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Cours
Plan du chapitre. I. Continuité en un point — II. Continuité sur un intervalle — III. Image d’un intervalle par une fonction continue — IV. Opérations sur les fonctions continues — V. Théorème des valeurs intermédiaires — VI. Fonction réciproque d’une fonction continue et strictement monotone — VII. Racine n-ième et puissances rationnelles — Résumé.
I. Continuité en un point
1. Activité d’introduction
Activité 1
On considère la fonction f définie sur R par f(x)=x2−1 si x<1 et f(x)=x+1 si x≥1, et la fonction g définie sur R par g(x)=x2−1 si x<1 et g(x)=x−1 si x≥1.
Calculer f(1), x→1−limf(x) et x→1+limf(x).
Calculer g(1), x→1−limg(x) et x→1+limg(x).
Tracer à main levée les deux courbes au voisinage du point d’abscisse 1. Laquelle peut-on tracer « sans lever le crayon » ?
Voir la solution
f(1)=2 ; x→1−limf(x)=1−1=0 ; x→1+limf(x)=2. Les deux limites sont différentes : la courbe de f présente un « saut » en 1.
g(1)=0 ; x→1−limg(x)=0 ; x→1+limg(x)=0. Les deux limites sont égales à g(1).
La courbe de g se trace sans lever le crayon au voisinage de 1 ; celle de f non. On dira que g est continue en 1 et que f ne l’est pas.
2. Définition
Définition 1 — continuité en un point
On considère une fonction f définie sur un intervalle ouvert I et un réel x0∈I. On dit que f est continue en x0 lorsque
limx→x0f(x)=f(x0).
Dans le cas contraire, on dit que f est discontinue en x0.
Remarque 1
La continuité en x0 exige trois choses : f est définie en x0 ; f admet une limite finie en x0 ; cette limite est égale à f(x0).
Graphiquement, f est continue en x0 lorsque la courbe (Cf) ne présente ni « saut » ni « trou » au point d’abscisse x0.
Exemple 1 — fonction rationnelle prolongée
On considère la fonction f définie sur R par
f(x)=x−2x2−4 si x=2etf(2)=4.
Voir la solution
Pour tout x=2 : f(x)=x−2(x−2)(x+2)=x+2, donc x→2limf(x)=4=f(2) : la fonction f est continue en 2.
Exemple 2 — une discontinuité
On considère la fonction g définie sur R par
g(x)=xsin(3x) si x=0etg(0)=1.
Voir la solution
On sait que t→0limtsint=1. Pour x=0 : g(x)=3×3xsin(3x), donc x→0limg(x)=3=g(0) : la fonction g est discontinue en 0.
Application 1
Étudier la continuité de la fonction f au point x0 dans chacun des cas suivants.
f est définie sur [0;+∞[ par f(x)=x−4x−2 si x=4 et f(4)=41 ; x0=4.
f est définie sur R par f(x)=x−1x3−1 si x=1 et f(1)=2 ; x0=1.
Voir la solution
Pour x∈[0;+∞[, x=4 : x−4=(x−2)(x+2), donc f(x)=x+21. Ainsi x→4limf(x)=41=f(4) : f est continue en 4.
Pour x=1 : x3−1=(x−1)(x2+x+1), donc f(x)=x2+x+1 et x→1limf(x)=3=f(1)=2 : f est discontinue en 1.
3. Continuité à droite, continuité à gauche
Définition 2 — continuité à droite, à gauche
On considère une fonction f définie sur un intervalle de la forme [x0;x0+a[ avec a>0. On dit que f est continue à droite en x0 lorsque x→x0+limf(x)=f(x0).
On considère une fonction f définie sur un intervalle de la forme ]x0−a;x0] avec a>0. On dit que f est continue à gauche en x0 lorsque x→x0−limf(x)=f(x0).
Propriété 1 — continuité et limites à droite et à gauche
Une fonction f définie sur un intervalle ouvert contenant x0 est continue en x0 si, et seulement si, elle est continue à droite et à gauche en x0, c’est-à-dire :
limx→x0−f(x)=limx→x0+f(x)=f(x0).
Exemple 3 — fonction définie par morceaux
On considère la fonction f définie sur R par f(x)=x2+x−1 si x<1 et f(x)=x+13x−1 si x≥1.
Voir la solution
On a f(1)=22=1 ; x→1−limf(x)=1+1−1=1 et x→1+limf(x)=22=1. Les deux limites sont égales à f(1) : f est continue en 1.
Application 2
On considère un réel a et la fonction f définie sur R par
f(x)=x2−2x+a si x<2etf(x)=x+1x2+2 si x≥2.
Déterminer la valeur de a pour laquelle f est continue en 2.
Voir la solution
f(2)=36=2 et x→2+limf(x)=2 : f est continue à droite en 2 quelle que soit la valeur de a. De plus x→2−limf(x)=4−4+a=a. Donc f est continue en 2 si, et seulement si, a=2.
Application 3 — valeur absolue
On considère la fonction f définie sur [−1;+∞[ par f(x)=∣x∣x+1−1 si x=0 et f(0)=21. Étudier la continuité de f à droite et à gauche en 0.
Voir la solution
Pour x=0, x≥−1 : x+1−1=x+1+1x.
Si x>0 : ∣x∣=x et f(x)=x+1+11x→0+21=f(0) : f est continue à droite en 0.
Si −1≤x<0 : ∣x∣=−x et f(x)=−x+1+11x→0−−21=f(0) : f n’est pas continue à gauche en 0.
Donc f n’est pas continue en 0.
II. Continuité sur un intervalle
1. Définitions
Définition 3 — continuité sur un intervalle
Une fonction f est continue sur l’intervalle ouvert]a;b[ lorsqu’elle est continue en tout point de ]a;b[.
Une fonction f est continue sur le segment[a;b] lorsqu’elle est continue sur ]a;b[, continue à droite en a et continue à gauche en b.
On définit de même la continuité sur [a;b[, ]a;b], [a;+∞[, ]−∞;b], etc.
Remarque 2
Graphiquement, une fonction continue sur un intervalle I est une fonction dont la courbe se trace « sans lever le crayon » au-dessus de I.
2. Continuité des fonctions usuelles
Propriété 2 — fonctions usuelles (admis)
Toute fonction polynôme est continue sur R.
Toute fonction rationnelle est continue sur chacun des intervalles inclus dans son ensemble de définition.
Les fonctions x↦sinx et x↦cosx sont continues sur R.
La fonction x↦tanx est continue sur chacun des intervalles ]−2π+kπ;2π+kπ[, k∈Z.
La fonction x↦x est continue sur [0;+∞[.
