Plan du chapitre. I. Dérivabilité en un point — II. Interprétation géométrique : tangente — III. Approximation affine — IV. Dérivabilité à droite et à gauche — V. Fonction dérivée, dérivées usuelles — VI. Opérations sur les fonctions dérivées — VII. Dérivées successives — VIII. Dérivée et sens de variation — IX. Dérivée et extremums — X. L’équation différentielle y′′+ω2y=0 — Résumé.
Prérequis. Fonctions numériques (Ch. 04), trigonométrie (Ch. 08), limites (Ch. 09). Les asymptotes et l’étude complète des branches infinies seront vues au chapitre 12.
I. Dérivabilité d’une fonction en un point
1) Activité
Activité 1
On considère la fonction f définie sur R par f(x)=x2+x.
Montrer que x→2limx−2f(x)−f(2)=5.
En déduire h→0limhf(2+h)−f(2).
Voir la solution
Pour x=2 : f(x)−f(2)=x2+x−6=(x−2)(x+3), donc x−2f(x)−f(2)=x+3→5.
On pose x=2+h : quand h→0, x→2, donc la limite vaut aussi 5.
2) Définition
Définition 1 : nombre dérivé
Soit f une fonction définie sur un intervalle ouvert I et a∈I. On dit que f est dérivable en a s’il existe un réelℓ tel que
limx→ax−af(x)−f(a)=ℓ.
Le réel ℓ s’appelle le nombre dérivé de f en a ; on le note f′(a).
Remarque 1
En posant h=x−a : f est dérivable en a de nombre dérivé ℓ si et seulement si h→0limhf(a+h)−f(a)=ℓ. Si la limite est infinie ou n’existe pas, f n’est pas dérivable en a.
Exemple 1
Étudier la dérivabilité en a dans chacun des cas : f(x)=x3, a=−1 ; g(x)=x, a=0 (à droite) ; k(x)=cosx, a=0.
Voir la solution
x+1x3+1=x2−x+1→3 : f est dérivable en −1 et f′(−1)=3.
x−0x−0=x1→+∞ quand x→0+ : g n’est pas dérivable (à droite) en 0.
xcosx−1=−x⋅x21−cosx→0×21=0 : k est dérivable en 0 et k′(0)=0.
II. Interprétation géométrique du nombre dérivé
1) Tangente à une courbe
Propriété 1
Soit f dérivable en a et (Cf) sa courbe représentative. La tangente à (Cf) au point A(a;f(a)) est la droite passant par A de coefficient directeur f′(a) ; son équation est
(T):y=f′(a)(x−a)+f(a).
Remarque 2
Si f′(a)=0, la tangente en A est horizontale.
Si A(xA;yA) et B(xB;yB) sont deux points distincts de la tangente au point d’abscisse a, alors f′(a)=xB−xAyB−yA (lecture graphique).
2) Exemple
Exemple 2
Soit f(x)=2x+5. Déterminer une équation de la tangente à (Cf) au point d’abscisse 2.
Voir la solution
Pour x=2, x≥−25 : x−22x+5−3=(x−2)(2x+5+3)2(x−2)=2x+5+32→31. Donc f′(2)=31, f(2)=3 et (T):y=31(x−2)+3=31x+37.
III. Approximation affine
Propriété 2 : approximation affine
Soit f dérivable en a. Il existe une fonction φ définie au voisinage de 0 telle que
f(a+h)=f(a)+f′(a)h+hφ(h)aveclimh→0φ(h)=0.
La fonction x↦f′(a)(x−a)+f(a) s’appelle l’approximation affine de f au voisinage de a ; pour h proche de 0 on écrit f(a+h)≈f(a)+f′(a)h.
Exemple 3
Soit f(x)=(1+x)3. Montrer que f′(0)=3, puis donner une valeur approchée de (1,002)3.
Voir la solution
x(1+x)3−1=x2+3x+3→3, donc f′(0)=3 et (1+h)3≈1+3h pour h voisin de 0. Avec h=0,002 : (1,002)3≈1,006 (valeur exacte : 1,006012008).
IV. Dérivabilité à droite, dérivabilité à gauche
1) Définitions
Définition 2
f définie sur [a;a+r[ (r>0) est dérivable à droite en a si x→a+limx−af(x)−f(a)=ℓ (ℓ∈R) ; on note fd′(a)=ℓ.
f définie sur ]a−r;a] est dérivable à gauche en a si x→a−limx−af(x)−f(a)=ℓ′ (ℓ′∈R) ; on note fg′(a)=ℓ′.
Propriété 3
f est dérivable en a si et seulement si f est dérivable à droite et à gauche en aetfd′(a)=fg′(a).
2) Interprétation géométrique
Propriété 4 : demi-tangentes
Si fd′(a) existe, (Cf) admet au point A(a;f(a)) la demi-tangente : y=fd′(a)(x−a)+f(a), x≥a.
Si fg′(a) existe : demi-tangente y=fg′(a)(x−a)+f(a), x≤a.
Si fd′(a)=fg′(a), le point A est un point anguleux de (Cf).
Si x→a±limx−af(x)−f(a)=±∞, (Cf) admet en A une demi-tangente verticale (parallèle à l’axe des ordonnées), dirigée vers le haut ou vers le bas selon le signe de la limite et le côté considéré.
Exemple 4
Soit f définie sur R par f(x)=∣x2−4x∣. Étudier la dérivabilité de f en 0.
Voir la solution
x2−4x=x(x−4) est positif pour x≤0 et négatif pour 0≤x≤4.
Pour x<0 : xf(x)−f(0)=xx2−4x=x−4→−4, donc fg′(0)=−4.
Pour 0<x<4 : xf(x)−f(0)=x−x2+4x=4−x→4, donc fd′(0)=4.
fg′(0)=fd′(0) : f n’est pas dérivable en 0 ; le point O(0;0) est un point anguleux, avec les demi-tangentes y=−4x (x≤0) et y=4x (x≥0).
Application 1
Soit f(x)=x−1 si x≥1 et f(x)=x2−1 si x<1. Étudier la dérivabilité de f à droite et à gauche en 1 et interpréter.
Voir la solution
À droite : x−1x−1=x−11→+∞ : pas dérivable à droite, demi-tangente verticale dirigée vers le haut. À gauche : x−1x2−1=x+1→2 : fg′(1)=2, demi-tangente y=2(x−1), x≤1.
V. Dérivabilité sur un intervalle — fonction dérivée
1) Définitions
Définition 3
f est dérivable sur l’intervalle ouvert ]a;b[ si elle est dérivable en tout point de ]a;b[.
f est dérivable sur [a;b] si elle est dérivable sur ]a;b[, à droite en a et à gauche en b (de même pour [a;b[, ]a;b], avec a,b finis ou infinis).
