrow R\big]\iff\big[(P\Longrightarrow R)\text{ et }(Q\Longrightarrow R)\big] est une loi logique.

Voir la solution

En utilisant (A⇒B)  ⟺  (A‾ ou B)(A\Rightarrow B)\iff(\non{A}\text{ ou }B), les lois de Morgan et la distributivité : [(P ou Q)⇒R]  ⟺  [P ou Q‾ ou R]  ⟺  [(P‾ et Q‾) ou R]  ⟺  [(P‾ ou R) et (Q‾ ou R)]  ⟺  [(P⇒R) et (Q⇒R)].\begin{aligned}\big[(P\text{ ou }Q)\Rightarrow R\big]&\iff\big[\overline{P\text{ ou }Q}\text{ ou }R\big]\iff\big[(\non{P}\text{ et }\non{Q})\text{ ou }R\big]\\&\iff\big[(\non{P}\text{ ou }R)\text{ et }(\non{Q}\text{ ou }R)\big]\iff\big[(P\Rightarrow R)\text{ et }(Q\Rightarrow R)\big].\end{aligned} Chaque étape est une loi logique, donc l’équivalence est vraie quelles que soient les valeurs de P,Q,RP,Q,R : c’est une loi logique.

Exercice 18 — Récurrence (synthèse) Difficile ★★★★☆

Démontrer les propriétés suivantes pour tout n∈N∗n\in\N^* :

  1. ∑k=1nk(k+1)(k+2)=n(n+1)(n+2)(n+3)4\displaystyle\sum_{k=1}^{n}k(k+1)(k+2)=\frac{n(n+1)(n+2)(n+3)}{4}
  2. 25n+3+17×7n2^{5n+3}+17\times 7^n est divisible par 2525.
  3. 2×32n+26n−42\times 3^{2n}+2^{6n-4} est divisible par 1111.
  4. 33n+1+23n+43^{3n+1}+2^{3n+4} est divisible par 1919.
  5. ∏k=1n(1+1k2)≤4−4n+1\displaystyle\prod_{k=1}^{n}\Big(1+\frac{1}{k^2}\Big)\le 4-\frac{4}{n+1}
  6. 2n+1−2≤∑k=1n1k≤2n−1\displaystyle 2\sqrt{n+1}-2\le\sum_{k=1}^{n}\frac{1}{\sqrt k}\le 2\sqrt n-1
  7. ∑k=1n1k(k+1)(k+2)=n(n+3)4(n+1)(n+2)\displaystyle\sum_{k=1}^{n}\frac{1}{k(k+1)(k+2)}=\frac{n(n+3)}{4(n+1)(n+2)}
  8. ∑k=1n(−1)kk2=(−1)n n(n+1)2\displaystyle\sum_{k=1}^{n}(-1)^k k^2=\frac{(-1)^n\,n(n+1)}{2}
  9. ∑k=1n(k−1)k2=(n−1)n(n+1)(3n+2)12\displaystyle\sum_{k=1}^{n}(k-1)k^2=\frac{(n-1)n(n+1)(3n+2)}{12}
Voir la solution

1) n=1n=1 : 6=1⋅2⋅3⋅446=\frac{1\cdot2\cdot3\cdot4}{4}. Hérédité : n(n+1)(n+2)(n+3)4+(n+1)(n+2)(n+3)=(n+1)(n+2)(n+3)(n+4)4\dfrac{n(n+1)(n+2)(n+3)}{4}+(n+1)(n+2)(n+3)=\dfrac{(n+1)(n+2)(n+3)(n+4)}{4}.

2) un=25n+3+17⋅7nu_n=2^{5n+3}+17\cdot7^n. u1=256+119=375=25×15u_1=256+119=375=25\times15. Si un=25qu_n=25q : un+1=32⋅25n+3+7⋅17⋅7n=7un+25⋅25n+3=25(7q+25n+3)u_{n+1}=32\cdot2^{5n+3}+7\cdot17\cdot7^n=7u_n+25\cdot2^{5n+3}=25(7q+2^{5n+3}).