La fonction x↦∣x∣ est continue sur R.
Exemple 4
Justifier la continuité de la fonction x↦5x4−3x+2 sur R, puis préciser les intervalles sur lesquels la fonction x↦x2−14x2+3 est continue.
Voir la solution
La fonction x↦5x4−3x+2 est continue sur R (fonction polynôme).
La fonction x↦x2−14x2+3 est continue sur ]−∞;−1[, sur ]−1;1[ et sur ]1;+∞[ (fonction rationnelle).
3. Un exemple de fonction discontinue : la partie entière
Définition 4 — partie entière
Pour tout réel x, il existe un unique entier relatif p tel que p≤x<p+1. Cet entier est appelé la partie entière de x et noté E(x). La fonction E:x↦E(x) est la fonction partie entière.
Exemple 5
Calculer E(2,7), E(3), E(−0,4), E(−2) et E(π), puis étudier la continuité de la fonction E en un entier p.
Pour tout p∈Z, la fonction E est constante, égale à p, sur [p;p+1[. En un entier p : x→p+limE(x)=p=E(p) et x→p−limE(x)=p−1. La fonction E est continue à droite en p, mais pas à gauche : elle est discontinue en tout entier, et continue sur chaque intervalle [p;p+1[.
III. Image d’un intervalle par une fonction continue
1. Image d’un intervalle, image d’un segment
Définition 5 — image d’un intervalle
On considère une fonction f définie sur un intervalle I. On appelle image de I par f l’ensemble f(I)={f(x)∣x∈I}.
Propriété 3 — admise
L’image d’un intervalle par une fonction continue est un intervalle.
L’image d’un segment [a;b] par une fonction continue est un segment [m;M], où m et M sont respectivement le minimum et le maximum de f sur [a;b].
Remarque 3
L’image d’un intervalle n’est pas forcément un intervalle « de même nature ». Pour la fonction x↦x2, l’image de l’intervalle ouvert ]−1;2[ est [0;4[, qui n’est ni ouvert ni fermé.
2. Cas d’une fonction continue et strictement monotone
Propriété 4 — image par une fonction continue strictement monotone
On considère une fonction f continue et strictement monotone sur un intervalle I (a et b sont des réels, a<b).
Intervalle I
f strictement croissante sur I
f strictement décroissante sur I
[a;b]
[f(a);f(b)]
[f(b);f(a)]
[a;b[
[f(a);x→b−limf(x)[
]x→b−limf(x);f(a)]
]a;b]
]x→a+limf(x);f(b)]
[f(b);x→a+limf(x)[
]a;b[
]x→a+limf(x);x→b−limf(x)[
]x→b−limf(x);x→a+limf(x)[
[a;+∞[
[f(a);x→+∞limf(x)[
]x→+∞limf(x);f(a)]
]−∞;b]
]x→−∞limf(x);f(b)]
[f(b);x→−∞limf(x)[
Application 4
Déterminer l’image f(I) de l’intervalle I dans chacun des cas suivants.
f(x)=x+12x−3 et I=[0;2].
f(x)=−x2+4x et I=]−∞;1].
f(x)=x2−2x et I=[−1;2].
Voir la solution
f est rationnelle, définie et continue sur [0;2]. Pour x∈[0;2] : f′(x)=(x+1)22(x+1)−(2x−3)=(x+1)25>0, donc f est strictement croissante et f([0;2])=[f(0);f(2)]=[−3;31].
f est continue sur R et f′(x)=−2x+4>0 sur ]−∞;1] (car x≤1<2) : f est strictement croissante sur I. Comme x→−∞limf(x)=x→−∞lim(−x2)=−∞ et f(1)=3, on obtient f(I)=]−∞;3].
f n’est pas monotone sur [−1;2] : f(x)=(x−1)2−1 est strictement décroissante sur [−1;1] et strictement croissante sur [1;2]. Donc f([−1;1])=[f(1);f(−1)]=[−1;3] et f([1;2])=[f(1);f(2)]=[−1;0], d’où f(I)=[−1;3]∪[−1;0]=[−1;3].
IV. Opérations sur les fonctions continues
1. Opérations algébriques
Propriété 5 — opérations (admis)
On considère deux fonctions f et g continues sur un intervalle I et un réel k. Alors :
les fonctions f+g, kf et f×g sont continues sur I ;
si g ne s’annule pas sur I, les fonctions g1 et gf sont continues sur I ;
si f est positive sur I, la fonction f est continue sur I ;
la fonction ∣f∣ est continue sur I ;
pour tout n∈N∗, la fonction fn est continue sur I.
Exemple 6
On considère la fonction f définie sur R par f(x)=x2+1+xcosx.
Voir la solution
La fonction x↦x2+1 est continue et strictement positive sur R, donc x↦x2+1 est continue sur R. Les fonctions x↦x et x↦cosx sont continues sur R, donc leur produit l’est. Par somme, f est continue sur R.
Application 5
Étudier la continuité de la fonction f sur l’intervalle I.
f(x)=x−1x+2x et I=]1;+∞[.
f(x)=2+cosxsinx et I=R.
Voir la solution
x↦x est continue sur I⊂[0;+∞[ ; x↦x−1 est continue et ne s’annule pas sur I : le quotient est continu sur I ; x↦2x est continue. Par somme, f est continue sur I.
sin et cos sont continues sur R, et pour tout réel x : 2+cosx≥2−1=1>0. Le quotient f est donc continu sur R.
2. Continuité d’une fonction composée
Propriété 6 — composée (admis)
On considère une fonction f définie sur un intervalle I et une fonction g définie sur un intervalle J tel que f(I)⊂J.
Si f est continue en x0∈I et g continue en f(x0), alors g∘f est continue en x0.
Si f est continue sur I et g continue sur J, alors g∘f est continue sur I.
Exemple 7
Montrer que la fonction x↦cos(x2−3x) est continue sur R et que la fonction x↦4−x2 est continue sur [−2;2].
Voir la solution
x↦cos(x2−3x) est continue sur R : composée de la fonction polynôme x↦x2−3x (continue sur R) suivie de cos (continue sur R).
x↦4−x2 est continue sur [−2;2] : x↦4−x2 est continue sur [−2;2], à valeurs dans [0;+∞[, et est continue sur [0;+∞[.
3. Limite d’une fonction composée
Propriété 7 — limite d’une composée
On considère une fonction f et une fonction g continue en un réel ℓ. Si x→x0limf(x)=ℓ, alors
limx→x0g(f(x))=g(ℓ).
Le résultat reste valable lorsque x0 est remplacé par x0+, x0−, +∞ ou −∞.