Si f est dérivable sur I, la fonction f′:x↦f′(x) définie sur I s’appelle la fonction dérivée de f.
Exemple 5
Soit f(x)=x4. Montrer que f est dérivable sur R et calculer f′(x).
Voir la solution
Soit f(x)=x4. Soit t∈R ; pour x=t : x−tx4−t4=x3+x2t+xt2+t3→4t3. Ainsi f est dérivable sur R et f′(x)=4x3.
2) Dérivées des fonctions usuelles
Propriété 5 (admise sauf exemples traités)
a,b réels, n∈N∗.
f(x)
f′(x)
Intervalle(s) de dérivabilité
c (constante)
0
R
ax+b
a
R
xn
nxn−1
R
x1
−x21
]−∞;0[, ]0;+∞[
xn1
−xn+1n
]−∞;0[, ]0;+∞[
x
2x1
]0;+∞[
sinx
cosx
R
cosx
−sinx
R
tanx
1+tan2x=cos2x1
]−2π+kπ;2π+kπ[, k∈Z
sin(ax+b)
acos(ax+b)
R
cos(ax+b)
−asin(ax+b)
R
VI. Opérations sur les fonctions dérivées
Propriété 6
Soient u et v deux fonctions dérivables sur un intervalle I, α∈R et n∈N∗.
Fonction
Dérivée
Condition
u+v
u′+v′
—
αu
αu′
—
u×v
u′v+uv′
—
un
nu′un−1
—
v1
−v2v′
v(x)=0 sur I
vu
v2u′v−uv′
v(x)=0 sur I
u
2uu′
u(x)>0 sur I
Propriété 7
Toute fonction polynôme est dérivable sur R.
Toute fonction rationnelle est dérivable sur chacun des intervalles de son domaine de définition.
Exemple 6
Calculer f′(x) pour f(x)=(2x2−3)4, g(x)=x2+1x+1 et h(x)=x2+x+1.
Voir la solution
f′(x)=4×4x×(2x2−3)3=16x(2x2−3)3 sur R.
g′(x)=(x2+1)2(x2+1)−(x+1)×2x=(x2+1)2−x2−2x+1 sur R.
x2+x+1=(x+21)2+43>0, donc h est dérivable sur R et h′(x)=2x2+x+12x+1.
Méthode calculer un nombre dérivé
Trois méthodes pour obtenir f′(a) : (1) calculer f′(x) puis remplacer x par a ; (2) calculer x→alimx−af(x)−f(a) ; (3) lire le coefficient directeur de la tangente au point d’abscisse a. Inversement, une limite de la forme limx→ax−af(x)−f(a) se calcule en reconnaissant le nombre dérivé f′(a).
Application 2
Calculer x→1limx−1x10−1 et x→6πlim6x−π2sinx−1.
Voir la solution
Avec f(x)=x10 : la première limite vaut f′(1)=10. Avec g(x)=2sinx : 6x−π2sinx−1=61⋅x−6πg(x)−g(6π)→61×2cos6π=63.
VII. Dérivées successives
Définition 4
Si f est dérivable sur I et si f′ est elle-même dérivable sur I, la dérivée de f′ s’appelle la dérivée seconde de f, notée f′′ ou f(2). Par itération, pour n≥2, f(n)=(f(n−1))′ est la dérivée d’ordre n de f (lorsqu’elle existe). Si y=f(x), on note aussi f′(x)=dxdy.
Exemple 7
Soit f(x)=sinx. Montrer par récurrence que pour tout n∈N et tout x∈R : f(n)(x)=sin(x+n2π) (avec f(0)=f).
Voir la solution
On raisonne par récurrence sur n.
Initialisation. Pour n=0, on a f(0)(x)=sinx=sin(x+0) : la propriété est vraie.
Hérédité. Soit n∈N ; supposons que f(n)(x)=sin(x+n2π) pour tout x. Alors f(n+1)(x)=cos(x+n2π)=sin(x+n2π+2π)=sin(x+(n+1)2π).
Conclusion. D’après le principe du raisonnement par récurrence, pour tout n∈N : f(n)(x)=sin(x+n2π).
VIII. Dérivée et sens de variation
Propriété 8
Soit f dérivable sur un intervalle I.
f est croissante sur I⟺(∀x∈I)f′(x)≥0.
f est décroissante sur I⟺(∀x∈I)f′(x)≤0.
f est constante sur I⟺(∀x∈I)f′(x)=0.
Si f′>0 sur I sauf en un nombre fini de points (ou en des points isolés) où elle s’annule, f est strictement croissante sur I (de même pour strictement décroissante avec f′<0).
Exemple 8
Dresser le tableau de variations de f(x)=x+22x−1 sur Df=R∖{−2}.
Voir la solution
f′(x)=(x+2)22(x+2)−(2x−1)=(x+2)25>0 : f est strictement croissante sur ]−∞;−2[ et sur ]−2;+∞[. Limites : lim±∞f=2 ; en −2, le numérateur tend vers −5, donc limx→−2−f(x)=+∞ et limx→−2+f(x)=−∞.
x
−∞
−2
+∞
f′(x)
+
‖
+
f(x)
2
↗
+∞ ‖ −∞
↗
2
Attention : f n’est pas croissante sur Df (qui n’est pas un intervalle) : f(−3)=7>f(0)=−21.
IX. Dérivée et extremums
Propriété 9
Soit f dérivable sur un intervalle ouvertI et a∈I.
Si f admet un extremum local en a, alors f′(a)=0 (la tangente au point d’abscisse a est horizontale).
Si f′ s’annule en aen changeant de signe, alors f(a) est un extremum local de f.
Remarque 3
La réciproque du premier point est fausse : pour f(x)=x3, f′(0)=0 mais f(0) n’est pas un extremum (f′ ne change pas de signe). On rappelle : f(a) est la valeur maximale (resp. minimale) de f sur I si (∀x∈I)f(x)≤f(a) (resp. f(x)≥f(a)).
Exemple 9
Montrer que pour tout x∈R : x4−4x≥−3.
Voir la solution
Soit f(x)=x4−4x ; f′(x)=4(x3−1)=4(x−1)(x2+x+1) a le signe de x−1 (car x2+x+1>0). f est décroissante sur ]−∞;1] et croissante sur [1;+∞[ : f(1)=−3 est le minimum de f sur R, d’où x4−4x≥−3.
