Versions interactives à solutions cachées — leurs boutons « Voir la solution » ne fonctionnent que dans Adobe Acrobat Reader (calques PDF non pris en charge par les navigateurs et le lecteur ci-dessus). Le lecteur affiche donc les versions classiques.
📥 Cours — version à solutions cachées (Acrobat)Télécharger
📥 Série — version à solutions cachées (Acrobat)Télécharger
Cours
Plan du chapitre. I. Dérivabilité en un point (rappels) — II. Dérivabilité et continuité — III. Dérivabilité sur un intervalle, fonction dérivée — IV. Applications de la dérivée — V. Dérivée d’une fonction composée — VI. Dérivée de la fonction réciproque — Résumé.
I. Dérivabilité en un point (rappels)
1. Nombre dérivé et tangente
Définition 1 — dérivabilité en un point
On considère une fonction f définie sur un intervalle ouvert I et un réel a∈I. On dit que f est dérivable en a lorsque le taux d’accroissement x−af(x)−f(a) admet une limite finieℓ quand x tend vers a. Ce réel est le nombre dérivé de f en a, noté f′(a) :
f′(a)=limx→ax−af(x)−f(a)=limh→0hf(a+h)−f(a).
Propriété 1 — interprétation géométrique
Si f est dérivable en a, la courbe (Cf) admet au point A(a;f(a)) une tangente de coefficient directeur f′(a), d’équation
(T):y=f′(a)(x−a)+f(a).
Exemple 1
On considère la fonction f définie sur R par f(x)=x3. Montrer que f est dérivable en 2, calculer f′(2) et déterminer une équation de la tangente à (Cf) au point d’abscisse 2.
Voir la solution
On considère la fonction f définie sur R par f(x)=x3, et a=2. Pour x=2 :
x−2f(x)−f(2)=x−2x3−8=x2+2x+4x→212.
Donc f est dérivable en 2, f′(2)=12, et la tangente à (Cf) au point d’abscisse 2 a pour équation y=12(x−2)+8, soit y=12x−16.
2. Dérivabilité à droite, à gauche
Définition 2 — dérivabilité à droite, à gauche
f est dérivable à droite en a si x→a+limx−af(x)−f(a)=ℓd (réel) ; on note fd′(a)=ℓd.
f est dérivable à gauche en a si x→a−limx−af(x)−f(a)=ℓg (réel) ; on note fg′(a)=ℓg.
Propriété 2
f est dérivable en a si, et seulement si, elle est dérivable à droite et à gauche en a avec fd′(a)=fg′(a) ; on a alors f′(a)=fd′(a)=fg′(a).
3. Les différentes situations graphiques
Limite du taux d’accroissement
Conclusion
Interprétation graphique
x→alimx−af(x)−f(a)=ℓ (réel)
f dérivable en a, f′(a)=ℓ
tangente y=ℓ(x−a)+f(a)
x→a+limx−af(x)−f(a)=ℓd (réel)
f dérivable à droite, fd′(a)=ℓd
demi-tangente y=ℓd(x−a)+f(a), x≥a
x→a−limx−af(x)−f(a)=ℓg (réel)
f dérivable à gauche, fg′(a)=ℓg
demi-tangente y=ℓg(x−a)+f(a), x≤a
ℓd=ℓg (réels)
f non dérivable en a
point anguleux : deux demi-tangentes
limite ±∞ (à droite ou à gauche)
f non dérivable (à droite ou à gauche)
demi-tangente verticale au point A(a;f(a))
Application 1
Étudier la dérivabilité de la fonction f en a, puis interpréter graphiquement le résultat.
f(x)=∣x2−1∣ et a=1.
f(x)=x−2 (définie sur [2;+∞[) et a=2.
Voir la solution
Pour x>1 : f(x)=x2−1 et x−1f(x)−f(1)=x+1→2. Pour −1<x<1 : f(x)=1−x2 et x−1f(x)−f(1)=−(x+1)→−2. Donc fd′(1)=2=fg′(1)=−2 : f n’est pas dérivable en 1 ; le point A(1;0) est un point anguleux de (Cf), avec deux demi-tangentes de coefficients directeurs 2 et −2.
Pour x>2 : x−2x−2−0=x−21x→2++∞. f n’est pas dérivable à droite en 2 : (Cf) admet au point A(2;0) une demi-tangente verticale (dirigée vers le haut).
4. Approximation affine
Propriété 3 — approximation affine
Si f est dérivable en a, alors pour h voisin de 0 :
f(a+h)≈f(a)+hf′(a).
La fonction x↦f(a)+f′(a)(x−a) est l’approximation affine de f au voisinage de a ; graphiquement, la tangente « colle » à la courbe près du point de contact.
