Plan du chapitre. I. Propositions et quantificateurs — II. Négation — III. Connecteurs logiques — IV. Lois logiques — V. Raisonnements mathématiques.
I. Propositions, fonctions propositionnelles et quantificateurs
1. Propositions
Définition 1 : proposition
Une proposition (ou assertion) est une phrase mathématique dont on peut dire, sans ambiguïté, si elle est vraie ou si elle est fausse, mais jamais les deux à la fois.
On note les propositions par des lettres majuscules P, Q, R, … Une proposition vraie a pour valeur de véritéV (ou 1), une proposition fausse a pour valeur de vérité F (ou 0).
Exemple 1
Donner la valeur de vérité de chacune des propositions :
P1 : « 16+9=16+9 » ; P2 : « 91 est un nombre premier » ; P3 : « 83∈D » ; P4 : « Tout rectangle est un losange ».
Voir la solution
25=5 alors que 16+9=7 : P1 est fausse.
91=7×13 : P2 est fausse.
83=1000375=0,375 : P3 est vraie.
Un rectangle de côtés 2 et 5 n’a pas ses quatre côtés égaux : P4 est fausse.
2. Fonctions propositionnelles
Définition 2 : fonction propositionnelle
Une fonction propositionnelle est une phrase mathématique qui contient une ou plusieurs variables, chacune prise dans un ensemble donné. Elle devient une proposition dès qu’on remplace chaque variable par un élément de son ensemble. On la note P(x), Q(x;y), …
Exemple 2
Pour x∈R, la phrase P(x) : « x2−5x+6=0 » est une fonction propositionnelle. Elle n’est ni vraie ni fausse tant que x n’est pas fixé : P(2) est vraie car 4−10+6=0, et P(0) est fausse car 6=0.
3. Quantificateurs
Définition 3 : quantificateurs
Soit P(x) une fonction propositionnelle, où x décrit un ensemble E.
« (∀x∈E)P(x) » se lit « pour toutx de E, P(x) ». Elle est vraie lorsque P(x) est vraie pour chaque élément de E. Le symbole ∀ est le quantificateur universel.
« (∃x∈E)P(x) » se lit « il existe au moins unx de E tel que P(x) ». Elle est vraie dès qu’un élément de E rend P(x) vraie. Le symbole ∃ est le quantificateur existentiel.
« (∃!x∈E)P(x) » se lit « il existe un uniquex de E tel que P(x) ».
Exemple 3
Donner la valeur de vérité de :
P : « (∀x∈R)x2+1>0 » ; Q : « (∃n∈N)2n+1=6 » ; R : « (∃!x∈R)3x−1=5 ».
Voir la solution
Pour tout réel x, x2≥0 donc x2+1≥1>0 : P est vraie.
2n+1=6⟺n=25 et 25∈/N : Q est fausse.
3x−1=5⟺x=2 : l’équation a une seule solution réelle, donc R est vraie.
Remarque
On peut échanger deux quantificateurs de même nature : (∀x)(∀y) et (∀y)(∀x) ont le même sens.
On ne peut pas, en général, échanger un « ∀ » et un « ∃ ». Dans (∃y)(∀x), le même y doit convenir pour tous les x, alors que dans (∀x)(∃y), y peut dépendre de x.
Exemple 4
Comparer les valeurs de vérité de P : « (∀x∈R)(∃y∈R)x+y=0 » et de Q : « (∃y∈R)(∀x∈R)x+y=0 ».
Voir la solution
P est vraie : pour un réel x donné, le réel y=−x vérifie x+y=0.
Q est fausse : si un réel y convenait pour tout x, on aurait 0+y=0 et 1+y=0, d’où y=0 et y=−1, ce qui est impossible.
L’ordre des quantificateurs change donc le sens de la phrase.
Application
Donner la valeur de vérité de chacune des propositions suivantes :
P1 : « (∀x∈R)(x−3)2≥0 » ; P2 : « (∃x∈Z)x2=7 » ; P3 : « (∀n∈N)n2≥n » ; P4 : « (∃!x∈R)x2=9 ».