X. L’équation différentielle y′′+ω2y=0
Définition 5
Une équation différentielle est une équation dont l’inconnue est une fonction y et qui fait intervenir ses dérivées y′,y′′,…
Propriété 10 (admise)
Soit ω un réel non nul. Les solutions sur R de l’équation y′′+ω2y=0 sont les fonctions
y(x)=αcos(ωx)+βsin(ωx),(α,β)∈R2.
Pour x0,y0,y1 réels donnés, il existe une unique solution vérifiant y(x0)=y0 et y′(x0)=y1.
Remarque 4
Les solutions de y′′=0 (ω=0) sont les fonctions affines x↦ax+b.
Exemple 10
Déterminer la solution de y′′+9y=0 vérifiant y(0)=2 et y′(0)=−3.
Voir la solution
ω=3 : y(x)=αcos3x+βsin3x et y′(x)=−3αsin3x+3βcos3x. y(0)=α=2 et y′(0)=3β=−3, donc β=−1 : y(x)=2cos3x−sin3x.
Résumé
À retenir
f dérivable en a⟺x→alimx−af(x)−f(a)=f′(a)∈R ; tangente : y=f′(a)(x−a)+f(a).
Approximation affine : f(a+h)≈f(a)+f′(a)h pour h voisin de 0.
f dérivable en a⟺fd′(a) et fg′(a) existent et sont égaux ; fd′(a)=fg′(a) : point anguleux ; limite infinie : demi-tangente verticale.
Signe de f′⇒ sens de variation ; f′ s’annule en changeant de signe en a⇒ extremum local en a.
y′′+ω2y=0 (ω=0) : y=αcosωx+βsinωx.
Série d’exercices
Remarque — méthodes utilisées
Dérivabilité en a : on calcule limx→ax−af(x)−f(a) ; si elle est réelle, c’est f′(a). Pour une fonction définie par morceaux, on étudie séparément la dérivabilité à droite et à gauche.
Interprétation : tangente y=f′(a)(x−a)+f(a) ; point anguleux si fd′(a)=fg′(a) ; demi-tangente verticale si la limite du taux d’accroissement est infinie.
Variations : on factorise f′(x) et on étudie son signe.
Tous les résultats ont été contrôlés avec Python/sympy (build/verif_lot2.py).
Cadre. Toute réponse doit être justifiée. Dans chaque exercice, x désigne un réel appartenant au domaine de définition de l’expression étudiée, h un réel non nul voisin de 0, (Cf) la courbe représentative de f dans un repère orthonormé (O;i;j). Les notions d’asymptote et de branche infinie (chapitre 12) ne sont pas utilisées. Difficulté : de ★ à ★★★★★.
Exercice 1 — Dérivabilité en un point Facile★☆☆☆☆
Étudier la dérivabilité de la fonction f en a et interpréter graphiquement le résultat dans chacun des cas suivants :
f(x)=3x−4 et a=2 ;
f(x)=2x−1 et a=5 ;
f(x)=1−cos(2x) si x≥0 et f(x)=sin(3x) si x<0, et a=0 ;
f(x)=x3 et a=−2.
Voir la solution
1.f est définie sur R. Pour x=2 : x−2f(x)−f(2)=x−23x−4−2=x−23(x−2)=3. Donc f est dérivable en 2 et f′(2)=3. Interprétation :(Cf) admet au point A(2;2) une tangente de coefficient directeur 3 : y=3(x−2)+2=3x−4 (c’est la droite elle-même).
2.Df=[21;+∞[ et 5 est intérieur à Df ; f(5)=3. Pour x=5 (conjuguée) :
x−52x−1−3=(x−5)(2x−1+3)(2x−1)−9=2x−1+32x→562=31.f est dérivable en 5, f′(5)=31 ; tangente en A(5;3) : y=31(x−5)+3=31x+34.
3.f(0)=1−cos0=0.
À droite : xf(x)−f(0)=x1−cos2x=4x⋅(2x)21−cos2x→0×21=0. Donc fd′(0)=0.
À gauche : xf(x)−f(0)=xsin3x=3⋅3xsin3x→3. Donc fg′(0)=3.
fd′(0)=fg′(0) : f n’est pas dérivable en 0. Interprétation :O(0;0) est un point anguleux de (Cf), avec les demi-tangentes y=0 (x≥0) et y=3x (x≤0).
4.x+2x3−(−2)3=x+2(x+2)(x2−2x+4)=x2−2x+4→12. f est dérivable en −2, f′(−2)=12 ; tangente en A(−2;−8) : y=12(x+2)−8=12x+16.
Exercice 2 — Approximation affine Facile★★☆☆☆
On considère la fonction f définie sur R par f(x)=(1+x)4. Montrer que f est dérivable en 0, donner l’approximation affine de f au voisinage de 0, puis en déduire une valeur approchée du nombre (1,002)4.
Montrer que, pour tout réel h voisin de 0 : 1+2h1≈1−2h et 1+4h≈1+2h.
Voir la solution
1. Pour x=0 : x(1+x)4−1=x((1+x)2−1)((1+x)2+1)=(x+2)(x2+2x+2)→2×2=4. Donc f est dérivable en 0 et f′(0)=4. L’approximation affine de f au voisinage de 0 est x↦f′(0)x+f(0)=1+4x ; ainsi (1+h)4≈1+4h pour h voisin de 0. Avec h=0,002 : (1,002)4≈1,008.
2. Soit u(x)=1+2x1 : u(0)=1 et xu(x)−1=x(1+2x)−2x=1+2x−2→−2, donc u′(0)=−2 et 1+2h1≈1−2h.
Soit v(x)=1+4x : xv(x)−1=x(1+4x+1)4x→24=2, donc v′(0)=2 et 1+4h≈1+2h.
Exercice 3 — Dérivabilité et calcul de dérivées Facile★☆☆☆☆
Préciser l’ensemble sur lequel la fonction f est dérivable, puis calculer f′(x) dans chacun des cas suivants :
f(x)=x4−3x2+5x−2 ;
f(x)=x2−x−63x−1 ;
f(x)=2x+6 ;
f(x)=x2+3x3 ;
f(x)=(x−1)x ;
f(x)=3−x2+x31.
Voir la solution
1. Polynôme, dérivable sur R : f′(x)=4x3−6x+5.
2.x2−x−6=(x−3)(x+2) : f est rationnelle, dérivable sur ]−∞;−2[, ]−2;3[ et ]3;+∞[. Avec (vu)′=v2u′v−uv′ :
f′(x)=(x2−x−6)23(x2−x−6)−(3x−1)(2x−1)=(x2−x−6)2−3x2+2x−19.
3.u(x)=2x+6>0⟺x>−3 : f est dérivable sur ]−3;+∞[ et f′(x)=22x+62=2x+61.