Exemple 2
On considère la fonction f définie sur [0;+∞[ par f(x)=x, et a=4. Calculer f′(4) et en déduire une valeur approchée de 4,02.
Voir la solution
Avec f(x)=x et a=4 : f′(4)=241=41, donc 4,02≈2+0,02×41=2,005 (la calculatrice donne 2,00499…).
II. Dérivabilité et continuité
Propriété 4
Si f est dérivable en a, alors f est continue en a.
Remarque 1
Démonstration. Pour x=a : f(x)=f(a)+(x−a)×x−af(x)−f(a), qui tend vers f(a)+0×f′(a)=f(a).
La réciproque est fausse : x↦∣x∣ est continue en 0 mais non dérivable en 0 (fd′(0)=1, fg′(0)=−1).
Par contraposée : une fonction discontinue en a n’est pas dérivable en a.
III. Dérivabilité sur un intervalle, fonction dérivée
1. Définitions
Définition 3
f est dérivable sur un intervalle ouvert I si elle est dérivable en tout point de I.
f est dérivable sur [a;b] si elle est dérivable sur ]a;b[, dérivable à droite en a et à gauche en b.
Si f est dérivable sur I, la fonction f′:x↦f′(x) est la fonction dérivée de f sur I.
2. Dérivées des fonctions usuelles
Fonction f
Fonction dérivée f′
Intervalle de dérivabilité
x↦k (k réel)
x↦0
R
x↦ax+b
x↦a
R
x↦xn (n∈N∗)
x↦nxn−1
R
x↦x1
x↦−x21
]−∞;0[ ou ]0;+∞[
x↦xn1 (n∈N∗)
x↦−xn+1n
]−∞;0[ ou ]0;+∞[
x↦x
x↦2x1
]0;+∞[
x↦sinx
x↦cosx
R
x↦cosx
x↦−sinx
R
x↦tanx
x↦1+tan2x=cos2x1
]−2π+kπ;2π+kπ[
x↦sin(ax+b)
x↦acos(ax+b)
R
x↦cos(ax+b)
x↦−asin(ax+b)
R
3. Opérations sur les fonctions dérivables
Propriété 5 — opérations
On considère deux fonctions u et v dérivables sur un intervalle I et un réel k.
Fonction
Dérivée
Condition
u+v
u′+v′
ku
ku′
uv
u′v+uv′
un (n∈N∗)
nu′un−1
v1
−v2v′
v ne s’annule pas sur I
vu
v2u′v−uv′
v ne s’annule pas sur I
u
2uu′
u>0 sur I
Exemple 3
Calculer f′(x) pour la fonction f définie sur R par f(x)=(2x2−1)3, et g′(x) pour la fonction g définie sur ]−1;+∞[ par g(x)=x+1x2.
Voir la solution
On considère la fonction f définie sur R par f(x)=(2x2−1)3 : f′(x)=3×4x×(2x2−1)2=12x(2x2−1)2.
On considère la fonction g définie sur ]−1;+∞[ par g(x)=x+1x2 : g′(x)=(x+1)22x(x+1)−x2=(x+1)2x(x+2).
Remarque 2 — conséquences
Les fonctions polynômes sont dérivables sur R ; les fonctions rationnelles sont dérivables sur chaque intervalle inclus dans leur ensemble de définition.
4. Dérivées successives
Définition 4
Si f′ est elle-même dérivable sur I, sa dérivée est la dérivée seconde de f, notée f′′. On définit de même f′′′=f(3) et, pour n≥1, la dérivée n-ième f(n). En physique, on note aussi f′(x)=dxdf(x) et f′′(x)=dx2d2f(x).
Exemple 4
On considère la fonction f définie sur R par f(x)=sin(2x). Calculer f′(x) et f′′(x), puis montrer que f′′(x)+4f(x)=0 pour tout réel x.
Voir la solution
On considère la fonction f définie sur R par f(x)=sin(2x) : f′(x)=2cos(2x), f′′(x)=−4sin(2x), donc f′′(x)+4f(x)=0 pour tout réel x.
IV. Applications de la dérivée
1. Sens de variation
Propriété 6 — signe de la dérivée et monotonie
On considère une fonction f dérivable sur un intervalle I.
Si f′=0 sur I, alors f est constante sur I.
Si f′≥0 sur I (resp. f′≤0), alors f est croissante (resp. décroissante) sur I.
Si f′>0 sur I sauf éventuellement en un nombre fini de points où elle s’annule, alors f est strictement croissante sur I (de même pour la stricte décroissance avec f′<0).
2. Extremums
Propriété 7 — extremum
On considère une fonction f dérivable sur un intervalle ouvert I et a∈I.
Si f admet un extremum local en a, alors f′(a)=0.
