Plan du chapitre. I. Les ensembles de nombres — II. Opérations dans R — III. Puissances et écriture scientifique — IV. Racines carrées.
I. Les ensembles de nombres
1. Les entiers naturels et les entiers relatifs
Définition 1 : N et Z
L’ensemble des entiers naturels est N={0;1;2;3;…} (chapitre 01).
Les entiers naturels et leurs opposés forment l’ensemble des entiers relatifs, noté Z :
Z={…;−3;−2;−1;0;1;2;3;…}.
On note Z∗ l’ensemble des entiers relatifs non nuls.
Exemple 1
Préciser si chacun des nombres −7, 6−18 et 25 appartient à N et à Z.
Voir la solution
−7∈Z mais −7∈/N ; 6−18=−3∈Z ; 25∈/Z.
2. Les nombres décimaux
Définition 2 : D
Un nombre décimal est un nombre qui peut s’écrire sous la forme 10na, où a∈Z et n∈N. L’ensemble des nombres décimaux est noté D.
Exemple 2
Montrer que −3,25 et 83 sont des nombres décimaux, et justifier que 31∈/D.
Voir la solution
−3,25=102−325∈D ; 83=1000375=103375∈D.
31∈/D : son écriture décimale 0,333… ne s’arrête pas.
Remarque
Une fraction irréductible ba (avec a∈Z et b∈N∗) est un nombre décimal si et seulement si la décomposition de b en facteurs premiers ne contient que des 2 et des 5. Par exemple 407=23×57∈D, mais 125=22×35∈/D.
3. Les nombres rationnels
Définition 3 : Q
Un nombre rationnel est un nombre qui peut s’écrire sous la forme ba, où a∈Z et b∈Z∗. L’ensemble des nombres rationnels est noté Q.
Exemple 3
Montrer que les nombres 7−2, 0,6, 4 et 169 sont rationnels.
Voir la solution
7−2∈Q ; 0,6=53∈Q ; 4=14∈Q ; 169=43∈Q.
4. Les nombres réels
Définition 4 : R
Tous les nombres rencontrés jusqu’ici (abscisses des points d’une droite graduée) forment l’ensemble des nombres réels, noté R. Un réel qui n’est pas rationnel est dit irrationnel.
Exemple 4
On admet que 2, 3, 5 et π sont des nombres irrationnels : 2∈R mais 2∈/Q.
5. Inclusions entre ces ensembles
Définition 5 : Inclusion
On considère deux ensembles E et F. On dit que E est inclus dans F, et on note E⊂F, si tout élément de E est un élément de F. Sinon, on note E⊂F.
Propriété 1
N⊂Z⊂D⊂Q⊂R.
Remarque
Ces inclusions sont strictes : −1∈Z et −1∈/N ; 0,5∈D et 0,5∈/Z ; 31∈Q et 31∈/D ; 2∈R et 2∈/Q.
On note R∗ l’ensemble des réels non nuls, R+ celui des réels positifs ou nuls et R+∗ celui des réels strictement positifs.
Application 1
Compléter par ∈ ou ∈/ :
−4…N ; 721…N ; 41…D ; 32…D ; 25…Z ; π…Q.
Démonstration de la quatrième identité.(a+b)3=(a+b)(a+b)2=(a+b)(a2+2ab+b2)=a3+2a2b+ab2+a2b+2ab2+b3=a3+3a2b+3ab2+b3.
Exemple 6
On considère un réel x.
Développer (2x−3)2 et (x+2)3.
Factoriser 9x2−25 et x3−8.
Voir la solution
(2x−3)2=4x2−12x+9 ; (x+2)3=x3+6x2+12x+8.
9x2−25=(3x−5)(3x+5) ; x3−8=x3−23=(x−2)(x2+2x+4).
Application 2
On considère deux réels a et b tels que a+b=5 et ab=3. Calculer a2+b2 et a3+b3.
Voir la solution
a2+b2=(a+b)2−2ab=25−6=19.
a3+b3=(a+b)(a2−ab+b2)=5×(19−3)=80.
III. Puissances et écriture scientifique
1. Puissance d’un réel
Définition 6
On considère un réel a et un entier naturel non nul n.
an=nfacteursa×a×⋯×a, et a0=1 si a=0.
Si a=0 : a−n=an1.
Propriété 5
Pour tous réels non nuls a, b et tous entiers relatifs m, n :
am×an=am+n;anam=am−n;(am)n=amn;(ab)n=anbn;(ba)n=bnan.
Remarque
(−1)n=1 si n est pair et (−1)n=−1 si n est impair.
En général, (a+b)n=an+bn : par exemple (1+1)2=4 et 12+12=2.
Exemple 7
Simplifier A=43×325×3−2×63.
Voir la solution
63=23×33 et 43=26, donc A=26×325+3×3−2+3=28−6×31−1=22=4.
2. Écriture scientifique
Définition 7
Tout nombre décimal non nul x s’écrit de manière unique sous la forme
x=a×10p,
où p∈Z et a est un nombre décimal ayant un seul chiffre non nul avant la virgule (au signe près). Cette écriture est l’écriture scientifique de x.
Exemple 8
Donner l’écriture scientifique des nombres 45600, 0,00072 et −305.
