Plan du chapitre. I. Équations et inéquations du premier degré — II. Systèmes et inéquations à deux inconnues — III. Équations du second degré — IV. Signe du trinôme et inéquations du second degré.
I. Équations et inéquations du premier degré
1. Équations du premier degré à une inconnue
Propriété 1
On considère deux réels a et b et l’équation (E):ax+b=0, d’inconnue réelle x.
Si a=0 : (E) admet une unique solution, x=−ab.
Si a=0 et b=0 : tout réel est solution, S=R.
Si a=0 et b=0 : (E) n’a pas de solution, S=∅.
Méthode
Équation produit : A×B=0⟺A=0 ou B=0.
Équation quotient : BA=0⟺A=0 et B=0 ; on commence par déterminer les valeurs interdites.
Exemple 1
Résoudre dans R : (2x−3)(x+5)=0 et x+2x−1=3.
Voir la solution
(2x−3)(x+5)=0⟺x=23 ou x=−5 : S={−5;23}.
Valeur interdite : −2. Pour x=−2 : x+2x−1=3⟺x−1=3x+6⟺x=−27, qui n’est pas interdite : S={−27}.
Application 1
On considère un réel m. Résoudre dans R, selon les valeurs de m, l’équation (m−2)x=m2−4.
Voir la solution
Si m=2 : x=m−2(m−2)(m+2)=m+2, S={m+2}.
Si m=2 : l’équation s’écrit 0×x=0, S=R.
2. Signe de ax+b et inéquations
Propriété 2
On considère deux réels a=0 et b. Le binôme ax+b s’annule en x0=−ab ; il est du signe de −a avant x0 et du signe de a après x0 :
x
−∞
−ab
+∞
ax+b
signe de −a
0
signe de a
Exemple 2
Résoudre dans R l’inéquation 3−x2x−4≥0.
Voir la solution
Valeur interdite : 3. Tableau de signes :
x
−∞
2
3
+∞
2x−4
−
0
+
+
3−x
+
+
0
−
quotient
−
0
+
∥
−
S=[2;3[.
II. Systèmes et inéquations à deux inconnues
1. Systèmes de deux équations du premier degré
Définition 1
On considère des réels a, b, c, a′, b′, c′ et le système (S):{ax+by=ca′x+b′y=c′ d’inconnues réelles x et y. Le déterminant de (S) est D=aa′bb′=ab′−a′b.
Propriété 3 : Méthode des déterminants
Si D=0, le système admet un unique couple solution :
x=DDx=Dcc′bb′ety=DDy=Daa′cc′.
Si D=0, le système admet soit aucune solution, soit une infinité de solutions.
Remarque
Géométriquement (chapitre 06), chaque équation est celle d’une droite : D=0 signifie que les droites sont sécantes ; D=0 qu’elles sont parallèles (strictement : aucune solution ; confondues : infinité de solutions).
Le plan est rapporté à un repère. On considère une droite (D):ax+by+c=0. Elle partage le plan en deux demi-plans : l’un est l’ensemble des points M(x;y) tels que ax+by+c>0, l’autre celui des points tels que ax+by+c<0.
Méthode
Pour résoudre graphiquement ax+by+c≤0 : on trace (D), on teste un point hors de (D) (souvent O) ; si ses coordonnées vérifient l’inéquation, la solution est le demi-plan qui contient ce point (bord compris), sinon c’est l’autre. Pour un système d’inéquations, on prend l’intersection des demi-plans.
Exemple 4
Résoudre graphiquement l’inéquation x+y−2≤0.
Voir la solution
On trace la droite (D):x+y−2=0. Pour O(0;0) : 0+0−2=−2≤0, donc l’ensemble des solutions est le demi-plan fermé de bord (D) qui contient O (zone colorée).
III. Équations du second degré
1. Discriminant
Définition 2
On considère des réels a=0, b, c. L’équation ax2+bx+c=0 est une équation du second degré ; le réel Δ=b2−4ac est son discriminant.
Propriété 5 : Forme canonique
Pour tout réel x : ax2+bx+c=a[(x+2ab)2−4a2Δ].
2. Résolution
Théorème 1
On considère l’équation ax2+bx+c=0 avec a=0 et Δ=b2−4ac.
Si Δ>0 : deux solutions distinctes x1=2a−b−Δ et x2=2a−b+Δ.
Si Δ=0 : une solution (double) x0=−2ab.
Si Δ<0 : aucune solution réelle.
