Versions interactives à solutions cachées — leurs boutons « Voir la solution » ne fonctionnent que dans Adobe Acrobat Reader (calques PDF non pris en charge par les navigateurs et le lecteur ci-dessus). Le lecteur affiche donc les versions classiques.
📥 Version à corrections cachées (Adobe Acrobat Reader)Télécharger
Examen national du baccalauréat — Session normale 2008
Mathématiques — Filière : Sciences Expérimentales (toutes options) et Sciences et Technologies
Code NS 22 — Durée : 3 h — Coefficient : 7
L’utilisation de la calculatrice non programmable est autorisée.
Domaine
Barème
Exercice 1
Géométrie dans l’espace
3 points
Exercice 2
Nombres complexes
3 points
Exercice 3
Calcul des probabilités
3 points
Exercice 4
Problème : étude de fonctions, calcul intégral et suites
11 points
Exercice 1 — Géométrie dans l’espace (3 points)
On considère, dans l’espace rapporté à un repère orthonormé direct (O,i,j,k), les deux points A(0,−1,1) et B(1,−1,0) et la sphère (S) d’équation :
x2+y2+z2−2x−4z+2=0
1.(1.25 pt) Montrer que le centre de la sphère (S) est le point Ω(1,0,2) et que son rayon est 3 et vérifier que A appartient à (S).
Voir la solution
On complète les carrés :
x2−2x=(x−1)2−1etz2−4z=(z−2)2−4.
L’équation de (S) s’écrit donc (x−1)2−1+y2+(z−2)2−4+2=0, c’est-à-dire
(x−1)2+(y−0)2+(z−2)2=3=(3)2.
Donc (S) est la sphère de centre Ω(1,0,2) et de rayon R=3.
Pour A(0,−1,1) : 02+(−1)2+12−2×0−4×1+2=1+1−4+2=0. Les coordonnées de A vérifient l’équation de (S), donc A∈(S).
2.(1.25 pt) Déterminer les coordonnées du vecteur OA∧OB et montrer que x+y+z=0 est une équation cartésienne du plan (OAB).
Voir la solution
On a OA(0,−1,1) et OB(1,−1,0).
OA∧OB=−11−10i−0110j+0−11−1k=(0+1)i−(0−1)j+(0+1)k
Donc OA∧OB=i+j+k, de coordonnées (1,1,1).
Ce vecteur est non nul : les points O, A, B ne sont pas alignés et n(1,1,1) est normal au plan (OAB). Une équation de (OAB) est de la forme x+y+z+d=0 ; comme O(0,0,0)∈(OAB), on a d=0.
Donc (OAB):x+y+z=0.
3.(0.5 pt) Montrer que le plan (OAB) est tangent à la sphère (S) au point A.
Voir la solution
d(Ω,(OAB))=12+12+12∣1+0+2∣=33=3=R.
La distance du centre au plan est égale au rayon : le plan (OAB) est tangent à (S).
Le point de contact est l’unique point commun au plan et à la sphère. Or A∈(OAB) (car 0−1+1=0) et A∈(S) (question 1). Donc (OAB) est tangent à (S) au point A.
(Vérification : ΩA(−1,−1,−1)=−n est bien normal au plan.)
Exercice 2 — Nombres complexes (3 points)
1.(1 pt) Résoudre dans l’ensemble des nombres complexes C l’équation
z2−6z+34=0
Voir la solution
Le discriminant est Δ=(−6)2−4×1×34=36−136=−100=(10i)2<0.
L’équation admet donc deux solutions complexes conjuguées :
z1=26−10i=3−5ietz2=26+10i=3+5i.
Donc S={3−5i;3+5i}.
2. On considère, dans le plan complexe rapporté à un repère orthonormé direct (O,e1,e2), les points A, B et C d’affixes respectives :
a=3+5i,b=3−5ietc=7+3i.
Soit z l’affixe d’un point M du plan et z′ l’affixe du point M′ image de M par la translation T de vecteur u d’affixe 4−2i.
2.a.(0.75 pt) Montrer que z′=z+4−2i et vérifier que C est l’image du point A par la translation T.
