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Chapitre 1 — Notions de logique

Cours

Plan du chapitre. I. Propositions et quantificateurs — II. Négation — III. Connecteurs logiques — IV. Lois logiques — V. Raisonnements mathématiques.

I. Propositions, fonctions propositionnelles et quantificateurs

1. Propositions

Définition 1 : proposition

Une proposition (ou assertion) est une phrase mathématique dont on peut dire, sans ambiguïté, si elle est vraie ou si elle est fausse, mais jamais les deux à la fois.

On note les propositions par des lettres majuscules PP, QQ, RR, … Une proposition vraie a pour valeur de vérité VV (ou 11), une proposition fausse a pour valeur de vérité FF (ou 00).

Exemple 1

Donner la valeur de vérité de chacune des propositions : P1P_1 : « 16+9=16+9\sqrt{16+9}=\sqrt{16}+\sqrt9 » ;  P2\ P_2 : « 9191 est un nombre premier » ;  P3\ P_3 : « 38∈D\dfrac38\in\mathbb{D} » ;  P4\ P_4 : « Tout rectangle est un losange ».

Voir la solution
  • 25=5\sqrt{25}=5 alors que 16+9=7\sqrt{16}+\sqrt9=7 : P1P_1 est fausse.
  • 91=7×1391=7\times13 : P2P_2 est fausse.
  • 38=3751000=0,375\dfrac38=\dfrac{375}{1000}=0{,}375 : P3P_3 est vraie.
  • Un rectangle de côtés 22 et 55 n’a pas ses quatre côtés égaux : P4P_4 est fausse.

2. Fonctions propositionnelles

Définition 2 : fonction propositionnelle

Une fonction propositionnelle est une phrase mathématique qui contient une ou plusieurs variables, chacune prise dans un ensemble donné. Elle devient une proposition dès qu’on remplace chaque variable par un élément de son ensemble. On la note P(x)P(x), Q(x ;y)Q(x\,;y), …

Exemple 2

Pour x∈Rx\in\mathbb{R}, la phrase P(x)P(x) : « x2−5x+6=0x^2-5x+6=0 » est une fonction propositionnelle. Elle n’est ni vraie ni fausse tant que xx n’est pas fixé : P(2)P(2) est vraie car 4−10+6=04-10+6=0, et P(0)P(0) est fausse car 6≠06\neq0.

3. Quantificateurs

Définition 3 : quantificateurs

Soit P(x)P(x) une fonction propositionnelle, où xx décrit un ensemble EE.

  • « (∀x∈E) P(x)(\forall x\in E)\ P(x) » se lit « pour tout xx de EE, P(x)P(x) ». Elle est vraie lorsque P(x)P(x) est vraie pour chaque élément de EE. Le symbole ∀\forall est le quantificateur universel.
  • « (∃x∈E) P(x)(\exists x\in E)\ P(x) » se lit « il existe au moins un xx de EE tel que P(x)P(x) ». Elle est vraie dès qu’un élément de EE rend P(x)P(x) vraie. Le symbole ∃\exists est le quantificateur existentiel.
  • « (∃! x∈E) P(x)(\exists!\, x\in E)\ P(x) » se lit « il existe un unique xx de EE tel que P(x)P(x) ».

Exemple 3

Donner la valeur de vérité de : PP : « (∀x∈R) x2+1>0(\forall x\in\mathbb{R})\ x^2+1>0 » ;  Q\ Q : « (∃n∈N) 2n+1=6(\exists n\in\mathbb{N})\ 2n+1=6 » ;  R\ R : « (∃! x∈R) 3x−1=5(\exists!\, x\in\mathbb{R})\ 3x-1=5 ».

Voir la solution
  • Pour tout réel xx, x2≥0x^2\ge0 donc x2+1≥1>0x^2+1\ge1>0 : PP est vraie.
  • 2n+1=6  ⟺  n=522n+1=6\iff n=\dfrac52 et 52∉N\dfrac52\notin\mathbb{N} : QQ est fausse.
  • 3x−1=5  ⟺  x=23x-1=5\iff x=2 : l’équation a une seule solution réelle, donc RR est vraie.

Remarque

  • On peut échanger deux quantificateurs de même nature : (∀x)(∀y)(\forall x)(\forall y) et (∀y)(∀x)(\forall y)(\forall x) ont le même sens.
  • On ne peut pas, en général, échanger un « ∀\forall » et un « ∃\exists ». Dans (∃y)(∀x)(\exists y)(\forall x), le même yy doit convenir pour tous les xx, alors que dans (∀x)(∃y)(\forall x)(\exists y), yy peut dépendre de xx.

Exemple 4

Comparer les valeurs de vérité de PP : « (∀x∈R)(∃y∈R) x+y=0(\forall x\in\mathbb{R})(\exists y\in\mathbb{R})\ x+y=0 » et de QQ : « (∃y∈R)(∀x∈R) x+y=0(\exists y\in\mathbb{R})(\forall x\in\mathbb{R})\ x+y=0 ».

Voir la solution
  • PP est vraie : pour un réel xx donné, le réel y=−xy=-x vérifie x+y=0x+y=0.
  • QQ est fausse : si un réel yy convenait pour tout xx, on aurait 0+y=00+y=0 et 1+y=01+y=0, d’où y=0y=0 et y=−1y=-1, ce qui est impossible.

L’ordre des quantificateurs change donc le sens de la phrase.

Application

Donner la valeur de vérité de chacune des propositions suivantes : P1P_1 : « (∀x∈R) (x−3)2≥0(\forall x\in\mathbb{R})\ (x-3)^2\ge0 » ;  P2\ P_2 : « (∃x∈Z) x2=7(\exists x\in\mathbb{Z})\ x^2=7 » ;  P3\ P_3 : « (∀n∈N) n2≥n(\forall n\in\mathbb{N})\ n^2\ge n » ;  P4\ P_4 : « (∃! x∈R) x2=9(\exists!\, x\in\mathbb{R})\ x^2=9 ».