Voir la solution
P1 est vraie : un carré est toujours positif ou nul.
P2 est fausse : 22=4<7<9=32, donc aucun entier relatif n’a pour carré 7.
P3 est vraie : n2−n=n(n−1) ; pour n=0 on obtient 0, et pour n≥1 les deux facteurs sont positifs.
P4 est fausse : 3 et −3 sont deux solutions distinctes.
II. Négation d’une proposition
Définition 4 : négation
La négation d’une proposition P, notée P (ou « non P »), est la proposition qui est vraie lorsque P est fausse et fausse lorsque P est vraie.
P
P
V
F
F
V
Propriété
La négation de « (∀x∈E)P(x) » est « (∃x∈E)P(x) ».
La négation de « (∃x∈E)P(x) » est « (∀x∈E)P(x) ».
La négation de « a=b » est « a=b » ; celle de « a<b » est « a≥b » ; celle de « a≤b » est « a>b » ; celle de « x∈A » est « x∈/A ».
Méthode
Pour nier une proposition quantifiée, on remplace chaque ∀ par ∃, chaque ∃ par ∀, et on nie la phrase finale, sans changer les ensembles.
Exemple 5
Écrire la négation de P : « (∀x∈R)x2≥x » et de Q : « (∃n∈N)n2=2n+3 », puis préciser laquelle de chaque couple est vraie.
Voir la solution
P : « (∃x∈R)x2<x ». Pour x=21 : x2=41<21, donc P est vraie et P est fausse.
Q : « (∀n∈N)n2=2n+3 ». Or n2−2n−3=(n−3)(n+1) s’annule pour n=3∈N ; donc Q est vraie et Q est fausse.
Attention
La négation de « x>0 » n’est pas « x<0 » mais « x≤0 ».
Application
Écrire la négation de chacune des propositions suivantes :
A : « (∀x∈R)(∃y∈R)y>x » ; B : « (∃a∈R+)(∀x∈R)∣x∣≤a » ; C : « (∀n∈N)n+1=0 ».
Voir la solution
A : « (∃x∈R)(∀y∈R)y≤x ».
B : « (∀a∈R+)(∃x∈R)∣x∣>a ».
C : « (∃n∈N)n+1=0 ».
III. Opérations logiques sur deux propositions
Définition 5 : connecteurs logiques
Soient P et Q deux propositions.
La conjonction « P et Q » (notée P∧Q) est vraie seulement lorsque P et Q sont vraies toutes les deux.
La disjonction « P ou Q » (notée P∨Q) est vraie dès que l’une au moins des deux est vraie.
L’implication « P⇒Q » est la proposition « P ou Q » : elle n’est fausse que lorsque P est vraie et Q fausse.
L’équivalence « P⇔Q » est vraie lorsque P et Q ont la même valeur de vérité.
P
Q
P et Q
P ou Q
P⇒Q
P⇔Q
V
V
V
V
V
V
V
F
F
V
F
F
F
V
F
V
V
F
F
F
F
F
V
V
Remarque
P⇒Q se lit « P implique Q », « si P alors Q », « pour avoir Q, il suffit d’avoir P » ou « pour avoir P, il faut avoir Q ».
L’implication Q⇒P est la réciproque de P⇒Q ; elles n’ont pas toujours la même valeur de vérité.
P⇔Q se lit « P si et seulement si Q » ou « P est une condition nécessaire et suffisante pour Q ».
Exemple 6
Donner la valeur de vérité de :
A : « (2<3) et (2∈Q) » ; B : « (2<3) ou (2∈Q) » ; C : « (1=2)⇒(π>4) » ; D : « (4 est pair)⇔(9 est premier) ».
Voir la solution
« 2<3 » est vraie et « 2∈Q » est fausse : A est fausse et B est vraie.
« 1=2 » est fausse ; une implication dont la première partie est fausse est vraie : C est vraie.
« 4 est pair » est vraie et « 9 est premier » est fausse (9=3×3) : D est fausse.