3) un=2⋅32n+26n−4u_n=2\cdot3^{2n}+2^{6n-4}. u1=18+4=22u_1=18+4=22. Si un=11qu_n=11q : un+1=9⋅2⋅32n+64⋅26n−4=9un+55⋅26n−4=11(9q+5⋅26n−4)u_{n+1}=9\cdot2\cdot3^{2n}+64\cdot2^{6n-4}=9u_n+55\cdot2^{6n-4}=11(9q+5\cdot2^{6n-4}).

4) un=33n+1+23n+4u_n=3^{3n+1}+2^{3n+4}. u1=81+128=209=19×11u_1=81+128=209=19\times11. Si un=19qu_n=19q : un+1=27⋅33n+1+8⋅23n+4=8un+19⋅33n+1=19(8q+33n+1)u_{n+1}=27\cdot3^{3n+1}+8\cdot2^{3n+4}=8u_n+19\cdot3^{3n+1}=19(8q+3^{3n+1}).

5) n=1n=1 : 2≤4−22\le 4-2. Hérédité : supposons ∏k=1n(1+1k2)≤4nn+1\prod_{k=1}^{n}\big(1+\frac1{k^2}\big)\le\frac{4n}{n+1}. Alors ∏k=1n+1(1+1k2)≤4nn+1⋅(n+1)2+1(n+1)2=4n(n2+2n+2)(n+1)3\displaystyle\prod_{k=1}^{n+1}\Big(1+\frac1{k^2}\Big)\le\frac{4n}{n+1}\cdot\frac{(n+1)^2+1}{(n+1)^2}=\frac{4n(n^2+2n+2)}{(n+1)^3}. Or 4(n+1)n+2−4n(n2+2n+2)(n+1)3=4[(n+1)4−n(n+2)(n2+2n+2)](n+1)3(n+2)=4(n+1)3(n+2)>0\dfrac{4(n+1)}{n+2}-\dfrac{4n(n^2+2n+2)}{(n+1)^3}=\dfrac{4\big[(n+1)^4-n(n+2)(n^2+2n+2)\big]}{(n+1)^3(n+2)}=\dfrac{4}{(n+1)^3(n+2)}>0. Donc le produit est ≤4(n+1)n+2=4−4n+2\le\frac{4(n+1)}{n+2}=4-\frac{4}{n+2}.

6) Notons Sn=∑k=1n1kS_n=\sum_{k=1}^{n}\frac{1}{\sqrt k}. n=1n=1 : 22−2≈0,83≤1≤12\sqrt2-2\approx0{,}83\le1\le1. Hérédité (majoration) : Sn+1≤2n−1+1n+1S_{n+1}\le 2\sqrt n-1+\frac1{\sqrt{n+1}} et 2n+1−2n=2n+1+n≥22n+1=1n+12\sqrt{n+1}-2\sqrt n=\frac{2}{\sqrt{n+1}+\sqrt n}\ge\frac{2}{2\sqrt{n+1}}=\frac{1}{\sqrt{n+1}}, donc Sn+1≤2n+1−1S_{n+1}\le 2\sqrt{n+1}-1. Hérédité (minoration) : Sn+1≥2n+1−2+1n+1S_{n+1}\ge 2\sqrt{n+1}-2+\frac{1}{\sqrt{n+1}} et 2n+2−2n+1=2n+2+n+1≤22n+1=1n+12\sqrt{n+2}-2\sqrt{n+1}=\frac{2}{\sqrt{n+2}+\sqrt{n+1}}\le\frac{2}{2\sqrt{n+1}}=\frac1{\sqrt{n+1}}, donc Sn+1≥2n+2−2S_{n+1}\ge 2\sqrt{n+2}-2.