Voir la solution
  • P1P_1 est vraie : un carré est toujours positif ou nul.
  • P2P_2 est fausse : 22=4<7<9=322^2=4<7<9=3^2, donc aucun entier relatif n’a pour carré 77.
  • P3P_3 est vraie : n2−n=n(n−1)n^2-n=n(n-1) ; pour n=0n=0 on obtient 00, et pour n≥1n\ge1 les deux facteurs sont positifs.
  • P4P_4 est fausse : 33 et −3-3 sont deux solutions distinctes.

II. Négation d’une proposition

Définition 4 : négation

La négation d’une proposition PP, notée P‾\overline{P} (ou « non PP »), est la proposition qui est vraie lorsque PP est fausse et fausse lorsque PP est vraie.

PPP‾\overline{P}
VVFF
FFVV

Propriété

  • La négation de « (∀x∈E) P(x)(\forall x\in E)\ P(x) » est « (∃x∈E) P(x)‾(\exists x\in E)\ \overline{P(x)} ».
  • La négation de « (∃x∈E) P(x)(\exists x\in E)\ P(x) » est « (∀x∈E) P(x)‾(\forall x\in E)\ \overline{P(x)} ».
  • La négation de « a=ba=b » est « a≠ba\neq b » ; celle de « a<ba<b » est « a≥ba\ge b » ; celle de « a≤ba\le b » est « a>ba>b » ; celle de « x∈Ax\in A » est « x∉Ax\notin A ».

Méthode

Pour nier une proposition quantifiée, on remplace chaque ∀\forall par ∃\exists, chaque ∃\exists par ∀\forall, et on nie la phrase finale, sans changer les ensembles.

Exemple 5

Écrire la négation de PP : « (∀x∈R) x2≥x(\forall x\in\mathbb{R})\ x^2\ge x » et de QQ : « (∃n∈N) n2=2n+3(\exists n\in\mathbb{N})\ n^2=2n+3 », puis préciser laquelle de chaque couple est vraie.

Voir la solution
  • P‾\overline{P} : « (∃x∈R) x2<x(\exists x\in\mathbb{R})\ x^2<x ». Pour x=12x=\dfrac12 : x2=14<12x^2=\dfrac14<\dfrac12, donc P‾\overline{P} est vraie et PP est fausse.
  • Q‾\overline{Q} : « (∀n∈N) n2≠2n+3(\forall n\in\mathbb{N})\ n^2\neq2n+3 ». Or n2−2n−3=(n−3)(n+1)n^2-2n-3=(n-3)(n+1) s’annule pour n=3∈Nn=3\in\mathbb{N} ; donc QQ est vraie et Q‾\overline{Q} est fausse.

Attention

La négation de « x>0x>0 » n’est pas « x<0x<0 » mais « x≤0x\le0 ».

Application

Écrire la négation de chacune des propositions suivantes : AA : « (∀x∈R)(∃y∈R) y>x(\forall x\in\mathbb{R})(\exists y\in\mathbb{R})\ y>x » ;  B\ B : « (∃a∈R+)(∀x∈R) ∣x∣≤a(\exists a\in\mathbb{R}^+)(\forall x\in\mathbb{R})\ |x|\le a » ;  C\ C : « (∀n∈N) n+1≠0(\forall n\in\mathbb{N})\ n+1\neq0 ».

Voir la solution
  • A‾\overline{A} : « (∃x∈R)(∀y∈R) y≤x(\exists x\in\mathbb{R})(\forall y\in\mathbb{R})\ y\le x ».
  • B‾\overline{B} : « (∀a∈R+)(∃x∈R) ∣x∣>a(\forall a\in\mathbb{R}^+)(\exists x\in\mathbb{R})\ |x|>a ».
  • C‾\overline{C} : « (∃n∈N) n+1=0(\exists n\in\mathbb{N})\ n+1=0 ».

III. Opérations logiques sur deux propositions

Définition 5 : connecteurs logiques

Soient PP et QQ deux propositions.

  • La conjonction « PP et QQ » (notée P∧QP\wedge Q) est vraie seulement lorsque PP et QQ sont vraies toutes les deux.
  • La disjonction « PP ou QQ » (notée P∨QP\vee Q) est vraie dès que l’une au moins des deux est vraie.
  • L’implication « P⇒QP\Rightarrow Q » est la proposition « P‾\overline{P} ou QQ » : elle n’est fausse que lorsque PP est vraie et QQ fausse.
  • L’équivalence « P⇔QP\Leftrightarrow Q » est vraie lorsque PP et QQ ont la même valeur de vérité.
PPQQPP et QQPP ou QQP⇒QP\Rightarrow QP⇔QP\Leftrightarrow Q
VVVVVVVVVVVV
VVFFFFVVFFFF
FFVVFFVVVVFF
FFFFFFFFVVVV

Remarque

  • P⇒QP\Rightarrow Q se lit « PP implique QQ », « si PP alors QQ », « pour avoir QQ, il suffit d’avoir PP » ou « pour avoir PP, il faut avoir QQ ».
  • L’implication Q⇒PQ\Rightarrow P est la réciproque de P⇒QP\Rightarrow Q ; elles n’ont pas toujours la même valeur de vérité.
  • P⇔QP\Leftrightarrow Q se lit « PP si et seulement si QQ » ou « PP est une condition nécessaire et suffisante pour QQ ».

Exemple 6

Donner la valeur de vérité de : AA : « (2<3)(2<3) et (2∈Q)(\sqrt2\in\mathbb{Q}) » ;  B\ B : « (2<3)(2<3) ou (2∈Q)(\sqrt2\in\mathbb{Q}) » ;  C\ C : « (1=2)⇒(π>4)(1=2)\Rightarrow(\pi>4) » ;  D\ D : « (4(4 est pair)⇔(9)\Leftrightarrow(9 est premier)) ».

Voir la solution
  • « 2<32<3 » est vraie et « 2∈Q\sqrt2\in\mathbb{Q} » est fausse : AA est fausse et BB est vraie.
  • « 1=21=2 » est fausse ; une implication dont la première partie est fausse est vraie : CC est vraie.
  • « 44 est pair » est vraie et « 99 est premier » est fausse (9=3×39=3\times3) : DD est fausse.

