Plan du chapitre. I. Suites numériques : définition et bornes — II. Monotonie d’une suite — III. Suites arithmétiques — IV. Suites géométriques — Exercice de synthèse.
I. Suites numériques : définition et bornes
Activité 1
On considère la fonction g définie sur I=N par g(x)=3x−41. Calculer, lorsque c’est possible, g(0), g(3), g(21), g(−2) et g(n) pour n∈N.
Voir la solution
g(0)=−41 et g(3)=9−41=435.
21∈/N et −2∈/N : g(21) et g(−2) n’existent pas, car g n’est définie que sur N.
Pour tout n∈N : g(n)=3n−41. La fonction g associe un réel à chaque entier naturel : c’est une suite numérique.
Définition 1
Une suite numériqueu est une fonction définie sur N ou sur une partie I de N, à valeurs dans R.
Pour n∈I, l’image de n par u se note un (on lit « u indice n ») ; c’est le terme de rang n de la suite, et un est appelé terme général.
Remarque
La suite se note (un)n∈I. Si I=N, on écrit (un)n∈N, (un)n⩾0 ou simplement (un) ; si I=N∗, on écrit (un)n⩾1.
Attention : un+1 est le terme de rang n+1, alors que un+1 est le terme de rang n augmenté de 1.
Exemple 1
On considère la suite (un)n∈N définie par un=n+23n+1.
Calculer u0, u1, u2 et u3, exprimer un+1 en fonction de n, puis montrer que, pour tout n∈N, un<3.
Voir la solution
u0=21, u1=34, u2=47, u3=510=2.
un+1=(n+1)+23(n+1)+1=n+33n+4.
3−un=n+23(n+2)−(3n+1)=n+25>0, donc un<3 pour tout n∈N.
Remarque
Une suite peut être définie explicitement, par une formule un=f(n), ou par récurrence, par son (ou ses) premier(s) terme(s) et une relation qui donne chaque terme à partir du (ou des) précédent(s), par exemple un+1=f(un).
Raisonnement par récurrence. Pour montrer qu’une propriété P(n) est vraie pour tout entier n⩾n0 :
Initialisation : on vérifie que P(n0) est vraie ;
Hérédité : on suppose que P(n) est vraie pour un entier n⩾n0 quelconque (hypothèse de récurrence) et on montre que P(n+1) est vraie ;
Conclusion : P(n) est vraie pour tout entier n⩾n0.
Exemple 2
On considère la suite (un)n∈N définie par u0=4 et, pour tout n∈N, un+1=4−un4.
Calculer u1, u2, u3 et u4, puis montrer par récurrence que, pour tout n∈N, un⩾2.
Hérédité : soit n∈N ; supposons un⩾2. Alors un>0 et un4⩽24=2, donc un+1=4−un4⩾4−2=2 : P(n+1) est vraie.
Conclusion : pour tout n∈N, un⩾2 (en particulier un=0, donc la suite est bien définie).
Définition 2
La suite (un)n∈I est majorée s’il existe un réel M tel que, pour tout n∈I, un⩽M.
Elle est minorée s’il existe un réel m tel que, pour tout n∈I, un⩾m.
Elle est bornée si elle est à la fois majorée et minorée.
Exemple 3
On considère la suite (vn)n∈N définie par vn=n+12n.
Montrer que (vn) est bornée. Que peut-on dire des suites des exemples 1 et 2 ?
Voir la solution
Pour tout n∈N : vn⩾0 (quotient de deux nombres positifs) et 2−vn=n+12(n+1)−2n=n+12>0. Donc 0⩽vn<2 : (vn) est minorée par 0, majorée par 2, donc bornée.
La suite de l’exemple 1 est majorée par 3 ; celle de l’exemple 2 est minorée par 2.
II. Monotonie d’une suite
Dans la suite, l’ensemble des indices est de la forme I={p;p+1;p+2;…} avec p∈N.