7) n=1n=1 : 16=44⋅2⋅3\frac16=\frac{4}{4\cdot2\cdot3}. Hérédité : n(n+3)4(n+1)(n+2)+1(n+1)(n+2)(n+3)=n(n+3)2+44(n+1)(n+2)(n+3)=(n+1)2(n+4)4(n+1)(n+2)(n+3)=(n+1)(n+4)4(n+2)(n+3),\frac{n(n+3)}{4(n+1)(n+2)}+\frac{1}{(n+1)(n+2)(n+3)}=\frac{n(n+3)^2+4}{4(n+1)(n+2)(n+3)}=\frac{(n+1)^2(n+4)}{4(n+1)(n+2)(n+3)}=\frac{(n+1)(n+4)}{4(n+2)(n+3)}, car n3+6n2+9n+4=(n+1)2(n+4)n^3+6n^2+9n+4=(n+1)^2(n+4).

8) n=1n=1 : −1=−1⋅22-1=\frac{-1\cdot2}{2}. Hérédité : (−1)nn(n+1)2+(−1)n+1(n+1)2=(−1)n+1(n+1)(2(n+1)−n)2=(−1)n+1(n+1)(n+2)2\dfrac{(-1)^n n(n+1)}{2}+(-1)^{n+1}(n+1)^2=\dfrac{(-1)^{n+1}(n+1)\big(2(n+1)-n\big)}{2}=\dfrac{(-1)^{n+1}(n+1)(n+2)}{2}.

9) n=1n=1 : 0=00=0. Hérédité : (n−1)n(n+1)(3n+2)12+n(n+1)2=n(n+1)[(n−1)(3n+2)+12(n+1)]12=n(n+1)(3n2+11n+10)12=n(n+1)(n+2)(3n+5)12\dfrac{(n-1)n(n+1)(3n+2)}{12}+n(n+1)^2=\dfrac{n(n+1)\big[(n-1)(3n+2)+12(n+1)\big]}{12}=\dfrac{n(n+1)(3n^2+11n+10)}{12}=\dfrac{n(n+1)(n+2)(3n+5)}{12}, formule au rang n+1n+1.

Exercice 19 — Récurrence Moyen ★★★☆☆

  1. Montrer par récurrence que : (∀n∈N∗)(∃(an;bn)∈N2)  (1+3)n=an+bn3(\forall n\in\N^*)(\exists (a_n;b_n)\in\N^2)\ \ (1+\sqrt3)^n=a_n+b_n\sqrt3.
  2. Exprimer an+1a_{n+1} et bn+1b_{n+1} en fonction de ana_n et de bnb_n.
  3. Calculer (1+3)5(1+\sqrt3)^5.
Voir la solution
  1. n=1n=1 : (a1;b1)=(1;1)(a_1;b_1)=(1;1). Si (1+3)n=an+bn3(1+\sqrt3)^n=a_n+b_n\sqrt3 avec an,bn∈Na_n,b_n\in\N, alors (1+3)n+1=(an+bn3)(1+3)=(an+3bn)+(an+bn)3(1+\sqrt3)^{n+1}=(a_n+b_n\sqrt3)(1+\sqrt3)=(a_n+3b_n)+(a_n+b_n)\sqrt3, avec an+3bn∈Na_n+3b_n\in\N et an+bn∈Na_n+b_n\in\N.
  2. On peut choisir an+1=an+3bna_{n+1}=a_n+3b_n et bn+1=an+bnb_{n+1}=a_n+b_n (ces nombres sont d’ailleurs uniques car 3∉Q\sqrt3\notin\Q).
  3. (a2;b2)=(4;2)(a_2;b_2)=(4;2), (a3;b3)=(10;6)(a_3;b_3)=(10;6), (a4;b4)=(28;16)(a_4;b_4)=(28;16), (a5;b5)=(76;44)(a_5;b_5)=(76;44) : (1+3)5=76+443(1+\sqrt3)^5=76+44\sqrt3.