IV. Lois logiques

Définition 6 : loi logique

Une loi logique est une proposition composée à partir de propositions PP, QQ, RR, … qui est vraie quelles que soient les valeurs de vérité de PP, QQ, RR, …

Propriété

Pour toutes propositions PP, QQ et RR, les propositions suivantes sont des lois logiques :

  1. P‾‾⇔P\overline{\overline{P}}\Leftrightarrow P ; P\quad P ou P‾\overline P (tiers exclu) ;
  2. (P et Q)‾⇔(P‾ ou Q‾)\overline{(P\text{ et }Q)}\Leftrightarrow(\overline P\text{ ou }\overline Q) et (P ou Q)‾⇔(P‾ et Q‾)\overline{(P\text{ ou }Q)}\Leftrightarrow(\overline P\text{ et }\overline Q) (lois de Morgan) ;
  3. (P⇒Q)⇔(Q‾⇒P‾)(P\Rightarrow Q)\Leftrightarrow(\overline Q\Rightarrow\overline P) (contraposée) ;
  4. (P⇒Q)‾⇔(P et Q‾)\overline{(P\Rightarrow Q)}\Leftrightarrow(P\text{ et }\overline Q) ;
  5. (P⇔Q)⇔[(P⇒Q) et (Q⇒P)](P\Leftrightarrow Q)\Leftrightarrow\big[(P\Rightarrow Q)\text{ et }(Q\Rightarrow P)\big] ;
  6. [(P⇒Q) et (Q⇒R)]⇒(P⇒R)\big[(P\Rightarrow Q)\text{ et }(Q\Rightarrow R)\big]\Rightarrow(P\Rightarrow R) (transitivité) ;
  7. [P et (Q ou R)]⇔[(P et Q) ou (P et R)]\big[P\text{ et }(Q\text{ ou }R)\big]\Leftrightarrow\big[(P\text{ et }Q)\text{ ou }(P\text{ et }R)\big] et [P ou (Q et R)]⇔[(P ou Q) et (P ou R)]\big[P\text{ ou }(Q\text{ et }R)\big]\Leftrightarrow\big[(P\text{ ou }Q)\text{ et }(P\text{ ou }R)\big] (distributivité) ;
  8. « et » et « ou » sont commutatifs et associatifs.

Exemple 7

À l’aide d’un tableau de vérité, montrer que (P⇒Q)⇔(Q‾⇒P‾)(P\Rightarrow Q)\Leftrightarrow(\overline Q\Rightarrow\overline P) est une loi logique.

Voir la solution
PPQQP‾\overline PQ‾\overline QP⇒QP\Rightarrow QQ‾⇒P‾\overline Q\Rightarrow\overline P
VVVVFFFFVVVV
VVFFFFVVFFFF
FFVVVVFFVVVV
FFFFVVVVVVVV

Les deux dernières colonnes sont identiques : l’équivalence est vraie dans tous les cas, c’est une loi logique.

Application

Montrer, à l’aide d’un tableau de vérité, que (P⇒Q)‾⇔(P et Q‾)\overline{(P\Rightarrow Q)}\Leftrightarrow(P\text{ et }\overline Q) est une loi logique. En déduire la négation de « (∀x∈R) x>1⇒x2>1(\forall x\in\mathbb{R})\ x>1\Rightarrow x^2>1 ».

Voir la solution
PPQQP⇒QP\Rightarrow Q(P⇒Q)‾\overline{(P\Rightarrow Q)}Q‾\overline QPP et Q‾\overline Q
VVVVVVFFFFFF
VVFFFFVVVVVV
FFVVVVFFFFFF
FFFFVVFFVVFF

Les colonnes 4 et 6 coïncident : c’est une loi logique.

Négation demandée : « (∃x∈R) x>1(\exists x\in\mathbb{R})\ x>1 et x2≤1x^2\le1 ».

V. Raisonnements mathématiques

1. Raisonnement par contre-exemple

Méthode

Pour montrer que « (∀x∈E) P(x)(\forall x\in E)\ P(x) » est fausse, il suffit de trouver un élément x0x_0 de EE tel que P(x0)P(x_0) soit fausse : c’est un contre-exemple.

Exemple 8

Montrer que la proposition « (∀x∈R) x2=x(\forall x\in\mathbb{R})\ \sqrt{x^2}=x » est fausse.

Voir la solution

Pour x=−4x=-4 : (−4)2=16=4≠−4\sqrt{(-4)^2}=\sqrt{16}=4\neq-4. Ce contre-exemple montre que la proposition est fausse (en fait x2=∣x∣\sqrt{x^2}=|x|).

2. Raisonnement direct (déductif)

Méthode

Pour montrer que P⇒QP\Rightarrow Q est vraie, on suppose que PP est vraie et, par une suite de déductions, on prouve que QQ est vraie.

Exemple 9

Montrer que, pour tout réel xx : ∣x−1∣≤1⇒∣2x+3∣≤7|x-1|\le1\Rightarrow|2x+3|\le7.

Voir la solution

Soit x∈Rx\in\mathbb{R} tel que ∣x−1∣≤1|x-1|\le1. On écrit 2x+3=2(x−1)+52x+3=2(x-1)+5. Par l’inégalité triangulaire : ∣2x+3∣≤2∣x−1∣+5≤2×1+5=7.|2x+3|\le2|x-1|+5\le2\times1+5=7.

3. Raisonnement par contraposée

Méthode

Puisque (P⇒Q)⇔(Q‾⇒P‾)(P\Rightarrow Q)\Leftrightarrow(\overline Q\Rightarrow\overline P), pour montrer P⇒QP\Rightarrow Q on peut montrer que Q‾⇒P‾\overline Q\Rightarrow\overline P.

Exemple 10

Soient xx et yy deux réels. Montrer que : (x≠y(x\neq y et x+y≠2)⇒x2−2x≠y2−2yx+y\neq2)\Rightarrow x^2-2x\neq y^2-2y.

Voir la solution

On montre la contraposée : x2−2x=y2−2y⇒(x=yx^2-2x=y^2-2y\Rightarrow(x=y ou x+y=2)x+y=2).

Si x2−2x=y2−2yx^2-2x=y^2-2y, alors x2−y2−2(x−y)=0x^2-y^2-2(x-y)=0, soit (x−y)(x+y−2)=0(x-y)(x+y-2)=0. Donc x=yx=y ou x+y=2x+y=2. La contraposée est vraie, donc l’implication l’est aussi.