Si f′ s’annule en aen changeant de signe, alors f(a) est un extremum local de f.
Remarque 3
La condition f′(a)=0 ne suffit pas : pour f(x)=x3, f′(0)=0 mais f′(x)=3x2≥0 ne change pas de signe, et f est strictement croissante : f(0) n’est pas un extremum. Graphiquement, la tangente en O est horizontale et la courbe la traverse.
3. Inégalités
Méthode — démontrer une inégalité
Pour démontrer que u(x)≤v(x) sur I, on étudie les variations de la fonction h=v−u et on montre que son minimum sur I est positif.
Application 2
On considère la fonction f définie sur R par f(x)=x2−2x+5. Dresser le tableau de variations de f, puis en déduire que f(x)≥4 pour tout réel x.
On considère la fonction g définie sur ]0;+∞[ par g(x)=x+x1. Montrer que g(x)≥2 pour tout x>0.
Voir la solution
f′(x)=2x−2=2(x−1) : f est strictement décroissante sur ]−∞;1] et strictement croissante sur [1;+∞[. Son minimum sur R est f(1)=4, donc f(x)≥4 pour tout réel x.
g′(x)=1−x21=x2(x−1)(x+1), du signe de x−1 sur ]0;+∞[ : g est strictement décroissante sur ]0;1] et strictement croissante sur [1;+∞[. Son minimum est g(1)=2 : (∀x>0)x+x1≥2.
4. Résolution graphique d’équations et d’inéquations
Propriété 8
On considère deux fonctions f et g définies sur un intervalle I, de courbes (Cf) et (Cg).
Les solutions de l’équation f(x)=g(x) sont les abscisses des points d’intersection de (Cf) et (Cg).
Les solutions de l’inéquation f(x)≤g(x) sont les abscisses des points de (Cf) situés au-dessous de (Cg).
V. Dérivée d’une fonction composée
Propriété 9 — dérivée d’une composée
On considère une fonction u définie sur un intervalle ouvert I et une fonction v définie sur un intervalle ouvert J tel que u(I)⊂J.
Si u est dérivable en a∈I et v dérivable en u(a), alors v∘u est dérivable en a et (v∘u)′(a)=v′(u(a))×u′(a).
Si u est dérivable sur I et v dérivable sur J, alors v∘u est dérivable sur I et
(v∘u)′=(v′∘u)×u′.
Exemple 5
Calculer f′(x) pour la fonction f définie sur R par f(x)=sin(2x−5π), et g′(x) pour la fonction g définie sur ]1;+∞[ par g(x)=x−1x+1.
Voir la solution
On considère la fonction f définie sur R par f(x)=sin(2x−5π) : avec u(x)=2x−5π et v=sin, f′(x)=2cos(2x−5π).
On considère la fonction g définie sur ]1;+∞[ par g(x)=x−1x+1 : avec u(x)=x−1x+1>0 et u′(x)=(x−1)2−2,
g′(x)=2u(x)u′(x)=(x−1)2−1x+1x−1.
Application 3
On considère la fonction f définie sur R par f(x)=cos3(2x). Calculer f′(x).
Voir la solution
f=u3 avec u(x)=cos(2x) et u′(x)=−2sin(2x), donc f′(x)=3u′(x)u(x)2=−6sin(2x)cos2(2x).
VI. Dérivée de la fonction réciproque
1. Dérivabilité en un point
Propriété 10 — dérivée de la réciproque en un point
On considère une fonction f continue et strictement monotone sur un intervalle I, et a∈I. Si f est dérivable en a et si f′(a)=0, alors f−1 est dérivable en b=f(a) et
(f−1)′(b)=f′(a)1=f′(f−1(b))1.
Remarque 4
Si f′(a)=0, la courbe (Cf) a une tangente horizontale en A(a;b) ; par symétrie, (Cf−1) a une tangente verticale au point B(b;a) et f−1 n’est pas dérivable en b.
La tangente à (Cf−1) au point B(b;a) a pour équation y=(f−1)′(b)(x−b)+a.
Application 4
On considère la fonction f définie sur [0;+∞[ par f(x)=x3+x+1.
Montrer que f admet une fonction réciproque définie sur un intervalle J à déterminer.
Calculer f(1), puis montrer que f−1 est dérivable en 3 et calculer (f−1)′(3).
Donner une équation de la tangente à (Cf−1) au point d’abscisse 3.
Voir la solution
f est continue et f′(x)=3x2+1>0 : f est strictement croissante sur [0;+∞[, donc admet une réciproque sur J=[f(0);+∞[=[1;+∞[.
f(1)=3, f est dérivable en 1 et f′(1)=4=0 : f−1 est dérivable en 3 et (f−1)′(3)=f′(1)1=41.
y=41(x−3)+f−1(3)=41(x−3)+1, soit y=41x+41.