Exercice 20 — Inégalité d’olympiade Difficile ★★★★☆

  1. Soient a,b∈Ra,b\in\R. Montrer que, pour tout n∈N∗n\in\N^* :  an−bn=(a−b)(an−1+an−2b+⋯+abn−2+bn−1)=(a−b)∑k=1nan−kbk−1\ a^n-b^n=(a-b)\left(a^{n-1}+a^{n-2}b+\cdots+ab^{n-2}+b^{n-1}\right)=(a-b)\displaystyle\sum_{k=1}^{n}a^{n-k}b^{k-1}.
  2. Soient x,y∈R+∗x,y\in\R_+^*. Montrer que, pour tout n∈Nn\in\N :  xn+2+yn+2≥xny2+x2yn\ x^{n+2}+y^{n+2}\ge x^ny^2+x^2y^n.
Voir la solution
  1. Récurrence. n=1n=1 : a−b=(a−b)⋅1a-b=(a-b)\cdot1. Si la formule est vraie au rang nn : an+1−bn+1=a(an−bn)+bn(a−b)=(a−b)[∑k=1nan+1−kbk−1+bn]=(a−b)∑k=1n+1an+1−kbk−1a^{n+1}-b^{n+1}=a(a^n-b^n)+b^n(a-b)=(a-b)\Big[\sum_{k=1}^{n}a^{n+1-k}b^{k-1}+b^{n}\Big]=(a-b)\sum_{k=1}^{n+1}a^{n+1-k}b^{k-1}.
  2. xn+2+yn+2−xny2−x2yn=xn(x2−y2)−yn(x2−y2)=(xn−yn)(x2−y2)x^{n+2}+y^{n+2}-x^ny^2-x^2y^n=x^n(x^2-y^2)-y^n(x^2-y^2)=(x^n-y^n)(x^2-y^2). Pour n≥1n\ge1, d’après 1), xn−yn=(x−y)Sx^n-y^n=(x-y)S avec S>0S>0 (somme de termes strictement positifs), et x2−y2=(x−y)(x+y)x^2-y^2=(x-y)(x+y). Donc la différence vaut (x−y)2(x+y)S≥0(x-y)^2(x+y)S\ge0. Pour n=0n=0 : la différence est nulle.

Exercice 21 — Récurrence / inégalités Difficile ★★★★☆

Soient x,y∈R+∗x,y\in\R_+^*.

  1. Montrer que, pour tout n∈N∗n\in\N^* :  2n−1(xn+yn)≥(x+y)n\ 2^{n-1}(x^n+y^n)\ge(x+y)^n.
  2. On suppose que x+y=2x+y=2. a. Montrer que xy≤1xy\le 1 et que, pour tout n∈N∗n\in\N^*, xn+yn≥2x^n+y^n\ge 2. b. En déduire que, pour tout n∈N∗n\in\N^* :  (1+1xn)(1+1yn)≥4\ \Big(1+\dfrac{1}{x^n}\Big)\Big(1+\dfrac{1}{y^n}\Big)\ge 4.
Voir la solution

1) n=1n=1 : x+y≥x+yx+y\ge x+y. Hérédité : si 2n−1(xn+yn)≥(x+y)n2^{n-1}(x^n+y^n)\ge(x+y)^n, alors (x+y)n+1≤2n−1(xn+yn)(x+y)(x+y)^{n+1}\le 2^{n-1}(x^n+y^n)(x+y) et 2(xn+1+yn+1)−(xn+yn)(x+y)=xn+1+yn+1−xny−xyn=(xn−yn)(x−y)≥02(x^{n+1}+y^{n+1})-(x^n+y^n)(x+y)=x^{n+1}+y^{n+1}-x^ny-xy^n=(x^n-y^n)(x-y)\ge0 (même signe, exercice 20). D’où (x+y)n+1≤2n(xn+1+yn+1)(x+y)^{n+1}\le 2^{n}(x^{n+1}+y^{n+1}).

2) a) 1−xy=(x+y)24−xy=(x−y)24≥01-xy=\frac{(x+y)^2}{4}-xy=\frac{(x-y)^2}{4}\ge0, donc xy≤1xy\le1. D’après 1) : xn+yn≥(x+y)n2n−1=2n2n−1=2x^n+y^n\ge\frac{(x+y)^n}{2^{n-1}}=\frac{2^n}{2^{n-1}}=2.