Application 6
Calculer x→+∞limx2+34x2+1 et x→+∞limsin(2x−1πx+1).
Voir la solution
x→+∞limx2+34x2+1=4 et est continue en 4 : la limite cherchée vaut 4=2.
x→+∞lim2x−1πx+1=2π et sin est continue en 2π : la limite vaut sin2π=1.
V. Théorème des valeurs intermédiaires
1. Énoncés
Théorème des valeurs intermédiaires (TVI)
On considère une fonction fcontinue sur un segment [a;b]. Pour tout réel k compris entre f(a) et f(b), l’équation f(x)=k admet au moins une solution dans [a;b].
Propriété 8 — existence d’un zéro
On considère une fonction f continue sur [a;b]. Si f(a)×f(b)<0, alors l’équation f(x)=0 admet au moins une solution dans l’intervalle ouvert ]a;b[.
Propriété 9 — unicité (cas strictement monotone)
On considère une fonction fcontinue et strictement monotone sur [a;b]. Si f(a)×f(b)<0, alors l’équation f(x)=0 admet une unique solution dans ]a;b[.
Remarque 4
Sans la continuité, la conclusion peut être fausse : la fonction partie entière vérifie E(0)=0 et E(1)=1, mais l’équation E(x)=21 n’a pas de solution.
Le TVI garantit l’existence d’une solution, il ne la calcule pas ; la stricte monotonie garantit l’unicité.
Le résultat s’étend à un intervalle quelconque I : si f est continue et strictement monotone sur I et si 0∈f(I), l’équation f(x)=0 admet une unique solution dans I.
Application 7
Montrer que l’équation x3+2x−1=0 admet une unique solution α dans ]0;1[.
Montrer que l’équation cosx=x admet au moins une solution dans ]0;2π[.
Voir la solution
On considère la fonction f définie sur R par f(x)=x3+2x−1. Elle est continue (polynôme) et f′(x)=3x2+2>0 : f est strictement croissante sur [0;1]. De plus f(0)=−1 et f(1)=2, donc f(0)f(1)<0. L’équation f(x)=0 admet une unique solution α∈]0;1[.
On considère la fonction g définie sur R par g(x)=cosx−x ; elle est continue sur [0;2π], avec g(0)=1>0 et g(2π)=−2π<0. D’après le TVI, l’équation g(x)=0, c’est-à-dire cosx=x, admet au moins une solution dans ]0;2π[.
2. Méthode de dichotomie
Méthode — dichotomie
On suppose que f est continue et strictement monotone sur [a;b], avec f(a)f(b)<0 ; on note α l’unique solution de f(x)=0 dans ]a;b[.
On calcule f(2a+b) (milieu de l’intervalle).
Si f(a)×f(2a+b)<0, alors α∈]a;2a+b[ ; sinon α∈[2a+b;b[.
On recommence avec le nouvel intervalle, dont l’amplitude est divisée par 2 à chaque étape.
Application 8
On reprend la solution α∈]0;1[ de l’équation x3+2x−1=0 (application 7). Donner un encadrement de α d’amplitude 0,25.
VI. Fonction réciproque d’une fonction continue et strictement monotone
1. Théorème de la bijection
Théorème de la bijection
On considère une fonction fcontinue et strictement monotone sur un intervalle I et on note J=f(I). Alors, pour tout y∈J, l’équation f(x)=y admet une unique solution x dans I.
On dit que f réalise une bijection de I sur J. La fonction qui à tout y∈J associe l’unique solution x∈I de l’équation f(x)=y est appelée la fonction réciproque de f ; elle est notée f−1.
Propriété 10 — caractérisation
Pour tout x∈I et tout y∈J :
(f−1(y)=x)⟺(f(x)=y).
En particulier : (∀x∈I)f−1(f(x))=x et (∀y∈J)f(f−1(y))=y.
Méthode — déterminer f−1(x)
Pour x∈J, on cherche l’unique y∈I tel que f(y)=x : on résout cette équation d’inconnue y en n’oubliant pas la condition y∈I, qui permet de choisir la bonne solution.
Exemple 8
On considère la fonction f définie sur I=[1;+∞[ par f(x)=x2−2x+3.
Voir la solution
f est continue sur I et f′(x)=2(x−1)>0 sur ]1;+∞[ : f est strictement croissante sur I. Elle admet donc une fonction réciproque définie sur J=f(I)=[f(1);x→+∞limf(x)[=[2;+∞[.
Soit x∈J ; cherchons y∈I tel que f(y)=x : (y−1)2+2=x, soit (y−1)2=x−2. Comme y≥1 et x≥2 : y−1=x−2. Ainsi (∀x∈[2;+∞[)f−1(x)=1+x−2.
Application 9
On considère la fonction f définie sur I=]2;+∞[ par f(x)=x−2x+1.
Montrer que f admet une fonction réciproque f−1 définie sur un intervalle J à déterminer.
Déterminer f−1(x) pour tout x∈J.
Voir la solution
f est continue sur I (rationnelle, x−2=0) et f′(x)=(x−2)2(x−2)−(x+1)=(x−2)2−3<0 : f est strictement décroissante sur I. Avec x→2+limf(x)=+∞ (numérateur →3, dénominateur →0+) et x→+∞limf(x)=1, on obtient J=]1;+∞[.
Soit x∈J et y∈I : f(y)=x⟺y+1=x(y−2)⟺y(x−1)=2x+1⟺y=x−12x+1 (car x=1). Donc f−1(x)=x−12x+1 pour tout x∈]1;+∞[.
2. Propriétés de la fonction réciproque
Propriété 11
On considère une fonction f continue et strictement monotone sur un intervalle I, et J=f(I). Alors :
f−1 est continue sur J ;
f−1 est strictement monotone sur J, de même sens de variation que f ;
dans un repère orthonormé, les courbes (Cf) et (Cf−1) sont symétriques par rapport à la première bissectrice, droite d’équation y=x.
Remarque 5
La symétrie par rapport à la droite (Δ):y=x échange les points M(a;b) et M′(b;a) : si M∈(Cf), c’est-à-dire b=f(a), alors a=f−1(b) et M′∈(Cf−1).
VII. Racine n-ième et puissances rationnelles
1. La fonction racine n-ième
Activité 2
On considère un entier n≥2 et la fonction u définie sur [0;+∞[ par u(x)=xn. Montrer que u admet une fonction réciproque définie sur [0;+∞[.
Voir la solution
u est continue sur [0;+∞[ (polynôme) et u′(x)=nxn−1>0 pour x>0 : u est strictement croissante. Comme u(0)=0 et x→+∞limxn=+∞, on a u([0;+∞[)=[0;+∞[. D’après le théorème de la bijection, u admet une fonction réciproque définie sur [0;+∞[.