Définition 3
La suite (un)n∈I est :
croissante si, pour tous m,n∈I, n>m⟹un⩾um ;
décroissante si, pour tous m,n∈I, n>m⟹un⩽um ;
constante si, pour tous m,n∈I, un=um.
Remarque
Une suite croissante (un)n⩾p est minorée par son premier terme up ; une suite décroissante (un)n⩾p est majorée par up.
Propriété 1
(un)n∈I est croissante ⟺ pour tout n∈I, un+1⩾un ;
(un)n∈I est décroissante ⟺ pour tout n∈I, un+1⩽un ;
(un)n∈I est constante ⟺ pour tout n∈I, un+1=un.
Remarque
Pour étudier le sens de variation de (un), on peut :
étudier le signe de un+1−un ;
si tous les termes sont strictement positifs, comparer unun+1 à 1.
Exemple 4
Étudier le sens de variation de la suite (un)n∈N définie par un=5−2n, puis de la suite (vn)n⩾1 définie par vn=n4n−1.
Voir la solution
un+1−un=5−2(n+1)−(5−2n)=−2<0 : (un) est décroissante.
vn=4−n1, donc vn+1−vn=n1−n+11=n(n+1)1>0 : (vn)n⩾1 est croissante.
Exemple 5
On considère la suite (wn)n∈N définie par w0=31 et, pour tout n∈N, wn+1=wn2+21wn.
Calculer w1 et w2, montrer par récurrence que 0<wn<21 pour tout n∈N, puis vérifier que wn+1−wn=wn(wn−21) et en déduire le sens de variation de (wn).
Hérédité : soit n∈N ; supposons 0<wn<21. On a wn+1=wn(wn+21) avec 0<wn<21 et 0<wn+21<1, donc 0<wn+1<21×1=21 : P(n+1) est vraie.
Conclusion : pour tout n∈N, 0<wn<21.
wn+1−wn=wn2+21wn−wn=wn2−21wn=wn(wn−21). Comme wn>0 et wn−21<0, wn+1−wn<0 : (wn) est décroissante.
III. Suites arithmétiques
Définition 4
Une suite (un)n∈I est arithmétique s’il existe un réel r tel que, pour tout n∈I, un+1=un+r. Le réel r est la raison de la suite.
Exemple 6
On considère la suite (un)n∈N définie par un=7−3n. Montrer que (un) est arithmétique et préciser sa raison et son premier terme.
Voir la solution
un+1−un=7−3(n+1)−(7−3n)=−3 : (un) est arithmétique de raison r=−3 et de premier terme u0=7.
Propriété 2
Si (un)n∈I est arithmétique de raison r, alors, pour tous n,p∈I : un=up+(n−p)r.
En particulier un=u0+nr (premier terme u0) et un=u1+(n−1)r (premier terme u1).
Propriété 3
Si (un)n∈I est arithmétique, alors, pour tous p,n∈I tels que n⩾p :
up+up+1+⋯+un=2n−p+1(up+un)
(nombre de termes × demi-somme du premier et du dernier terme).
Exemple 7
Pour la suite un=7−3n de l’exemple 6, calculer u10 et la somme S=u0+u1+⋯+u10.
Voir la solution
u10=7−30=−23. La somme compte 11 termes : S=211(7−23)=211×(−16)=−88.
Exemple 8
On considère la suite (un)n∈N définie par u0=3 et, pour tout n∈N, un+1=un4un−4, et l’on pose vn=un−21.
Calculer u1 et u2, montrer par récurrence que un>2, montrer que (vn) est arithmétique, exprimer vn puis un en fonction de n, et calculer Sn=v0+v1+⋯+vn.
Voir la solution
u1=312−4=38 ; u2=38332−4=320×83=25.
Soit P(n) : « un>2 ».
Initialisation : u0=3>2.
Hérédité : supposons un>2 pour un n∈N. Alors un+1−2=un4un−4−2un=un2(un−2)>0 (numérateur et dénominateur strictement positifs), donc un+1>2.