4.x2+3>0 : dérivable sur R, f′(x)=(x2+3)23x2(x2+3)−x3⋅2x=(x2+3)2x2(x2+9).
5. est dérivable sur ]0;+∞[ : f′(x)=x+(x−1)2x1=2x2x+x−1=2x3x−1 pour x>0.
6. Sur ]0;+∞[ : (x1)′=−2xx1, donc f′(x)=xx1−x43.
Exercice 4 — Fonction définie par morceaux Facile★★☆☆☆
Soit c un réel et f la fonction définie sur R par : f(x)=4x+1 si x≥3 et f(x)=x2−5x+c si x<3.
Déterminer le réel c pour que x→3limf(x)=f(3).
Pour cette valeur de c, montrer que f est dérivable en 3 et préciser f′(3). Déterminer ensuite f′(x) pour tout x∈R.
Voir la solution
1.f(3)=44=8 et x→3+limf(x)=8 ; x→3−limf(x)=9−15+c=c−6. Donc limx→3f(x)=f(3)⟺c−6=8⟺c=14.
2. Avec c=14.
À droite : x−34x+1−8=(x−3)(x+1+2)4(x+1−4)=x+1+24→1 : fd′(3)=1.
À gauche : x−3x2−5x+14−8=x−3(x−3)(x−2)=x−2→1 : fg′(3)=1.
fd′(3)=fg′(3)=1, donc f est dérivable en 3 et f′(3)=1. Ainsi f′(x)=2x−5 si x<3, f′(3)=1 et f′(x)=x+12 si x>3.
Exercice 5 — Limites et nombre dérivé Moyen★★★☆☆
En utilisant la définition du nombre dérivé, calculer les limites suivantes :
x→1limx−1(x−2)2027+1 ;
x→2limx−2xx+7−6 ;
x→−1limx+1x+31−21 ;
x→3πlimtanx−32cosx−1.
Voir la solution
On reconnaît à chaque fois un taux d’accroissement x−ag(x)−g(a) d’une fonction g dérivable en a ; la limite vaut g′(a).
1.g(x)=(x−2)2027, g(1)=−1 : la limite vaut g′(1)=2027(1−2)2026=2027.
2.g(x)=xx+7, g(2)=6, g′(x)=x+7+2x+7x : la limite vaut g′(2)=3+62=310.
3.g(x)=x+31, g(−1)=21, g′(x)=−(x+3)21 : la limite vaut g′(−1)=−41.
4. Pour x voisin de 3π, x=3π : tanx−32cosx−1=x−3πtanx−tan3πx−3π2cosx−2cos3π. Le numérateur tend vers −2sin3π=−3, le dénominateur vers 1+tan23π=4. La limite vaut −43.
Exercice 6 — Extremums d’un polynôme Facile★☆☆☆☆
Soit f la fonction définie sur R par f(x)=x3−3x2−9x+2.
Dresser le tableau de variations de f sur R.
En déduire que f admet deux extremums locaux, dont on précisera la nature et l’intervalle ouvert sur lequel chacun est un extremum.
Voir la solution
1.f′(x)=3x2−6x−9=3(x2−2x−3)=3(x+1)(x−3) : f′(x)>0 sur ]−∞;−1[∪]3;+∞[, f′(x)<0 sur ]−1;3[. f(−1)=7, f(3)=−25, lim−∞f=−∞, lim+∞f=+∞ (terme x3).
x
−∞
−1
3
+∞
f′(x)
+
0
−
0
+
f(x)
−∞
↗
7
↘
−25
↗
+∞
2.f′ s’annule en changeant de signe en −1 et en 3 : f(−1)=7 est un maximum local (c’est le maximum de f sur l’intervalle ouvert ]−∞;3[) et f(3)=−25 est un minimum local (minimum de f sur ]−1;+∞[). Ce ne sont pas des extremums globaux puisque f prend toutes les grandes valeurs positives et négatives.
Exercice 7 — Tableaux de variations Facile★★☆☆☆
Dresser le tableau de variations de la fonction f dans les cas suivants :
f(x)=2x+x1 ;
f(x)=x4−8x2+3 ;
f(x)=x2+4x3 ;
f(x)=x+1x2+3x+3.
Voir la solution
1.Df=R∗, f′(x)=2−x21=x22x2−1, nulle en ±21 ; f(21)=22, f(−21)=−22. Limites : −∞ en −∞, +∞ en +∞, −∞ en 0−, +∞ en 0+.
x
−∞
−22
0
22
+∞
f′(x)
+
0
−
‖
−
0
+
f(x)
−∞
↗
−22
↘
−∞ ‖ +∞
↘
22
↗
+∞
2.f′(x)=4x3−16x=4x(x−2)(x+2) ; f(±2)=−13, f(0)=3, limites +∞ aux bornes.
x
−∞
−2
0
2
+∞
f′(x)
−
0
+
0
−
0
+
f(x)
+∞
↘
−13
↗
3
↘
−13
↗
+∞
3.x2+4x=x(x+4) : Df=R∖{−4;0}. f′(x)=−(x2+4x)23(2x+4)=(x2+4x)2−6(x+2), du signe de −(x+2) ; f(−2)=−43. Limites : 0 en ±∞ ; x2+4x→0+ quand x→−4− ou x→0+, et →0− quand x→−4+ ou x→0−.
x
−∞
−4
−2
0
+∞
f′(x)
+
‖
+
0
−
‖
−
f(x)
0
↗
+∞ ‖ −∞
↗
−43
↘
−∞ ‖ +∞
↘
0
4.Df=R∖{−1}. f′(x)=(x+1)2(2x+3)(x+1)−(x2+3x+3)=(x+1)2x2+2x=(x+1)2x(x+2) ; f(−2)=−1, f(0)=3. Limites : ±∞ en ±∞ (terme dominant xx2=x), et en −1 le numérateur tend vers 1 : −∞ à gauche, +∞ à droite.
x
−∞
−2
−1
0
+∞
f′(x)
+
0
−
‖
−
0
+
f(x)
−∞
↗
−1
↘
−∞ ‖ +∞
↘
3
↗
+∞
Exercice 8 — Lecture graphique Facile★★☆☆☆
La figure ci-dessous représente la courbe (Cf) d’une fonction f définie sur [−3;3] dans un repère orthonormé. La droite rouge passant par A(−2;23) est la tangente en A ; la droite verte passant par B(−1;2) est la tangente en B ; au point C(1;0) sont tracées deux demi-tangentes (rouge à gauche, verte à droite).
Déterminer f(−2), f′(−2) et f′(−1).