Application

Soit n∈Nn\in\mathbb{N}. Montrer, par contraposée, que si n2n^2 est pair alors nn est pair.

Voir la solution

Contraposée : si nn est impair, alors n2n^2 est impair.

Si n=2k+1n=2k+1 avec k∈Nk\in\mathbb{N}, alors n2=4k2+4k+1=2(2k2+2k)+1n^2=4k^2+4k+1=2(2k^2+2k)+1, qui est impair. Donc « n2n^2 pair ⇒n\Rightarrow n pair ».

4. Raisonnement par équivalence

Méthode

Pour montrer que P⇔QP\Leftrightarrow Q, on peut :

  • montrer P⇒QP\Rightarrow Q puis la réciproque Q⇒PQ\Rightarrow P ;
  • ou passer de PP à QQ par une chaîne d’équivalences P⇔P1⇔⋯⇔QP\Leftrightarrow P_1\Leftrightarrow\cdots\Leftrightarrow Q, en vérifiant que chaque étape est réversible.

Exemple 11

Montrer que, pour tout x∈R∗x\in\mathbb{R}^* : ∣x−2∣<1  ⟺  13<1x<1|x-2|<1\iff\dfrac13<\dfrac1x<1.

Voir la solution
  • ∣x−2∣<1  ⟺  −1<x−2<1  ⟺  1<x<3|x-2|<1\iff-1<x-2<1\iff1<x<3.
  • Si 1<x<31<x<3, alors x>0x>0 et, la fonction inverse étant décroissante sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[ : 13<1x<1\dfrac13<\dfrac1x<1.
  • Réciproquement, si 13<1x<1\dfrac13<\dfrac1x<1, alors 1x>0\dfrac1x>0 donc x>0x>0, et en passant aux inverses : 1<x<31<x<3.

D’où l’équivalence.

5. Raisonnement par disjonction des cas

Méthode

Pour montrer une propriété, on peut séparer l’étude en plusieurs cas qui couvrent toutes les situations possibles et la démontrer dans chacun d’eux (loi : [(P⇒R)[(P\Rightarrow R) et (Q⇒R)]⇔[(P(Q\Rightarrow R)]\Leftrightarrow[(P ou Q)⇒R]Q)\Rightarrow R]).

Exemple 12

Montrer que, pour tout n∈Nn\in\mathbb{N}, l’entier n2+3nn^2+3n est pair.

Voir la solution

On a n2+3n=n(n+3)n^2+3n=n(n+3).

  • Si nn est pair, le produit n(n+3)n(n+3) est pair.
  • Si nn est impair, n=2k+1n=2k+1 et n+3=2k+4=2(k+2)n+3=2k+4=2(k+2) est pair, donc le produit est pair.

Dans tous les cas, n2+3nn^2+3n est pair.

6. Raisonnement par l’absurde

Méthode

Pour montrer que PP est vraie, on suppose que P‾\overline P est vraie et on en déduit une contradiction (une proposition à la fois vraie et fausse). Donc PP est vraie.

Exemple 13

Soit n∈N∗n\in\mathbb{N}^*. Montrer par l’absurde que n2+1∉N\sqrt{n^2+1}\notin\mathbb{N}.

Voir la solution

Supposons que m=n2+1∈Nm=\sqrt{n^2+1}\in\mathbb{N}. Comme n2<n2+1<n2+2n+1n^2<n^2+1<n^2+2n+1 (car n≥1n\ge1), on a n2<m2<(n+1)2n^2<m^2<(n+1)^2, donc n<m<n+1n<m<n+1.

Il n’existe aucun entier strictement compris entre deux entiers consécutifs : c’est une contradiction. Donc n2+1∉N\sqrt{n^2+1}\notin\mathbb{N}.

7. Raisonnement par récurrence

Propriété

Soit P(n)P(n) une fonction propositionnelle de variable n∈Nn\in\mathbb{N} et n0∈Nn_0\in\mathbb{N}. Si :

  1. (initialisation) P(n0)P(n_0) est vraie ;
  2. (hérédité) pour tout entier n≥n0n\ge n_0, P(n)⇒P(n+1)P(n)\Rightarrow P(n+1) ;

alors P(n)P(n) est vraie pour tout entier n≥n0n\ge n_0.

Exemple 14

Montrer par récurrence que, pour tout n∈N∗n\in\mathbb{N}^* : 1+3+5+⋯+(2n−1)=n21+3+5+\cdots+(2n-1)=n^2.

Voir la solution
  • Initialisation. Pour n=1n=1 : le membre de gauche vaut 11 et 12=11^2=1.
  • Hérédité. Soit n≥1n\ge1 ; on suppose 1+3+⋯+(2n−1)=n21+3+\cdots+(2n-1)=n^2. Alors 1+3+⋯+(2n−1)+(2n+1)=n2+2n+1=(n+1)2.1+3+\cdots+(2n-1)+(2n+1)=n^2+2n+1=(n+1)^2.
  • Conclusion. Pour tout n∈N∗n\in\mathbb{N}^*, 1+3+5+⋯+(2n−1)=n21+3+5+\cdots+(2n-1)=n^2.

Application

Montrer par récurrence que, pour tout n∈Nn\in\mathbb{N}, 4n−14^n-1 est divisible par 33.

Voir la solution
  • Pour n=0n=0 : 40−1=0=3×04^0-1=0=3\times0.
  • Soit n∈Nn\in\mathbb{N} tel que 4n−1=3k4^n-1=3k avec k∈Nk\in\mathbb{N}. Alors 4n+1−1=4×4n−1=4(3k+1)−1=12k+3=3(4k+1)4^{n+1}-1=4\times4^n-1=4(3k+1)-1=12k+3=3(4k+1), qui est divisible par 33.
  • Donc, pour tout n∈Nn\in\mathbb{N}, 33 divise 4n−14^n-1.

À retenir

  • (∀x) P(x)‾⇔(∃x) P(x)‾\overline{(\forall x)\,P(x)}\Leftrightarrow(\exists x)\,\overline{P(x)} et (∃x) P(x)‾⇔(∀x) P(x)‾\overline{(\exists x)\,P(x)}\Leftrightarrow(\forall x)\,\overline{P(x)}.
  • P⇒QP\Rightarrow Q n’est fausse que si PP est vraie et QQ fausse ; sa négation est « PP et Q‾\overline Q ».
  • Choisir le raisonnement adapté : contre-exemple (réfuter un « pour tout »), direct, contraposée, équivalence, disjonction des cas, absurde, récurrence (propriété d’un entier nn).