Conclusion : pour tout n∈N, un>2 ; ainsi un=0 et un=2, et (un), (vn) sont bien définies.
vn+1=un+1−21=2(un−2)un=2(un−2)(un−2)+2=21+un−21=vn+21 : (vn) est arithmétique de raison 21 et de premier terme v0=3−21=1.
vn=1+2n=2n+2 ; un=2+vn1=2+n+22=n+22n+6.
Sn=2n+1(1+2n+2)=4(n+1)(n+4).
Propriété 4
Une suite (un)n∈I est arithmétique si et seulement si, pour tout n∈I, 2un+1=un+un+2.
En particulier, si a, b, c sont, dans cet ordre, trois termes consécutifs d’une suite arithmétique, alors 2b=a+c.
Exemple 9
On considère une suite arithmétique (un) telle que u1+u2+u3=21 et u5=13. Calculer u2, puis la raison r et u1.
Voir la solution
u1+u3=2u2, donc u1+u2+u3=3u2=21 et u2=7.
u5=u2+3r, donc 13=7+3r et r=2 ; u1=u2−r=5.
IV. Suites géométriques
Définition 5
Une suite (un)n∈I est géométrique s’il existe un réel q tel que, pour tout n∈I, un+1=qun. Le réel q est la raison de la suite.
Exemple 10
On considère la suite (un)n∈N définie par un=5×3n. Montrer que (un) est géométrique et préciser sa raison et son premier terme.
Voir la solution
un+1=5×3n+1=3×(5×3n)=3un : (un) est géométrique de raison q=3 et de premier terme u0=5.
Propriété 5
Si (un)n∈I est géométrique de raison q, alors, pour tous n,p∈I tels que n⩾p : un=upqn−p.
En particulier un=u0qn (premier terme u0) et un=u1qn−1 (premier terme u1).
Propriété 6
Si (un)n∈I est géométrique de raison q=1, alors, pour tous p,n∈I tels que n⩾p :
up+up+1+⋯+un=up×1−q1−qn−p+1
(premier terme ×1−q1−qnombre de termes). Si q=1, la somme vaut (n−p+1)up.
Exemple 11
On considère les suites (un)n∈N et (vn)n∈N définies par u0=2, un+1=32un+1 et vn=un−3.
Calculer u1, u2, v0 et v1, montrer que (vn) est géométrique, exprimer vn puis un en fonction de n, et calculer v0+v1+⋯+v9 et u0+u1+⋯+u9.
vn+1=un+1−3=32un−2=32(un−3)=32vn : (vn) est géométrique de raison q=32 et de premier terme v0=−1.
vn=−(32)n et un=vn+3=3−(32)n.
v0+⋯+v9=−1×1−321−(32)10=−3(1−(32)10).
u0+⋯+u9=(v0+⋯+v9)+10×3=27+3(32)10.
Propriété 7
Une suite (un)n∈I dont tous les termes sont non nuls est géométrique si et seulement si, pour tout n∈I, un+12=un×un+2.
En particulier, si a, b, c sont, dans cet ordre, trois termes consécutifs d’une suite géométrique, alors b2=ac.
Exemple 12
Les réels a, b et c sont, dans cet ordre, trois termes consécutifs d’une suite géométrique tels que a+b+c=14 et abc=64. Déterminer a, b et c.
Voir la solution
ac=b2, donc abc=b3=64 et b=4. Alors a+c=10 et ac=16 : a et c sont les solutions de X2−10X+16=0, soit (X−2)(X−8)=0.
Donc (a;b;c)=(2;4;8) (raison 2) ou (a;b;c)=(8;4;2) (raison 21).
Exercice de synthèse
Exercice de synthèse — Suite récurrente et suite auxiliaire Difficile★★★★☆
On considère la suite (un)n⩾1 définie par u1=2 et, pour tout n∈N∗, un+1=un+25un+4.