2. Dérivabilité sur un intervalle
Propriété 11
On considère une fonction f dérivable et strictement monotone sur un intervalle I. Si f′ ne s’annule pas sur I, alors f−1 est dérivable sur J=f(I) et
(∀x∈J)(f−1)′(x)=f′(f−1(x))1.
3. Dérivée de la racine n-ième et des puissances rationnelles
Propriété 12
On considère un entier n≥2 et un rationnel r non nul.
La fonction x↦nx est dérivable sur ]0;+∞[ et (nx)′=nnxn−11.
Si u est dérivable et strictement positive sur I, alors (nu)′=nnun−1u′.
La fonction x↦xr est dérivable sur ]0;+∞[ et (xr)′=rxr−1 ; plus généralement (ur)′=ru′ur−1 si u>0.
Remarque 5
Justification.x↦xn est dérivable sur ]0;+∞[ de dérivée nxn−1>0. Sa réciproque est donc dérivable sur ]0;+∞[ et (nx)′=n(nx)n−11. La racine n-ième n’est pas dérivable en 0 : sa courbe admet en O une demi-tangente verticale.
Application 5
Calculer la dérivée de chacune des fonctions suivantes sur l’intervalle indiqué.
Signe de f′⇒ variations ; f′ s’annule en changeant de signe ⇒ extremum.
(f−1)′(b)=f′(a)1 avec b=f(a), f′(a)=0 ; (nu)′=nnun−1u′ ; (xr)′=rxr−1.
Série d’exercices
Exercice 1 — Continuité, dérivabilité et réciproque Facile★★☆☆☆
On considère la fonction f définie sur R par
f(x)=1−x−x3 si x<1etf(x)=x2−1−1 si x≥1.
Étudier la continuité de f en 1.
Étudier la dérivabilité de f à droite et à gauche en 1, puis interpréter graphiquement les résultats.
Calculer f′(x) pour tout x∈]−∞;1[.
Dresser le tableau de variations de f sur R.
Montrer que l’équation f(x)=0 admet une unique solution α dans ]−∞;1[, et que 0<α<1.
On considère la restriction g de f à l’intervalle ]−∞;1[. Montrer que g admet une fonction réciproque définie sur un intervalle J à préciser.
Voir la solution
1.f(1)=1−1−1=−1 et x→1−limf(x)=1−1−1=−1 ; à droite, x↦x2−1−1 est continue sur [1;+∞[. Donc x→1−limf(x)=x→1+limf(x)=f(1) : f est continue en 1.
2.À gauche (x<1) : x−1f(x)−f(1)=x−12−x−x3=x−1−(x−1)(x2+x+2)=−(x2+x+2)x→1−−4. Donc f est dérivable à gauche en 1 et fg′(1)=−4 : (Cf) admet au point A(1;−1) une demi-tangente à gauche d’équation y=−4(x−1)−1=−4x+3 (x≤1).
À droite (x>1) : x−1f(x)−f(1)=x−1x2−1=(x−1)2(x−1)(x+1)=x−1x+1x→1++∞. f n’est pas dérivable à droite en 1 : (Cf) admet en A une demi-tangente verticale dirigée vers le haut.
3. Pour x<1 : f′(x)=−1−3x2.
4. Sur ]−∞;1[, f′(x)=−1−3x2<0. Sur ]1;+∞[, f′(x)=2x2−12x=x2−1x>0. Limites : x→−∞limf(x)=x→−∞lim(−x3)=+∞ et x→+∞limf(x)=+∞.
5.f est continue et strictement décroissante sur ]−∞;1], donc sur [0;1], avec f(0)=1>0 et f(1)=−1<0 : l’équation f(x)=0 a une unique solution α dans ]0;1[. Sur ]−∞;0], f(x)≥f(0)=1>0 : pas d’autre solution. Donc l’équation admet une unique solution α dans ]−∞;1[, et 0<α<1.
6.g est continue et strictement décroissante sur ]−∞;1[ : elle admet une fonction réciproque définie sur J=g(]−∞;1[)=]x→1−limg(x);x→−∞limg(x)[=]−1;+∞[.
Exercice 2 — Fonction avec racine carrée Facile★★☆☆☆
On considère la fonction f définie sur [0;+∞[ par f(x)=x−6x+5.
Calculer x→+∞limf(x).
Montrer que l’équation f(x)=x2 admet une unique solution α dans ]0;1[.
On considère la restriction g de f à l’intervalle I=]9;+∞[.
a. Montrer que g admet une fonction réciproque g−1 et préciser son ensemble de définition J.
b. Déterminer g−1(x) pour tout x∈J.
