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Examen national du baccalauréat — Session de rattrapage 2021
Mathématiques — Filière : Sciences Expérimentales (les deux parcours) — option française
Code NS 22F — Durée : 3 h — Coefficient : 7
INSTRUCTIONS GENERALES
L’utilisation de la calculatrice non programmable est autorisée
Le candidat peut traiter les exercices selon l’ordre qui lui convient
L’utilisation de la couleur rouge lors de la rédaction des solutions est à éviter
COMPOSANTES DU SUJET
L’épreuve est composée de trois exercices et un problème Indépendants entre eux et répartis suivant les domaines comme suit :
Domaine
Barème
Exercice 1
Suites numériques
4 points
Exercice 2
Nombres complexes
5 points
Exercice 3
Fonctions numériques
3 points
Problème
Etude des fonctions et calcul intégral
8 points
On désigne par Z le conjugué du nombre complexe Z
Ln désigne la fonction logarithme népérien
Exercice 1 — Suites numériques (4 points)
Soit (un) la suite numérique définie par : u0=31 et un+1=3−un1+un pour tout n de N.
1.(0.5 pt) Montrer que pour tout n de N, 0<un<1
Voir la solution
Initialisation.u0=31 et 0<31<1 : vrai pour n=0.
Hérédité. Soit n∈N ; supposons 0<un<1. Alors 1+un>0 et 3−un>2>0, donc un+1>0. De plus
un+1−1=3−un1+un−3+un=3−un2(un−1)<0(car un−1<0 et 3−un>0),
donc un+1<1.
D’après le principe du raisonnement par récurrence, pour tout n∈N : 0<un<1.
2.a.(0.5 pt) Montrer que pour tout n de N, un+1−un=3−un(un−1)2
2.b.(0.5 pt) Montrer que la suite (un) est convergente
Voir la solution
(un−1)2≥0 et 3−un>0, donc un+1−un≥0 : la suite (un) est croissante.
Elle est croissante et majorée par 1 (question 1), donc elle est convergente.
3. On pose vn=1−un1 pour tout n de N.
3.a.(0.75 pt) Montrer que (vn) est une suite arithmétique et déterminer sa raison et son premier terme
Voir la solution
vn est bien défini car un=1. Soit n∈N : 1−un+1=3−un3−un−1−un=3−un2(1−un), donc
vn+1−vn=2(1−un)3−un−2(1−un)2=2(1−un)1−un=21.
Donc (vn) est arithmétique de raison r=21 et de premier terme v0=1−311=23.
3.b.(0.75 pt) Déterminer vn en fonction de n et en déduire que un=n+3n+1, pour tout n de N
Voir la solution
vn=v0+nr=23+2n=2n+3.
Or vn=1−un1⟺1−un=vn1⟺un=1−n+32=n+3n+1.
3.c.(0.5 pt) Calculer la limite de la suite (un)
Voir la solution
limn→+∞un=limn→+∞n(1+n3)n(1+n1)=1.
4.(0.5 pt) A partir de quelle valeur de l’entier naturel n, a-t-on un>10121011 ?
Voir la solution
un>10121011⟺1012(n+1)>1011(n+3)⟺1012n+1012>1011n+3033⟺n>2021.
(n+3>0 et 1012>0.)
Donc un>10121011 à partir de n=2022. (Pour n=2021 : u2021=20242022=10121011, l’inégalité stricte n’est pas vérifiée.)
Exercice 2 — Nombres complexes (5 points)
1.(0.75 pt) Résoudre dans l’ensemble C des nombres complexes, l’équation : z2−6z+13=0
Voir la solution
Δ=(−6)2−4×13=−16=(4i)2<0. Deux solutions complexes conjuguées :
z1=26+4i=3+2iz2=26−4i=3−2i.
Donc S={3+2i;3−2i}.
2. Dans le plan complexe rapporté à un repère orthonormé direct (O;u,v), on considère Les points A, B et C d’affixes respectives a, b et c telles que : a=3+2i, b=3−2i et c=−1−2i.
2.a.(0.5 pt) Ecrire a−bc−b sous forme trigonométrique
a−bc−b=1, donc BC=BA ; et (BA,BC)≡arg(a−bc−b)≡2π[2π].
Donc le triangle ABC est rectangle et isocèle en B.