Calculer 3×10−41,2×105×5×10−2 et donner le résultat en écriture scientifique.
On considère un réel positifa. La racine carrée de a est l’unique réel positif dont le carré est égal à a ; on la note a.
(a)2=aetaest positif.
Exemple 9
Calculer 49, 0, 0,09 et (−5)2.
Voir la solution
49=7 ; 0=0 ; 0,09=0,3 ; (−5)2=25=5.
Attention
Pour un réel x quelconque, x2=x si x est positif, et x2=−x si x est négatif. Par exemple (−5)2=5=−(−5).
2. Propriétés
Propriété 6
Pour tous réels positifs a et b :
ab=a×b;si b=0,ba=ba.
Attention
En général, a+b=a+b : par exemple 9+16=5 alors que 9+16=7.
Exemple 10
Simplifier 72 et C=320−45+80.
Voir la solution
72=36×2=62.
20=25, 45=35, 80=45 ; donc C=65−35+45=75.
3. Expression conjuguée
Méthode
On considère deux réels positifs a et b tels que a=b. Pour supprimer la racine d’un dénominateur de la forme a−b, on multiplie numérateur et dénominateur par l’expression conjuguéea+b, car
(a−b)(a+b)=a−b.
Exemple 11
Écrire sans radical au dénominateur : 36 et 5−12.
Voir la solution
36=363=23.
5−12=(5−1)(5+1)2(5+1)=5−12(5+1)=25+1.
Application 3
On pose x=3+2 et y=3−2.
Calculer xy, x2 et y2.
En déduire que yx+xy=10.
Voir la solution
xy=3−2=1 ; x2=3+26+2=5+26 ; y2=5−26.
yx+xy=xyx2+y2=110=10.
À retenir — l’essentiel du chapitre
N⊂Z⊂D⊂Q⊂R ; D : 10na ; Q : ba ; 2 et π sont irrationnels.
ab=ab (avec a, b positifs) ; conjugué : (a−b)(a+b)=a−b.
Série d’exercices
Exercice 1 — Ensembles de nombres Facile★☆☆☆☆
Compléter par ∈ ou ∈/ :
−9…N ; 7,2…Z ; 207…D ; 7−14…Z ;
65…D ; 36…N ; 8…Q ; 0…Q.
On considère les nombres suivants :
4013;92;35−21;312;1+2;722;250;23×75.
a) Déterminer ceux qui sont des nombres décimaux.
b) Déterminer ceux qui sont rationnels mais non décimaux.
c) Déterminer ceux qui sont irrationnels.
En déduire la valeur des nombres
A=7+43−7−43etB=7+43×7−43.
Voir la solution
1)(2+3)2=4+43+3=7+43 ; (2−3)2=7−43.
2)2+3 est positif et son carré vaut 7+43 : par définition de la racine carrée, 7+43=2+3.
Comme 3<4, on a 3<2, donc 2−3 est positif ; son carré vaut 7−43, donc 7−43=2−3.
3)A=(2+3)−(2−3)=23 ; B=(2+3)(2−3)=4−3=1.
Exercice 7 — Approfondissement Difficile★★★★☆
On considère un entier naturel n. Montrer que les nombres (5−2)n et (5+2)n sont inverses l’un de l’autre.
On considère deux réels non nuls a et b tels que ba+ab=3.
a) Montrer que b2a2+a2b2=7.
b) Calculer b3a3+a3b3.
On considère trois réels x, y et z tels que xyz=1 et tels que 1+x+xy, 1+y+yz et 1+z+zx soient non nuls. Montrer que
1+x+xy1+1+y+yz1+1+z+zx1=1.
On considère deux réels non nuls a et b tels que a2+b2=4ab.
a) Montrer que (a+b)2=6ab et que (a−b)2=2ab.
b) En déduire que a=b, puis déterminer les valeurs possibles de a−ba+b.
Voir la solution
1)(5−2)(5+2)=5−4=1. Donc
(5−2)n×(5+2)n=[(5−2)(5+2)]n=1n=1:
ces deux nombres sont inverses l’un de l’autre.
2) On pose t=ba ; alors ab=t1 et t+t1=3.
a)t2+t21=(t+t1)2−2=9−2=7.
b) D’après l’identité u3+v3=(u+v)(u2−uv+v2) avec u=t, v=t1 et uv=1 :
t3+t31=(t+t1)(t2+t21−1)=3×6=18.
3) Comme xyz=1, les réels x, y, z sont non nuls. On transforme les deux dernières fractions pour qu’elles aient le dénominateur 1+x+xy :
en multipliant le numérateur et le dénominateur par x : 1+y+yz1=x+xy+xyzx=x+xy+1x ;
en multipliant par xy : 1+z+zx1=xy+xyz+x2yzxy=xy+1+xxy (car xyz=1 et x2yz=x).
b)a et b sont non nuls, donc ab=0 et (a−b)2=2ab=0 : ainsi a=b. Alors
(a−ba+b)2=2ab6ab=3,donca−ba+b=3oua−ba+b=−3.
Les deux valeurs sont possibles : avec b=1, a=2+3 vérifie a2+1=7+43+1=8+43=4a et donne 1+33+3=3 ; avec b=1 et a=2−3, on obtient −3.