IV. Lois logiques
Définition 6 : loi logique
Une loi logique est une proposition composée à partir de propositions P, Q, R, … qui est vraie quelles que soient les valeurs de vérité de P, Q, R, …
Propriété
Pour toutes propositions P, Q et R, les propositions suivantes sont des lois logiques :
P⇔P ; P ou P (tiers exclu) ;
(P et Q)⇔(P ou Q) et (P ou Q)⇔(P et Q) (lois de Morgan) ;
(P⇒Q)⇔(Q⇒P) (contraposée) ;
(P⇒Q)⇔(P et Q) ;
(P⇔Q)⇔[(P⇒Q) et (Q⇒P)] ;
[(P⇒Q) et (Q⇒R)]⇒(P⇒R) (transitivité) ;
[P et (Q ou R)]⇔[(P et Q) ou (P et R)] et [P ou (Q et R)]⇔[(P ou Q) et (P ou R)] (distributivité) ;
« et » et « ou » sont commutatifs et associatifs.
Exemple 7
À l’aide d’un tableau de vérité, montrer que (P⇒Q)⇔(Q⇒P) est une loi logique.
Voir la solution
P
Q
P
Q
P⇒Q
Q⇒P
V
V
F
F
V
V
V
F
F
V
F
F
F
V
V
F
V
V
F
F
V
V
V
V
Les deux dernières colonnes sont identiques : l’équivalence est vraie dans tous les cas, c’est une loi logique.
Application
Montrer, à l’aide d’un tableau de vérité, que (P⇒Q)⇔(P et Q) est une loi logique. En déduire la négation de « (∀x∈R)x>1⇒x2>1 ».
Voir la solution
P
Q
P⇒Q
(P⇒Q)
Q
P et Q
V
V
V
F
F
F
V
F
F
V
V
V
F
V
V
F
F
F
F
F
V
F
V
F
Les colonnes 4 et 6 coïncident : c’est une loi logique.
Négation demandée : « (∃x∈R)x>1 et x2≤1 ».
V. Raisonnements mathématiques
1. Raisonnement par contre-exemple
Méthode
Pour montrer que « (∀x∈E)P(x) » est fausse, il suffit de trouver un élément x0 de E tel que P(x0) soit fausse : c’est un contre-exemple.
Exemple 8
Montrer que la proposition « (∀x∈R)x2=x » est fausse.
Voir la solution
Pour x=−4 : (−4)2=16=4=−4. Ce contre-exemple montre que la proposition est fausse (en fait x2=∣x∣).
2. Raisonnement direct (déductif)
Méthode
Pour montrer que P⇒Q est vraie, on suppose que P est vraie et, par une suite de déductions, on prouve que Q est vraie.
Exemple 9
Montrer que, pour tout réel x : ∣x−1∣≤1⇒∣2x+3∣≤7.
Voir la solution
Soit x∈R tel que ∣x−1∣≤1. On écrit 2x+3=2(x−1)+5. Par l’inégalité triangulaire :
∣2x+3∣≤2∣x−1∣+5≤2×1+5=7.
3. Raisonnement par contraposée
Méthode
Puisque (P⇒Q)⇔(Q⇒P), pour montrer P⇒Q on peut montrer que Q⇒P.
Exemple 10
Soient x et y deux réels. Montrer que : (x=y et x+y=2)⇒x2−2x=y2−2y.
Voir la solution
On montre la contraposée : x2−2x=y2−2y⇒(x=y ou x+y=2).
Si x2−2x=y2−2y, alors x2−y2−2(x−y)=0, soit (x−y)(x+y−2)=0. Donc x=y ou x+y=2. La contraposée est vraie, donc l’implication l’est aussi.
Application
Soit n∈N. Montrer, par contraposée, que si n2 est pair alors n est pair.
Voir la solution
Contraposée : si n est impair, alors n2 est impair.
Si n=2k+1 avec k∈N, alors n2=4k2+4k+1=2(2k2+2k)+1, qui est impair. Donc « n2 pair ⇒n pair ».
4. Raisonnement par équivalence
Méthode
Pour montrer que P⇔Q, on peut :
montrer P⇒Q puis la réciproque Q⇒P ;
ou passer de P à Q par une chaîne d’équivalences P⇔P1⇔⋯⇔Q, en vérifiant que chaque étape est réversible.