3. Soit R la rotation de centre B et d’angle 2π. Soit M un point du plan d’affixe z et le point M′ d’affixe z′ l’image de M par R, et soit D le point d’affixe d=−3−4i.
3.a.(0.5 pt) Ecrire z′ en fonction de z
Voir la solution
z′−b=ei2π(z−b)⟺z′=i(z−3+2i)+3−2i=iz−3i−2+3−2i.
Donc z′=iz+1−5i.
3.b.(0.25 pt) Vérifier que C est l’image de A par R
Voir la solution
ia+1−5i=i(3+2i)+1−5i=3i−2+1−5i=−1−2i=c. Donc R(A)=C.
4.a.(0.5 pt) Montrer que les points A, C et D sont alignés
Voir la solution
a−cd−c=3+2i+1+2i−3−4i+1+2i=4+4i−2−2i=−21∈R.
Donc les points A, C et D sont alignés.
4.b.(0.5 pt) Déterminer le rapport de l’homothétie h de centre C et qui transforme A en D
Voir la solution
h(A)=D⟺d−c=k(a−c)⟺k=a−cd−c=−21 (question 4.a).
Le rapport de h est k=−21.
4.c.(0.5 pt) Déterminer l’affixe m du point E pour que le quadrilatère BCDE soit un parallélogramme
Voir la solution
BCDE est un parallélogramme ⟺BC=ED⟺c−b=d−m⟺m=d−c+b.
m=−3−4i+1+2i+3−2i=1−4i.
5.a.(0.5 pt) Montrer que m−bd−a est un nombre réel
Voir la solution
m−bd−a=1−4i−3+2i−3−4i−3−2i=−2−2i−6−6i=3∈R.
5.b.(0.5 pt) En déduire que le quadrilatère ABED est un trapèze isocèle
Voir la solution
D’après 5.a, AD=3BE : (AD)∥(BE) et AD=BE, donc ABED est un trapèze de bases [AD] et [BE] (non parallélogramme).
Côtés non parallèles : AB=∣b−a∣=∣−4i∣=4 et ED=∣d−m∣=∣−4∣=4, donc AB=ED.
Donc ABED est un trapèze isocèle.
Exercice 3 — Fonctions numériques (3 points)
On considère la fonction numérique h définie sur ]0,+∞[ par : h(x)=x+lnx
1.(0.5 pt) Montrer que la fonction h est strictement croissante sur ]0,+∞[
Voir la solution
h est dérivable sur ]0,+∞[ et h′(x)=1+x1=xx+1>0 pour tout x>0.
Donc h est strictement croissante sur ]0,+∞[.
2.(0.5 pt) Déterminer h(]0,+∞[)
Voir la solution
x→0+lim(x+lnx)=−∞ et x→+∞lim(x+lnx)=+∞. h est continue et strictement croissante sur ]0,+∞[, donc
h(]0,+∞[)=]limx→0+h(x),limx→+∞h(x)[=R.
3.a.(0.5 pt) En déduire que l’équation h(x)=0 admet une solution unique α sur ]0,+∞[
Voir la solution
h est continue et strictement croissante sur ]0,+∞[ et 0∈h(]0,+∞[)=R.
Donc l’équation h(x)=0 admet une solution unique α dans ]0,+∞[.
3.b.(0.5 pt) Montrer que 0<α<1
Voir la solution
α∈]0,+∞[, donc α>0. De plus h(α)=0<1=h(1) et h est strictement croissante, donc α<1.
Ainsi 0<α<1.
4.a.(0.5 pt) Vérifier que h(α1)=α+α1
Voir la solution
h(α)=0 donne lnα=−α. Donc
h(α1)=α1+ln(α1)=α1−lnα=α1+α.
4.b.(0.5 pt) En déduire que h(α1)>2
Voir la solution
h(α1)−2=α+α1−2=αα2−2α+1=α(α−1)2>0
car α>0 et α=1. Donc h(α1)>2.
Exercice 4 — Problème (8 points)
Soit f la fonction numérique définie sur R par : f(x)=2−xe−x+1
et soit (C) sa courbe représentative dans un repère orthonormé (O;i,j) (unité:1cm)
1.(0.5 pt) Calculer x→+∞limf(x) et interpréter le résultat géométriquement
Voir la solution
xe−x+1=e×exx et x→+∞limexx=0, donc x→+∞limf(x)=2.
La droite d’équation y=2 est une asymptote horizontale à (C) au voisinage de +∞.