Calculer u2 et u3.
Montrer par récurrence que, pour tout n∈N∗, −1<un<4.
a) Montrer que, pour tout n∈N∗, un+1−un=−un+2(un−4)(un+1).
b) En déduire le sens de variation de (un)n⩾1.
Pour tout n∈N∗, on pose vn=un+1un−4.
a) Montrer que (vn)n⩾1 est géométrique ; préciser sa raison et son premier terme.
b) Exprimer vn, puis un, en fonction de n.
c) Montrer que v1+v2+⋯+vn=−54(1−(61)n).
Hérédité : supposons −1<un<4 pour un n∈N∗. Alors un+2>1>0 et
un+1−4=un+25un+4−4un−8=un+2un−4<0, un+1+1=un+26un+6=un+26(un+1)>0.
Donc −1<un+1<4.
Conclusion : pour tout n∈N∗, −1<un<4.
3) a)un+1−un=un+25un+4−un2−2un=un+2−(un2−3un−4)=−un+2(un−4)(un+1).
b)un−4<0, un+1>0 et un+2>0, donc un+1−un>0 : (un) est croissante.
4) a) D’après les calculs du 2) : vn+1=un+1+1un+1−4=un+2un−4×6(un+1)un+2=61vn. (vn) est géométrique de raison 61 et de premier terme v1=2+12−4=−32.
b)vn=−32(61)n−1. De vn(un+1)=un−4 on tire un(1−vn)=4+vn, et vn=1 (car vn<0), donc un=1−vn4+vn.
c)v1+⋯+vn=−32×1−611−(61)n=−32×56(1−(61)n)=−54(1−(61)n).
Série d’exercices
Exercice 1 — Suite récurrente, suite auxiliaire arithmétique Facile★★☆☆☆
On considère la suite (un) définie par u0=3 et, pour tout n∈N, un+1=un+13un−1.
Calculer u1 et u2.
Montrer par récurrence que un>1 pour tout n∈N.
a) Montrer que, pour tout n∈N, un+1−un=−un+1(un−1)2.
b) En déduire le sens de variation de (un), puis que (un) est majorée par 3.
Pour tout n∈N, on pose vn=un−11.
a) Montrer que (vn) est arithmétique ; préciser sa raison et son premier terme.
b) Exprimer vn, puis un, en fonction de n.
c) Montrer que, pour tout n∈N, v0+v1+⋯+vn=4(n+1)(n+2).
Voir la solution
1)u1=48=2 ; u2=35.
2) Soit P(n) : « un>1 ».
Initialisation : u0=3>1.
Hérédité : supposons un>1 pour un n∈N. Alors un+1>0 et un+1−1=un+13un−1−un−1=un+12(un−1)>0, donc un+1>1.
Conclusion : pour tout n∈N, un>1.
3) a)un+1−un=un+13un−1−un2−un=un+1−(un2−2un+1)=−un+1(un−1)2.
b) Ce nombre est négatif (car un+1>0) : (un) est décroissante, donc majorée par son premier terme u0=3.
4) a)vn+1=2(un−1)un+1=2(un−1)(un−1)+2=21+vn : (vn) est arithmétique de raison 21, de premier terme v0=21.
b)vn=21+2n=2n+1 et un=1+vn1=1+n+12=n+1n+3.
c)v0+⋯+vn=2n+1(21+2n+1)=4(n+1)(n+2).
Exercice 2 — Suite récurrente, suite auxiliaire géométrique Moyen★★★☆☆
On considère la suite (un) définie par u0=23 et, pour tout n∈N, un+1=un+14un−2.
Calculer u1 et u2.
Montrer par récurrence que 1<un<2 pour tout n∈N.
a) Montrer que, pour tout n∈N, un+1−un=−un+1(un−1)(un−2).
b) En déduire le sens de variation de (un).