Définition 6 — racine n-ième
On considère un entier n≥2. La fonction réciproque de la fonction x↦xn sur [0;+∞[ est appelée fonction racine n-ième ; elle est notée x↦nx. Pour tous réels x≥0 et y≥0 :
nx=y⟺yn=x.
Remarque 6
2x=x ; 3x se lit « racine cubique de x ».
Dans ce cours, nx n’est définie que pour x≥0 et l’on a toujours nx≥0. Par exemple 38=2 et 481=3, tandis que 3−8 n’est pas défini.
Pour tout x≥0 : (nx)n=x et nxn=x.
La fonction x↦nx est continue et strictement croissante sur [0;+∞[ ; sa courbe est la symétrique de celle de x↦xn (pour x≥0) par rapport à la droite y=x.
2. Propriétés et calculs
Propriété 12 — ordre
Pour tous réels a≥0 et b≥0 et tout entier n≥2 :
na=nb⟺a=betna<nb⟺a<b.
Propriété 13 — calculs
Pour tous réels a≥0, b≥0 et tous entiers n≥2, p≥2, m≥1 :
Règle
Énoncé
produit
na×nb=nab
quotient (b>0)
nbna=nba
puissance
(na)m=nam
composition
pna=npa
simplification
npap=na
Exemple 9
Calculer 316×34, 424162 et 364, puis simplifier 69.
Voir la solution
316×34=364=4 ; 424162=481=3.
364=664=2 ; 69=632=33.
Méthode — comparer des racines d’indices différents
Pour comparer na et pb, on les écrit avec un même indice N, multiple commun de n et p : na=NaN/n et pb=NbN/p, puis on compare aN/n et bN/p.
Application 10
Comparer 34 et 3.
Résoudre dans R l’équation x3=27, puis l’équation x4=16.
Voir la solution
Avec l’indice 6 : 34=642=616 et 3=633=627. Comme 16<27 : 34<3.
Équation x3=27. Si x≤0, alors x3≤0<27 : pas de solution négative. Pour x>0 : x3=27⟺x=327=3. Donc S={3}.
Équation x4=16. Pour x≥0 : x=416=2. Pour x<0 : x4=(−x)4 avec −x>0, donc −x=2. Ainsi S={−2;2}.
Propriété 14 — équation xn=a
On considère un réel a et un entier n≥2.
n impair : si a≥0, l’équation xn=a a pour unique solution na ; si a<0, elle a pour unique solution −n−a.
n pair : si a>0, les solutions sont na et −na ; si a=0, la seule solution est 0 ; si a<0, il n’y a pas de solution.
3. Quantité conjuguée et limites
Propriété 15 — identités utiles
Pour tous réels a≥0 et b≥0 :
3a−3b=3a2+3ab+3b2a−b(a=0oub=0)
(car X3−Y3=(X−Y)(X2+XY+Y2)) et, plus généralement, Xn−Yn=(X−Y)(Xn−1+Xn−2Y+⋯+Yn−1).
Propriété 16 — continuité et limites
On considère un entier n≥2.
La fonction x↦nx est continue sur [0;+∞[ et x→+∞limnx=+∞.
Si u est une fonction continue et positive sur un intervalle I, alors x↦nu(x) est continue sur I.
Si u est positive au voisinage de x0 et x→x0limu(x)=ℓ≥0, alors x→x0limnu(x)=nℓ ; si x→x0limu(x)=+∞, alors x→x0limnu(x)=+∞ (x0 réel ou infini).
Application 11
Calculer x→8limx−83x−2 et x→+∞lim(3x3+x2−x).
Voir la solution
Pour x≥0, x=8 : 3x−2=3x2+23x+4x−8, donc x−83x−2=3x2+23x+41x→84+4+41=121.
Pour x>0, on pose A=3x3+x2 : A−x=A2+Ax+x2A3−x3=A2+Ax+x2x2. En divisant par x2 : A−x=(xA)2+xA+11 avec xA=31+x1→1. La limite vaut 31.
4. Puissances rationnelles
Définition 7 — puissance rationnelle
On considère un réel a>0 et un rationnel r=qp (p∈Z, q∈N∗). On pose
ar=aqp=qap.
En particulier, pour n∈N∗ : an1=na.
Propriété 17 — règles de calcul
Pour tous réels a>0, b>0 et tous rationnels r et r′ :
ar×ar′=ar+r′;ar′ar=ar−r′;(ar)r′=arr′;(ab)r=arbr;(ba)r=brar;a−r=ar1.
f continue en x0 : x→x0limf(x)=f(x0) ; à droite / à gauche : limites en x0+ / x0−.
Polynômes, fonctions rationnelles (sur leur domaine), sin, cos, tan, , n sont continues ; sommes, produits, quotients (dénominateur non nul) et composées de fonctions continues sont continues.
L’image d’un intervalle (d’un segment) par une fonction continue est un intervalle (un segment).
TVI : f continue sur [a;b] et f(a)f(b)<0⇒ au moins une solution de f(x)=0 dans ]a;b[ ; unique si f est de plus strictement monotone.
Bijection : f continue et strictement monotone sur I⇒f−1 existe sur J=f(I), continue, de même monotonie, (Cf−1) symétrique de (Cf) par rapport à y=x.
On considère la fonction f définie sur R par
f(x)=x−3x3−3x2+2x−6 si x=3etf(3)=11.
Montrer que f est continue en 3.
Voir la solution
Pour tout x=3 : x3−3x2+2x−6=x2(x−3)+2(x−3)=(x−3)(x2+2), donc f(x)=x2+2.
Ainsi x→3limf(x)=x→3lim(x2+2)=11=f(3) : f est continue en 3.
Exercice 2 — Continuité en un point — paramètre Facile★★☆☆☆
On considère un réel non nul a et la fonction f définie sur [−4;+∞[ par
f(x)=axx+4−2 si x=0etf(0)=2.
Déterminer la valeur de a pour laquelle f est continue en 0.
Voir la solution
Pour x∈[−4;+∞[, x=0, on multiplie par la quantité conjuguée :
f(x)=ax(x+4+2)(x+4−2)(x+4+2)=ax(x+4+2)x=a(x+4+2)1.
Donc x→0limf(x)=4a1. La fonction f est continue en 0 si, et seulement si, 4a1=2, c’est-à-dire a=81.
Exercice 3 — Continuité à droite et à gauche Facile★★☆☆☆
On considère la fonction f définie sur [−7;+∞[ par
f(x)=∣x−2∣x+7−3 si x=2etf(2)=61.