Exemple 5
Résoudre dans R : 2x2−5x−3=0 ; 4x2−12x+9=0 ; x2+x+1=0.
Voir la solution
Δ=25+24=49 : x1=45−7=−21 et x2=45+7=3 ; S={−21;3}.
Δ=144−144=0 : x0=812=23 ; S={23}.
Δ=1−4=−3<0 : S=∅.
Remarque
Certaines équations se résolvent sans Δ : x2−7x=0⟺x(x−7)=0 ; x2=5⟺x=5 ou x=−5.
3. Somme et produit des racines
Propriété 6
Si Δ≥0, les racines x1 et x2 (éventuellement égales) de ax2+bx+c=0 vérifient
x1+x2=−abetx1x2=ac.
Application 2
Vérifier que 1 est une solution de 3x2+4x−7=0 et en déduire l’autre solution.
Déterminer deux réels dont la somme vaut 5 et le produit vaut −14.
Voir la solution
3+4−7=0. Le produit des racines vaut −37, donc l’autre solution est −37.
Ces réels sont les solutions de t2−5t−14=0 : Δ=25+56=81, t=25±9, soit 7 et −2.
4. Factorisation du trinôme
Propriété 7
On considère le trinôme P(x)=ax2+bx+c (a=0).
Si Δ>0 : P(x)=a(x−x1)(x−x2).
Si Δ=0 : P(x)=a(x−x0)2.
Si Δ<0 : P(x) ne se factorise pas en produit de binômes du premier degré.
Exemple 6
Déterminer une factorisation des trinômes 2x2−5x−3 et 4x2−12x+9.
4)D=4−4=0 ; la 2^e^ équation est la 1^re^ multipliée par −2 : S={(x;2x−3)/x∈R} (infinité de solutions).
B. 1)D=−1−6=−7, Dx=−5−2=−7, Dy=1−15=−14 : S1={(1;2)}.
2) On pose X=x2 et Y=∣y∣ (positifs). Le système devient (S1) en (X;Y), donc x2=1 et ∣y∣=2. S2={(1;2);(1;−2);(−1;2);(−1;−2)}.
C. Conditions : x≥−1 et y≥2. On pose X=x+1 et Y=y−2 : {2X+Y=7X−3Y=−7, D=−7, DX=−21+7=−14, DY=−14−7=−21 : X=2, Y=3 (positifs). Donc x+1=4, y−2=9 : S={(3;11)}.
D. 1)D=1+2=3, Dx=1+5=6, Dy=5−2=3 : S={(2;1)}.
2) a) Avec X=x1, Y=y1 (x, y non nuls) : X=2, Y=1, donc S={(21;1)}.
b) Avec X=x, Y=y (x, y positifs) : x=2, y=1, donc S={(4;1)}.
E. 1)D=m×m−1×1=m2−1=(m−1)(m+1).
2)Dx=2m−(m+1)=m−1 et Dy=m(m+1)−2=m2+m−2=(m−1)(m+2).
Si m=1 et m=−1 : x=m+11, y=m+1m+2.
Si m=1 : les deux équations s’écrivent x+y=2 : S={(x;2−x)/x∈R}.
Si m=−1 : −x+y=2 et x−y=0 sont incompatibles : S=∅.
Exercice 5 — Inéquations à deux inconnues Facile★★☆☆☆
Le plan est rapporté à un repère orthonormé.
Résoudre graphiquement dans R2 les inéquations : x−y−1≤0 ; x+2y−4≥0.
Résoudre graphiquement dans R2 les systèmes :
(S1):{x−y−1≤0x+2y−4≥0(S2):{2x+y≤6x−y>−1
Voir la solution
1)x−y−1≤0 : O vérifie −1≤0, donc les solutions forment le demi-plan fermé de bord x−y−1=0 contenant O. x+2y−4≥0 : O donne −4≥0, faux ; les solutions forment le demi-plan fermé de bord x+2y−4=0 ne contenant pas O.
2) Les solutions de (S1) forment l’intersection des deux demi-plans précédents (figure de gauche ; les deux droites se coupent en (2;1)). Pour (S2) : O vérifie 0≤6 et 0>−1 ; les solutions sont les points du côté de O par rapport aux deux droites, la droite x−y=−1 étant exclue (pointillés), figure de droite.
\ \
Exercice 6 — Équations du second degré Facile★☆☆☆☆
Résoudre dans R les équations suivantes sans calculer de discriminant :
5x2+3x=0.