Pour tout n∈N, on pose vn=un−1un−2.
a) Montrer que (vn) est géométrique ; préciser sa raison et son premier terme.
b) Exprimer vn, puis un, en fonction de n.
c) Montrer que, pour tout entier n⩾1, v1+v2+⋯+vn=−2(1−(32)n).
Voir la solution
1)u1=256−2=58 ; u2=513532−2=1322.
2) Soit P(n) : « 1<un<2 ».
Initialisation : 1<23<2.
Hérédité : supposons 1<un<2 pour un n∈N. Alors un+1>0, un+1−1=un+13(un−1)>0 et un+1−2=un+12(un−2)<0, donc 1<un+1<2.
Conclusion : pour tout n∈N, 1<un<2.
3) a)un+1−un=un+14un−2−un2−un=−un+1un2−3un+2=−un+1(un−1)(un−2).
b)(un−1)(un−2)<0 et un+1>0, donc un+1−un>0 : (un) est croissante.
4) a) D’après 2) : vn+1=un+12(un−2)×3(un−1)un+1=32vn : raison 32, premier terme v0=21−21=−1.
b)vn=−(32)n. De vn(un−1)=un−2 : un(1−vn)=2−vn, d’où un=1−vn2−vn=1+(32)n2+(32)n.
c)v1+⋯+vn=v1×1−321−(32)n=−32×3(1−(32)n)=−2(1−(32)n).
Exercice 3 — Suite récurrente, somme à partir d’un rang Moyen★★★☆☆
On considère la suite (un) définie par u0=1 et, pour tout n∈N, un+1=un+5un−4.
Montrer que u1=−21 et u2=−1.
Montrer par récurrence que un>−2 pour tout n∈N.
a) Montrer que, pour tout n∈N, un+1−un=−un+5(un+2)2.
b) En déduire le sens de variation de (un).
Pour tout n∈N, on pose vn=un+21.
a) Calculer v0, puis montrer que (vn) est arithmétique de raison 31.
b) Exprimer vn, puis un, en fonction de n.
c) Montrer que, pour tout entier n⩾4, v4+v5+⋯+vn=6(n−3)(n+6).
Voir la solution
1)u1=61−4=−21 ; u2=29−29=−1.
2) Soit P(n) : « un>−2 ».
Initialisation : u0=1>−2.
Hérédité : supposons un>−2 pour un n∈N. Alors un+5>3>0 et un+1+2=un+5un−4+2un+10=un+53(un+2)>0, donc un+1>−2.
Conclusion : pour tout n∈N, un>−2.
3) a)un+1−un=un+5un−4−un2−5un=−un+5un2+4un+4=−un+5(un+2)2.
b) Ce nombre est négatif : (un) est décroissante.
4) a)v0=31. vn+1=3(un+2)un+5=3(un+2)(un+2)+3=31+vn.
b)vn=31+3n=3n+1 et un=vn1−2=n+13−2=n+11−2n.
c) Il y a n−3 termes : v4+⋯+vn=2n−3(35+3n+1)=6(n−3)(n+6).
Exercice 4 — Suite récurrente, suite auxiliaire géométrique Moyen★★★☆☆
On considère la suite (un) définie par u0=−1 et, pour tout n∈N, un+1=2−3unun.
Montrer par récurrence que un<0 pour tout n∈N.
Étudier le sens de variation de (un).
Pour tout n∈N, on pose vn=un1−3un.
a) Montrer que (vn) est géométrique ; préciser sa raison et son premier terme.
b) Exprimer vn, puis un, en fonction de n.
c) Calculer, en fonction de n, la somme Sn=v0+v1+⋯+vn.
Voir la solution
1) Soit P(n) : « un<0 ».
Initialisation : u0=−1<0.
Hérédité : supposons un<0 pour un n∈N. Alors 2−3un>2>0, donc un+1=2−3unun<0.
Conclusion : pour tout n∈N, un<0 (et 2−3un=0, la suite est bien définie).