2) b) (1+1xn)(1+1yn)=1+xn+yn(xy)n+1(xy)n\Big(1+\frac1{x^n}\Big)\Big(1+\frac1{y^n}\Big)=1+\frac{x^n+y^n}{(xy)^n}+\frac{1}{(xy)^n}. Comme 0<xy≤10<xy\le1, 0<(xy)n≤10<(xy)^n\le1, donc 1(xy)n≥1\frac{1}{(xy)^n}\ge 1 et xn+yn(xy)n≥xn+yn≥2\frac{x^n+y^n}{(xy)^n}\ge x^n+y^n\ge 2. Le produit est donc ≥1+2+1=4\ge 1+2+1=4.

Exercice 22 — Rais. par l’absurde Difficile ★★★★☆

  1. Montrer que, pour tout n∈N∗n\in\N^*, l’entier n(n+2)n(n+2) n’est pas le carré d’un entier, puis que n+2n∉Q\sqrt{\dfrac{n+2}{n}}\notin\Q (on pourra utiliser l’admis de l’exercice 15).
  2. En déduire que, si a,b∈Na,b\in\N vérifient a>2b>0a>2b>0, alors a2+4b2a2−4b2∉N\dfrac{a^2+4b^2}{a^2-4b^2}\notin\N.
Voir la solution

1) n2<n2+2n<(n+1)2n^2<n^2+2n<(n+1)^2 pour n≥1n\ge1, donc n(n+2)n(n+2) n’est pas un carré parfait. Si n+2n∈Q\sqrt{\frac{n+2}{n}}\in\Q, alors n(n+2)=nn+2n∈Q\sqrt{n(n+2)}=n\sqrt{\frac{n+2}{n}}\in\Q ; en l’écrivant pq\frac pq avec PGCD⁡(p;q)=1\pgcd(p;q)=1, n(n+2)=p2q2n(n+2)=\frac{p^2}{q^2} irréductible et entier, donc q=1q=1 et n(n+2)=p2n(n+2)=p^2 : contradiction.

2) Supposons a2+4b2a2−4b2=k∈N\dfrac{a^2+4b^2}{a^2-4b^2}=k\in\N (a2−4b2>0a^2-4b^2>0). Comme a2+4b2>a2−4b2>0a^2+4b^2>a^2-4b^2>0, k≥2k\ge 2. Alors a2+4b2=k(a2−4b2)a^2+4b^2=k(a^2-4b^2), soit (k+1) 4b2=(k−1)a2(k+1)\,4b^2=(k-1)a^2, donc k+1k−1=(a2b)2\dfrac{k+1}{k-1}=\Big(\dfrac{a}{2b}\Big)^2 et (k−1)+2k−1=a2b∈Q\sqrt{\dfrac{(k-1)+2}{k-1}}=\dfrac{a}{2b}\in\Q, avec n=k−1∈N∗n=k-1\in\N^* : contradiction avec 1).