3x2−12=0.
x2−(m+2)x+2m=0, où m est un réel (on pourra développer (x−2)(x−m)).
x2−(2+3)x+6=0.
(2x−1)2−5(2x−1)=0 (on pourra poser X=2x−1).
Voir la solution
1)x(5x+3)=0 : S={0;−53}. 2)x2=4 : S={−2;2}. 3)(x−2)(x−m)=x2−(m+2)x+2m, donc l’équation équivaut à (x−2)(x−m)=0 : si m=2, S={2;m} ; si m=2, S={2}.
4)(x−2)(x−3)=x2−(2+3)x+6 : S={2;3}. 5) Avec X=2x−1 : X2−5X=X(X−5)=0, donc 2x−1=0 ou 2x−1=5 : S={21;3}.
Exercice 7 — Équations du second degré et équations associées Moyen★★★☆☆
Résoudre dans R l’équation 3x2−5x−2=0.
Résoudre dans R l’équation x2−10x+25=0.
Résoudre dans R l’équation 2x2+x+3=0.
Résoudre dans R l’équation −x2+23x−3=0.
Résoudre dans R l’équation x2−3∣x∣+2=0.
Résoudre dans R l’équation x4−x2−6=0.
Résoudre dans [0;+∞[ l’équation 2x−7x+3=0.
Résoudre dans [−1;+∞[ l’équation x+1=x−1.
Voir la solution
1)Δ=25+24=49 : x=65±7, S={−31;2}.
2)Δ=0 : S={5}. 3)Δ=1−24=−23<0 : S=∅.
4)−(x2−23x+3)=−(x−3)2 : S={3}.
5) Avec X=∣x∣≥0 : X2−3X+2=0, X=1 ou X=2. S={−2;−1;1;2}.
6) Avec X=x2≥0 : X2−X−6=0, X=3 ou X=−2 (rejeté). S={−3;3}.
7) On travaille dans [0;+∞[, où x est défini. Avec X=x≥0 : 2X2−7X+3=0, Δ=25, X=3 ou X=21. S={41;9}.
8) On travaille dans [−1;+∞[, où x+1 est défini. De plus, une racine carrée étant positive, il faut x−1≥0, soit x≥1. Alors x+1=x−1⟺x+1=(x−1)2⟺x2−3x=0⟺x=0 ou x=3. Seul 3 vérifie x≥1 : S={3}.
Exercice 8 — Équation se ramenant au second degré Moyen★★★☆☆
On considère dans R l’équation (E):2x4−7x3+9x2−7x+2=0.
Montrer que 0 n’est pas une solution de (E).
Pour x=0, on pose t=x+x1. Montrer que (E) équivaut à 2t2−7t+5=0.
Résoudre l’équation 2t2−7t+5=0 et en déduire les solutions de (E).
Voir la solution
1) Pour x=0 : 2=0.
2) Pour x=0, on divise par x2 : (E)⟺2(x2+x21)−7(x+x1)+9=0. Or x2+x21=t2−2, donc (E)⟺2t2−4−7t+9=0⟺2t2−7t+5=0.
3)Δ=49−40=9 : t=1 ou t=25.
x+x1=1⟺x2−x+1=0 : Δ=−3, pas de solution.
x+x1=25⟺2x2−5x+2=0 : Δ=9, x=2 ou x=21.
S={21;2}.
Exercice 9 — Somme et produit des racines Moyen★★★☆☆
A. On considère l’équation (E):3x2−5x−2=0.
Montrer que (E) admet deux solutions réelles distinctes x1 et x2 (sans les calculer).
B. Montrer que l’équation (E′):25x2−14x+1=0 admet deux solutions distinctes α et β strictement positives, puis calculer α1+β1 sans calculer α ni β.
B.Δ=196−100=96>0 ; αβ=251>0 et α+β=2514>0 : les deux solutions sont strictement positives.
(α+β)2=α+β+2αβ=2514+52=2524, donc α+β=526. Ainsi
α1+β1=αβα+β=1/526/5=26.
Exercice 10 — Factorisation Facile★★☆☆☆
Factoriser dans R, lorsque c’est possible, les polynômes suivants :
P1(x)=3x2+5x−2;P2(x)=−2x2+5x−3;P3(x)=9x2−12x+4;P4(x)=x2+22x+3;P5(x)=−x2+x−1;P6(x)=2x4−5x2−3.