Exemple 11
Montrer que, pour tout x∈R∗ : ∣x−2∣<1⟺31<x1<1.
Voir la solution
∣x−2∣<1⟺−1<x−2<1⟺1<x<3.
Si 1<x<3, alors x>0 et, la fonction inverse étant décroissante sur ]0;+∞[ : 31<x1<1.
Réciproquement, si 31<x1<1, alors x1>0 donc x>0, et en passant aux inverses : 1<x<3.
D’où l’équivalence.
5. Raisonnement par disjonction des cas
Méthode
Pour montrer une propriété, on peut séparer l’étude en plusieurs cas qui couvrent toutes les situations possibles et la démontrer dans chacun d’eux (loi : [(P⇒R) et (Q⇒R)]⇔[(P ou Q)⇒R]).
Exemple 12
Montrer que, pour tout n∈N, l’entier n2+3n est pair.
Voir la solution
On a n2+3n=n(n+3).
Si n est pair, le produit n(n+3) est pair.
Si n est impair, n=2k+1 et n+3=2k+4=2(k+2) est pair, donc le produit est pair.
Dans tous les cas, n2+3n est pair.
6. Raisonnement par l’absurde
Méthode
Pour montrer que P est vraie, on suppose que P est vraie et on en déduit une contradiction (une proposition à la fois vraie et fausse). Donc P est vraie.
Exemple 13
Soit n∈N∗. Montrer par l’absurde que n2+1∈/N.
Voir la solution
Supposons que m=n2+1∈N. Comme n2<n2+1<n2+2n+1 (car n≥1), on a n2<m2<(n+1)2, donc n<m<n+1.
Il n’existe aucun entier strictement compris entre deux entiers consécutifs : c’est une contradiction. Donc n2+1∈/N.
7. Raisonnement par récurrence
Propriété
Soit P(n) une fonction propositionnelle de variable n∈N et n0∈N. Si :
(initialisation)P(n0) est vraie ;
(hérédité) pour tout entier n≥n0, P(n)⇒P(n+1) ;
alors P(n) est vraie pour tout entier n≥n0.
Exemple 14
Montrer par récurrence que, pour tout n∈N∗ : 1+3+5+⋯+(2n−1)=n2.
Voir la solution
Initialisation. Pour n=1 : le membre de gauche vaut 1 et 12=1.
Hérédité. Soit n≥1 ; on suppose 1+3+⋯+(2n−1)=n2. Alors
1+3+⋯+(2n−1)+(2n+1)=n2+2n+1=(n+1)2.
Conclusion. Pour tout n∈N∗, 1+3+5+⋯+(2n−1)=n2.
Application
Montrer par récurrence que, pour tout n∈N, 4n−1 est divisible par 3.
Voir la solution
Pour n=0 : 40−1=0=3×0.
Soit n∈N tel que 4n−1=3k avec k∈N. Alors 4n+1−1=4×4n−1=4(3k+1)−1=12k+3=3(4k+1), qui est divisible par 3.
Donc, pour tout n∈N, 3 divise 4n−1.
À retenir
(∀x)P(x)⇔(∃x)P(x) et (∃x)P(x)⇔(∀x)P(x).
P⇒Q n’est fausse que si P est vraie et Q fausse ; sa négation est « P et Q ».
Choisir le raisonnement adapté : contre-exemple (réfuter un « pour tout »), direct, contraposée, équivalence, disjonction des cas, absurde, récurrence (propriété d’un entier n).
Série d’exercices
Exercice 1 — Quantificateurs et négation Facile★☆☆☆☆
P3 : « (∃n∈N)n2+n+41 n’est pas premier » ; P4 : « (∃x∈R)(∀y∈R)y2=x » ;
P5 : « (∀y∈R)(∃x∈R)x+y≤x » ;
P6 : « l’équation x3=8 n’a aucune solution réelle, ou en a au moins deux ».