2)un+1−un=2−3unun−2un+3un2=2−3unun(3un−1). Or un<0 et 3un−1<0, donc le numérateur est positif, et 2−3un>0 : (un) est croissante.
3) a)vn=un1−3 et un+11=un2−3un=un2−3, donc vn+1=un2−6=2(un1−3)=2vn : raison 2, premier terme v0=−11+3=−4.
b)vn=−4×2n=−2n+2 ; un1=vn+3, d’où un=3−2n+21 (on vérifie u1=−51).
c)Sn=−4×1−21−2n+1=−4(2n+1−1).
Exercice 5 — Suites arithmétiques Facile★☆☆☆☆
Soit (un) une suite arithmétique de raison r. Traiter les cas suivants indépendamment.
u0=−4 et r=3. Calculer u7 et u15.
u2=9 et u14=3. Calculer r.
u25=8 et r=52. Calculer u0, puis exprimer un en fonction de n.
Voir la solution
1)u7=−4+21=17 ; u15=−4+45=41.
2)u14=u2+12r, donc 12r=−6 et r=−21.
3)u0=u25−25r=8−10=−2 et un=−2+52n.
Exercice 6 — Suites géométriques Facile★☆☆☆☆
Soit (vn) une suite géométrique de raison q. Traiter les cas suivants indépendamment.
v0=81 et q=31. Calculer v3 et v5.
v4=2 et v6=50. Déterminer les valeurs possibles de q.
v3=161 et q=2. Calculer v0, puis exprimer vn en fonction de n.
Voir la solution
1)v3=81×271=3 ; v5=81×2431=31.
2)v6=v4q2, donc q2=25 et q=5 ou q=−5.
3)v0=q3v3=16×81=1281 et vn=1282n=2n−7.
Exercice 7 — Termes consécutifs d’une suite géométrique Facile★★☆☆☆
Les réels a, b et c sont, dans cet ordre, trois termes consécutifs d’une suite géométrique tels que a+b+c=21 et abc=216. Déterminer a, b et c.
Voir la solution
b2=ac, donc b3=216 et b=6. Alors a+c=15 et ac=36 : a et c sont les solutions de X2−15X+36=0, soit (X−3)(X−12)=0.
(a;b;c)=(3;6;12) (raison 2) ou (12;6;3) (raison 21).
Exercice 8 — Termes consécutifs d’une suite arithmétique Facile★★☆☆☆
Les réels a, b et c sont, dans cet ordre, trois termes consécutifs d’une suite arithmétique de raison r tels que a+b+c=24 et 2c−a=23. Déterminer a, b, c et r.
Voir la solution
a+c=2b, donc 3b=24 et b=8. Avec a=8−r et c=8+r : 2(8+r)−(8−r)=8+3r=23, donc r=5.
a=3, b=8, c=13 et r=5.
Exercice 9 — Rang inconnu, somme arithmétique Facile★★☆☆☆
Soit (un)n⩾1 une suite arithmétique de raison r=3 telle que u4=5 et up=41.
Déterminer l’entier p.
Calculer u4+u5+⋯+up.
Voir la solution
1)up=u4+(p−4)×3, donc 3(p−4)=36 et p=16.
2) Il y a 16−4+1=13 termes : u4+⋯+u16=213(5+41)=299.
Exercice 10 — Rang inconnu, somme géométrique Facile★★☆☆☆
Soit (un) une suite géométrique de raison 21 telle que u3=40 et up=5. Déterminer l’entier p, puis calculer, pour tout entier n⩾3, la somme u3+u4+⋯+un en fonction de n.
Voir la solution
up=u3(21)p−3, donc (21)p−3=81=(21)3 et p=6.
Il y a n−2 termes : u3+⋯+un=40×1−211−(21)n−2=80(1−(21)n−2).
Exercice 11 — Somme géométrique et récurrence Facile★★☆☆☆
En utilisant une somme de termes d’une suite géométrique, montrer que, pour tout n∈N,
1+3+32+⋯+3n=23n+1−1.
