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Examen national du baccalauréat — Session normale 2009
Mathématiques — Filière : Sciences Expérimentales (toutes options) et Sciences et Technologies
Code NS 22 — Durée : 3 h — Coefficient : 7
L’utilisation de la calculatrice non programmable est autorisée.
Domaine
Barème
Exercice 1
Géométrie dans l’espace
3 points
Exercice 2
Nombres complexes
3 points
Exercice 3
Calcul des probabilités
3 points
Exercice 4
Calcul intégral
2 points
Problème
Étude de fonction et suite numérique
9 points
Exercice 1 — Géométrie dans l’espace (3 points)
On considère, dans l’espace rapporté à un repère orthonormé direct (O,i,j,k), les points A(−2,2,8), B(6,6,0), C(2,−1,0) et D(0,1,−1) et (S) l’ensemble des points M de l’espace qui vérifient MA⋅MB=0.
1.(0.75 pt) Déterminer le triplet des coordonnées du vecteur OC∧OD et en déduire que x+2y+2z=0 est une équation cartésienne du plan (OCD).
Voir la solution
OC(2,−1,0) et OD(0,1,−1) :
OC∧OD=−101−1i−200−1j+2−101k=(1−0)i−(−2−0)j+(2−0)k=i+2j+2k.
Ce vecteur n(1,2,2) est non nul, donc normal au plan (OCD), dont une équation est x+2y+2z+d=0. Comme O∈(OCD), d=0.
Donc (OCD):x+2y+2z=0.
2.(0.5 pt) Vérifier que (S) est la sphère de centre Ω(2,4,4) et de rayon 6.
Voir la solution
On sait que MA⋅MB=0 caractérise la sphère de diamètre [AB]. Son centre est le milieu de [AB] :
Ω(2−2+6,22+6,28+0)=Ω(2,4,4),
et son rayon est 2AB avec AB(8,4,−8), AB=64+16+64=12. Donc R=6.
3.a.(0.5 pt) Calculer la distance du point Ω au plan (OCD).
Voir la solution
d(Ω,(OCD))=12+22+22∣2+2×4+2×4∣=318=6.
3.b.(0.5 pt) En déduire que le plan (OCD) est tangent à la sphère (S).
Voir la solution
d(Ω,(OCD))=6=R : la distance du centre au plan est égale au rayon, donc le plan (OCD) est tangent à la sphère (S).
3.c.(0.75 pt) Vérifier que : OA⋅OB=0 puis en déduire que le point O est le point de contact de la sphère (S) et du plan (OCD).
Voir la solution
OA⋅OB=(−2)×6+2×6+8×0=−12+12+0=0.
Donc le point O vérifie la relation définissant (S) : O∈(S). De plus O∈(OCD).
Le plan (OCD) étant tangent à (S), il n’a qu’un seul point commun avec (S) : c’est donc O, point de contact.
Exercice 2 — Nombres complexes (3 points)
On considère dans le plan complexe rapporté à un repère orthonormé direct (O,u,v), les points A, B et C d’affixes respectives : a=2−2i, b=−23+21i et c=1−3+(1+3)i.
1.(1 pt) Écrire sous forme trigonométrique chacun des deux nombres complexes a et b.
Voir la solution
∣a∣=4+4=22 et a=22(22−22i)=22(cos(−4π)+isin(−4π)).
∣b∣=43+41=1 et b=cos65π+isin65π (car cos65π=−23, sin65π=21).
2. On considère la rotation R de centre le point O et d’angle 65π.
2.a.(0.75 pt) Soit z l’affixe d’un point M du plan complexe et z′ l’affixe du point M′ image de M par la rotation R. Montrer que : z′=bz.
Voir la solution
L’écriture complexe de la rotation de centre O et d’angle 65π est z′=ei65πz. Or d’après 1, ei65π=b. Donc z′=bz.
2.b.(0.5 pt) Vérifier que le point C est l’image du point A par la rotation R.
Voir la solution
ba=(−23+21i)(2−2i)=−3+3i+i−i2=(1−3)+(1+3)i=c.
Donc R(A)=C.
3.(0.75 pt) Montrer que : argc≡arga+argb[2π] puis en déduire un argument du nombre complexe c.
Voir la solution
c=ab, donc argc≡arga+argb[2π].
Ainsi argc≡−4π+65π=12−3π+10π=127π[2π].
Exercice 3 — Calcul des probabilités (3 points)
Une urne contient 3 boules blanches, 4 boules noires et 5 boules rouges (les boules sont indiscernables au toucher). On tire simultanément et au hasard trois boules de l’urne.
1.(1.5 pt) On considère les deux événements suivants :
A : « Tirer trois boules de même couleur » ;
B : « Tirer trois boules de couleurs différentes deux à deux ».