Voir la solution
1. Pour x>0 : f(x)=x(x−6)+5, et x→+∞, x−6→+∞ : x→+∞limf(x)=+∞.
2. On considère la fonction φ définie sur [0;1] par φ(x)=x2−f(x)=x2−x+6x−5. Elle est continue, φ(0)=−5<0 et φ(1)=1>0. Pour x∈]0;1[ : φ′(x)=2x−1+x3 ; or x3>3 et 2x−1>−1, donc φ′(x)>2>0 : φ est strictement croissante sur [0;1]. L’équation φ(x)=0, équivalente à f(x)=x2, admet une unique solution α dans ]0;1[.
3. a. Pour x>0 : f′(x)=1−x3=xx−3, strictement positif pour x>9. g est continue et strictement croissante sur I, donc admet une réciproque définie sur J=g(I)=]x→9+limg(x);x→+∞limg(x)[. Comme f(9)=9−18+5=−4 : J=]−4;+∞[.
3. b. On remarque que f(y)=(y−3)2−4. Pour x∈J et y∈I : g(y)=x⟺(y−3)2=x+4⟺y−3=x+4 (car y−3>0 et x+4>0). Donc g−1(x)=(3+x+4)2.
Exercice 3 — Étude et réciproque Moyen★★★☆☆
On considère la fonction f définie par f(x)=4x−1−x.
Déterminer l’ensemble de définition Df de f.
Calculer x→+∞limf(x).
Étudier la continuité de f sur Df.
Étudier la dérivabilité de f à droite en 1, puis interpréter géométriquement le résultat.
Montrer que, pour tout x∈]1;+∞[, f′(x)=x−1(x−1+2)5−x, puis en déduire les variations de f.
On considère la restriction g de f à l’intervalle I=[5;+∞[.
a. Montrer que g admet une fonction réciproque g−1 définie sur un intervalle J à déterminer.
b. Déterminer le sens de variation de g−1 sur J.
c. Résoudre dans J l’équation g−1(x)=10.
d. Exprimer g−1(x) en fonction de x, pour tout x∈J.
Voir la solution
1.f(x) existe si, et seulement si, x−1≥0 : Df=[1;+∞[.
2. Pour x>1 : f(x)=x(x4x−1−1) et xx−1=x2x−1→0, donc x→+∞limf(x)=−∞.
3.x↦x−1 est continue sur [1;+∞[ et x↦x sur R : f est continue sur Df.
4.f(1)=−1. Pour x>1 : x−1f(x)−f(1)=x−14x−1−(x−1)=x−14−1x→1++∞. f n’est pas dérivable à droite en 1 : (Cf) admet au point A(1;−1) une demi-tangente verticale dirigée vers le haut.
5. Pour x>1 : f′(x)=2x−14−1=x−12−x−1=x−1(2+x−1)(2−x−1)(2+x−1)=x−1(x−1+2)5−x.
Le dénominateur est strictement positif : f′(x) a le signe de 5−x. Donc f est strictement croissante sur [1;5] et strictement décroissante sur [5;+∞[, avec f(5)=8−5=3.
6. a.g est continue et strictement décroissante sur I=[5;+∞[ : elle admet une réciproque définie sur J=]x→+∞limg(x);g(5)]=]−∞;3].
6. b.g−1 a le même sens de variation que g : g−1 est strictement décroissante sur J.
6. c. Pour x∈J : g−1(x)=10⟺x=g(10) (car 10∈I). Or g(10)=4×3−10=2∈J. S={2}.
6. d. Soit x∈J et y∈I ; on pose t=y−1, donc t≥2 et y=t2+1. Alors g(y)=x⟺4t−t2−1=x⟺(t−2)2=3−x⟺t−2=3−x (car t−2≥0 et 3−x≥0). Ainsi g−1(x)=1+(2+3−x)2 (contrôle : g−1(3)=5).
Exercice 4 — Lecture graphique Facile★★☆☆☆
La courbe (Cf) ci-dessous représente, dans un repère orthonormé (O;,), une fonction f définie et continue sur [−3;3]. Les droites tracées en gris sont des tangentes ou des demi-tangentes à (Cf).
Déterminer f(−2), f′(−2) et f′(−1).
Déterminer graphiquement le nombre dérivé à droite fd′(1) et le nombre dérivé à gauche fg′(1).
En déduire que f n’est pas dérivable en 1.
Dresser le tableau de variations de f sur [−3;3] ; on donne f(3)=5.
En déduire le tableau de signe de f′(x) sur [−3;3].
Voir la solution
1. Lecture : f(−2)=2. La tangente en (−2;2) passe par (−3;0) : f′(−2)=−2−(−3)2−0=2. La tangente au point d’abscisse −1 est horizontale : f′(−1)=0.