Exercice 2 — Connecteurs logiques Facile★☆☆☆☆
Donner la valeur de vérité de chacune des propositions :
A : « (9=3) et (−2>−3) » ; B : « (π∈Q) ou (0∈N∗) » ;
C : « (2+2=5)⇒(7 est pair) » ; D : « (15 est multiple de 5)⇒(15 est multiple de 10) » ;
E : « (x2=4)⇔(x=2) », pour x=−2.
Soit x∈R. Écrire la réciproque et la contraposée de l’implication « x>2⇒x2>4 », puis donner la valeur de vérité de chacune d’elles pour tout x réel.
Voir la solution
1)
A : « 9=3 » et « −2>−3 » sont vraies, donc A est vraie.
B : π∈/Q et 0∈/N∗, donc B est fausse.
C : « 2+2=5 » est fausse, donc l’implication C est vraie.
D : « 15 est multiple de 5 » est vraie et « 15 est multiple de 10 » est fausse, donc D est fausse.
E : pour x=−2, « x2=4 » est vraie et « x=2 » est fausse, donc E est fausse.
2)
Réciproque : « x2>4⇒x>2 ». Elle est fausse pour certains x : pour x=−3, on a x2=9>4 mais −3≤2.
Contraposée : « x2≤4⇒x≤2 ». Elle est vraie pour tout x, comme l’implication de départ : si x>2, alors x2>2x>4.
Exercice 3 — Lois logiques Facile★★☆☆☆
Soient P, Q et R trois propositions. À l’aide de tableaux de vérité, montrer que les propositions suivantes sont des lois logiques :
[P et (P⇒Q)]⇒Q ;
[(P ou Q) et P]⇒Q ;
[(P⇒R) et (Q⇒R)]⇔[(P ou Q)⇒R].
Voir la solution
1)
P
Q
P⇒Q
P et (P⇒Q)
[P et (P⇒Q)]⇒Q
V
V
V
V
V
V
F
F
F
V
F
V
V
F
V
F
F
V
F
V
La dernière colonne ne contient que V : c’est une loi logique.
2)
P
Q
P ou Q
P
(P ou Q) et P
Implication
V
V
V
F
F
V
V
F
V
F
F
V
F
V
V
V
V
V
F
F
F
V
F
V
C’est une loi logique.
3) On note S : « (P⇒R) et (Q⇒R) » et T : « (P ou Q)⇒R ».
P
Q
R
P⇒R
Q⇒R
S
P ou Q
T
V
V
V
V
V
V
V
V
V
V
F
F
F
F
V
F
V
F
V
V
V
V
V
V
V
F
F
F
V
F
V
F
F
V
V
V
V
V
V
V
F
V
F
V
F
F
V
F
F
F
V
V
V
V
F
V
F
F
F
V
V
V
F
V
Les colonnes S et T sont identiques, donc S⇔T est une loi logique (c’est le principe de la disjonction des cas).
Exercice 4 — Contre-exemple Facile★☆☆☆☆
Montrer que chacune des propositions suivantes est fausse :
(∀a∈R)(∀b∈R)a2=b2⇒a=b ;
(∀x∈R)x<1⇒x2<1 ;
(∀n∈N)2n>n2 ;
(∀x∈R∗)x+x1≥2.
Voir la solution
1) Pour a=1 et b=−1 : a2=b2=1, mais a=b.
2) Pour x=−2 : x<1, mais x2=4≥1.
3) Pour n=3 : 23=8 et 32=9, donc 2n>n2 est fausse (c’est aussi le cas pour n=2, où 4>4 est faux).
4) Pour x=−1 : x+x1=−2<2.
Exercice 5 — Raisonnement direct Facile★★☆☆☆
Montrer que, pour tout x∈R : x2+x+1>0.
a) Montrer que, pour tous réels a et b : a2+b2≥2ab.
b) En déduire que, pour tous réels strictement positifs a et b : ba+ab≥2.
Montrer que, pour tout x∈[1;3] : ∣x2−4x+3∣≤1.
Voir la solution
1) Pour tout réel x : x2+x+1=(x+21)2+43≥43>0.
2) a)a2+b2−2ab=(a−b)2≥0, donc a2+b2≥2ab.
b) Soient a>0 et b>0. D’après a), a2+b2≥2ab. En divisant par ab>0 :
aba2+b2=ba+ab≥2.