Montrer que : P(A)=443 et P(B)=113.
Voir la solution
Un tirage est une combinaison de 3 boules parmi 12 : cardΩ=C123=220.
A : trois blanches, ou trois noires, ou trois rouges : cardA=C33+C43+C53=1+4+10=15, donc
P(A)=22015=443.B : une boule de chaque couleur : cardB=C31×C41×C51=60, donc
P(B)=22060=113.
2. Soit X la variable aléatoire qui à chaque tirage de trois boules associe le nombre de couleurs que portent ces boules.
2.a.(0.25 pt) Déterminer les valeurs prises par la variable aléatoire X.
Voir la solution
Trois boules portent une, deux ou trois couleurs : X(Ω)={1,2,3}.
2.b.(1.25 pt) Déterminer la loi de probabilité de la variable aléatoire X et calculer l’espérance mathématique E(X).
Voir la solution
(X=1)=A et (X=3)=B, donc P(X=1)=443 et P(X=3)=113=4412.
P(X=2)=1−443−4412=4429.
xi
1
2
3
P(X=xi)
443
4429
4412
E(X)=1×443+2×4429+3×4412=443+58+36=4497.
Exercice 4 — Calcul intégral (2 points)
On pose : J=∫−2−1ln(2x+6)dx et I=∫−2−1x+3xdx.
1.a.(0.25 pt) Vérifier que : x+3x=1−x+33 pour tout réel x différent de −3.
Voir la solution
Pour x=−3 : 1−x+33=x+3x+3−3=x+3x.
1.b.(0.75 pt) Montrer que : I=1−3ln2.
Voir la solution
Sur [−2,−1], x+3>0, donc
I=∫−2−1(1−x+33)dx=[x−3ln(x+3)]−2−1=(−1−3ln2)−(−2−3ln1)=1−3ln2.
2.(1 pt) En utilisant une intégration par parties, montrer que : J=−I.
Voir la solution
On pose u(x)=ln(2x+6), v′(x)=1 ; alors u′(x)=2x+62=x+31 et v(x)=x (u, v de classe C1 sur [−2,−1]).
J=[xln(2x+6)]−2−1−∫−2−1x+3xdx=(−ln4)−(−2ln2)−I=−2ln2+2ln2−I=−I.
Donc J=−I=3ln2−1.
Exercice 5 — Problème (9 points)
On considère la fonction numérique f de la variable réelle x définie par :
f(x)=2ln(ex−2ex+2)(C) désigne la courbe représentative de la fonction f dans un repère orthonormé (O,i,j).
I.1.(0.75 pt) Vérifier que : ex−2ex+2=(ex−1)2+1 pour tout x de R puis en déduire que l’ensemble de définition de la fonction f est R et que : (∀x∈R)1−ex2+ex2>0.
Voir la solution
Comme (ex)2=ex : (ex−1)2+1=ex−2ex+1+1=ex−2ex+2.
Ainsi ex−2ex+2⩾1>0 pour tout x∈R : f(x) est défini pour tout réel, Df=R.
Enfin, en divisant par ex>0 : 1−ex2+ex2=exex−2ex+2>0.
I.2.(0.75 pt) Calculer x→+∞limf(x) puis montrer que : x→−∞limf(x)=ln4 et interpréter le résultat géométriquement.
Voir la solution
En +∞ : ex→+∞, donc (ex−1)2+1→+∞ et x→+∞limf(x)=+∞.
En −∞ : ex→0 et ex→0, donc ex−2ex+2→2 et x→−∞limf(x)=2ln2=ln4.
Interprétation : la droite d’équation y=ln4 est une asymptote horizontale à (C) au voisinage de −∞.
I.3.a.(1 pt) Montrer que : f′(x)=(ex−1)2+12ex(ex−1) pour tout x de R et vérifier que f′(0)=0.
Voir la solution
On a ex=ex/2, de dérivée 21ex/2=2ex. Avec h(x)=ex−2ex+2>0 : h′(x)=ex−ex=ex(ex−1).
f′(x)=2h(x)h′(x)=(ex−1)2+12ex(ex−1).
Pour x=0 : e0−1=0, donc f′(0)=0.
I.3.b.(1 pt) Étudier le signe de ex−1 sur R et en déduire que la fonction f est croissante sur l’intervalle [0,+∞[ et décroissante sur l’intervalle ]−∞,0].
Voir la solution
ex−1⩾0⟺ex/2⩾1⟺x⩾0. Donc ex−1⩽0 sur ]−∞,0] et ⩾0 sur [0,+∞[.