Déterminer graphiquement fg′(1) et fd′(1).
En déduire que f n’est pas dérivable en 1.
Dresser le tableau de variations de f sur [−3;3] (on donne f(3)=2).
En déduire le tableau de signe de f′ sur [−3;3].
Voir la solution
1.A(−2;23)∈(Cf) donc f(−2)=23. La tangente en A passe par (−3,2;0,3) et (−0,8;2,7) : f′(−2)=−0,8+3,22,7−0,3=1. La tangente en B est horizontale : f′(−1)=0.
2. La demi-tangente à gauche en C passe par C(1;0) et (0;2) : fg′(1)=0−12−0=−2. La demi-tangente à droite est horizontale : fd′(1)=0.
3.fg′(1)=−2=0=fd′(1) : f n’est pas dérivable en 1 (C est un point anguleux).
4. Lecture : f(−3)=0, f(−1)=2, f(1)=0, f(3)=2.
x
−3
−1
1
3
f(x)
0
↗
2
↘
0
↗
2
5.f croissante ⇒f′≥0 et décroissante ⇒f′≤0 :
x
−3
−1
1
3
f′(x)
+
0
−
‖
+
(En 1, f′ n’est pas définie.)
Exercice 9 — Une inégalité classique Moyen★★★☆☆
Soient p et q deux réels strictement positifs. On considère la fonction f définie sur ]0;+∞[ par f(x)=x3+p3+q3−3pqx.
Vérifier que p3+q3−2pqpq=(pp−qq)2.
Vérifier que, pour tout x∈]0;+∞[ : f′(x)=3(x+pq)(x−pq).
Étudier le signe de f′(x) puis dresser le tableau de variations de f.
En déduire que f admet une valeur minimale positive sur ]0;+∞[.
Déduire que, pour tous réels a,b,c de ]0;+∞[ : a3+b3+c3≥3abc.
Voir la solution
1.(pp−qq)2=p3−2ppqq+q3=p3+q3−2pqpq.
2.f′(x)=3x2−3pq=3(x2−(pq)2)=3(x+pq)(x−pq).
3. Sur ]0;+∞[, x+pq>0 : f′(x) a le signe de x−pq. f est décroissante sur ]0;pq] et croissante sur [pq;+∞[.
4.f(pq)=pqpq+p3+q3−3pqpq=p3+q3−2pqpq=(pp−qq)2≥0 : c’est la valeur minimale de f et elle est positive.
5. Soient a,b,c>0. On applique ce qui précède avec p=b, q=c et x=a : f(a)≥f(bc)≥0, c’est-à-dire a3+b3+c3−3abc≥0, d’où a3+b3+c3≥3abc.
Exercice 10 — Optimisation Moyen★★★☆☆
Un imprimeur doit produire des affiches rectangulaires. Sur chaque affiche, le texte imprimé doit occuper un rectangle d’aire 150cm2 ; les marges mesurent 3 cm en haut et en bas et 2 cm à gauche et à droite. Quelles dimensions faut-il donner à une affiche pour que la consommation de papier soit minimale ? (On notera x>0 la largeur, en cm, du rectangle imprimé.)
Voir la solution
Le rectangle imprimé mesure x cm sur x150 cm. L’affiche mesure (x+4) cm sur (x150+6) cm ; son aire est
A(x)=(x+4)(x150+6)=174+6x+x600,x>0.A′(x)=6−x2600=x26(x2−100)=x26(x−10)(x+10), négative sur ]0;10], positive sur [10;+∞[. A admet donc un minimum en x=10 : A(10)=294cm2. Le texte mesure 10×15 et l’affiche 14 cm de large sur 21 cm de haut.
Exercice 11 — Fonction définie par morceaux Moyen★★★☆☆
Soit f la fonction définie sur R par : f(x)=x−3x3−27 si x<3 et f(x)=x+1+25 si x≥3.
Calculer x→−∞limf(x) et x→+∞limf(x).
a. Étudier la dérivabilité de f à droite en 3 et interpréter graphiquement le résultat.
b. Étudier la dérivabilité de f à gauche en 3 et interpréter graphiquement le résultat.
c. f est-elle dérivable en 3 ?
a. Calculer f′(x) pour tout x∈]−∞;3[ (sans simplifier la fraction au préalable).
b. Calculer f′(x) pour tout x∈]3;+∞[.
c. Montrer que, pour tout x∈R : 2x3−9x2+27=(x−3)2(2x+3).
d. En déduire une autre expression de f′(x) sur ]−∞;3[, puis dresser le tableau de variations de f.
Déterminer l’équation de la tangente à (Cf) au point d’abscisse 0.
Voir la solution
1. Pour x<3 : f(x)=x2+3x+9 (car x3−27=(x−3)(x2+3x+9)), donc lim−∞f=lim−∞x2=+∞. lim+∞(x+1+25)=+∞.
d. Pour x<3 : f′(x)=(x−3)2(x−3)2(2x+3)=2x+3. f′(x)<0 sur ]−∞;−23[ et f′(x)>0 sur ]−23;3[ ; f′(x)>0 sur ]3;+∞[. f(−23)=49−29+9=427.
x
−∞
−23
3
+∞
f′(x)
−
0
+
‖
+
f(x)
+∞
↘
427
↗
27
↗
+∞
4.f(0)=9, f′(0)=3 : (T):y=3x+9.
Exercice 12 — Dérivabilité à droite et à gauche Facile★★☆☆☆
Soit f la fonction définie sur R par : f(x)=x2−2x−3 si x≤3 et f(x)=3x−9 si x>3.
Calculer x→−∞limf(x) et x→+∞limf(x).
Montrer que x→3limf(x)=f(3).
a. Étudier la dérivabilité de f à gauche et à droite en 3.
b. Interpréter graphiquement les résultats.
a. Calculer f′(x) pour tout x∈]−∞;3[ et pour tout x∈]3;+∞[.
b. Dresser le tableau de variations de f.
Voir la solution
1.lim−∞(x2−2x−3)=lim−∞x2=+∞ ; lim+∞3x−9=+∞.
2.f(3)=9−6−3=0 ; limx→3−f(x)=0 et limx→3+3x−9=0. Donc limx→3f(x)=0=f(3).
3. a. À gauche : x−3x2−2x−3=x−3(x−3)(x+1)=x+1→4 : fg′(3)=4. À droite : x−33x−9=x−33x−3=x−33→+∞ : f n’est pas dérivable à droite en 3.
b. Au point A(3;0), (Cf) admet à gauche la demi-tangente y=4(x−3) (x≤3) et à droite une demi-tangente verticale dirigée vers le haut.