Exercice 23 — Rais. par l’absurde Difficile ★★★★☆

  1. Montrer que, pour tout n∈Nn\in\N, n+3n+5∉N\dfrac{n+3}{n+5}\notin\N.
  2. Soient aa et bb deux rationnels tels que a≠2ba\neq 2b. Montrer que a+b22+2∉Q\dfrac{a+b\sqrt2}{2+\sqrt2}\notin\Q.
  3. Montrer que, pour tout n∈Nn\in\N, n2+3n+3∉N\sqrt{n^2+3n+3}\notin\N.
  4. Soit a∈Na\in\N. Montrer que a2+9a2+36a2+12a+2∉N\sqrt{a^2+\sqrt{9a^2+\sqrt{36a^2+12a+2}}}\notin\N.
Voir la solution
  1. Pour n∈Nn\in\N : 0<n+3<n+50<n+3<n+5, donc 0<n+3n+5<10<\frac{n+3}{n+5}<1 : ce n’est pas un entier naturel.
  2. a+b22+2=(a+b2)(2−2)2=(a−b)+2b−a22\dfrac{a+b\sqrt2}{2+\sqrt2}=\dfrac{(a+b\sqrt2)(2-\sqrt2)}{2}=(a-b)+\dfrac{2b-a}{2}\sqrt2. Supposons ce nombre égal à r∈Qr\in\Q ; comme 2b−a≠02b-a\neq 0 : 2=2(r−a+b)2b−a∈Q\sqrt2=\dfrac{2(r-a+b)}{2b-a}\in\Q, contradiction.
  3. (n+1)2<n2+3n+3<(n+2)2(n+1)^2<n^2+3n+3<(n+2)^2 (car n+2>0n+2>0 et n+1>0n+1>0) : n2+3n+3\sqrt{n^2+3n+3} est strictement compris entre deux entiers consécutifs, donc n’est pas entier.
  4. (6a+1)2=36a2+12a+1<36a2+12a+2<36a2+24a+4=(6a+2)2(6a+1)^2=36a^2+12a+1<36a^2+12a+2<36a^2+24a+4=(6a+2)^2, donc u=36a2+12a+2∉Nu=\sqrt{36a^2+12a+2}\notin\N, donc u∉Zu\notin\Z (u>0u>0). Alors 9a2+u∉Z9a^2+u\notin\Z ; si v=9a2+uv=\sqrt{9a^2+u} était entier, 9a2+u=v29a^2+u=v^2 serait entier : absurde. Donc v∉Nv\notin\N, puis de même a2+v∉Za^2+v\notin\Z et a2+v∉N\sqrt{a^2+v}\notin\N.

Exercice 24 — Double implication Moyen ★★★☆☆

Soient aa, bb et cc des réels.

  1. Montrer que :  ∣a+b∣+∣a−b∣≤2c⟹(∣a∣≤c  et  ∣b∣≤c)\ |a+b|+|a-b|\le 2c\Longrightarrow\big(|a|\le c\ \text{ et }\ |b|\le c\big).
  2. Montrer que :  (∣a∣≤c  et  ∣b∣≤c)⟹∣a+b∣+∣a−b∣≤2c\ \big(|a|\le c\ \text{ et }\ |b|\le c\big)\Longrightarrow|a+b|+|a-b|\le 2c.
Voir la solution
  1. 2∣a∣=∣(a+b)+(a−b)∣≤∣a+b∣+∣a−b∣≤2c2|a|=|(a+b)+(a-b)|\le|a+b|+|a-b|\le 2c, donc ∣a∣≤c|a|\le c ; de même 2∣b∣=∣(a+b)−(a−b)∣≤2c2|b|=|(a+b)-(a-b)|\le 2c.
  2. On a c≥∣a∣≥0c\ge|a|\ge0. Les deux membres étant positifs : (∣a+b∣+∣a−b∣)2=2a2+2b2+2∣a2−b2∣\big(|a+b|+|a-b|\big)^2=2a^2+2b^2+2|a^2-b^2|. Si a2≥b2a^2\ge b^2, cela vaut 4a2≤4c24a^2\le 4c^2 ; sinon 4b2≤4c24b^2\le 4c^2. Donc ∣a+b∣+∣a−b∣≤2c|a+b|+|a-b|\le 2c.

Exercice 25 — Synthèse Difficile ★★★★★

Soient a,b,c∈Ra,b,c\in\R tels que, pour tout x∈[−2;2]x\in[-2;2],  ∣ax2+bx+c∣≤1\ |ax^2+bx+c|\le 1.