2. La demi-tangente à droite au point (1;−1) passe par (2;0) : fd′(1)=2−10−(−1)=1. La demi-tangente à gauche passe par (0;3) : fg′(1)=0−13−(−1)=−4.
3.fd′(1)=1=fg′(1)=−4 : f n’est pas dérivable en 1 (le point (1;−1) est un point anguleux).
4. On lit f(−3)=−1, f(−1)=3, f(1)=−1 et l’on donne f(3)=5.
5.f′(x)>0 là où f est strictement croissante, f′(x)<0 là où elle est strictement décroissante, f′(−1)=0 et f′(1) n’existe pas.
La courbe ci-dessous représente une fonction f définie et continue sur ]−∞;4], dans un repère orthonormé. Au point A(1;0), la courbe admet une demi-tangente verticale (à gauche) et une demi-tangente passant par le point B(4;4) (à droite) ; au point d’abscisse 25, la tangente est horizontale.
Déterminer f′(25). Justifier la réponse.
Déterminer fd′(1). Justifier la réponse.
La fonction f est-elle dérivable à gauche en 1 ? Justifier la réponse.
Calculer x→1−limx−1f(x).
Dresser le tableau de variations de f sur ]−∞;4].
Voir la solution
1. La tangente au point d’abscisse 25 est horizontale : f′(25)=0.
2. La demi-tangente à droite en A(1;0) passe par B(4;4) : fd′(1)=4−14−0=34.
3. La demi-tangente à gauche en A est verticale : le taux d’accroissement tend vers l’infini quand x→1−, donc f n’est pas dérivable à gauche en 1.
4.f(1)=0, donc x−1f(x)=x−1f(x)−f(1). À gauche de 1, la courbe descend vers A avec une demi-tangente verticale : f(x)>0 et x−1<0, donc x→1−limx−1f(x)=−∞.
5. Lecture : f est strictement décroissante sur ]−∞;1] (avec x→−∞limf(x)=+∞), strictement croissante sur [1;25] et strictement décroissante sur [25;4] ; f(1)=0, f(25)=1, f(4)=0.
Exercice 6 — Fonction rationnelle, tangente et réciproque Moyen★★★☆☆
On considère la fonction f définie par f(x)=x2−3xx2+3.
Déterminer l’ensemble de définition Df de f.
Calculer les limites de f aux bornes de Df.
a. Montrer que, pour tout x∈Df, f′(x)=(x2−3x)23(1−x)(x+3).
b. Dresser le tableau de variations de f.
Déterminer une équation de la tangente (T) à la courbe (Cf) au point d’abscisse 2.
On considère la restriction g de f à l’intervalle I=]3;+∞[.
a. Montrer que g admet une fonction réciproque g−1 définie sur un intervalle J à déterminer.
b. Dresser le tableau de variations de g−1.
c. Comparer g−1(3,1234) et g−1(3,1324).
d. Vérifier que g−1(613)=6, puis calculer (g−1)′(613).
e. Montrer que g−1 est dérivable sur J.
Voir la solution
1.x2−3x=x(x−3) s’annule en 0 et 3 : Df=R∖{0;3}.
2. En ±∞ : f(x)=x2(1−3/x)x2(1+3/x2)→1. Le numérateur tend vers 3 en 0 et vers 12 en 3 ; signe de x(x−3) : positif sur ]−∞;0[ et ]3;+∞[, négatif sur ]0;3[. D’où :
limx→0−f(x)=+∞,limx→0+f(x)=−∞,limx→3−f(x)=−∞,limx→3+f(x)=+∞,limx→±∞f(x)=1.
3. b.f′(x) a le signe de (1−x)(x+3) : positif sur ]−3;1[, négatif sur ]−∞;−3[ et ]1;+∞[. f(−3)=1812=32 et f(1)=−24=−2.
4.f(2)=−27=−27 et f′(2)=(−2)23×(−1)×5=−415. (T):y=−415(x−2)−27, soit (T):y=−415x+4.
5. a.g est continue sur I=]3;+∞[ et g′(x)<0 : g est strictement décroissante. Elle admet une réciproque définie sur J=]x→+∞limg(x);x→3+limg(x)[=]1;+∞[.
5. b.g−1 est strictement décroissante sur J, avec x→1+limg−1(x)=+∞ et x→+∞limg−1(x)=3 (symétrie des courbes par rapport à y=x).
5. c.1<3,1234<3,1324 et g−1 est strictement décroissante sur J : g−1(3,1234)>g−1(3,1324).