Étudier la continuité de f à droite et à gauche en 2.
Voir la solution
Pour x≥−7, x=2 : x+7−3=x+7+3(x+7)−9=x+7+3x−2.
À droite (x>2, ∣x−2∣=x−2) : f(x)=x+7+31, donc x→2+limf(x)=61=f(2) : f est continue à droite en 2.
À gauche (−7≤x<2, ∣x−2∣=−(x−2)) : f(x)=−x+7+31, donc x→2−limf(x)=−61=f(2) : fn’est pas continue à gauche en 2.
Par conséquent, f n’est pas continue en 2.
Exercice 4 — Fonction définie par morceaux Facile★☆☆☆☆
On considère la fonction f définie sur R par
f(x)=x2−3x si x≤2etf(x)=2x−3x2−6 si x>2.
Étudier la continuité de f en 2.
Voir la solution
f(2)=4−6=−2 et x→2−limf(x)=x→2−lim(x2−3x)=−2.
Pour x>2, 2x−3>0 et x→2+limf(x)=4−34−6=−2.
Les limites à gauche et à droite sont égales à f(2) : f est continue en 2.
Exercice 5 — Fonction définie par morceaux — paramètre Facile★★☆☆☆
On considère un réel a et la fonction f définie sur R par
f(x)=−x2+3 si x≤1etf(x)=x+1ax−1 si x>1.
Déterminer la valeur de a pour laquelle f est continue en 1.
Voir la solution
f(1)=−1+3=2 et x→1−limf(x)=2 : f est continue à gauche en 1. Pour x>1, x+1=0 et x→1+limf(x)=2a−1.
f est continue en 1 si, et seulement si, 2a−1=2, c’est-à-dire a=5.
Exercice 6 — Prolongement par continuité Facile★★☆☆☆
Dans chacun des cas suivants, a est un réel ; déterminer la valeur de a pour laquelle la fonction f est continue en x0.
f est définie sur R par f(x)=x−32x2−x−15 si x=3 et f(3)=a ; x0=3.
f est définie sur [−3;+∞[ par f(x)=x−1x+3−2 si x=1 et f(1)=a ; x0=1.
f est définie sur ]−2π;2π[ par f(x)=xtanx+3sinx si x=0 et f(0)=a ; x0=0.
f est définie sur [−1;+∞[ par f(x)=3x+1−1sin(2x) si x=0 et f(0)=a ; x0=0.
Voir la solution
1.2x2−x−15 s’annule en 3 : 2x2−x−15=(x−3)(2x+5). Pour x=3, f(x)=2x+5x→311. Donc a=11.
2. Pour x≥−3, x=1 : f(x)=(x−1)(x+3+2)(x+3)−4=x+3+21x→141. Donc a=41.
3. Pour x∈]−2π;2π[, x=0 : f(x)=xtanx+3xsinx. Or x→0limxtanx=1 et x→0limxsinx=1, donc x→0limf(x)=1+3=4. Donc a=4.
4. Pour x≥−1, avec X=3x+1 : X3−1=x et X−1=X2+X+1X3−1=X2+X+1x (X2+X+1≥1>0). Pour x=0 :
f(x)=xsin(2x)(X2+X+1)=2×2xsin(2x)×(3(x+1)2+3x+1+1).
Comme x→0lim2xsin(2x)=1 et x→0lim(3(x+1)2+3x+1+1)=3 : x→0limf(x)=6. Donc a=6.
Exercice 7 — Deux paramètres Facile★★☆☆☆
On considère deux réels a et b et la fonction f définie sur R par
f(x)=x2+ax−1 si x<1etf(x)=x2x2−a+b si x≥1.
Déterminer une condition nécessaire et suffisante sur a et b pour que f soit continue en 1.
Voir la solution
f(1)=12−a+b=2−a+b, et x→1+limf(x)=2−a+b (f est continue à droite en 1 : quotient de fonctions continues, x=0).
x→1−limf(x)=1+a−1=a.
f est continue en 1 si, et seulement si, a=2−a+b, c’est-à-dire b=2a−2.
Exercice 8 — Continuité sur un intervalle Facile★☆☆☆☆
Dans chacun des cas suivants, étudier la continuité de la fonction f sur l’intervalle I.
f(x)=3x2−x+cosx et I=R.
f(x)=x2−x et I=]0;+∞[.
f(x)=x2−x+12x+5 et I=R.
f(x)=x2sinx et I=[−π;π].
f(x)=(x3−2)(x2+3x) et I=R.
f(x)=x2+2x+3 et I=R.
f(x)=4−x2 et I=[−2;2].
f(x)=sin(x2−3x+1) et I=R.
f(x)=cos(x+1) et I=[−1;+∞[.
Voir la solution
x↦3x2−x (polynôme) et cos sont continues sur R : f est continue sur R (somme).
x↦x2 est continue sur ]0;+∞[ et est continue sur [0;+∞[ : f est continue sur ]0;+∞[.
Le discriminant de x2−x+1 est 1−4=−3<0 : ce trinôme ne s’annule pas sur R. La fonction rationnelle f est définie, donc continue, sur R.
x↦x2 et sin sont continues sur R, donc sur [−π;π] : f est continue sur I (produit).
f est un produit de deux polynômes : continue sur R.
Le trinôme x2+2x+3=(x+1)2+2 est continu et strictement positif sur R : f est continue sur R.
x↦4−x2 est continue sur [−2;2] et positive sur cet intervalle (x2≤4) : f est continue sur [−2;2].
x↦x2−3x+1 est continue sur R et sin est continue sur R : f est continue sur R (composée).
x↦x+1 est continue sur [−1;+∞[ et cos est continue sur R : f est continue sur [−1;+∞[ (composée).
Exercice 9 — Continuité sur R d’une fonction définie par morceaux Facile★★☆☆☆
Dans chacun des cas suivants, étudier la continuité de la fonction f sur R.
f(x)=x2+3 si x≤1 et f(x)=x2 si x>1.
f(x)=x−x−2 si x≥2 et f(x)=5−x5 si x<2.
Voir la solution
1. Sur ]−∞;1[, f(x)=x2+3 est continue (x2+3>0) ; sur ]1;+∞[, f(x)=x2 est continue (x>0). En 1 : f(1)=4=2 ; x→1−limf(x)=2 ; x→1+limf(x)=12=2. Donc f est continue en 1 et f est continue sur R.
2. Sur ]2;+∞[, f(x)=x−x−2 est continue ; sur ]−∞;2[, 5−x>3>0 et f(x)=5−x5 est continue. En 2 : f(2)=2, x→2+limf(x)=2, mais x→2−limf(x)=35=2. Donc f n’est pas continue sur R : elle est continue sur ]−∞;2[ et sur [2;+∞[, discontinue en 2.