Série d’exercices

Exercice 1 — Quantificateurs et négation Facile ★☆☆☆☆

On considère les propositions suivantes :

  • P1P_1 : « (∀x∈R) x2−2x+1≥0(\forall x\in\mathbb{R})\ x^2-2x+1\ge0 » ; P2\quad P_2 : « (∃x∈Z) x2=5(\exists x\in\mathbb{Z})\ x^2=5 » ;
  • P3P_3 : « (∀n∈N) n2+n+41(\forall n\in\mathbb{N})\ n^2+n+41 est un nombre premier » ; P4\quad P_4 : « (∀x∈R)(∃y∈R) y2=x(\forall x\in\mathbb{R})(\exists y\in\mathbb{R})\ y^2=x » ;
  • P5P_5 : « (∃y∈R)(∀x∈R) x+y>x(\exists y\in\mathbb{R})(\forall x\in\mathbb{R})\ x+y>x » ; P6\quad P_6 : « (∃! x∈R) x3=8(\exists!\, x\in\mathbb{R})\ x^3=8 ».
  1. Donner la valeur de vérité de chacune de ces propositions, en justifiant.
  2. Écrire la négation de chacune d’elles.
Voir la solution

1)

  • P1P_1 est vraie : x2−2x+1=(x−1)2≥0x^2-2x+1=(x-1)^2\ge0 pour tout réel xx.
  • P2P_2 est fausse : 22=4<5<9=322^2=4<5<9=3^2, aucun entier n’a pour carré 55.
  • P3P_3 est fausse : pour n=40n=40, 402+40+41=1681=41240^2+40+41=1681=41^2 n’est pas premier.
  • P4P_4 est fausse : pour x=−1x=-1, aucun réel yy ne vérifie y2=−1y^2=-1.
  • P5P_5 est vraie : y=1y=1 convient, car x+1>xx+1>x pour tout réel xx.
  • P6P_6 est vraie : x3−8=(x−2)(x2+2x+4)x^3-8=(x-2)(x^2+2x+4) et x2+2x+4=(x+1)2+3>0x^2+2x+4=(x+1)^2+3>0, donc x=2x=2 est l’unique solution.

2)

  • P1‾\overline{P_1} : « (∃x∈R) x2−2x+1<0(\exists x\in\mathbb{R})\ x^2-2x+1<0 » ;  P2‾\ \overline{P_2} : « (∀x∈Z) x2≠5(\forall x\in\mathbb{Z})\ x^2\neq5 » ;
  • P3‾\overline{P_3} : « (∃n∈N) n2+n+41(\exists n\in\mathbb{N})\ n^2+n+41 n’est pas premier » ;  P4‾\ \overline{P_4} : « (∃x∈R)(∀y∈R) y2≠x(\exists x\in\mathbb{R})(\forall y\in\mathbb{R})\ y^2\neq x » ;
  • P5‾\overline{P_5} : « (∀y∈R)(∃x∈R) x+y≤x(\forall y\in\mathbb{R})(\exists x\in\mathbb{R})\ x+y\le x » ;
  • P6‾\overline{P_6} : « l’équation x3=8x^3=8 n’a aucune solution réelle, ou en a au moins deux ».

Exercice 2 — Connecteurs logiques Facile ★☆☆☆☆

  1. Donner la valeur de vérité de chacune des propositions :
    • AA : « (9=3)(\sqrt9=3) et (−2>−3)(-2>-3) » ;  B\ B : « (π∈Q)(\pi\in\mathbb{Q}) ou (0∈N∗)(0\in\mathbb{N}^*) » ;
    • CC : « (2+2=5)⇒(7(2+2=5)\Rightarrow(7 est pair)) » ;  D\ D : « (15(15 est multiple de 5)⇒(155)\Rightarrow(15 est multiple de 10)10) » ;
    • EE : « (x2=4)⇔(x=2)(x^2=4)\Leftrightarrow(x=2) », pour x=−2x=-2.
  2. Soit x∈Rx\in\mathbb{R}. Écrire la réciproque et la contraposée de l’implication « x>2⇒x2>4x>2\Rightarrow x^2>4 », puis donner la valeur de vérité de chacune d’elles pour tout xx réel.
Voir la solution

1)

  • AA : « 9=3\sqrt9=3 » et « −2>−3-2>-3 » sont vraies, donc AA est vraie.
  • BB : π∉Q\pi\notin\mathbb{Q} et 0∉N∗0\notin\mathbb{N}^*, donc BB est fausse.
  • CC : « 2+2=52+2=5 » est fausse, donc l’implication CC est vraie.
  • DD : « 1515 est multiple de 55 » est vraie et « 1515 est multiple de 1010 » est fausse, donc DD est fausse.
  • EE : pour x=−2x=-2, « x2=4x^2=4 » est vraie et « x=2x=2 » est fausse, donc EE est fausse.

2)

  • Réciproque : « x2>4⇒x>2x^2>4\Rightarrow x>2 ». Elle est fausse pour certains xx : pour x=−3x=-3, on a x2=9>4x^2=9>4 mais −3≤2-3\le2.
  • Contraposée : « x2≤4⇒x≤2x^2\le4\Rightarrow x\le2 ». Elle est vraie pour tout xx, comme l’implication de départ : si x>2x>2, alors x2>2x>4x^2>2x>4.

Exercice 3 — Lois logiques Facile ★★☆☆☆

Soient PP, QQ et RR trois propositions. À l’aide de tableaux de vérité, montrer que les propositions suivantes sont des lois logiques :

  1. [P et (P⇒Q)]⇒Q\big[P\text{ et }(P\Rightarrow Q)\big]\Rightarrow Q ;
  2. [(P ou Q) et P‾]⇒Q\big[(P\text{ ou }Q)\text{ et }\overline P\big]\Rightarrow Q ;
  3. [(P⇒R) et (Q⇒R)]⇔[(P ou Q)⇒R]\big[(P\Rightarrow R)\text{ et }(Q\Rightarrow R)\big]\Leftrightarrow\big[(P\text{ ou }Q)\Rightarrow R\big].
Voir la solution

1)

PPQQP⇒QP\Rightarrow QPP et (P⇒Q)(P\Rightarrow Q)[P[P et (P⇒Q)]⇒Q(P\Rightarrow Q)]\Rightarrow Q
VVVVVVVVVV
VVFFFFFFVV
FFVVVVFFVV
FFFFVVFFVV

La dernière colonne ne contient que VV : c’est une loi logique.