Voir la solution
M′=T(M)⟺MM′=u⟺z′−z=4−2i⟺z′=z+4−2i.
Pour le point A : a+4−2i=3+5i+4−2i=7+3i=c. Donc T(A)=C.
2.b.(0.5 pt) Montrer que a−cb−c=2i
Voir la solution
b−c=3−5i−7−3i=−4−8i et a−c=3+5i−7−3i=−4+2i.
Or 2i(a−c)=2i(−4+2i)=−8i+4i2=−4−8i=b−c.
Donc a−cb−c=2i.
2.c.(0.75 pt) En déduire que le triangle ABC est rectangle et que BC=2AC.
Voir la solution
a−cb−c=2i=2(cos2π+isin2π), donc :
(CA,CB)≡arg(a−cb−c)≡2π[2π] : le triangle ABC est rectangle en C ;
a−cb−c=∣2i∣=2, donc CACB=2, c’est-à-dire BC=2AC.
Exercice 3 — Calcul des probabilités (3 points)
Une boîte contient six boules rouges et trois boules vertes (les boules sont indiscernables au toucher).
1. On tire simultanément et au hasard trois boules de l’boîte.
1.a.(1 pt) Calculer la probabilité de tirer deux boules rouges et une verte.
Voir la solution
L’boîte contient 9 boules. Un tirage simultané de 3 boules est une combinaison de 3 éléments parmi 9 :
cardΩ=C93=3×2×19×8×7=84.
Les tirages sont équiprobables. Soit E : « tirer deux boules rouges et une verte ».
cardE=C62×C31=15×3=45,p(E)=8445=2815.
1.b.(1 pt) Montrer que la probabilité de tirer une boule verte au moins est 2116
Voir la solution
Soit F : « tirer au moins une boule verte ». Son contraire est F : « tirer trois boules rouges ».
p(F)=C93C63=8420=215doncp(F)=1−215=2116.
2.(1 pt) On considère dans cette question l’épreuve suivante : on tire au hasard successivement et sans remise trois boules de l’boîte. Calculer la probabilité de tirer trois boules rouges.
Voir la solution
Un tirage successif sans remise de 3 boules est un arrangement de 3 éléments parmi 9 :
cardΩ′=A93=9×8×7=504.
Les tirages favorables sont les arrangements de 3 boules parmi les 6 rouges : A63=6×5×4=120.
p(« trois boules rouges »)=504120=215.(On retrouve le même résultat qu’au tirage simultané.)
Exercice 4 — Problème (11 points)
I. Soit g la fonction numérique définie sur ]0,+∞[ par : g(x)=x−2lnx
1.a.(0.5 pt) Calculer g′(x) pour tout x∈]0,+∞[.
Voir la solution
g est dérivable sur ]0,+∞[ (somme de fonctions dérivables) et pour tout x>0 :
g′(x)=1−x2=xx−2.
1.b.(0.5 pt) Montrer que g est décroissante sur ]0,2] et croissante sur [2,+∞[.
Voir la solution
Pour x>0, g′(x) a le signe de x−2 :
si 0<x≤2 : g′(x)≤0, donc g est décroissante sur ]0,2] ;
si x≥2 : g′(x)≥0, donc g est croissante sur [2,+∞[.
2.(0.5 pt) En déduire que g(x)>0 pour tout x de l’intervalle ]0,+∞[ (remarquer que g(2)>0).
Voir la solution
D’après 1.b., g admet un minimum absolu en 2 sur ]0,+∞[ :
g(2)=2−2ln2=2(1−ln2)>0car ln2<1(2<e).
Donc pour tout x>0 : g(x)≥g(2)>0.
II. On considère la fonction numérique f définie sur l’intervalle ]0,+∞[ par : f(x)=x−(lnx)2
Soit (C) la courbe représentative de f dans un repère orthonormé (O,i,j).
1.(0.75 pt) Calculer x→0x>0limf(x) et interpréter le résultat géométriquement.
Voir la solution
On a x→0+limlnx=−∞, donc x→0+lim(lnx)2=+∞ ; et x→0+limx=0. Donc
limx→0+f(x)=−∞.