3) On a x2−4x+3=(x−2)2−1. Si 1≤x≤3, alors −1≤x−2≤1, donc 0≤(x−2)2≤1, d’où
−1≤x2−4x+3≤0,
et par suite ∣x2−4x+3∣≤1.
Exercice 6 — Contraposée Facile★★☆☆☆
Soit n∈N. Montrer que si n2 est un multiple de 3, alors n est un multiple de 3.
Soient x et y deux réels de [1;+∞[. Montrer que : x=y⇒x2−2x=y2−2y.
Soit a∈R. Montrer que : si ∣a∣≤ε pour tout réel ε>0, alors a=0.
Voir la solution
1) Contraposée : si n n’est pas un multiple de 3, alors n2 n’en est pas un.
Si n n’est pas multiple de 3, alors n=3k+1 ou n=3k+2, avec k∈N.
n=3k+1 : n2=9k2+6k+1=3(3k2+2k)+1.
n=3k+2 : n2=9k2+12k+4=3(3k2+4k+1)+1.
Dans les deux cas, le reste de la division de n2 par 3 est 1 : n2 n’est pas multiple de 3.
2) Contraposée : si x2−2x=y2−2y, alors x=y.
On a x2−2x−(y2−2y)=(x−y)(x+y−2)=0, donc x=y ou x+y=2.
Or x≥1 et y≥1, donc x+y≥2 ; l’égalité x+y=2 impose x=y=1. Dans tous les cas x=y.
3) Contraposée : si a=0, il existe ε>0 tel que ∣a∣>ε.
Si a=0, on prend ε=2∣a∣>0 : on a bien ∣a∣>2∣a∣=ε.
Exercice 7 — Équivalence Facile★★☆☆☆
Montrer que, pour tout x∈R : ∣x−3∣≤2⟺(x−1)(x−5)≤0.
Soient a et b deux réels positifs. Montrer que : a+b=2ab⟺a=b.
Montrer que, pour tout x∈]0;+∞[ : x+x4=4⟺x=2.
Voir la solution
1)
∣x−3∣≤2⟺−2≤x−3≤2⟺1≤x≤5.
Le trinôme (x−1)(x−5) a pour racines 1 et 5 et pour coefficient dominant 1>0 ; il est négatif ou nul exactement entre ses racines : (x−1)(x−5)≤0⟺1≤x≤5.
D’où l’équivalence.
2) Comme a≥0 et b≥0 :
a+b=2ab⟺(a)2−2ab+(b)2=0⟺(a−b)2=0⟺a=b⟺a=b.
3) Pour x>0 :
x+x4=4⟺x2+4=4x⟺x2−4x+4=0⟺(x−2)2=0⟺x=2.
Exercice 8 — Disjonction des cas Facile★★☆☆☆
Résoudre dans R l’équation ∣x−2∣=2x−1.
Montrer que, pour tout x∈R : ∣x−1∣+∣x+1∣≥2.
Montrer que, pour tout n∈N, l’entier n(n+1)(2n+1) est divisible par 3.
Voir la solution
1)
Cas x≥2 : l’équation devient x−2=2x−1, soit x=−1. Or −1<2 : pas de solution dans ce cas.
Cas x<2 : l’équation devient 2−x=2x−1, soit x=1, qui vérifie bien 1<2.
Donc S={1}. Vérification : ∣1−2∣=1=2×1−1.
2)
Si x≥1 : ∣x−1∣+∣x+1∣=(x−1)+(x+1)=2x≥2.
Si −1≤x<1 : ∣x−1∣+∣x+1∣=(1−x)+(x+1)=2.
Si x<−1 : ∣x−1∣+∣x+1∣=(1−x)+(−x−1)=−2x>2.
Dans tous les cas, ∣x−1∣+∣x+1∣≥2.
3) On distingue les trois restes possibles de la division de n par 3 (k∈N) :
n=3k : le facteur n est divisible par 3.
n=3k+1 : 2n+1=6k+3=3(2k+1) est divisible par 3.
n=3k+2 : n+1=3k+3=3(k+1) est divisible par 3.