2)

PPQQPP ou QQP‾\overline P(P(P ou Q)Q) et P‾\overline PImplication
VVVVVVFFFFVV
VVFFVVFFFFVV
FFVVVVVVVVVV
FFFFFFVVFFVV

C’est une loi logique.

3) On note SS : « (P⇒R)(P\Rightarrow R) et (Q⇒R)(Q\Rightarrow R) » et TT : « (P(P ou Q)⇒RQ)\Rightarrow R ».

PPQQRRP⇒RP\Rightarrow RQ⇒RQ\Rightarrow RSSPP ou QQTT
VVVVVVVVVVVVVVVV
VVVVFFFFFFFFVVFF
VVFFVVVVVVVVVVVV
VVFFFFFFVVFFVVFF
FFVVVVVVVVVVVVVV
FFVVFFVVFFFFVVFF
FFFFVVVVVVVVFFVV
FFFFFFVVVVVVFFVV

Les colonnes SS et TT sont identiques, donc S⇔TS\Leftrightarrow T est une loi logique (c’est le principe de la disjonction des cas).

Exercice 4 — Contre-exemple Facile ★☆☆☆☆

Montrer que chacune des propositions suivantes est fausse :

  1. (∀a∈R)(∀b∈R) a2=b2⇒a=b(\forall a\in\mathbb{R})(\forall b\in\mathbb{R})\ a^2=b^2\Rightarrow a=b ;
  2. (∀x∈R) x<1⇒x2<1(\forall x\in\mathbb{R})\ x<1\Rightarrow x^2<1 ;
  3. (∀n∈N) 2n>n2(\forall n\in\mathbb{N})\ 2^n>n^2 ;
  4. (∀x∈R∗) x+1x≥2(\forall x\in\mathbb{R}^*)\ x+\dfrac1x\ge2.
Voir la solution

1) Pour a=1a=1 et b=−1b=-1 : a2=b2=1a^2=b^2=1, mais a≠ba\neq b.

2) Pour x=−2x=-2 : x<1x<1, mais x2=4≥1x^2=4\ge1.

3) Pour n=3n=3 : 23=82^3=8 et 32=93^2=9, donc 2n>n22^n>n^2 est fausse (c’est aussi le cas pour n=2n=2, où 4>44>4 est faux).

4) Pour x=−1x=-1 : x+1x=−2<2x+\dfrac1x=-2<2.

Exercice 5 — Raisonnement direct Facile ★★☆☆☆

  1. Montrer que, pour tout x∈Rx\in\mathbb{R} : x2+x+1>0x^2+x+1>0.
  2. a) Montrer que, pour tous réels aa et bb : a2+b2≥2aba^2+b^2\ge2ab. b) En déduire que, pour tous réels strictement positifs aa et bb : ab+ba≥2\dfrac ab+\dfrac ba\ge2.
  3. Montrer que, pour tout x∈[1 ;3]x\in[1\,;3] : ∣x2−4x+3∣≤1|x^2-4x+3|\le1.
Voir la solution

1) Pour tout réel xx : x2+x+1=(x+12)2+34≥34>0x^2+x+1=\left(x+\dfrac12\right)^2+\dfrac34\ge\dfrac34>0.

2) a) a2+b2−2ab=(a−b)2≥0a^2+b^2-2ab=(a-b)^2\ge0, donc a2+b2≥2aba^2+b^2\ge2ab.

b) Soient a>0a>0 et b>0b>0. D’après a), a2+b2≥2aba^2+b^2\ge2ab. En divisant par ab>0ab>0 : a2+b2ab=ab+ba≥2.\frac{a^2+b^2}{ab}=\frac ab+\frac ba\ge2.

3) On a x2−4x+3=(x−2)2−1x^2-4x+3=(x-2)^2-1. Si 1≤x≤31\le x\le3, alors −1≤x−2≤1-1\le x-2\le1, donc 0≤(x−2)2≤10\le(x-2)^2\le1, d’où −1≤x2−4x+3≤0,-1\le x^2-4x+3\le0, et par suite ∣x2−4x+3∣≤1|x^2-4x+3|\le1.

Exercice 6 — Contraposée Facile ★★☆☆☆

  1. Soit n∈Nn\in\mathbb{N}. Montrer que si n2n^2 est un multiple de 33, alors nn est un multiple de 33.
  2. Soient xx et yy deux réels de [1 ;+∞[[1\,;+\infty[. Montrer que : x≠y⇒x2−2x≠y2−2yx\neq y\Rightarrow x^2-2x\neq y^2-2y.
  3. Soit a∈Ra\in\mathbb{R}. Montrer que : si ∣a∣≤ε|a|\le\varepsilon pour tout réel ε>0\varepsilon>0, alors a=0a=0.
Voir la solution

1) Contraposée : si nn n’est pas un multiple de 33, alors n2n^2 n’en est pas un.

Si nn n’est pas multiple de 33, alors n=3k+1n=3k+1 ou n=3k+2n=3k+2, avec k∈Nk\in\mathbb{N}.

  • n=3k+1n=3k+1 : n2=9k2+6k+1=3(3k2+2k)+1n^2=9k^2+6k+1=3(3k^2+2k)+1.
  • n=3k+2n=3k+2 : n2=9k2+12k+4=3(3k2+4k+1)+1n^2=9k^2+12k+4=3(3k^2+4k+1)+1.

Dans les deux cas, le reste de la division de n2n^2 par 33 est 11 : n2n^2 n’est pas multiple de 33.

2) Contraposée : si x2−2x=y2−2yx^2-2x=y^2-2y, alors x=yx=y.

On a x2−2x−(y2−2y)=(x−y)(x+y−2)=0x^2-2x-(y^2-2y)=(x-y)(x+y-2)=0, donc x=yx=y ou x+y=2x+y=2.