Retrouver ce résultat par récurrence.
Voir la solution
1) C’est la somme des n+1 premiers termes de la suite géométrique de premier terme 1 et de raison 3=1 : 1×1−31−3n+1=23n+1−1.
2) Soit P(n) : « 1+3+⋯+3n=23n+1−1 ».
Initialisation : pour n=0, le membre de gauche vaut 1 et celui de droite 23−1=1.
Hérédité : supposons P(n) vraie pour un n∈N. Alors 1+3+⋯+3n+3n+1=23n+1−1+3n+1=23×3n+1−1=23n+2−1 : P(n+1) est vraie.
Conclusion : P(n) est vraie pour tout n∈N.
Exercice 12 — Sommes de termes consécutifs Facile★★☆☆☆
Calculer les sommes suivantes :
S1=7+12+17+⋯+502;S2=41+21+43+1+⋯+439+10.
Voir la solution
S1 : termes consécutifs d’une suite arithmétique de raison 5, de premier terme 7 ; 502=7+5k donne k=99, soit 100 termes. S1=2100(7+502)=25450.
S2 : suite arithmétique de raison 41, de premier terme 41 ; 10=440 est le 40e terme. S2=240(41+10)=205.
Exercice 13 — Suite récurrente et seuil Difficile★★★★☆
On considère la suite (un) définie par u0=0 et, pour tout n∈N, un+1=un+43un+2.
Montrer par récurrence que 0⩽un⩽1 pour tout n∈N.
Étudier le sens de variation de (un).
Pour tout n∈N, on pose vn=un+2un−1.
a) Montrer que (vn) est géométrique ; préciser sa raison et son premier terme.
b) Exprimer vn, puis un, en fonction de n.
a) Montrer que, pour tout n∈N, 1−un⩽23(52)n.
b) En déduire un entier N tel que un>0,99 pour tout entier n⩾N.
Voir la solution
1) Soit P(n) : « 0⩽un⩽1 ».
Initialisation : u0=0 convient.
Hérédité : supposons 0⩽un⩽1 pour un n∈N. Alors un+4>0, un+1=un+43un+2>0 et un+1−1=un+42(un−1)⩽0. Donc 0⩽un+1⩽1.
Conclusion : pour tout n∈N, 0⩽un⩽1.
2)un+1−un=un+43un+2−un2−4un=−un+4(un−1)(un+2)⩾0 : (un) est croissante.
3) a)un+1+2=un+45(un+2), donc vn+1=5(un+2)2(un−1)=52vn : raison 52, premier terme v0=−21.
b)vn=−21(52)n. De vn(un+2)=un−1 : un=1−vn1+2vn=1+21(52)n1−(52)n.
4) a)1−un=1−vn(1−vn)−(1+2vn)=1−vn−3vn. Comme −vn>0 et 1−vn⩾1, 1−un⩽−3vn=23(52)n.
b) Il suffit que 23(52)n<0,01, c’est-à-dire (52)n<1501. Or (52)6=1562564<1501 (car 64×150=9600<15625), et (52)n⩽(52)6 pour n⩾6. Donc N=6 convient.
Exercice 14 — Suite définie par une somme Difficile★★★★☆
Pour tout n∈N∗, on pose un=n1+n+11+⋯+2n1 (somme de n+1 termes).
Calculer u1 et u2.
Montrer que, pour tout n∈N∗, 2nn+1⩽un⩽nn+1 ; en déduire que (un) est minorée par 21 et majorée par 2.
a) Montrer que, pour tout n∈N∗, un+1−un=−n(2n+1)(2n+2)3n+2.
b) En déduire le sens de variation de (un) et un meilleur majorant.
Voir la solution
1)u1=1+21=23 ; u2=21+31+41=1213.