Interprétation : la droite d’équation x=0 (l’axe des ordonnées) est une asymptote verticale à (C).
2.a.(0.5 pt) Montrer que x→+∞limx(lnx)2=0 (on pourra poser t=x, on rappelle que : t→+∞limtlnt=0)
Voir la solution
Posons t=x ; alors x=t2, lnx=2lnt et t→+∞ quand x→+∞.
x(lnx)2=t2(2lnt)2=4(tlnt)2.
Comme t→+∞limtlnt=0, on obtient x→+∞limx(lnx)2=4×02=0.
2.b.(0.75 pt) En déduire que x→+∞limf(x)=+∞ et que x→+∞limxf(x)=1 (remarquer que : f(x)=x(1−x(lnx)2))
Voir la solution
Pour x>0 : f(x)=x(1−x(lnx)2). D’après 2.a., x→+∞lim(1−x(lnx)2)=1, donc
limx→+∞f(x)=(+∞)×1=+∞.
De plus xf(x)=1−x(lnx)2, donc x→+∞limxf(x)=1−0=1.
2.c.(0.5 pt) Calculer x→+∞lim(f(x)−x) puis en déduire que la courbe (C) admet, au voisinage de +∞, une branche parabolique de direction la droite (Δ) d’équation y=x.
Voir la solution
f(x)−x=−(lnx)2 et x→+∞lim(lnx)2=+∞, donc x→+∞lim(f(x)−x)=−∞.
Ainsi x→+∞limf(x)=+∞, x→+∞limxf(x)=1 et x→+∞lim(f(x)−x)=−∞ (limite infinie) : la courbe (C) admet au voisinage de +∞ une branche parabolique de direction la droite (Δ):y=x.
2.d.(0.25 pt) Montrer que la courbe (C) est au-dessous de la droite (Δ).
Voir la solution
Pour tout x>0 : f(x)−x=−(lnx)2≤0, avec égalité si et seulement si lnx=0, c’est-à-dire x=1.
Donc (C) est au-dessous de (Δ) sur ]0,+∞[ ; les deux courbes ont un seul point commun, le point d’abscisse 1, c’est-à-dire (1,1).
3.a.(0.75 pt) Montrer que f′(x)=xg(x) pour tout x∈]0,+∞[ et montrer que f est strictement croissante sur ]0,+∞[
Voir la solution
f est dérivable sur ]0,+∞[ et, comme ((lnx)2)′=2lnx×x1 :
f′(x)=1−x2lnx=xx−2lnx=xg(x).
D’après I.2., g(x)>0 et x>0, donc f′(x)>0 pour tout x>0 : f est strictement croissante sur ]0,+∞[.
3.b.(0.25 pt) Dresser le tableau de variations de la fonction f.
Voir la solution
x
0
+∞
f′(x)
+
f(x)
−∞
↗
+∞
3.c.(0.5 pt) Montrer que y=x est une équation cartésienne de la tangente à la courbe (C) au point d’abscisse 1.
Voir la solution
La tangente au point d’abscisse 1 a pour équation y=f′(1)(x−1)+f(1).
f(1)=1−(ln1)2=1 et f′(1)=1g(1)=1−2ln1=1.
Donc y=1×(x−1)+1, soit y=x : la tangente en 1 est la droite (Δ).
4.(0.5 pt) Montrer que l’équation f(x)=0 admet une solution unique α dans ]0,+∞[ et que e1<α<21 (on admet que : (ln2)2<21).
Voir la solution
f est continue et strictement croissante sur ]0,+∞[ ; c’est donc une bijection de ]0,+∞[ sur ]0+limf,+∞limf[=R. Comme 0∈R, l’équation f(x)=0 admet une solution unique α dans ]0,+∞[.
Encadrement :
f(e1)=e1−(lne−1)2=e1−1<0 ;
f(21)=21−(ln2)2>0 car (ln2)2<21.
f est continue sur [e1,21] et f(e1)×f(21)<0 ; d’après le théorème des valeurs intermédiaires (et l’unicité de α) : e1<α<21.