Exercice 10 — Image d’un intervalle Facile★★☆☆☆
Dans chacun des cas suivants, déterminer l’image f(I) de l’intervalle I par la fonction f.
f(x)=x−3x+2 et I=[−1;2].
f(x)=3x−2 et I=[1;+∞[.
f(x)=x−12 et I=]−∞;0].
f(x)=x2 et I=[−2;1].
f(x)=x+1 si x∈]−1;1[ et f(x)=−x+3 si x∈[1;2[ ; I=]−1;2[.
Voir la solution
1.f est continue sur [−1;2] (x−3=0) et f′(x)=(x−3)2(x−3)−(x+2)=(x−3)2−5<0 : f est strictement décroissante. Donc f(I)=[f(2);f(−1)]=[−4;−41].
2.f est affine, continue et strictement croissante : f(I)=[f(1);x→+∞limf(x)[=[1;+∞[.
3. Sur ]−∞;0], x−1<0, f est continue et f′(x)=(x−1)2−2<0 : f est strictement décroissante. Avec f(0)=−2 et x→−∞limf(x)=0 : f(I)=[−2;0[.
4.f n’est pas monotone sur [−2;1] : elle est strictement décroissante sur [−2;0] et strictement croissante sur [0;1]. f([−2;0])=[0;4] et f([0;1])=[0;1], donc f(I)=[0;4].
5.x→1−limf(x)=2=f(1) : f est continue sur ]−1;2[. Sur ]−1;1[, f est strictement croissante et f(]−1;1[)=]0;2[ ; sur [1;2[, f est strictement décroissante et f([1;2[)=]1;2]. Donc f(I)=]0;2[∪]1;2]=]0;2].
Exercice 11 — Théorème des valeurs intermédiaires Facile★☆☆☆☆
Dans chacun des cas suivants, montrer que l’équation f(x)=0 admet au moins une solution dans l’intervalle I.
f(x)=x3+x−3 et I=[1;2].
f(x)=x3+3x2−1 et I=]−1;0[.
f(x)=sinx−x+1 et I=[0;π].
Voir la solution
Dans les trois cas, f est continue sur l’intervalle fermé considéré (polynôme, ou somme de fonctions continues).
f(1)=−1<0 et f(2)=8+2−3=7>0 : d’après le TVI, l’équation f(x)=0 admet au moins une solution dans [1;2].
f est continue sur [−1;0], f(−1)=−1+3−1=1>0 et f(0)=−1<0 : il existe au moins une solution dans ]−1;0[.
f(0)=1>0 et f(π)=0−π+1=1−π<0 : il existe au moins une solution dans ]0;π[⊂I.
Exercice 12 — TVI et stricte monotonie Facile★★☆☆☆
Dans chacun des cas suivants, montrer que l’équation f(x)=0 admet une unique solution dans l’intervalle I.
f(x)=x3+4x−2 et I=[0;1].
f(x)=x+tanx−2 et I=[0;3π].
f(x)=x5+x3+2x+3 et I=[−1;0].
f(x)=x3+3x−5 et I=]1;23[.
Voir la solution
Méthode : f continue et strictement monotone sur [a;b] et f(a)f(b)<0.
f′(x)=3x2+4>0 ; f(0)=−2 et f(1)=3 : unique solution dans ]0;1[.
f est continue sur [0;3π] et f′(x)=1+(1+tan2x)=2+tan2x>0. f(0)=−2<0 et f(3π)=3π+3−2>0 (car 3π>1 et 3>1) : unique solution dans ]0;3π[.
f′(x)=5x4+3x2+2>0 ; f(−1)=−1−1−2+3=−1 et f(0)=3 : unique solution dans ]−1;0[.
f est continue sur [1;23], f′(x)=3x2+3>0, f(1)=−1 et f(23)=827+29−5=823>0 : unique solution dans ]1;23[.
Exercice 13 — Dichotomie Facile★★☆☆☆
On considère la fonction f définie sur R par f(x)=x3+2x+2.
Dresser le tableau de variations de f.
Montrer que l’équation f(x)=0 admet une unique solution α dans [−2;2].
À l’aide de la méthode de dichotomie, donner un encadrement de α d’amplitude 1.
Voir la solution
1.f est dérivable sur R et f′(x)=3x2+2>0 : f est strictement croissante sur R. De plus x→−∞limf(x)=x→−∞limx3=−∞ et x→+∞limf(x)=+∞.
2.f est continue et strictement croissante sur [−2;2], avec f(−2)=−8−4+2=−10<0 et f(2)=8+4+2=14>0 : l’équation f(x)=0 admet une unique solution α dans [−2;2].
3.Étape 1 : milieu 0, f(0)=2>0 et f(−2)<0 : α∈]−2;0[. Étape 2 : milieu −1, f(−1)=−1−2+2=−1<0 : α∈]−1;0[. Encadrement d’amplitude 1 : −1<α<0.
Exercice 14 — Unicité, encadrement et inéquation Moyen★★★☆☆
On considère la fonction f définie sur R par f(x)=2x3−3x2−2.
Montrer que l’équation f(x)=0 admet une unique solution α dans R, et que 1<α<2.
Donner un encadrement de α d’amplitude 0,25.
Résoudre dans [1;2] l’inéquation f(x)≥0.
Voir la solution
1.f′(x)=6x2−6x=6x(x−1) : f est strictement croissante sur ]−∞;0], strictement décroissante sur [0;1] et strictement croissante sur [1;+∞[, avec f(0)=−2 et f(1)=−3.
Sur ]−∞;1], le maximum de f est f(0)=−2<0 : l’équation f(x)=0 n’a pas de solution dans cet intervalle.
Sur [1;+∞[, f est continue et strictement croissante, f(1)=−3<0 et x→+∞limf(x)=+∞ : l’équation a une unique solution α dans ]1;+∞[. Comme f(2)=16−12−2=2>0, on a 1<α<2.
Conclusion : l’équation f(x)=0 admet une unique solution α dans R, et 1<α<2.
2.f(1,5)=6,75−6,75−2=−2<0 : α∈]1,5;2[. f(1,75)=10,71875−9,1875−2=−0,46875<0 : α∈]1,75;2[. Donc 1,75<α<2.
3. Sur [1;2], f est strictement croissante et f(α)=0 : pour x∈[1;2], f(x)≥0⟺f(x)≥f(α)⟺x≥α. Donc S=[α;2].
Exercice 15 — Existence de solutions Facile★★☆☆☆
Montrer que l’équation x3−4x2+2=0 admet au moins une solution α∈]0;1[, puis donner un encadrement de α d’amplitude 0,5.