2) Pour n⩽k⩽2n : 2n1⩽k1⩽n1. En sommant les n+1 inégalités : 2nn+1⩽un⩽nn+1. Or 2nn+1=21+2n1⩾21 et nn+1=1+n1⩽2.
3) a)un+1=n+11+⋯+2n1+2n+11+2n+21, donc
un+1−un=2n+11+2n+21−n1=n(2n+1)(2n+2)n(2n+2)+n(2n+1)−(2n+1)(2n+2)=n(2n+1)(2n+2)−3n−2.
b)un+1−un<0 : (un) est décroissante, donc majorée par u1=23.
Exercice 15 — Caractérisations et applications Moyen★★★☆☆
Soit (un) une suite arithmétique de raison r. Montrer que, pour tout n, 2un+1=un+un+2.
Soit (vn) une suite géométrique de raison q. Montrer que, pour tout n, vn+12=vn×vn+2.
Déterminer le réel x pour que x−1, 2x et 4x+5 soient, dans cet ordre, trois termes consécutifs d’une suite arithmétique.
Déterminer les réels x pour que x, x+3 et 4x soient, dans cet ordre, trois termes consécutifs d’une suite géométrique, et préciser la raison dans chaque cas.
Voir la solution
1)un=un+1−r et un+2=un+1+r, donc un+un+2=2un+1.
2)vn+1=qvn et vn+2=q2vn, donc vnvn+2=q2vn2=(qvn)2=vn+12.
3) Condition 2×2x=(x−1)+(4x+5), soit 4x=5x+4 et x=−4 : termes −5, −8, −11 (raison −3).
4) Condition (x+3)2=x×4x, soit (x+3)2=(2x)2, donc x+3=2x ou x+3=−2x : x=3 ou x=−1.
x=3 : 3, 6, 12 (raison 2) ;
x=−1 : −1, 2, −4 (raison −2).
Exercice 16 — Problème : une suite récurrente d’ordre 2 Difficile★★★★★
On considère la suite (un) définie par u0=0, u1=1 et, pour tout n∈N, un+2=un+1+2un.
Calculer les termes u2 à u10.
Montrer par récurrence que, pour tout n∈N, un+1=2un+(−1)n.
a) Résoudre dans R l’équation x2=x+2.
b) Soient α et β deux réels ; on pose wn=α×2n+β×(−1)n. Vérifier que, pour tout n∈N, wn+2=wn+1+2wn.
c) Déterminer α et β pour que w0=0 et w1=1.
Pour tout n∈N, on pose tn=un+1+un. Montrer que (tn) est géométrique et exprimer tn en fonction de n, puis, à l’aide de 2), montrer que un=32n−(−1)n (on retrouve wn).
En déduire que, pour tout n∈N, 3 divise 2n−(−1)n, puis calculer u0+u1+⋯+un.
Hérédité : supposons P(n) vraie pour un n∈N. Alors un+2=un+1+2un=un+1+(un+1−(−1)n)=2un+1+(−1)n+1 : P(n+1) est vraie.
Conclusion : pour tout n∈N, un+1=2un+(−1)n.
3) a)x2−x−2=(x−2)(x+1)=0 : x=2 ou x=−1.
b)wn+1+2wn=α2n(2+2)+β(−1)n(−1+2)=α2n+2+β(−1)n+2=wn+2 (car 4=22 et 1=(−1)2).
c)α+β=0 et 2α−β=1 : α=31, β=−31.
4)tn+1=un+2+un+1=(un+1+2un)+un+1=2(un+1+un)=2tn : (tn) est géométrique de raison 2 et de premier terme t0=u1+u0=1, donc tn=2n.
Ainsi un+1+un=2n et, d’après 2), un+1−2un=(−1)n. Par soustraction : 3un=2n−(−1)n, soit un=32n−(−1)n=wn.
5)2n−(−1)n=3un et un est un entier (récurrence : u0, u1 sont entiers et, si un et un+1 le sont, un+2=un+1+2un l’est aussi) : 3 divise 2n−(−1)n.