4. a.f′(x)=2x−2 sur ]−∞;3[ ; f′(x)=23x−93>0 sur ]3;+∞[.
b.f(1)=−4.
x
−∞
1
3
+∞
f′(x)
−
0
+
‖
+
f(x)
+∞
↘
−4
↗
0
↗
+∞
Exercice 13 — Fonction auxiliaire Moyen★★★☆☆
Partie 1. On considère la fonction g définie sur [0;+∞[ par g(x)=3x−2xx−1.
Montrer que, pour tout x∈]0;+∞[ : g′(x)=3(1−x).
Dresser le tableau de variations de g (on admet que limx→+∞g(x)=−∞).
En déduire que, pour tout x∈[0;+∞[ : g(x)≤0.
Partie 2. On considère la fonction f définie sur [0;+∞[ par f(x)=(2x−2)x−x2+1.
Étudier la dérivabilité de f à droite en 0 et interpréter graphiquement le résultat.
Montrer que, pour tout x∈]0;+∞[ : f′(x)=xg(x).
Dresser le tableau de variations de f (on admet que limx→+∞f(x)=−∞), puis en déduire le signe de f(x) sur [0;+∞[.
Voir la solution
Partie 1. 1. Pour x>0 : (xx)′=x+2xx=23x, donc g′(x)=3−3x=3(1−x).
2.g′(x)>0⟺x<1⟺x<1. g(0)=−1, g(1)=0.
x
0
1
+∞
g′(x)
+
0
−
g(x)
−1
↗
0
↘
−∞
3.g(1)=0 est la valeur maximale de g sur [0;+∞[, donc g(x)≤0 pour tout x≥0.
Partie 2. 1.f(0)=1. Pour x>0 : xf(x)−f(0)=x(2x−2)x−x2=x2(x−1)−x. Quand x→0+ : x2(x−1) est de la forme 0+−2, donc la limite est −∞. f n’est pas dérivable à droite en 0 : (Cf) admet au point (0;1) une demi-tangente verticale dirigée vers le bas (limite −∞ à droite : la courbe part verticalement vers le bas).
2. Pour x>0 : f′(x)=2x+2x2x−2−2x=x2x+x−1−2xx=x3x−2xx−1=xg(x).
3.g(x)≤0 et g ne s’annule qu’en 1 : f′(x)<0 sauf en x=1, donc f est strictement décroissante sur [0;+∞[, de f(0)=1 à −∞, avec f(1)=0.
x
0
1
+∞
f′(x)
−
0
−
f(x)
1
↘
0
↘
−∞
Comme f est strictement décroissante et f(1)=0 : f(x)>0 sur [0;1[, f(1)=0, f(x)<0 sur ]1;+∞[. (Vérification : f(x)=−(x−1)(x−1)2.)
Montrer les inégalités suivantes (on pourra étudier, à chaque fois, la différence des deux membres) :
a. (∀x∈I)sinx≤x ;
b. (∀x∈I)cosx≥1−2x2 ;
c. (∀x∈I)sinx≥x−6x3 ;
d. (∀x∈I)cosx≤1−2x2+24x4 ;
e. (∀x∈I)sinx≤x−6x3+120x5.
a. Montrer que, pour tout x∈]0;+∞[ : 34−154x2≤x32x−sin(2x)≤34.
b. En déduire x→0+limx32x−sin(2x).
En posant x=−t, en déduire x→0−limx32x−sin(2x), puis x→0limx32x−sin(2x).
Voir la solution
Méthode : pour montrer A(x)≥B(x) sur I, on étudie φ=A−B ; si φ est croissante sur I et φ(0)=0, alors φ(x)≥φ(0)=0 pour tout x∈I. Chaque inégalité sert à établir la suivante.
1. a.φ1(x)=x−sinx ; φ1′(x)=1−cosx≥0 : φ1 croissante, φ1(0)=0, donc φ1(x)≥0, soit sinx≤x.
b.φ2(x)=cosx−1+2x2 ; φ2′(x)=x−sinx=φ1(x)≥0 : φ2 croissante, φ2(0)=0, donc cosx≥1−2x2.
c.φ3(x)=sinx−x+6x3 ; φ3′(x)=cosx−1+2x2=φ2(x)≥0 ; φ3(0)=0, donc sinx≥x−6x3.
d.φ4(x)=1−2x2+24x4−cosx ; φ4′(x)=−x+6x3+sinx=φ3(x)≥0 ; φ4(0)=0, donc cosx≤1−2x2+24x4.
2. a. Soit x>0 ; on applique c. et e. au réel 2x∈I :
2x−68x3≤sin(2x)≤2x−68x3+12032x5⟺34x3−154x5≤2x−sin(2x)≤34x3.
En divisant par x3>0 : 34−154x2≤x32x−sin2x≤34.
b.limx→0+(34−154x2)=34 : par encadrement (gendarmes), x→0+limx32x−sin2x=34.
3. Pour x<0, on pose t=−x>0 : x32x−sin2x=−t3−2t+sin2t=t32t−sin2t ; quand x→0−, t→0+, donc la limite à gauche vaut aussi 34. Les limites à droite et à gauche étant égales : x→0limx32x−sin2x=34.
Exercice 15 — Tangentes et fonction par morceaux Moyen★★★☆☆
On considère la fonction f définie sur R∖{1} par f(x)=x+6+x−19.
a. Calculer f′(x) pour tout x∈R∖{1}.
b. Déterminer les points M(a;f(a)) de (Cf) en lesquels la tangente est parallèle à l’axe des abscisses.
Soit h la fonction définie sur R par : h(x)=f(x) si x<0 ; h(x)=x2−4x−3 si 0≤x<2 ; h(x)=x2−4−7 si x≥2. Étudier la dérivabilité de h en 0 et interpréter graphiquement le résultat.
a. Étudier la dérivabilité de h en 2 et interpréter graphiquement les résultats.
b. Montrer que h est dérivable sur ]2;+∞[ et calculer h′(x) pour tout x∈]2;+∞[.
c. Écrire une équation de la tangente à la courbe (Ch) au point d’abscisse 22.
b. La tangente en M(a;f(a)) est parallèle à l’axe des abscisses ⟺f′(a)=0⟺a=4 ou a=−2. Les points sont M1(4;13) et M2(−2;1).
2.h(0)=−3 et limx→0−f(x)=f(0)=0+6−9=−3. À gauche : h coïncide avec f, dérivable en 0, donc hg′(0)=f′(0)=1−9=−8. À droite : xx2−4x−3+3=x−4→−4 : hd′(0)=−4. hg′(0)=hd′(0) : h n’est pas dérivable en 0 ; le point (0;−3) est un point anguleux (demi-tangentes y=−8x−3, x≤0 et y=−4x−3, x≥0).