Montrer que l’équation x2+13x=2 admet au moins une solution dans [0;2].
Voir la solution
1. On considère la fonction g définie sur R par g(x)=x3−4x2+2 : elle est continue, g(0)=2>0 et g(1)=−1<0, donc l’équation g(x)=0 admet au moins une solution α∈]0;1[. De plus g′(x)=x(3x−8)<0 sur ]0;1] : g est strictement décroissante sur [0;1] et cette solution est unique dans ]0;1[. Comme g(0,5)=0,125−1+2=1,125>0 et g(1)<0 : 0,5<α<1.
2. On considère la fonction h définie sur R par h(x)=x2+13x−2 ; elle est continue sur [0;2] (x2+1>0). h(0)=−2<0 et h(2)=56−2=56−25>0 car 6>25⟺36>20. D’après le TVI, l’équation h(x)=0, équivalente à l’équation proposée, admet au moins une solution dans [0;2].
Exercice 16 — Signe d’une fonction Moyen★★★☆☆
On considère la fonction f définie sur R par f(x)=x3+2x−5.
Étudier les variations de f sur R.
Montrer que l’équation f(x)=0 admet une unique solution α dans R.
Vérifier que 1<α<2, puis donner un encadrement de α d’amplitude 0,25.
Dresser le tableau de signe de f(x) sur R.
Voir la solution
1.f′(x)=3x2+2>0 : f est strictement croissante sur R ; x→−∞limf(x)=−∞ et x→+∞limf(x)=+∞.
2.f est continue et strictement croissante sur R et f(R)=]−∞;+∞[ contient 0 : l’équation f(x)=0 admet une unique solution α dans R.
3.f(1)=−2<0 et f(2)=7>0, donc 1<α<2. Dichotomie : f(1,5)=3,375+3−5=1,375>0 donne 1<α<1,5 ; f(1,25)=1,953125+2,5−5=−0,546875<0 donne 1,25<α<1,5.
4. Comme f est strictement croissante et f(α)=0 : f(x)<0 si x<α et f(x)>0 si x>α.
Exercice 17 — Fonction réciproque Moyen★★★☆☆
Dans chacun des cas suivants, montrer que la fonction f admet une fonction réciproque f−1 définie sur l’intervalle J=f(I) ; préciser J, puis déterminer f−1(x) pour tout x∈J.
f(x)=x+32x−1 et I=]−∞;−3[.
f(x)=x2−6x+5 et I=[3;5].
f(x)=−3(x+1)2+2 et I=[−1;+∞[.
f(x)=x−1+x et I=[1;+∞[.
f(x)=x2+44x et I=[−2;2].
f(x)=3x+2−1 et I=[−2;+∞[.
f(x)=x2−1x2+2 et I=[0;1[.
f(x)=x3+3x2+3x+2 et I=[−1;+∞[.
Voir la solution
1.f est continue sur I (x+3=0) et f′(x)=(x+3)22(x+3)−(2x−1)=(x+3)27>0 : f est strictement croissante sur I, donc admet une réciproque sur J=f(I). x→−∞limf(x)=2 et, quand x→−3−, 2x−1→−7 et x+3→0−, donc x→−3−limf(x)=+∞ : J=]2;+∞[.
Pour x∈J et y∈I : f(y)=x⟺2y−1=x(y+3)⟺y(2−x)=3x+1⟺y=2−x3x+1 (x=2). On vérifie que y∈I : y+3=2−x7<0. Donc f−1(x)=2−x3x+1.
2.f(x)=(x−3)2−4 ; f est continue et f′(x)=2(x−3)>0 sur ]3;5] : strictement croissante sur [3;5]. J=[f(3);f(5)]=[−4;0]. Pour x∈J, y∈[3;5] : f(y)=x⟺(y−3)2=x+4⟺y−3=x+4 (car y−3≥0). f−1(x)=3+x+4.
3.f′(x)=−6(x+1)<0 sur ]−1;+∞[ : f est continue et strictement décroissante sur I. f(−1)=2 et x→+∞limf(x)=−∞ : J=]−∞;2]. Pour x∈J, y≥−1 : f(y)=x⟺(y+1)2=32−x⟺y+1=32−x. f−1(x)=−1+32−x.
4.f est continue sur I, somme de deux fonctions strictement croissantes : elle est strictement croissante. f(1)=1 et x→+∞limf(x)=+∞ : J=[1;+∞[. Soit x∈J et y∈I ; on pose t=y−1≥0, de sorte que y=t2+1 : f(y)=x⟺t2+t+1−x=0. Le discriminant vaut 4x−3>0 ; la seule racine positive est t=2−1+4x−3 (l’autre est négative). Alors y=1+t2=1+44x−2−24x−3, d’où f−1(x)=22x+1−4x−3 (contrôle : f−1(1)=1).
5.f est continue sur [−2;2] et f′(x)=(x2+4)24(x2+4)−8x2=(x2+4)24(4−x2) est strictement positive sur ]−2;2[ : f est strictement croissante sur I. J=[f(−2);f(2)]=[−1;1]. Soit x∈J et y∈I : f(y)=x⟺xy2−4y+4x=0.
Si x=0 : y=0.
Si x=0 : le discriminant réduit vaut 4−4x2≥0 ; les racines ont pour produit 4, donc une seule est dans [−2;2] : y=x2−21−x2=1+1−x22x (on a multiplié par la quantité conjuguée).
Les deux cas se regroupent : f−1(x)=1+1−x22x pour tout x∈[−1;1].
6.f est continue et strictement croissante sur I (racine cubique d’une fonction affine croissante). f(−2)=−1 et x→+∞limf(x)=+∞ : J=[−1;+∞[. Pour x∈J, y∈I : f(y)=x⟺3y+2=x+1⟺y+2=(x+1)3 (car x+1≥0). f−1(x)=(x+1)3−2.
7.f est continue sur [0;1[ et f′(x)=(x2−1)22x(x2−1)−2x(x2+2)=(x2−1)2−6x<0 sur ]0;1[ : f est strictement décroissante. f(0)=−2 et x→1−limf(x)=−∞ (x2+2→3, x2−1→0−) : J=]−∞;−2]. Pour x∈J, y∈[0;1[ : f(y)=x⟺y2+2=x(y2−1)⟺y2=x−1x+2 ; ce quotient est positif (numérateur ≤0, dénominateur <0) et y≥0. f−1(x)=x−1x+2.