Or x≥1x\ge1 et y≥1y\ge1, donc x+y≥2x+y\ge2 ; l’égalité x+y=2x+y=2 impose x=y=1x=y=1. Dans tous les cas x=yx=y.

3) Contraposée : si a≠0a\neq0, il existe ε>0\varepsilon>0 tel que ∣a∣>ε|a|>\varepsilon.

Si a≠0a\neq0, on prend ε=∣a∣2>0\varepsilon=\dfrac{|a|}{2}>0 : on a bien ∣a∣>∣a∣2=ε|a|>\dfrac{|a|}2=\varepsilon.

Exercice 7 — Équivalence Facile ★★☆☆☆

  1. Montrer que, pour tout x∈Rx\in\mathbb{R} : ∣x−3∣≤2  ⟺  (x−1)(x−5)≤0|x-3|\le2\iff(x-1)(x-5)\le0.
  2. Soient aa et bb deux réels positifs. Montrer que : a+b=2ab  ⟺  a=ba+b=2\sqrt{ab}\iff a=b.
  3. Montrer que, pour tout x∈ ]0 ;+∞[x\in\,]0\,;+\infty[ : x+4x=4  ⟺  x=2x+\dfrac4x=4\iff x=2.
Voir la solution

1)

  • ∣x−3∣≤2  ⟺  −2≤x−3≤2  ⟺  1≤x≤5|x-3|\le2\iff-2\le x-3\le2\iff1\le x\le5.
  • Le trinôme (x−1)(x−5)(x-1)(x-5) a pour racines 11 et 55 et pour coefficient dominant 1>01>0 ; il est négatif ou nul exactement entre ses racines : (x−1)(x−5)≤0  ⟺  1≤x≤5(x-1)(x-5)\le0\iff1\le x\le5.

D’où l’équivalence.

2) Comme a≥0a\ge0 et b≥0b\ge0 : a+b=2ab  ⟺  (a)2−2ab+(b)2=0  ⟺  (a−b)2=0  ⟺  a=b  ⟺  a=b.a+b=2\sqrt{ab}\iff(\sqrt a)^2-2\sqrt a\sqrt b+(\sqrt b)^2=0\iff(\sqrt a-\sqrt b)^2=0\iff\sqrt a=\sqrt b\iff a=b.

3) Pour x>0x>0 : x+4x=4  ⟺  x2+4=4x  ⟺  x2−4x+4=0  ⟺  (x−2)2=0  ⟺  x=2.x+\frac4x=4\iff x^2+4=4x\iff x^2-4x+4=0\iff(x-2)^2=0\iff x=2.

Exercice 8 — Disjonction des cas Facile ★★☆☆☆

  1. Résoudre dans R\mathbb{R} l’équation ∣x−2∣=2x−1|x-2|=2x-1.
  2. Montrer que, pour tout x∈Rx\in\mathbb{R} : ∣x−1∣+∣x+1∣≥2|x-1|+|x+1|\ge2.
  3. Montrer que, pour tout n∈Nn\in\mathbb{N}, l’entier n(n+1)(2n+1)n(n+1)(2n+1) est divisible par 33.
Voir la solution

1)

  • Cas x≥2x\ge2 : l’équation devient x−2=2x−1x-2=2x-1, soit x=−1x=-1. Or −1<2-1<2 : pas de solution dans ce cas.
  • Cas x<2x<2 : l’équation devient 2−x=2x−12-x=2x-1, soit x=1x=1, qui vérifie bien 1<21<2.

Donc S={1}S=\{1\}. Vérification : ∣1−2∣=1=2×1−1|1-2|=1=2\times1-1.

2)

  • Si x≥1x\ge1 : ∣x−1∣+∣x+1∣=(x−1)+(x+1)=2x≥2|x-1|+|x+1|=(x-1)+(x+1)=2x\ge2.
  • Si −1≤x<1-1\le x<1 : ∣x−1∣+∣x+1∣=(1−x)+(x+1)=2|x-1|+|x+1|=(1-x)+(x+1)=2.
  • Si x<−1x<-1 : ∣x−1∣+∣x+1∣=(1−x)+(−x−1)=−2x>2|x-1|+|x+1|=(1-x)+(-x-1)=-2x>2.

Dans tous les cas, ∣x−1∣+∣x+1∣≥2|x-1|+|x+1|\ge2.

3) On distingue les trois restes possibles de la division de nn par 33 (k∈Nk\in\mathbb{N}) :

  • n=3kn=3k : le facteur nn est divisible par 33.
  • n=3k+1n=3k+1 : 2n+1=6k+3=3(2k+1)2n+1=6k+3=3(2k+1) est divisible par 33.
  • n=3k+2n=3k+2 : n+1=3k+3=3(k+1)n+1=3k+3=3(k+1) est divisible par 33.

Dans tous les cas, 33 divise n(n+1)(2n+1)n(n+1)(2n+1).

Exercice 9 — Raisonnement par l’absurde Moyen ★★★☆☆

On admet que 2∉Q\sqrt2\notin\mathbb{Q}.

  1. Montrer que 3−22∉Q3-2\sqrt2\notin\mathbb{Q}.
  2. Soit n∈N∗n\in\mathbb{N}^*. Montrer que n2+2n∉N\sqrt{n^2+2n}\notin\mathbb{N}.
  3. Soient aa et bb deux réels positifs tels que a1+b=b1+a\dfrac{a}{1+b}=\dfrac{b}{1+a}. Montrer par l’absurde que a=ba=b.
Voir la solution

1) Supposons que r=3−22∈Qr=3-2\sqrt2\in\mathbb{Q}. Alors 2=3−r2\sqrt2=\dfrac{3-r}{2} serait rationnel (différence et quotient de rationnels), ce qui contredit 2∉Q\sqrt2\notin\mathbb{Q}. Donc 3−22∉Q3-2\sqrt2\notin\mathbb{Q}.