5. d.g(6)=1839=613 avec 6∈I, donc g−1(613)=6. g est dérivable en 6 et g′(6)=1823×(−5)×9=−125=0, donc g−1 est dérivable en 613 et (g−1)′(613)=g′(6)1=−512.
5. e.g est dérivable sur I et, pour x>3, 1−x=0 et x+3=0, donc g′(x)=0 : g−1 est dérivable sur J=g(I).
Exercice 7 — Inégalité et réciproque Moyen★★★☆☆
On considère la fonction f définie par f(x)=x+1x+2.
Déterminer l’ensemble de définition Df de f.
Calculer les limites de f aux bornes de Df.
a. Montrer que, pour tout x∈Df, f′(x)=2(x+1)3x.
b. Dresser le tableau de variations de f.
c. En déduire que, pour tout x∈]−1;+∞[, x+1(x+2)2≥4.
Déterminer une équation de la tangente (T) à la courbe (Cf) au point d’abscisse 3.
On considère la restriction g de f à l’intervalle I=[3;+∞[.
a. Montrer que g admet une fonction réciproque g−1 définie sur un intervalle J à déterminer.
b. Montrer que g−1 est dérivable en 310, puis calculer (g−1)′(310).
Voir la solution
1.f(x) existe si, et seulement si, x+1>0 : Df=]−1;+∞[.
2. En −1+ : x+2→1 et x+1→0+, donc x→−1+limf(x)=+∞. En +∞ : f(x)=x+1(x+1)+1=x+1+x+11→+∞.
3. a. Avec f(x)=x+1+x+11 : f′(x)=2x+11−2(x+1)x+11=2(x+1)x+1(x+1)−1=2(x+1)3x.
3. b.f′(x) a le signe de x : f est strictement décroissante sur ]−1;0], strictement croissante sur [0;+∞[ ; minimum f(0)=2.
3. c. D’après b., pour tout x>−1 : f(x)≥2>0. La fonction carré étant croissante sur [0;+∞[ : f(x)2≥4, c’est-à-dire x+1(x+2)2≥4.
4.f(3)=25 et f′(3)=2×83=163. (T):y=163(x−3)+25, soit (T):y=163x+1631.
5. a.g est continue et strictement croissante sur I=[3;+∞[ : elle admet une réciproque définie sur J=[25;+∞[.
5. b.g(8)=910=310 ; g est dérivable en 8 et g′(8)=2×278=274=0. Donc g−1 est dérivable en 310 et (g−1)′(310)=427.
Exercice 8 — Fonction auxiliaire Moyen★★★☆☆
Partie 1 — Étude d’une fonction auxiliaire. On considère la fonction g définie sur [0;+∞[ par g(x)=3x−2xx−1.
Montrer que, pour tout x∈]0;+∞[, g′(x)=3(1−x).
Dresser le tableau de variations de g.
En déduire que g(x)≤0 pour tout x≥0.
Partie 2 — Étude de la fonction f. On considère la fonction f définie sur [0;+∞[ par f(x)=2(x−1)x−x2+3.
Étudier la dérivabilité de f à droite en 0, puis interpréter graphiquement le résultat.
Calculer x→+∞limf(x).
a. Montrer que, pour tout x>0, f′(x)=xg(x).
b. Dresser le tableau de variations de f.
Voir la solution
Partie 1.
1.xx=x23 a pour dérivée 23x sur ]0;+∞[, donc g′(x)=3−2×23x=3(1−x).
2.g′(x)>0 sur ]0;1[ et g′(x)<0 sur ]1;+∞[ ; g(0)=−1, g(1)=3−2−1=0 et g(x)=x(3−2x)−1x→+∞−∞.
3. Le maximum de g sur [0;+∞[ est g(1)=0 : g(x)≤0 pour tout x≥0.
Partie 2.
1.f(0)=3. Pour x>0 : xf(x)−f(0)=x2(x−1)x−x2=x2(x−1)−x. Quand x→0+, 2(x−1)→−2 et x→0+ : la limite vaut −∞. f n’est pas dérivable à droite en 0 : (Cf) admet au point (0;3) une demi-tangente verticale (dirigée vers le bas).
2. Pour x>0 : f(x)=x2(xx2(x−1)−1+x23), et xx2(x−1)=x2−xx2→0. Donc x→+∞limf(x)=−∞.
3. a.f(x)=2xx−2x−x2+3, donc pour x>0 : f′(x)=3x−x1−2x=x3x−1−2xx=xg(x).
3. b. D’après la partie 1, f′(x)≤0 sur ]0;+∞[, avec égalité seulement en x=1 : f est strictement décroissante sur [0;+∞[ (f(1)=2, tangente horizontale en ce point).