  1. Montrer que ∣c∣≤1|c|\le 1,  ∣4a+2b+c∣≤1\ |4a+2b+c|\le 1 et  ∣4a−2b+c∣≤1\ |4a-2b+c|\le 1.
  2. En déduire que ∣4a+c∣≤1|4a+c|\le 1 et ∣a∣≤12|a|\le\dfrac12.
  3. a. Montrer que :  2(16a2+4b2+c2)≤(4a+2b+c)2+(4a−2b+c)2+16∣ac∣\ 2(16a^2+4b^2+c^2)\le(4a+2b+c)^2+(4a-2b+c)^2+16|ac|. b. En déduire que 16a2+4b2+c2≤516a^2+4b^2+c^2\le 5.
Voir la solution
  1. Pour x=0x=0, x=2x=2, x=−2x=-2 (qui sont dans [−2;2][-2;2]) : ∣c∣≤1|c|\le1, ∣4a+2b+c∣≤1|4a+2b+c|\le1, ∣4a−2b+c∣≤1|4a-2b+c|\le1.
  2. 2(4a+c)=(4a+2b+c)+(4a−2b+c)2(4a+c)=(4a+2b+c)+(4a-2b+c), donc 2∣4a+c∣≤1+12|4a+c|\le 1+1 et ∣4a+c∣≤1|4a+c|\le 1. Puis 4∣a∣=∣(4a+c)−c∣≤1+14|a|=|(4a+c)-c|\le 1+1, donc ∣a∣≤12|a|\le\frac12.
  3. a. (4a+2b+c)2+(4a−2b+c)2=32a2+8b2+2c2+16ac(4a+2b+c)^2+(4a-2b+c)^2=32a^2+8b^2+2c^2+16ac. Donc le second membre moins le premier vaut 16ac+16∣ac∣≥016ac+16|ac|\ge0. b. D’après 1) et 2) : 2(16a2+4b2+c2)≤1+1+16⋅12⋅1=102(16a^2+4b^2+c^2)\le 1+1+16\cdot\frac12\cdot1=10, donc 16a2+4b2+c2≤516a^2+4b^2+c^2\le 5.

Exercice 26 — Contraposée / absurde Difficile ★★★★☆

Soient aa, bb et cc des entiers relatifs, tous différents de 22. Montrer que : {2(a+b)≤ab+32(b+c)≤bc+3⟹2(c+a)≤ca+3.\begin{cases}2(a+b)\le ab+3\\ 2(b+c)\le bc+3\end{cases}\Longrightarrow 2(c+a)\le ca+3.

Voir la solution

Pour des entiers : 2(a+b)≤ab+3  ⟺  ab−2a−2b+4≥1  ⟺  (a−2)(b−2)≥12(a+b)\le ab+3\iff ab-2a-2b+4\ge1\iff(a-2)(b-2)\ge1. Les hypothèses donnent (a−2)(b−2)≥1(a-2)(b-2)\ge1 et (b−2)(c−2)≥1(b-2)(c-2)\ge1 : donc a−2a-2 et c−2c-2 ont le même signe (strict) que b−2b-2, d’où (a−2)(c−2)>0(a-2)(c-2)>0. Comme c’est un entier, (a−2)(c−2)≥1(a-2)(c-2)\ge1, c’est-à-dire 2(c+a)≤ca+32(c+a)\le ca+3.

Exercice 27 — Raisonnement au choix Moyen ★★★☆☆

Soient a,b,c∈N∗a,b,c\in\N^* tels que a2b<ca^2b<c. Montrer que a+b≤ca+b\le c.

Voir la solution

Comme a≥1a\ge1 : a2b≥aba^2b\ge ab. Et ab−(a+b−1)=(a−1)(b−1)≥0ab-(a+b-1)=(a-1)(b-1)\ge 0. Donc c>a2b≥ab≥a+b−1c>a^2b\ge ab\ge a+b-1, soit c>a+b−1c>a+b-1 ; les nombres étant entiers, c≥a+bc\ge a+b.

Exercice 28 — Inégalités Difficile ★★★★☆

Soient aa, bb et cc les longueurs des côtés d’un triangle, avec a+b+c=2a+b+c=2. Montrer que 43≤a2+b2+c2<2\dfrac43\le a^2+b^2+c^2<2.