8.f(x)=(x+1)3+1 : f est continue et strictement croissante sur I. f(−1)=1, x→+∞limf(x)=+∞ : J=[1;+∞[. Pour x∈J, y≥−1 : f(y)=x⟺(y+1)3=x−1⟺y+1=3x−1 (car y+1≥0 et x−1≥0). f−1(x)=3x−1−1.
Comparer les nombres a=(625)3, b=364 et c=37.
Simplifier le nombre
A=3×(43)2334×63−2×(59)25.
Ranger dans l’ordre croissant les nombres : 410 ; 36 ; 12500 ; 630 ; 3.
Rendre rationnel le dénominateur de chacune des expressions suivantes :
a. 32−11 ;
b. 39−341 ;
c. 33+133−1 ;
d. 1+32+341.
Voir la solution
1.a=2563=2521=5 ; b=664=2 ; c=67. Comme 7<64, c<b ; et b<a. Donc c<b<a.
2. Au numérateur : 334×3−62×(352)25=334−31+1=32. Au dénominateur : 321×342=31. Donc A=32−1=3.
3. On écrit tous les nombres avec l’indice 12 :
410=121000,36=121296,12500,630=12900,3=12729.
La fonction 12 est strictement croissante : 12500<3<630<410<36.
4. On utilise a3−b3=(a−b)(a2+ab+b2) et a3+b3=(a+b)(a2−ab+b2).
a. 32−11=2−134+32+1=34+32+1.
b. 39−341=9−4381+336+316=5333+336+232.
c. 33+133−1=3+1(33−1)(39−33+1)=42+233−239=21+33−39.
d. (32−1)(34+32+1)=2−1=1, donc 1+32+341=32−1.
Exercice 19 — Limites et racines n-ièmes Difficile★★★★☆
3. Avec X=4x+1 : xX−1=X4−1X−1=X3+X2+X+11x→041.
4.3x−2−1=3(x−2)2+3x−2+1x−3 et x+1−2=x+1+2x−3, donc
x+1−23x−2−1=3(x−2)2+3x−2+1x+1+2x→334.
5. Pour x>0 : 3x3+2x−3x=x(31+x22−3) ; la parenthèse tend vers 1−3=−2, donc la limite vaut −∞.
6. Avec A=3x3+3x2 : A−x=A2+Ax+x23x2=(xA)2+xA+13 et xA=31+x3→1 : la limite vaut 1.
7.x→+∞lim(2x2+x+5)=+∞, donc x→+∞lim42x2+x+5=+∞.
8. Pour x>0 : x38x3+x2+1=38+x1+x31x→+∞38=2.
9.x+7−3=x+7+3x−2 et 33x+2−2=3(3x+2)2+233x+2+43(x−2), d’où une limite égale à 3×64+4+4=32.
10.3x+3−3x=3(x+3)2+3x(x+3)+3x23 : le dénominateur tend vers +∞, la limite vaut 0.
11.3x−1=3x2+3x+1x−1 ; avec X=4x+15 : X−2=X3+2X2+4X+8x−1. Le quotient vaut 3x2+3x+1X3+2X2+4X+8x→138+8+8+8=332.
12.x−x+12=x+x+12x2−x−12=x+x+12(x−4)(x+3) et 2x+1−3=2x+1+32(x−4). Le quotient vaut 2(x+x+12)(x+3)(2x+1+3)x→42×87×6=821.
13. Pour x>0 : 3x+3x238x=3x+3x28x=31+3x18x→+∞2.
14. Avec A=3x3+x2 et B=3x3−x2 (x>1) : A−B=A2+AB+B22x2=a2+ab+b22 où a=31+x1→1 et b=31−x1→1. La limite vaut 32.
15. Avec t=x+1→+∞ : 3t−14t+2=3t4t×1−3t11+4t2=12t1×1−3t11+4t2, car t31t41=t−121. La limite vaut 0.
16.xx+1−3x+1=xx+1−1−x3x+1−1 ; le premier quotient tend vers 21, le second vers 31 (même méthode qu’en 3). La limite vaut 61.
Exercice 20 — Équations et inéquations Difficile★★★★☆
Résoudre dans R les équations et inéquations suivantes.
(E1) : (x+2)3−8=0.
(E2) : (x2+3)4=256.
(E3) : 3x+6−3x−1=1.
(E4) : (3x)2−53x+6=0.
(E5) : x+3x=10.
(E6) : 3x2−2x=−1.
(I1) : x+1>3x2+7.
(I2) : x+6≤x.
Voir la solution
1. Si x+2≤0, alors (x+2)3≤0<8. Donc x+2>0 et (x+2)3=8⟺x+2=38=2. S={0}.
2.x2+3>0, donc (x2+3)4=256⟺x2+3=4256=4⟺x2=1. S={−1;1}.
3. L’équation est définie pour x+6≥0 et x−1≥0, soit x≥1. On pose a=3x+6 et b=3x−1, réels positifs, avec a3−b3=7. Si x est solution, alors a=b+1 et (a−b)(a2+ab+b2)=7, d’où (b+1)2+b(b+1)+b2=7, soit 3b2+3b−6=0, c’est-à-dire (b−1)(b+2)=0. Comme b≥0 : b=1, donc x=2. Réciproquement, 38−31=2−1=1 : 2 est solution. S={2}.
4. Domaine : x≥0. On pose t=3x≥0 : t2−5t+6=0⟺t=2 ou t=3 (racines positives), donc x=8 ou x=27. S={8;27}.
5. Domaine : x≥0. La fonction φ:x↦x+3x est continue et strictement croissante sur [0;+∞[, donc l’équation φ(x)=10 a au plus une solution ; or φ(8)=8+2=10. S={8}.
6. Domaine : x2−2x≥0, soit x∈]−∞;0]∪[2;+∞[. Pour tout x du domaine, 3x2−2x≥0>−1. S=∅.
7. L’inéquation est définie sur R (x2+7>0).
Si x≤−1 : x+1≤0≤3x2+7, l’inéquation n’est pas vérifiée.
Si x>−1 : les deux membres sont positifs et la fonction cube est strictement croissante sur [0;+∞[, donc l’inéquation équivaut à (x+1)3>x2+7, soit x3+2x2+3x−6>0. Or x3+2x2+3x−6=(x−1)(x2+3x+6) et x2+3x+6>0 (discriminant −15). Donc l’inéquation équivaut à x>1.
S=]1;+∞[.
8. Domaine : x≥−6. Si −6≤x<0 : x+6≥0>x, l’inéquation n’est pas vérifiée. Si x≥0 : les deux membres sont positifs, donc x+6≤x⟺x+6≤x2⟺(x−3)(x+2)≥0⟺x≥3 (car x+2>0). S=[3;+∞[.