Exercice 9 — Tangentes et fonction par morceaux Difficile★★★★☆
On considère la fonction f définie sur R∖{2} par f(x)=x+3+x−24.
a. Calculer f′(x) pour tout x∈R∖{2}.
b. Déterminer les points M(a;f(a)) de la courbe (Cf) en lesquels la tangente est parallèle à l’axe des abscisses.
On considère la fonction h définie sur R par
h(x)=⎩⎨⎧f(x)x3−3x+1x2−4+x+1si x<0,si 0≤x<2,si x≥2.
Étudier la dérivabilité de h en 0, puis interpréter graphiquement les résultats.
a. Étudier la dérivabilité de h en 2, puis interpréter graphiquement les résultats.
b. Montrer que h est dérivable sur ]2;+∞[ et calculer h′(x) pour tout x>2.
c. Déterminer une équation de la tangente à la courbe (Ch) au point d’abscisse 22.
1. b. La tangente en M(a;f(a)) est parallèle à l’axe des abscisses si, et seulement si, f′(a)=0, soit a=0 ou a=4. Comme f(0)=3−2=1 et f(4)=7+2=9 : M1(0;1) et M2(4;9).
2.h(0)=1. À gauche : f(x)−1=x+2+x−24=x−2(x+2)(x−2)+4=x−2x2, donc xh(x)−h(0)=x−2xx→0−0 : hg′(0)=0. À droite : xh(x)−h(0)=xx3−3x=x2−3x→0+−3 : hd′(0)=−3.
hg′(0)=hd′(0) : h n’est pas dérivable en 0 ; le point (0;1) est un point anguleux de (Ch), avec une demi-tangente horizontale à gauche et une demi-tangente de coefficient directeur −3 à droite.
3. a.h(2)=0+2+1=3 et x→2−limh(x)=8−6+1=3 : h est continue en 2.
À gauche : x−2h(x)−3=x−2x3−3x−2=x−2(x−2)(x+1)2=(x+1)2x→2−9 : hg′(2)=9 (demi-tangente de coefficient directeur 9).
À droite : x−2h(x)−3=x−2x2−4+1=x−2x+2+1x→2++∞ : h n’est pas dérivable à droite en 2 ; demi-tangente verticale à droite au point (2;3).
3. b. Sur ]2;+∞[, x2−4>0 : x↦x2−4 est dérivable, donc h aussi, et h′(x)=x2−4x+1.
3. c.h(22)=8−4+22+1=3+22 et h′(22)=222+1=1+2. La tangente a pour équation y=(1+2)(x−22)+3+22, soit y=(1+2)x−1.
Exercice 10 — Réciproques des fonctions sinus et cosinus Difficile★★★★☆
a. Montrer que la fonction f définie sur ]−2π;2π[ par f(x)=sinx admet une fonction réciproque f−1 définie sur ]−1;1[.
b. Montrer que, pour tout x∈]−1;1[, (f−1)′(x)=1−x21.
a. Montrer que la fonction g définie sur ]0;π[ par g(x)=cosx admet une fonction réciproque g−1 définie sur ]−1;1[.
b. Montrer que, pour tout x∈]−1;1[, (g−1)′(x)=−1−x21.
En déduire que, pour tout x∈]−1;1[, f−1(x)+g−1(x)=2π.
Voir la solution
1. a.f est continue sur ]−2π;2π[ et f′(x)=cosx>0 : f est strictement croissante. Elle admet donc une réciproque définie sur J=]x→−2πlimsinx;x→2πlimsinx[=]−1;1[.
1. b.f est dérivable et f′ ne s’annule pas sur ]−2π;2π[, donc f−1 est dérivable sur ]−1;1[ et (f−1)′(x)=cos(f−1(x))1. Posons y=f−1(x)∈]−2π;2π[ : siny=x et cosy>0, donc cosy=1−sin2y=1−x2. Ainsi (f−1)′(x)=1−x21.
2. a.g est continue sur ]0;π[ et g′(x)=−sinx<0 : g est strictement décroissante ; x→0limcosx=1 et x→πlimcosx=−1, donc g admet une réciproque définie sur ]−1;1[.
2. b.g′ ne s’annule pas sur ]0;π[ : g−1 est dérivable sur ]−1;1[ et (g−1)′(x)=−sin(g−1(x))1. Avec y=g−1(x)∈]0;π[ : siny>0 et siny=1−cos2y=1−x2. Donc (g−1)′(x)=−1−x21.
3. La fonction φ=f−1+g−1 est dérivable sur l’intervalle ]−1;1[ et φ′(x)=1−x21−1−x21=0 : φ est constante. Or f−1(0)=0 (car sin0=0) et g−1(0)=2π (car cos2π=0), donc φ(0)=2π. Ainsi, pour tout x∈]−1;1[, f−1(x)+g−1(x)=2π.