Voir la solution

Minoration : 3(a2+b2+c2)−(a+b+c)2=(a−b)2+(b−c)2+(c−a)2≥03(a^2+b^2+c^2)-(a+b+c)^2=(a-b)^2+(b-c)^2+(c-a)^2\ge0, donc a2+b2+c2≥43a^2+b^2+c^2\ge\frac43. Majoration : inégalité triangulaire stricte : a<b+ca<b+c, donc a2<a(b+c)a^2<a(b+c) ; de même b2<b(a+c)b^2<b(a+c), c2<c(a+b)c^2<c(a+b). En sommant, S=a2+b2+c2<2(ab+bc+ca)=(a+b+c)2−S=4−SS=a^2+b^2+c^2<2(ab+bc+ca)=(a+b+c)^2-S=4-S, donc S<2S<2.

Exercice 29 — Équivalence en géométrie Moyen ★★★☆☆

Soit EFGEFG un triangle isocèle en FF. Soient MM un point du segment [FE][FE] et NN un point du segment [EG][EG] tels que (MN)∥(FG)(MN)\parallel(FG). Soit PP un point du segment [FG][FG]. Montrer que (NP)∥(EF)  ⟺  EM=FP(NP)\parallel(EF)\iff EM=FP.

Voir la solution

Posons t=EMEFt=\frac{EM}{EF} (0≤t≤10\le t\le 1). Comme (MN)∥(FG)(MN)\parallel(FG), Thalès dans EFGEFG donne ENEG=t\frac{EN}{EG}=t, donc GNGE=1−t\frac{GN}{GE}=1-t. (NP)∥(EF)(NP)\parallel(EF)   ⟺  \iff (Thalès et sa réciproque dans le triangle GEFGEF, N∈[GE]N\in[GE], P∈[GF]P\in[GF]) GPGF=GNGE=1−t\frac{GP}{GF}=\frac{GN}{GE}=1-t   ⟺  FP=t⋅FG\iff FP=t\cdot FG   ⟺  FP=t⋅FE\iff FP=t\cdot FE (car FG=FEFG=FE)   ⟺  FP=EM\iff FP=EM.

Exercice 30 — Inégalité d’olympiade Difficile ★★★★★

Soient n∈N∗n\in\N^* et x1,x2,…,xn∈R+x_1,x_2,\ldots,x_n\in\R_+. On admet l’inégalité :  (∑i=1nxi)n≥nn∏i=1nxi\ \displaystyle\Big(\sum_{i=1}^{n}x_i\Big)^n\ge n^n\prod_{i=1}^{n}x_i.

  1. En déduire que, pour tous x,y,z,t∈R+x,y,z,t\in\R_+ :  (x+y+z+t)4≥256 xyzt\ (x+y+z+t)^4\ge 256\,xyzt.
  2. En déduire que, pour tout n∈N∗n\in\N^* :  ∏k=1n(2k−1)≤nn\ \displaystyle\prod_{k=1}^{n}(2k-1)\le n^n.
Voir la solution
  1. Avec n=4n=4 et (x1;x2;x3;x4)=(x;y;z;t)(x_1;x_2;x_3;x_4)=(x;y;z;t) : (x+y+z+t)4≥44xyzt=256 xyzt(x+y+z+t)^4\ge4^4xyzt=256\,xyzt.
  2. Avec xk=2k−1≥0x_k=2k-1\ge0 : ∑k=1n(2k−1)=n2\sum_{k=1}^{n}(2k-1)=n^2 (exercice du cours), donc (n2)n≥nn∏k=1n(2k−1)(n^2)^n\ge n^n\prod_{k=1}^{n}(2k-1), d’où ∏k=1n(2k−1)≤n2nnn=nn\prod_{k=1}^{n}(2k-1)\le\frac{n^{2n}}{n^n}=n^n.

Quiz — testez-vous

20 questions tirées au hasard parmi 37.

← Retour aux chapitres 1BAC SM