3. a.h(2)=−7 et limx→2−(x2−4x−3)=−7. À gauche : x−2x2−4x−3+7=x−2(x−2)2=x−2→0 : hg′(2)=0, demi-tangente horizontale y=−7 (x≤2). À droite : x−2x2−4=x−2(x−2)(x+2)=x−2x+2→+∞ : non dérivable à droite, demi-tangente verticale dirigée vers le haut.
b. Sur ]2;+∞[, x2−4>0, donc h est dérivable et h′(x)=2x2−42x=x2−4x.
Exercice 16 — Étude avec une fonction auxiliaire Moyen★★★☆☆
Soit g la fonction définie sur R par g(x)=x3+x+4.
Étudier les variations de g sur R.
On admet que l’équation g(x)=0 possède une solution unique α dans R. Montrer que −2<α<−1, puis étudier le signe de g(x) sur ]−∞;α[ et sur ]α;+∞[.
Soit f la fonction définie sur R∗ par f(x)=x−x1−x22.
a. Montrer que, pour tout x∈R∗ : f′(x)=x3g(x).
b. En déduire les variations de f sur chacun des intervalles ]−∞;α], [α;0[ et ]0;+∞[.
c. Écrire l’équation de la tangente à (Cf) au point d’abscisse 2.
Voir la solution
1.g′(x)=3x2+1>0 : g est strictement croissante sur R.
2.g(−2)=−8−2+4=−6<0 et g(−1)=−1−1+4=2>0. Raisonnons par l’absurde : si α≤−2, comme g est croissante, 0=g(α)≤g(−2)=−6, absurde ; si α≥−1, 0=g(α)≥g(−1)=2, absurde. Donc −2<α<−1. g étant strictement croissante : g(x)<g(α)=0 pour x<α et g(x)>0 pour x>α.
3. a.f′(x)=1+x21+x34=x3x3+x+4=x3g(x).
b. Signe de f′ : sur ]−∞;α[ : g<0, x3<0 donc f′>0 ; sur ]α;0[ : g>0, x3<0, f′<0 ; sur ]0;+∞[ : g>0, x3>0, f′>0. Ainsi f est croissante sur ]−∞;α], décroissante sur [α;0[ et croissante sur ]0;+∞[.
c.f(2)=2−21−21=1 et f′(2)=8g(2)=814=47 : (T):y=47(x−2)+1=47x−25.
Exercice 17 — Limites et nombre dérivé (cas général) Moyen★★★☆☆
Soit f une fonction dérivable sur un intervalle ouvert I contenant un réel a, telle que f′(a)=−3.
Calculer : h→0limhf(a+5h)−f(a), h→0limhf(a−2h)−f(a+h) et h→0lim2hf(a+4h)−f(a−h).
Calculer, en fonction de a et de f(a), la limite x→alimx−ax2f(a)−a2f(x).
Voir la solution
1. On se ramène à la définition limk→0kf(a+k)−f(a)=f′(a).
hf(a+5h)−f(a)=5⋅5hf(a+5h)−f(a)→5f′(a)=−15 (on a posé k=5h→0).
2. On fait apparaître des taux d’accroissement :
x−ax2f(a)−a2f(x)=x−a(x2−a2)f(a)−a2(f(x)−f(a))=(x+a)f(a)−a2x−af(x)−f(a)
qui tend, quand x→a, vers
2af(a)−a2f′(a)=2af(a)+3a2.
Exercice 18 — Inégalité de convexité (puissances) Difficile★★★★☆
Soit n un entier naturel tel que n≥2 et f la fonction définie sur ]0;+∞[ par f(x)=1+xn(1+x)n.
Montrer que, pour tout x∈]0;+∞[ : f′(x)=(1+xn)2n(1+x)n−1(1−xn−1).
Dresser le tableau de variations de f sur ]0;+∞[ (sans les limites).
En déduire que, pour tout x∈]0;+∞[ : (1+x)n≤2n−1(1+xn).
Montrer que, pour tous réels a,b de ]0;+∞[ : (2a+b)n≤2an+bn.
Voir la solution
1. Avec u=(1+x)n, u′=n(1+x)n−1, v=1+xn, v′=nxn−1 :
f′(x)=(1+xn)2n(1+x)n−1(1+xn)−(1+x)nnxn−1=(1+xn)2n(1+x)n−1(1+xn−xn−1−xn)=(1+xn)2n(1+x)n−1(1−xn−1).
2. Pour x>0 et n−1≥1 : xn−1<1⟺x<1. Donc f′>0 sur ]0;1[, f′(1)=0, f′<0 sur ]1;+∞[ ; f(1)=22n=2n−1.
x
0
1
+∞
f′(x)
+
0
−
f(x)
↗
2n−1
↘
3.f(1)=2n−1 est la valeur maximale de f : pour tout x>0, 1+xn(1+x)n≤2n−1, et comme 1+xn>0 : (1+x)n≤2n−1(1+xn).
4. Soient a,b>0 ; on applique 3. avec x=ab : (1+ab)n≤2n−1(1+anbn). En multipliant par an>0 : (a+b)n≤2n−1(an+bn), puis en divisant par 2n : (2a+b)n≤2an+bn.
L’aire d’un rectangle est 81m2. Déterminer les dimensions de ce rectangle pour que son périmètre soit minimal.
x et y sont deux réels strictement positifs tels que xy=12. Déterminer x et y pour que la somme x+3y soit minimale.
Voir la solution
1. Soit x>0 la longueur ; la largeur est x81 et le périmètre P(x)=2(x+x81). P′(x)=2(1−x281)=x22(x−9)(x+9) : P décroît sur ]0;9] et croît sur [9;+∞[. Le périmètre est minimal pour x=9 : le rectangle est un carré de côté 9 m (périmètre 36 m).
2.y=x12, donc x+3y=S(x)=x+x36, x>0. S′(x)=1−x236=x2(x−6)(x+6) : minimum en x=6, alors y=2 et x+3y=12 (valeur minimale).
Exercice 20 — Problème Difficile★★★★☆
Partie 1. Soit f la fonction définie par f(x)=x2+(2−x)2x2.
Vérifier que, pour tout x∈R : x2+(2−x)2=2(x−1)2+2, puis en déduire que Df=R.
Calculer x→−∞limf(x) et x→+∞limf(x).
a. Montrer que f est dérivable sur R et que, pour tout x∈R : f′(x)=(x2+(2−x)2)2−4x(x−2).
b. Dresser le tableau de variations de f.
c. En déduire les extremums de f sur R.
d. Calculer f′(1) et interpréter le résultat graphiquement.