(Valeur approchée : α≈0,495.)
5.(1 pt) Tracer la droite (Δ) et la courbe (C) dans le repère (O,i,j) (on admet que I(e,e−1) est un point d’inflexion de la courbe (C) et on prendra e≈2,7).
Voir la solution
Éléments utiles au tracé : asymptote verticale x=0 ; branche parabolique de direction (Δ) en +∞ ; (C) sous (Δ), tangente à (Δ) en (1,1) ; (C) coupe l’axe des abscisses en α≈0,49 ; point d’inflexion I(e,e−1)≈(2,7;1,7).
6.a.(0.5 pt) Montrer que : H:x⟼xlnx−x est une fonction primitive de la fonction ln:x⟼lnx sur l’intervalle ]0,+∞[ puis montrer que ∫1elnxdx=1.
Voir la solution
H est dérivable sur ]0,+∞[ et pour x>0 :
H′(x)=1×lnx+x×x1−1=lnx.
Donc H est une primitive de ln sur ]0,+∞[, et
∫1elnxdx=[xlnx−x]1e=(elne−e)−(1×ln1−1)=0−(−1)=1.
6.b.(0.75 pt) En utilisant une intégration par parties, montrer que ∫1e(lnx)2dx=e−2.
Voir la solution
On pose u(x)=(lnx)2 et v′(x)=1 ; alors u′(x)=x2lnx et v(x)=x. Les fonctions u et v sont dérivables à dérivées continues sur [1,e].
∫1e(lnx)2dx=[x(lnx)2]1e−∫1ex⋅x2lnxdx=(e×1−0)−2∫1elnxdx=e−2×1.
Donc ∫1e(lnx)2dx=e−2.
6.c.(0.5 pt) Calculer l’aire du domaine plan délimité par la courbe (C), la droite (Δ) et les deux droites d’équations x=1 et x=e.
Voir la solution
Sur [1,e], (C) est au-dessous de (Δ) (II.2.d), donc ∣f(x)−x∣=x−f(x)=(lnx)2. L’aire cherchée vaut, en unités d’aire :
A=∫1e(x−f(x))dx=∫1e(lnx)2dx=e−2u.a.(Le repère n’ayant pas d’unité précisée, l’aire est exprimée en unités d’aire ; e−2≈0,72.)
III. On considère la suite numérique (un) définie pour tout n∈N par : u0=2 et un+1=f(un)
1.(0.75 pt) Montrer que 1≤un≤2 pour tout n de N (vous pouvez utiliser le résultat de la question II.3.a.).
Voir la solution
Raisonnons par récurrence.
Initialisation.u0=2, donc 1≤u0≤2.
Hérédité. Supposons 1≤un≤2 pour un certain n∈N. La fonction f est strictement croissante sur ]0,+∞[ (II.3.a), donc
f(1)≤f(un)≤f(2),c’est-aˋ-dire1≤un+1≤2−(ln2)2.
Comme (ln2)2>0, on a 2−(ln2)2<2, donc 1≤un+1≤2.
Conclusion. Pour tout n∈N : 1≤un≤2.
2.(0.5 pt) Montrer que la suite (un) est décroissante.
Voir la solution
Pour tout n∈N :
un+1−un=f(un)−un=−(lnun)2≤0.
Donc un+1≤un pour tout n : la suite (un) est décroissante.
(On peut aussi utiliser II.2.d : (C) est au-dessous de (Δ), donc f(x)≤x.)
3.(0.75 pt) En déduire que (un) est convergente puis déterminer sa limite.
Voir la solution
La suite (un) est décroissante et minorée par 1 : elle est donc convergente. Notons ℓ sa limite.
La fonction f est continue sur I=[1,2] ;
f(I)=[f(1),f(2)]=[1,2−(ln2)2]⊂I ;
u0∈I et (un) converge.
Donc ℓ est solution de l’équation f(x)=x dans I :
f(ℓ)=ℓ⟺−(lnℓ)2=0⟺lnℓ=0⟺ℓ=1.
Comme 1∈I, on conclut : n→+∞limun=1.