Dans tous les cas, 3 divise n(n+1)(2n+1).
Exercice 9 — Raisonnement par l’absurde Moyen★★★☆☆
On admet que 2∈/Q.
Montrer que 3−22∈/Q.
Soit n∈N∗. Montrer que n2+2n∈/N.
Soient a et b deux réels positifs tels que 1+ba=1+ab. Montrer par l’absurde que a=b.
Voir la solution
1) Supposons que r=3−22∈Q. Alors 2=23−r serait rationnel (différence et quotient de rationnels), ce qui contredit 2∈/Q. Donc 3−22∈/Q.
2) Supposons que m=n2+2n∈N. Comme n≥1 :
n2<n2+2n<n2+2n+1=(n+1)2,
donc n2<m2<(n+1)2, puis n<m<n+1 (tous ces nombres sont positifs). Aucun entier n’est strictement compris entre n et n+1 : contradiction. Donc n2+2n∈/N.
3) Supposons a=b. L’égalité donne a(1+a)=b(1+b), soit
a2−b2+a−b=0⟺(a−b)(a+b+1)=0.
Comme a=b, on aurait a+b+1=0, ce qui est impossible car a+b+1≥1. Donc a=b.
Exercice 10 — Récurrence Moyen★★★☆☆
Montrer que, pour tout n∈N∗ : 12+22+⋯+n2=6n(n+1)(2n+1).
Montrer que, pour tout n∈N, 5n−1 est divisible par 4.
Montrer que, pour tout entier n≥4 : 2n≥n2.
Voir la solution
1) Soit P(n) : « 12+22+⋯+n2=6n(n+1)(2n+1) ».
Pour n=1 : 12=1 et 61×2×3=1.
Supposons P(n) vraie pour un n≥1. Alors
12+⋯+n2+(n+1)2=6n(n+1)(2n+1)+(n+1)2=6(n+1)(2n2+7n+6)=6(n+1)(n+2)(2n+3),
ce qui est P(n+1).
Donc P(n) est vraie pour tout n∈N∗.
2)
Pour n=0 : 50−1=0 est divisible par 4.
Supposons 5n−1=4k avec k∈N. Alors 5n+1−1=5(4k+1)−1=20k+4=4(5k+1).
Donc 4 divise 5n−1 pour tout n∈N.
3)
Pour n=4 : 24=16=42.
Supposons 2n≥n2 pour un entier n≥4. Alors 2n+1≥2n2. Or
2n2−(n+1)2=n2−2n−1=(n−1)2−2≥32−2>0,
donc 2n+1≥2n2>(n+1)2.
Donc 2n≥n2 pour tout entier n≥4.
Exercice 11 — Approfondissement Moyen★★★☆☆
Soit a≥0. Montrer par récurrence que, pour tout n∈N : (1+a)n≥1+na.
En déduire que (1,01)100≥2.
Montrer que, pour tout n∈N∗ :
1×21+2×31+⋯+n(n+1)1=n+1n.
En déduire que la proposition « (∃n∈N∗)1×21+⋯+n(n+1)1≥1 » est fausse.
Voir la solution
1)
Pour n=0 : (1+a)0=1=1+0×a.
Supposons (1+a)n≥1+na. Comme 1+a>0 :
(1+a)n+1≥(1+na)(1+a)=1+(n+1)a+na2≥1+(n+1)a.
Donc (1+a)n≥1+na pour tout n∈N.
2) Avec a=0,01 et n=100 : (1,01)100≥1+100×0,01=2.
3)
Pour n=1 : 1×21=21=1+11.
Supposons la formule vraie au rang n. Alors
n+1n+(n+1)(n+2)1=(n+1)(n+2)n(n+2)+1=(n+1)(n+2)(n+1)2=n+2n+1.
La formule est donc vraie pour tout n∈N∗.
4) Sa négation est « (∀n∈N∗)1×21+⋯+n(n+1)1<1 ». Elle est vraie, car d’après 3) cette somme vaut n+1n<1. La proposition donnée est donc fausse.