Le dénominateur et 2ex sont strictement positifs, donc f′(x) a le signe de ex−1 : f est croissante sur [0,+∞[ et décroissante sur ]−∞,0].
x
−∞
0
+∞
f′(x)
−
0
+
f(x)
ln4
↘
0
↗
+∞
(f(0)=2ln(1−2+2)=0.)
I.4.a.(0.25 pt) Vérifier que : (∀x∈R)f(x)=2x+2ln(1−ex2+ex2).
Voir la solution
ex−2ex+2=ex(1−ex2+ex2) avec les deux facteurs strictement positifs (I.1), donc
f(x)=2lnex+2ln(1−ex2+ex2)=2x+2ln(1−ex2+ex2).
I.4.b.(0.5 pt) Montrer que la droite (D) d’équation y=2x est une asymptote à la courbe (C) au voisinage de +∞.
Voir la solution
Quand x→+∞ : ex2→0 et ex2→0, donc
limx→+∞(f(x)−2x)=limx→+∞2ln(1−ex2+ex2)=2ln1=0.
La droite (D):y=2x est asymptote oblique à (C) au voisinage de +∞.
I.5.a.(0.25 pt) Vérifier que : ex−3ex+2=(ex−1)(ex−2) pour tout x de R.
Voir la solution
(ex−1)(ex−2)=ex−2ex−ex+2=ex−3ex+2.
I.5.b.(0.5 pt) Étudier le signe de ex−2 et de (ex−1)(ex−2) sur R.
Voir la solution
ex−2⩾0⟺ex/2⩾2⟺2x⩾ln2⟺x⩾ln4.
x
−∞
0
ln4
+∞
ex−1
−
0
+
+
ex−2
−
−
0
+
produit
+
0
−
0
+
Le produit est négatif sur [0,ln4] et positif sur ]−∞,0]∪[ln4,+∞[.
I.5.c.(0.25 pt) En déduire que : ex−2ex+2⩽ex pour tout x∈[0,ln4].
Voir la solution
ex−2ex+2−ex=ex−3ex+2=(ex−1)(ex−2)⩽0 sur [0,ln4] (I.5.b).
Donc ex−2ex+2⩽ex pour tout x∈[0,ln4].
I.5.d.(0.5 pt) Montrer que : f(x)⩽x pour tout x∈[0,ln4].
Voir la solution
Les deux membres de I.5.c sont strictement positifs et ln est croissante, donc
ln(ex−2ex+2)⩽lnex=2x,
d’où f(x)⩽x pour tout x∈[0,ln4] (avec égalité seulement pour x=0 et x=ln4, où le produit s’annule).
I.6.(0.75 pt) Tracer la courbe (C) (on admettra que la courbe (C) possède deux points d’inflexion dont l’abscisse de l’un est inférieure à −1 et l’abscisse de l’autre est supérieure à 2, la détermination de ces deux points n’est pas demandée et on prendra ln4≈1,4).
Voir la solution
Éléments du tracé : asymptote horizontale y=ln4≈1,4 en −∞ ; minimum f(0)=0 (tangente horizontale en O) ; asymptote (D):y=2x en +∞ ; f(ln4)=2ln(4−4+2)=ln4, donc le point (ln4,ln4) est sur (C) et sur la droite y=x.
II. Soit (un) la suite numérique définie par : u0=1 et un+1=f(un) pour tout n de N. On pourra, ci-après, utiliser les résultats de l’étude de la fonction f.
II.1.(0.75 pt) Montrer que : 0⩽un⩽ln4, pour tout n de N.
Voir la solution
Par récurrence. Pour n=0 : 0⩽1⩽ln4 (car ln4≈1,39).
Supposons 0⩽un⩽ln4. f est croissante sur [0,ln4], donc f(0)⩽f(un)⩽f(ln4), c’est-à-dire 0⩽un+1⩽ln4 (car f(0)=0 et f(ln4)=ln4).
D’après le principe du raisonnement par récurrence, pour tout n∈N : 0⩽un⩽ln4.
II.2.(0.75 pt) Montrer que la suite (un) est décroissante.
Voir la solution
Pour tout n, un∈[0,ln4] ; d’après I.5.d, f(un)⩽un, soit un+1⩽un. La suite (un) est décroissante.
II.3.(1 pt) En déduire que la suite (un) est convergente et calculer sa limite.
Voir la solution
(un) est décroissante et minorée par 0 : elle converge vers un réel ℓ.
f est continue sur I=[0,ln4], f(I)=[0,ln4]⊂I, u0∈I : la limite ℓ∈I vérifie f(ℓ)=ℓ.
Sur [0,ln4] : f(x)=x⟺ex−2ex+2=ex⟺(ex−1)(ex−2)=0⟺x=0 ou x=ln4.
Comme (un) est décroissante, ℓ⩽u0=1<ln4. Donc ℓ=0 : n→+∞limun=0.