2) Supposons que m=n2+2n∈Nm=\sqrt{n^2+2n}\in\mathbb{N}. Comme n≥1n\ge1 : n2<n2+2n<n2+2n+1=(n+1)2,n^2<n^2+2n<n^2+2n+1=(n+1)^2, donc n2<m2<(n+1)2n^2<m^2<(n+1)^2, puis n<m<n+1n<m<n+1 (tous ces nombres sont positifs). Aucun entier n’est strictement compris entre nn et n+1n+1 : contradiction. Donc n2+2n∉N\sqrt{n^2+2n}\notin\mathbb{N}.

3) Supposons a≠ba\neq b. L’égalité donne a(1+a)=b(1+b)a(1+a)=b(1+b), soit a2−b2+a−b=0  ⟺  (a−b)(a+b+1)=0.a^2-b^2+a-b=0\iff(a-b)(a+b+1)=0. Comme a≠ba\neq b, on aurait a+b+1=0a+b+1=0, ce qui est impossible car a+b+1≥1a+b+1\ge1. Donc a=ba=b.

Exercice 10 — Récurrence Moyen ★★★☆☆

  1. Montrer que, pour tout n∈N∗n\in\mathbb{N}^* : 12+22+⋯+n2=n(n+1)(2n+1)61^2+2^2+\cdots+n^2=\dfrac{n(n+1)(2n+1)}{6}.
  2. Montrer que, pour tout n∈Nn\in\mathbb{N}, 5n−15^n-1 est divisible par 44.
  3. Montrer que, pour tout entier n≥4n\ge4 : 2n≥n22^n\ge n^2.
Voir la solution

1) Soit P(n)P(n) : « 12+22+⋯+n2=n(n+1)(2n+1)61^2+2^2+\cdots+n^2=\dfrac{n(n+1)(2n+1)}6 ».

  • Pour n=1n=1 : 12=11^2=1 et 1×2×36=1\dfrac{1\times2\times3}6=1.
  • Supposons P(n)P(n) vraie pour un n≥1n\ge1. Alors 12+⋯+n2+(n+1)2=n(n+1)(2n+1)6+(n+1)2=(n+1)(2n2+7n+6)6=(n+1)(n+2)(2n+3)6,1^2+\cdots+n^2+(n+1)^2=\frac{n(n+1)(2n+1)}6+(n+1)^2=\frac{(n+1)\big(2n^2+7n+6\big)}{6}=\frac{(n+1)(n+2)(2n+3)}{6}, ce qui est P(n+1)P(n+1).
  • Donc P(n)P(n) est vraie pour tout n∈N∗n\in\mathbb{N}^*.

2)

  • Pour n=0n=0 : 50−1=05^0-1=0 est divisible par 44.
  • Supposons 5n−1=4k5^n-1=4k avec k∈Nk\in\mathbb{N}. Alors 5n+1−1=5(4k+1)−1=20k+4=4(5k+1)5^{n+1}-1=5(4k+1)-1=20k+4=4(5k+1).
  • Donc 44 divise 5n−15^n-1 pour tout n∈Nn\in\mathbb{N}.

3)

  • Pour n=4n=4 : 24=16=422^4=16=4^2.
  • Supposons 2n≥n22^n\ge n^2 pour un entier n≥4n\ge4. Alors 2n+1≥2n22^{n+1}\ge2n^2. Or 2n2−(n+1)2=n2−2n−1=(n−1)2−2≥32−2>0,2n^2-(n+1)^2=n^2-2n-1=(n-1)^2-2\ge3^2-2>0, donc 2n+1≥2n2>(n+1)22^{n+1}\ge2n^2>(n+1)^2.
  • Donc 2n≥n22^n\ge n^2 pour tout entier n≥4n\ge4.

Exercice 11 — Approfondissement Moyen ★★★☆☆

  1. Soit a≥0a\ge0. Montrer par récurrence que, pour tout n∈Nn\in\mathbb{N} : (1+a)n≥1+na(1+a)^n\ge1+na.
  2. En déduire que (1,01)100≥2(1{,}01)^{100}\ge2.
  3. Montrer que, pour tout n∈N∗n\in\mathbb{N}^* : 11×2+12×3+⋯+1n(n+1)=nn+1.\frac{1}{1\times2}+\frac{1}{2\times3}+\cdots+\frac{1}{n(n+1)}=\frac{n}{n+1}.
  4. En déduire que la proposition « (∃n∈N∗) 11×2+⋯+1n(n+1)≥1(\exists n\in\mathbb{N}^*)\ \dfrac{1}{1\times2}+\cdots+\dfrac{1}{n(n+1)}\ge1 » est fausse.
Voir la solution

1)

  • Pour n=0n=0 : (1+a)0=1=1+0×a(1+a)^0=1=1+0\times a.
  • Supposons (1+a)n≥1+na(1+a)^n\ge1+na. Comme 1+a>01+a>0 : (1+a)n+1≥(1+na)(1+a)=1+(n+1)a+na2≥1+(n+1)a.(1+a)^{n+1}\ge(1+na)(1+a)=1+(n+1)a+na^2\ge1+(n+1)a.
  • Donc (1+a)n≥1+na(1+a)^n\ge1+na pour tout n∈Nn\in\mathbb{N}.

2) Avec a=0,01a=0{,}01 et n=100n=100 : (1,01)100≥1+100×0,01=2(1{,}01)^{100}\ge1+100\times0{,}01=2.

3)

  • Pour n=1n=1 : 11×2=12=11+1\dfrac1{1\times2}=\dfrac12=\dfrac1{1+1}.
  • Supposons la formule vraie au rang nn. Alors nn+1+1(n+1)(n+2)=n(n+2)+1(n+1)(n+2)=(n+1)2(n+1)(n+2)=n+1n+2.\frac{n}{n+1}+\frac{1}{(n+1)(n+2)}=\frac{n(n+2)+1}{(n+1)(n+2)}=\frac{(n+1)^2}{(n+1)(n+2)}=\frac{n+1}{n+2}.
  • La formule est donc vraie pour tout n∈N∗n\in\mathbb{N}^*.

4) Sa négation est « (∀n∈N∗) 11×2+⋯+1n(n+1)<1(\forall n\in\mathbb{N}^*)\ \dfrac1{1\times2}+\cdots+\dfrac1{n(n+1)}<1 ». Elle est vraie, car d’après 3) cette somme vaut nn+1<1\dfrac{n}{n+1}<1. La proposition donnée est donc fausse.

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