Déterminer f([0;2]).
Partie 2. Soit g la fonction définie par g(x)=x+2−xx.
Montrer par l’absurde que, pour tout x∈[0;2] : x+2−x=0.
Montrer soigneusement que Dg=[0;2].
a. Montrer que x→0limg(x)=g(0).
b. Montrer que, pour tout x∈[0;2] : g(2−x)=1−g(x).
a. Étudier la dérivabilité de g à droite en 0 puis interpréter graphiquement le résultat.
b. En déduire que g n’est pas dérivable à gauche en 2.
a. Montrer que g est dérivable sur ]0;2[ et que : (∀x∈]0;2[)g′(x)=x2−x(x+2−x)21.
b. Dresser le tableau de variations de g sur [0;2].
c. Déduire l’équation de la tangente à (Cg) au point d’abscisse 1.
Voir la solution
Partie 1. 1.x2+(2−x)2=2x2−4x+4=2(x2−2x+1)+2=2(x−1)2+2≥2>0 : le dénominateur ne s’annule jamais, donc Df=R.
2.f(x)=2x2−4x+4x2 : quotient des termes de plus haut degré 2x2x2=21. Donc lim±∞f(x)=21.
3. a.f est rationnelle définie sur R, donc dérivable sur R ; avec v=2x2−4x+4, v′=4x−4 :
f′(x)=v22x(2x2−4x+4)−x2(4x−4)=v2−4x2+8x=(x2+(2−x)2)2−4x(x−2).
b.f′(x)>0⟺x(x−2)<0⟺0<x<2. f(0)=0, f(2)=44=1.
x
−∞
0
2
+∞
f′(x)
−
0
+
0
−
f(x)
21
↘
0
↗
1
↘
21
c. D’après le tableau, 0≤f(x)≤1 pour tout x∈R : f(0)=0 est le minimum absolu et f(2)=1 le maximum absolu de f sur R.
d.f′(1)=22−4×(−1)=1 : la tangente au point (1;21) a pour coefficient directeur 1 ; elle est parallèle à la première bissectrice : y=x−21.
4.f est strictement croissante sur [0;2] et (fonction rationnelle sans pôle) prend toutes les valeurs entre f(0) et f(2) : f([0;2])=[0;1].
Partie 2. 1. Raisonnement par l’absurde. Supposons qu’il existe x∈[0;2] tel que x+2−x=0. Une somme de deux réels positifs est nulle si et seulement si les deux sont nuls : x=0 et 2−x=0, soit x=0 et x=2 : contradiction. Donc x+2−x=0 pour tout x∈[0;2].
2.x∈Dg⟺(x≥0et2−x≥0etx+2−x=0)⟺x∈[0;2] (d’après 1.). Donc Dg=[0;2].
3. a.limx→0+x=0 et limx→0+(x+2−x)=2, donc limx→0g(x)=0=g(0).
b. Soit x∈[0;2] ; alors 2−x∈[0;2] et g(2−x)=2−x+x2−x, d’où 1−g(x)=x+2−xx+2−x−x=g(2−x).
4. a. Pour 0<x≤2 : xg(x)−g(0)=x(x+2−x)1, forme 0+1 : la limite est +∞. g n’est pas dérivable à droite en 0 : demi-tangente verticale (dirigée vers le haut) au point O(0;0).
b. Raisonnement par l’absurde. Si g était dérivable à gauche en 2, alors d’après 3.b., g(x)=1−g(2−x) ; pour x→0+, xg(x)−g(0)=−xg(2−x)−g(2) tendrait vers gg′(2), réel ; or ce taux tend vers +∞. Contradiction : g n’est pas dérivable à gauche en 2.
5. a. Sur ]0;2[, u(x)=x et v(x)=2−x sont dérivables, u′=2x1, v′=−22−x1, et u+v=0. Alors
g′=(u+v)2u′(u+v)−u(u′+v′)=(u+v)2u′v−uv′,u′v−uv′=2x2−x+22−xx=2x2−x(2−x)+x=x2−x1.
D’où g′(x)=x2−x(x+2−x)21.
b.g′(x)>0 sur ]0;2[ : g est strictement croissante sur [0;2], de g(0)=0 à g(2)=1 (demi-tangentes verticales aux deux extrémités).
c.g(1)=21 et g′(1)=1×1×221=41 : (T):y=41(x−1)+21=41x+41.
Exercice 21 — Dérivabilité et partie entière Difficile★★★★★
Soit (a,b)∈R∗×R et f la fonction définie sur R par :
f(x)=ax2E(x2)si x>0,f(0)=0,f(x)=x3cos(bx)−2cos(2x)−1si x<0,
où E désigne la fonction partie entière.
a. Montrer que, pour tout x∈]0;+∞[ : axE(x2)−a2≤ax.
b. En déduire que f est dérivable à droite en 0 et que fd′(0)=a2.
Montrer que f est dérivable à gauche en 0 et que fg′(0)=4−23b2.
Déterminer les valeurs de a et b pour que f soit dérivable en 0 et que la tangente à (Cf) au point d’abscisse 0 soit perpendiculaire à la droite (Δ) d’équation x+2y=0.
Voir la solution
1. a. Pour tout réel X : X−1<E(X)≤X. Avec X=x2 (x>0) : x2−1<E(x2)≤x2, et en multipliant par x>0 : 2−x<xE(x2)≤2, soit −x<xE(x2)−2≤0. Donc xE(x2)−2≤x, puis en divisant par ∣a∣ : axE(x2)−a2≤ax.
b. Pour x>0 : xf(x)−f(0)=axE(x2). Or ax→0 quand x→0+ ; par encadrement, axE(x2)→a2. Donc f est dérivable à droite en 0 et fd′(0)=a2.
2. Pour x<0 : 3cos(bx)−2cos(2x)−1=−3(1−cosbx)+2(1−cos2x), donc
xf(x)−f(0)=x2−3(1−cosbx)+2(1−cos2x)=−3b2(bx)21−cosbx+8(2x)21−cos2xx→0−−23b2+4
(si b=0, le premier terme est nul et le résultat reste 4). Donc fg′(0)=4−23b2.
3.(Δ):y=−21x a pour coefficient directeur −21 ; deux droites non verticales sont perpendiculaires si et seulement si le produit de leurs coefficients directeurs vaut −1. On veut donc f′(0)=2, ce qui équivaut (chaîne d’équivalences) à :
fd′(0)=fg′(0)=2⟺a2=2et4−23b2=2⟺a=1etb2=34⟺a=1etb∈{−323;323}.