2.a.(0.5 pt) Calculer x→−∞limf(x)
Voir la solution
x→−∞lim(−x+1)=+∞, donc x→−∞lime−x+1=+∞, et x→−∞limx=−∞ : x→−∞limxe−x+1=−∞.
Donc x→−∞limf(x)=+∞.
2.b.(0.75 pt) Montrer que x→−∞limxf(x)=−∞ et interpréter le résultat géométriquement
Voir la solution
limx→−∞xf(x)=limx→−∞(x2−e−x+1)=0−∞=−∞.
Comme x→−∞limf(x)=+∞, la courbe (C) admet une branche parabolique de direction l’axe des ordonnées au voisinage de −∞.
3.a.(0.75 pt) Montrer que pour tout x de R : f′(x)=(x−1)e−x+1
Voir la solution
f est dérivable sur R et
f′(x)=−(1×e−x+1+x×(−1)e−x+1)=−(1−x)e−x+1=(x−1)e−x+1.
3.b.(0.5 pt) Dresser le tableau de variations de la fonction f
Voir la solution
e−x+1>0, donc f′(x) a le signe de x−1. f(1)=2−1×e0=1.
xf′(x)f(x)−∞+∞−↘101+↗+∞2
4.a.(0.5 pt) Calculer f′′(x) pour tout x de R
Voir la solution
f′′(x)=1×e−x+1+(x−1)×(−1)e−x+1=(2−x)e−x+1.
4.b.(0.5 pt) Montrer que la courbe (C) admet un point d’inflexion d’abscisse 2
Voir la solution
f′′(x) a le signe de 2−x : f′′(x)>0 sur ]−∞,2[ et f′′(x)<0 sur ]2,+∞[. f′′ s’annule en 2 en changeant de signe.
Donc (C) admet un point d’inflexion I(2,2−e2), avec f(2)≃1,26.
5.(1 pt) Construire la courbe (C) dans le repère (O;i,j) (on prend : f(2)≃1,25)
Voir la solution
Éléments : asymptote y=2 en +∞, branche parabolique verticale en −∞, minimum (1,1), point d’inflexion I(2;1,25), f(0)=2.
6.(0.5 pt) Déterminer la valeur minimale de la fonction f et en déduire que pour tout x de Rex−1≥x
Voir la solution
D’après le tableau de variations, la valeur minimale de f sur R est f(1)=1.
Pour tout x∈R : f(x)≥1⟺2−xe−x+1≥1⟺xe−x+1≤1. En multipliant par ex−1>0 : x≤ex−1.
Donc ex−1≥x pour tout x∈R.
7.a.(0.5 pt) En utilisant une intégration par parties, calculer : ∫02xe−xdx
Voir la solution
On pose u(x)=x, v′(x)=e−x ; alors u′(x)=1, v(x)=−e−x.
∫02xe−xdx=[−xe−x]02+∫02e−xdx=−2e−2+[−e−x]02=−2e−2−e−2+1=1−3e−2.
7.b.(0.5 pt) En déduire que : ∫02f(x)dx=4−e+3e−1
Voir la solution
xe−x+1=e×xe−x, donc
∫02f(x)dx=∫022dx−e∫02xe−xdx=4−e(1−3e−2)=4−e+3e−1.
8. Soit g la restriction de f à l’intervalle ]−∞,1].
8.a.(0.5 pt) Montrer que g admet une fonction réciproque g−1 définie sur un intervalle J à déterminer
Voir la solution
g est continue et strictement décroissante sur ]−∞,1], donc elle admet une fonction réciproque g−1 définie sur
J=g(]−∞,1])=[g(1),limx→−∞g(x)[=[1,+∞[.
8.b.(0.75 pt) Construire la courbe représentative de g−1 dans le même repère (O;i,j)
Voir la solution
La courbe de g−1 est la symétrique de la partie de (C) sur ]−∞,1] par rapport à la droite y=x ; elle part de (1,1) (tangente verticale) et passe par (2,0).
8.c.(0.25 pt) A partir de la courbe représentative de g−1, déterminer x→+∞lim(xg−1(x)).
Voir la solution
(C) admet en −∞ une branche parabolique de direction l’axe des ordonnées ; par symétrie par rapport à y=x, la courbe de g−1 admet en +∞ une branche parabolique de direction l’axe des abscisses.