Voir la solution
P1 : Δ=49, racines 31 et −2 : P1(x)=(3x−1)(x+2).
P2 : Δ=1, racines 1 et 23 : P2(x)=−2(x−1)(x−23)=−(x−1)(2x−3).
P3(x)=(3x−2)2.
P4 : Δ=8−12<0 et P5 : Δ=−3<0 ; ils ne se factorisent pas.
P6 : avec X=x2, 2X2−5X−3=(2X+1)(X−3), donc P6(x)=(2x2+1)(x−3)(x+3).
Exercice 11 — Inéquations du second degré Moyen★★★☆☆
A. Étudier le signe de chacun des trinômes :
P(x)=x2−5x+6.
P(x)=−x2+4x−4.
P(x)=−2x2+x+1.
P(x)=3x2−2x+1.
P(x)=4x2+8x.
B. Résoudre dans R les inéquations :
x2−5x+6>0 ; −x2+4x−4<0 ; −2x2+x+1≥0 ;
3x2−2x+1≤0 ; 4x2+8xx2−5x+6≤0.
Voir la solution
A.
Racines 2 et 3, a>0 : P(x)>0 sur ]−∞;2[∪]3;+∞[, P(x)<0 sur ]2;3[.
P(x)=−(x−2)2 : négatif, nul en 2.
Racines −21 et 1, a<0 : P(x)>0 sur ]−21;1[, P(x)<0 à l’extérieur.
Δ=−8<0, a>0 : P(x)>0 pour tout réel x.
P(x)=4x(x+2) : positif sur ]−∞;−2[∪]0;+∞[, négatif sur ]−2;0[.
Exercice 12 — Équation et inéquation avec racine Difficile★★★★☆
On considère dans R l’équation (E):x2−5x+6=x.
a) Déterminer l’ensemble D des réels x pour lesquels x2−5x+6 est défini.
b) Résoudre l’équation (E) dans D, en distinguant les cas x≥0 et x<0.
Résoudre dans R l’inéquation x2−5x+6>x.
Voir la solution
1) a)x2−5x+6=(x−2)(x−3)≥0⟺x≤2 ou x≥3 : D=]−∞;2]∪[3;+∞[.
b) Si x<0 : une racine carrée est positive, (E) n’a pas de solution. Si x≥0 (et x∈D) : les deux membres sont positifs, donc (E)⟺x2−5x+6=x2⟺x=56. Or 56≥0 et 56≤2, donc 56∈D : S={56}.
2) Dans D : si x<0, l’inéquation est vraie (racine positive, x négatif) ; si x≥0, les deux membres sont positifs et elle équivaut à x2−5x+6>x2, soit x<56. Comme ]−∞;0[ et [0;56[ sont contenus dans D : S=]−∞;56[.
Exercice 13 — Somme et produit : systèmes Difficile★★★★★
On admet la propriété suivante : on considère deux réels s et p ; le système {u+v=suv=p admet au moins une solution (u;v) dans R2 si et seulement si s2−4p≥0, et dans ce cas u et v sont les solutions de l’équation t2−st+p=0.
Résoudre dans R2 les systèmes :
{x+y=−7xy=10;{x+y=3xy=−10;{x2+y2=13xy=6;{x3+y3=35xy=6;{x+y+xy=11x2y+xy2=30;{x2+xy+y2=7x+y=3
Voir la solution
t2+7t+10=(t+2)(t+5) : S={(−2;−5);(−5;−2)}.
t2−3t−10=(t−5)(t+2) : S={(5;−2);(−2;5)}.
(x+y)2=13+12=25, donc x+y=5 ou x+y=−5, avec xy=6 : t2−5t+6=0 ou t2+5t+6=0. S={(2;3);(3;2);(−2;−3);(−3;−2)}.
On pose s=x+y : x3+y3=s3−3xys=s3−18s=35. s=5 convient et s3−18s−35=(s−5)(s2+5s+7) avec Δ=25−28<0 : s=5. t2−5t+6=0 : S={(2;3);(3;2)}.
s=x+y et p=xy : s+p=11 et sp=30 ; donc s et p sont solutions de T2−11T+30=0 : (s;p)=(5;6) ou (6;5). Puis t2−5t+6=0 ou t2−6t+5=0 : S={(2;3);(3;2);(1;5);(5;1)}.
x2+xy+y2=(x+y)2−xy=9−xy=7, donc xy=2 : t2−3t+2=0, S={(1;2);(2;1)}.